sylvain thévoz

16/05/2013

Le MCG ne combat plus, il colle.

Le MCG ne combat plus, il colle.

Faisant preuve de sa haine de toute différence envers les femmes, les frontaliers, les gays (faudrait les mettre dans les camps de travail!) et les musulmans; comparant un mouvement de jeunes défendant les mêmes droits pour tous de cache à pédophile, et poussant toujours plus loin la provocation et la surenchère, le mouvement, gonflé aux hormones d'une campagne électorale, tombe dans la caricature de lui-même en bloquant le fonctionnement du conseil municipal par des propos qui n'ont rien à faire dans une enceinte parlementaire. Alors que des parlementaires mettaient en avant une action de la Ville de Genève, dans le cadre de la semaine d'action contre l'homophobie: http://www.ville-geneve.ch/ Monsieur Menoud, soutenu par son groupe,  avec une  intervention hors cadre et hors norme accusant les homosexuels d'être des pédophiles confond liberté d'expression et insultes. L'enjeu ce n'est donc pas qu'il y ait eu un placard de papier posé dans l'enceinte du parlement, mais que des élus utilisent ce lieu comme un déversoir pour répandre la haine.

A court d'idées à défaut de phrases chocs, inefficace à élaborer des projets, à bout de souffle, le MCG, est incapable de ne pas cèder à la tentation de bloquer la séance du conseil municipal, comme un boxeur fatigué s'accroche à son adversaire pour ne pas tomber. Le MCG ne combat plus, il colle. Il englue le système de toute sa force pour le mettre en échec. Alors vite, on sort le détachant, pour s'en défaire, et mesurer la bonne distance face au boxeur fatigué. L'aile populaire et sociale du MCG, luttant contre les inégalités est en train de se faire dépasser par une frange jusqu'au boutiste et sensationnaliste qui n'a plus que le conflit en tête et veut détruire les institutions. Qui paiera les pots cassés au final ?  

Le mouvement a les pattes lourdes, il se bouge lentement, mais il fait obstruction. Le style échevelé du mouvement se tasse, sa stratégie est prévisible. Ses provocations marchent mal, elles sentent les vieilles ficelles d'acteurs. Attendues, elles se transforment en tics. Un coup sur ceux qui mangent du porc, un coup sur la gauche, un coup sur les femmes. Il faut enfermer les gay dans des camps de travail Et tout le monde de rigoler à la terrasse du café avant que cela n'entre dans les couloirs du parlement. Ah, la bonne blague.  

Faut-il attendre, se taire devant les manoeuvres? Non, il s'agit de répondre par des paroles et des actes. Si la patience et le fait de ne pas jouer le jeu de son adversaire est louable, si la tactique de ne pas lui amplifier son audience se comprend, se taire c'est être complice des intimidations et laisser le champ libre à ceux qui tiennent des propos excluant des parties toujours plus grandes de la population et précarisant l'existence d'un nombre toujours plus grand de citoyen-ne-s.

Le MCG, puncheur fatigué, ne combat plus, il tangue et colle. Il s'agit maintenant de le faire tomber en s'écartant d'un pas en le laissant à ses provocations et méthodes tout en luttant pour les vrais combats: finances, logement, social, mobilité et... sécurité.

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11/05/2013

Le mensonge : barre énergétique ou dopage du politique ?

 

index.jpgQu’est-ce qui faisait l’actualité ? Les mensonges d’un ex-ministre Français, engagé dans le tourbillon du mensonge, de l’avidité fiscale et la fausse-croyance dans l’impunité d’un système. Qu’est-ce qui la fait aujourd’hui : les retombées des soirées Bunga bunga berlusconiennes, ses mensonges et malversations politiques. Alors, le mensonge est-il un piège à retardement ou une promesse de promotion rapide ? « Selon que vous serez puissant ou misérable, les jugements de Cour vous rendront blanc ou noir "écrivait La Fontaine. Vrai, ça ?   

Il y a des mensonges salvateurs et des omissions utiles. Il ne s’agit pas d’imposer un moralisme, mais d’exiger le respect des citoyen-ne-s et de leurs volontés, des cadres légaux et des volontés collectives. Cahuzac, Armstrong : même ascension et même chute. Quand Cahuzac dit « j’aurais dû refuser de devenir ministre mais je n’ai pas eu la force d’âme de le faire », on constate qu’il a bien négocié la valeur de son « âme » (quelques millions dans une banque suisse).  Revers brutal d’amour gloire et beauté

La séparation entre vie privée et vie publique est devenue archi-poreuse. Yvan Perrin s’est rendu médiatiquement et visiblement malade avec ses fragilités. Freysinger, en voyant son drapeau fasciste excavé par les medias et en cherchant à l’enterrer à nouveau, a révélé au grand jour sa part d’ombre. Les médias font leur job. Tant mieux. Et si Trierweiler a écrit trop vite ce qu’elle pensait tout bas, Cahuzac n’a jamais pu dire tout haut ce que les gens devaient entendre. Les politiques sont désormais des menteurs comme les autres. Mais soumis à des pressions fortes, avec une exigence de répondre de leur image à chaque instant qui les rend plus humains, plus proches. Le désir d’esquiver est fort. Les writus les lapsus les téléphones portables sont désormais mouchards ou angelots de poche, c'est selon. Et que celui qui n’a jamais trébuché vole la première pierre.  

Ce qui me réjouis, c’est de sentir que les anticorps sont vivaces, la capacité d’indignation et de révolte puissante. Le désir de justice sociale et de transparence n’a jamais été aussi fort qu’aujourd’hui. Egalité de traitement, pour les riches et les puissants comme pour les pauvres. Une mise à jour du programme LA Fontaine 2.0 est à faire. « Que vous soyez puissant-e- ou misérable les jugements de cour vous prendront comme tout simple citoyen redevable devant votre communauté. » Alors qu’une campagne virulente contre les requérant-e-s d’asile se déroule (votations le 9 juin et où le requérant est comparé à un parasite, un abuseur) et qu’ils doivent faire, eux, toute la lumière sur leur vie, montrer patte blessée, mais pas trop ni trop noire quand même, tout en étant scanné / ausculté sans égards ni pudeurs, quelle justice est dressée pour les menteurs en costard et magouilleurs à col blanc des dessous de coupoles ?

La démarche du gouvernement français d’exiger des ministres qu’ils révèlent leurs avoirs était un bon signal. Parce que, comme dans le sport, les politiques doivent sentir les contrôles et les tricheurs être sanctionnés. Et c'est tous les jours que les élus doivent être placés devant les citoyen-ne-s; quotidiennement que les citoyen-ne-s peuivent exiger des comptes de leurs élu-e-s. Le mensonge, balle à saisir au bond et renvoyer. Tribunaux sportifs, tribunaux administratifs, tribunaux pénaux, tribunaux médiatiques. Tribunaux légaux, même combat.

Tribunaux des coeurs: tribunaux révolutionnaires.


 

09:43 Publié dans Genève | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : mensonge, politique, engagement, privé-public | |  Facebook |  Imprimer | | |

10/05/2013

Le nouveau management tue l'associatif

L'association Tierra Incognita, s'estimant insuffisamment soutenue par les autorités, fermera ses portes à la fin du mois après dix ans d'existence. L'espace, rue Charles-Humbert, qui incluait une cafétéria, proposait des événements culturels, des services pour les migrants, des cours de français et d'espagnol est mort. Cet annonce est un choc dans le milieu socio-culturel genevois, mais pas une totale surprise. Pourquoi ? Parce que l'épuisement guette les associations. Les bénévoles engagés sur le terrain se voient confronter à des charges constamment en hausse et des ressources qui diminuent, voire sont supprimées. Le décalage entre la réalité du terrain, ses besoins complexes, cycliques, se heurtent de plus en plus à des méthodes de gestion et de planification sur le long terme, à grande échelle, en vue d'une promotion de l'action publique grandissante. Or, le socio-culturel c'est aussi du tricotage, du cas par cas, des échelles réduites; des actions qui n'ont pas la prestance et la volonté d'en mettre plein les yeux, mais qui changent la vie. Décalage.

La demande de soutien des associations n'est pas toujours que financière. Elle touche aussi à un besoin de reconnaissance, d'accompagnement et de soutien. Et ces demandes "d'en-bas", se heurtent parfois à des mauvaises compréhensions. L'administration souhaite un "retour sur investissement" et en vient à reprocher aux associations, ça s'entend, par exemple, de ne pas inviter suffisamment les magistrats lors de leurs événements. Mais, pour les associations, les magistrats sont avant tout des garants et des bénéficiaires de leurs activités, (dans le cas de Tierra Incognita, il y a  des personnes qui apprennent le français, ne sont pas dans la rue, une cafétériat qui propose un lieu de socialisation à bas prix, c'est un plus pour la vie commune à Genève, ça!), pas des commanditaires. On voit là l'enjeu de gouvernance et les rapports de pouvoirs que cela implique.

Rajouter un poste de communication pour se faire voir ou valoir, c'est au-dessus des moyens des associations. Rajouter un poste d'administrateur pour faire les papiers les demandes, s'occuper du lobby politico-administratif, cela demande des moyens. Si vous nous demandez plus, nous devons en avoir les moyens, sinon vous nous mettez la corde au cou. Grossir ou mourir, est-ce la seule issue au nouveau management?

La mécanique de la mise à mort des associations est en route.  Si la gestion au projet claque bien sur le papier, rigide, elle pousse à la précarisation dans la durée des associations, ne leur permettant pas de se poser dans la durée. Faites toujours plus, montrez que vous le faites, et si possible, montrez plus que vous ne faites, et faites le savoir. Ce n'est pas possible à tenir dans la durée, et cela finit par se faire au détriment des missions des associations sur le terrain. 

Plus tôt cette année, c'était le lieu d'expérimentation Ex-Machina qui a mis la clé sous le paillasson. Cet espace, rue Cingria, ouvert depuis 5 ans, dans un ancien atelier industriel, a accueilli plus de 200 artistes organisant plus de 24 expositions servant de véritable plate-forme de lancement et de production pour des artistes locaux. N'ayant pu trouver le soutien auprès des autorités locales, Ex-machina a décidé de boucler l'association sur une dernière exposition fin 2012 avec plus de 60 artistes venus précédemment, et de remettre le local. ( Chouette, un nouveau bar à vin en vue!)

Participant à des événements comme la MAC (manifestation d'art contemporain, événement biennal mis en place par le fonds d'art contemporain de la Ville, qui permettait au public de déambuler de lieux artistiques en espaces indépendants de création et de découvrir la richesse du  terreau culturel de notre Ville (éditions en 2006, 2009, 2011) elle "coûtait" au contribuable la somme de 10'000 francs par an. Mais maintenant, malgré ses appels à l'aide, c'est fini, c'est mort. 10'000 francs d'économisé mais un lieu culturel de fermé. Pas très rentable. Le nouveau management tue l'associatif. Il n'est pas possible de soutenir une association comme on dirige une compagnie d'assurance. C'est une question d'échelle, de missions, de philosophie et de culture.

Maintenant, une question très pratique: quelle sera la prochaine association à se faire hara-kiri et qui en portera la responsabilité ?

 

 

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02/05/2013

Sous les pavés les potagers!

cc30-a5.jpgQu’est-ce qui nage dans mon assiette ? Comment cela est-il produit, par qui, et dans quelles conditions ? Le vent de panique suite au scandale des lasagnes au cheval étiquetées bœuf a conduit à une profonde prise de conscience que nous n’avons plus le contrôle sur ce qui atterrit dans nos assiettes. Les éclats de merde fourrés dans les tartelettes d’IKEA montrent ce que les chaînes industrielles de consommation peuvent produire de plus exquis. Le parti socialiste ville de Genève a donc choisi de faire un numéro thématique spécial sur les questions alimentaires, pour planter de nouvelles graines.  

Qui sait encore planter, sarcler, biner, faire pousser des tubercules ?Comment voulons-nous produire notre alimentation, selon quels modes et avec qui? La préservation de terres agricoles et fondamentale. Comment garantir une agriculture de qualité et de proximité ? Les jardins urbains pourraient encore être accrus et la vente directe encouragée. Le porte-monnaie de chacun-e- ne s'en porterait que mieux.L’agriculture contractuelle, à l’inverse d’une agriculture livrée aux marchés et aux acheteurs dans des postures de monopole (COOP, MIGROS, etc.,) permet de produire à un juste prix, pour le producteur, pour le consommateur. 

L’affaire TourneRêve, les Jardins de Cocagne, le Jardin des Charrotons, les cueillettes de Landecy, les Ares et Vous à la ferme des Verpillères de Choulex, les vergers d’Epicure, le panier à 4 pattes, etc., etc., sont des démarches participatives qui renforcent ce lien de confiance et créent une plus-value sociale et relationnelle. L’épicerie-restaurant Les Mangeurs, La Fin des haricots, la ferme de Budé, etc permettent de se procurer les produits de l’agriculture de proximité et les déguster. L’espace-terroir délivre des paniers de légumes et de fruits et soutient ainsi la production de la région. Les alternatives existent, elles sont de plus en plus nombreuses ! Pourquoi continuer à manger Dieu sait quoi couvert par des emballages au mieux sexy au pire mensongers? 

Un remède de cheval à la crise de l'alimentation : l’écosocialisme

Parce que tout se tient, parce que le citoyen n’est pas un consommateur passif qui gobe ce qu’on lui met devant le nez comme un cochon, mais un agent de changement et de créativité. Parce que la question du sens, du coût et de l’éthique doit se poser, nous avons désormais deux plats bien distincts devant les yeux : l'écosocialisme ou la merde en boîte. Pourquoi manger de la crotte lointaine quand on peut manger des carottes locales? 

Sous les pavés: les potagers! Sur la planchette: le partage des ressources.  Le changement passera par un changement d'assiette (fiscale et alimentaire). Venez au lancement du journal Causes communes dédié à l'alimentation (28 pages, avec illustrations de Tom Tirabosco) pour déguster la différence.

Vendredi 3 mai dès 18h au Bibarium, 5 rue Dizerens. Vous amenez un petit quelque chose à manger, on amène le vin....  

  

 

 

 

 

 

 

 

 

28/04/2013

Camphre, calvaire, selles de cuir et cuisses épilées

05_map.jpgLe voilà il arrive le peloton dans notre rade. Final du tour de romandie sur les quais à Genève ce dimanche, ça sent fort le camphre et la sueur dans l'aire d'arrivée. Les oriflammes colorées et la distribution de gadgets publicitaires rajoutent à la dimension d'un jour de fête. Tiens, j'ai presque envie d'une glace mais une gourde d'isostar glacée fera l'affaire. Pas de voitures à l'horizon, même les oiseaux sont perchés sur les branches pour apprécier le spectacle. C'est beau une ville sans bagnoles. Pas de rivalité pour arriver au feu rouge. Des muscles qui chauffent en attendant le signal du départ. Pas de klaxons, de coups de freins ou de bruit, hormis celui du haut parleur qui égrène les titres des coureurs et les écarts entre leurs positions.

Dans le cyclisme, comme partout ailleurs désormais, c'est le temps qui compte. Celui derrière lequel ils courent, avec lequel ils rivalisent pour boucler leur parcours, ne pas être hors délai, arriver dans les temps ; et si possible même un peu en avance sur celui-ci. Alors ils redescendront de leur selle les jambes un peu arquées et titubant, comme on ressort du grand huit, le ventre barbouillé et la mine mi-réjouie mi-écoeurée d'en avoir terminé.

Qui sont ces dingues qui s'embarquent dans un carrousel de 18km de long pour vingt minuscules minutes d'accélérations? Ici, pas d'esprit balladeur. Le printemps c'est pour ceux qui ont la durée avec eux. Quand ils déboulent dans la rade c'est pour en resortir le plus vite possible après leur contre-la-montre. Eux, ce sont les pilotes de formule1 de l'écologie! Eux, ils sont assez masos pour aller chercher l'hiver au sommet des cols. Et en été, ils iront le plus au sud, là où il fait le plus chaud, se perdre entre Miramas et Marseille sous le cagnard et dans la caillasse. Ils sont liés au bitume comme le marin à sa mer, le pompier au brasier.

Le cycliste ne sait pas où il est, seul l'intéresse où il va. Il ne connaît pas le milieu qu'il traverse, mais seulement les dénivelées, les courbes, et les trajectoires qu'il visualise sans cesse. Ce n'est pas un homme de terrain. C'est un être de passage, de transition. Ce n'est pas un homme de la profondeur, c'est un homme de la superficie et de la vitesse. Et puis, le cycliste fait corps avec sa machine. Son vélo est sa prothèse comme pour d'autres leur smartphone. Le cycliste-cyborg, homme machine, produit de notre temps.

Prière du cycliste : "Mon Dieu donnez-moi mes kilomètres quotidien et mon coup de pédale explosif". Car ça ne rigole pas tous les jours dans l'univers du cyclisme! "Forçats de la route", "porteurs de bidons", "vieux grenadier du groupetto" avec toujours la voiture balais au cul, et dans l'oreillette un sponsor qui lance des invectives: plus de jambons, achetez mon assurance maladie, ma boisson énergétique, c'est de la dynamite; ondes qui parasitent sa lecture de la course pendant que ses yeux s'obnubilent: il doit rattraper celui qui s'est échappé. Il doit faire cela, lui sucer la roue. A tout prix. Cycliste, Sisyphe: même combat! Mais l'homme-cycliste est aussi homme sandwich; panneau publicitaire en mouvement. Il doit toucher le plus grand nombre possible sans jamais s'approcher de personne. Debout les damnés du bitume. Debout les forçats de la route! Mettez-vous en danseuse.

Il y a bien évidemment quelque chose du troupeau ou de la troupe dans ce peloton de solitaires. Toujours des grades et des métaphores guerrières: des lieutenants, des patrons, des chefs de clans, des francs-tireurs; ceux qui veillent au grain, surveillent que tout ce petit monde se tienne bien. Les garde-chiourme qui distribuent les bons de sortie. Ceux qui musèlent les échapées, ceux qui les autorisent. Cyclisme: univers carcéral? Les rôles sont bien répartis. Mais s'il y a des matons, pas de marquage à la culotte. La peau de chamois ne se prête pas tant que cela aux contacts. Et si celui qui part en échappée est un éclaireur, celui qui n'arrive pas au bout est personne. Dure loi du sport et des affaires. Et puis il risque toujours de tomber dans une tranchée; parfois celle d'Arenberg, ou plus modestement dans la béance d'un pavé descellé; pire, sur le museau d'un spectateur gueulard, qui par ses grandes claques dans le dos aura réussi à le faire chuter. Heurts et malheurs du cycliste. Ascension et chute. Tout est là.

Calvaire. Le parcours de ces bipédes sur roue ressemble à s'y méprendre à un chemin de croix. Dans ce cas, c'est le condamné à l'effort qui est porté par sa potence d'aluminum plutôt que porteur de son gibet de bois. Ces garçons sont si bien épilés, et correctement parfumés lorsque les filles leur remettent des fleurs et une bise à l'heure du trophée qu'on leur donnerait le bon Dieu sans confession, sur un air de Pete Doherty. Quant à savoir ce qu'ils trafiquent dans leurs chambres d'hôtels, c'est une autre paire de manche et une drôle de tambouille, d'un goût parfois très douteux qu'ils concoctent là. Les dortoirs-laboratoirs n'infusent pas que le sommeil et les tisanes. Mais s'il est acquis que le cycliste est un bad boy, la course est si belle!

La passion sera toujours le sport le plus vertigineux et dangereux. L'amour n'a qu'un temps. Ce n'est pas celui du chronomètre.

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05/04/2013

L'enfer du cocon: le risque c'est pour les autres?

La guerre entre les klaxons et les sirènes est-elle ouverte ? Les ambulanciers et autres professionnels de la route activateurs de sirènes tirent la sonnette d'alarme. Ils sont de moins en moins pris en compte par les utilisateurs de la route. La raison ? La musique amplifiée dans les véhicules, l’usage de téléphones mains libres, écouteurs vissés sur les oreilles, des habitacles de plus en plus hermétiques laissent de moins en moins passer les sons, provoquent aussi un manque d’attention et d’écoute pour ce qui vient de l’extérieur. Une des solutions envisagée est donc d’augmenter la puissance des sirènes.  Mais alors, si la puissance des sirènes est augmentée pour attirer l’attention de ceux qui se trouvent dans leurs coques coconnées, qu’en sera-t-il des nuisances pour les piétons, les enfants et les cyclistes, encore plus fortement exposés à l’amplitude des sirènes ; et du coup à une double nuisance : celles de véhicules plus lourds et plus sourds, et des services d’urgence poussant leur puissance de signalement à l’extrême ? Les plus exposés se trouvant alors de fait encore plus vulnérable dans un espace public encore plus agressif.

Il y a là un paradoxe des mécanismes de protection qui certes protègent (certains) tous en les enfermant, et surtout agressent d'autres (ceux qui ne les possèdent pas et les rendent encore plus vulnérables). Alors, au détriment de qui le besoin d’être entendu par les services d’urgence doit-il être porté? Du désir des automobilistes de rouler confinés ou de la nécessité des autres usagers de la route, des trottoirs, de pouvoir circuler sans un surplus d’agressions sonores ? Comment trouver l'équilibre?

L'enfer du cocon: le bruit c'est les autres? L’enfer du cocon, c’est toujours l’autre ? Allez, on essaie d’étendre ce raisonnement de la sirène aux digicodes ?  En quelques années, leur usage s’est généralisé. Est-ce que cela a limité le nombre de cambriolages ? Non. Leur principale qualité semble plutôt être de stigmatiser encore plus ceux qui n’en ont pas, les désigner comme cible prioritaire. Au final, ce sont toujours les plus fragiles, les moins monétarisés qui en pâtissent. L'escalade des moyens de fermeture ne rime à rien si l'on ne s'attaque pas à la source des problèmes. Et puisque la sécurité est bien plus qu’un verrou, ou un simple moyen de retarder les cambrioleurs, l’escalade des moyens de protection n’expose-t-il pas encore plus aux risques ceux qui ne peuvent se payer le luxe de suivre les tendances à la hausse de la fermeture généralisée? Lorsque des prises de sécurités individuelles occasionnent surtout des prises de risques collectives, c’est un signal fort qu’il est urgent de renforcer les moyens collectifs d’agir au détriment des risques individuels à les supporter. Il est urgent de démocratiser l'accès à la sécurité. Ce n'est pas uniquement les gros 4X4 ou les propriétaires de villas  disposant de sécurité privée qui doivent se sentir en sécurité et accroître objectivement l'insécurité de ceux qui n'ont pas les moyens d'avoir un cocon renforcé.

Comment alors renforcer les moyens collectifs de sécurité ? Tout d'abord, en réaffirmant le principe de sécurité pour toutes et tous, et pas juste pour les plus aisés dans les quartiers les plus protégés et en se donnant les moyens de la réaliser. Enfin, en faisant les premiers gestes pour que l’autre, mon voisin, ma voisine, mon proche, mon plus lointain, soit une garantie plutôt qu’une menace pour mon bien être, qui inclut ma sécurité, mais pas seulement. Et si le meilleur cocon était celui qui englobe le plus grand nombre ; et si, en acceptant aussi, parfois, une degré d'inconfort minimal, cela évitait de se renfermer sur soi-même et de faire de sa tour d'ivoire une menace, pour soi-même et pour d'autres? On a vu des tours s'effondrer sur elles-mêmes. On a aussi vu des tours devenir des ponts.

La sécurité est un défi, il ne peut être résolu que collectivement et socialement. Les habitacles et les enveloppes, extensibles à plusieurs, poreux par endroits, sont aussi une garantie que la lumière et l'air passent encore; et sont la marque de la juste répartition de l'insécurité. Ouvrons un petit peu les fenêtres plutôt que d'amplifier le niveau des sirènes, augmentons les niveaux de sécurités collectives plutôt que d'investir chacun dans sa petite serrure et son spray au poivre portatif.   


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19/03/2013

L'économie genevoise progresse

Bonne nouvelle, l'économie genevoise progresse! C'est l'Office cantonal de la statistique qui l'annonce aujourd'hui. Et selon les estimations trimestrielles du produit intérieur brut (PIB) cantonal, la croissance de l'économie genevoise s'accélère légèrement au quatrième trimestre 2012.  Le PIB genevois croît même de 1,6% par rapport au quatrième trimestre 2011, soit une hausse plus importante qu'à l'échelon national!Cocorico? On pourrait être tenté de se taper sur le ventre et se dire qu'à Genève on continue de créer de la richesse. Mais alors pourquoi notre canton a-t-il le plus haut taux de chômage de Suisse? Mais pourquoi l'augmentation des dossiers ouverts à l'hospice général se poursuit-elle ? Cela amène un premier constat. Nous sommes certainement plongés dans une société toujours plus riche mais aussi toujours plus inégalitaire. Il y a donc deux questions que nous devons affronter: comment continuer de produire de la richesse, mais surtout, à qui profite celle-ci et comment mieux la répartir afin qu'elle ne satisfasse pas seulement un nombre toujours plus restreint d'individus ?

Pour l'ensemble de l'année 2012, une première estimation mène à une hausse du PIB de 1,1% par rapport à 2011. Il est bon de se réjouir de ces résultats globalement positifs. Ils nous autorisent, en passant, à nous poser des questions sur l'acharnement des partis de droite à couper à tout prix à la hache dans le budget cantonal 2013, d'une manière préventive en quelque sorte. Pensent-ils que le canton se gère comme une multinationale qui licencie préventivement afin de maximaliser ses revenus? Les coupes préventives sur un budget par définition projectif jettent dans la précarité la vie de nombreux citoyen-ne-s, d'associations, d'entreprises, qui sont eux aussi des micros-moteurs de croissance, pour atteindre un équilibre de zéro déficit uniquement théorique. 

En parallèle, et pour colorer d'une autre teinte ce tableau économique, le ralentissement de la croissance se confirme par rapport aux deux année précédentes (+4,2% en 2010, +2,3% en 2011). La richesse croît donc alors que la croissance baisse. Qu'est-ce qui peut expliquer ce double mouvement paradoxal ? Le fait que ce PIB en augmentation soit lourd d'inégalités, de rabais d'impôts forcés pour les hauts revenus! Il nous faut donc interroger la nature de cette croissance, car si elle profite aussi peu à la collectivité, n'est-elle pas source aussi de régressions et de coûts futurs qui ne sont pas encore pris en cause? 

Le PLR, en attaquant le budget 2013 et réduisant de 100 millions les prestations et services pour les habitant-e-s et donc une meilleure répartition des richesses, a fait la démonstration que les inégalités sociales lui importent peu. Bon, après tout, c'est logique, c'est dans l'essence de son projet politique, mais que l'UDC et le MCG, partis dit "populistes" se soient alliés à eux dans cette OPA sur le budget collectif du canton identifie clairement ceux qui se cachent sous le voile du budget fantôme comme des porteurs de cagoule cherchant le casse du siècle: 100 millions piqué à la population!  

Puisque l'économie genevoise progresse, il est essentiel d'en réserver les bénéfices au plus grand nombre plutôt qu'à un nombre restreint de happy fews et de faire supporter les charges aux autres.       

 

 

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17/03/2013

Le black bloc du parlement

Clin d'oeil du calendrier, pratiquement une année après avoir fait voter une loi liberticide qui limitait le droit de manifester (11 mars 2012) et chargeait lourdement les organisateurs de manifestations, les PLR-UDC-MCG commémorent leur fascination pour la casse en se transformant en bloc noir du parlement, se donnant le droit d'y faire ce qu'ils interdisent à d'autres dans la rue. Casser du budget. PLR-UDC-MCG: bloc noir du parlement. S'ils n'en ont pas les cagoules, ils en ont retenus les méthodes et le style et la casse. Ce qui est interdit au peuple: manifester sa rage est autorisé dans l'arène politique. Il y a des castes chez les casseurs. Un privilège de classe pour les casseurs en cravatte sur les casseurs en cagoule. 

Il y a une année, le rapporteur spécial de l'ONU sur les droit de réunion et d'association pacifique avait relevé que les modifications de la loi sur les manifestations restreignait "indûment les droits à la liberté de réunion pacifique et d'expression qui sont l'essence de toute démocratie". Dont acte. Le parlement profite lui pleinement de sa loi d'exception et du monopole qui autorise les manifestations violentes et la casse des services de l'Etat en son sein, sans qu'aucun organisateur n'en paie le prix. Enfin, pour l'instant, car c'est bien le peuple qui au final passera à la caisse. Le bloc noir du parlement casse, le peuple paie. C'est la loi qui veut ça. Et le MCG, s'il se tenait jusque là habilement sur la barricade, a montré maintenant dans quel camp il se tenait, copain du PLR, main dans la main pour casser l'existant et reporter les responsabilités sur d'autres. Le MCG est comme ce gamin jeteur de pierre qui pris, en faute, dénonce toujours son voisin. C'est jamais lui qui brise les vitres, pourtant son papa est vitrier. Tiens donc.

Vous me direz peut-être: mais c'est bien le peuple qui a choisi de voter la loi limitant le droit de manifester pour se prémunir de possibles violences, et c'est aussi ce peuple qui a placé le bloc noir sur les sièges de ce parlement. C'est cela l'exercice de la démocratie. Mais oui, et c'est donc encore le peuple qui choisira en novembre 2013 s'il souhaite se débarrasser du bloc noir PLR-UDC-MCG en l'empêchant de jeter ses amendements comme on jette des pierres ou qui l'élira à nouveau pour 5 longues années pour mener sa politique pirate de diminution des services, des soins, et de la sécurité.  Il y a des pouvoirs légaux qui peuvent devenir illégitimes. Le bloc noir du parlement siège sans cagoule, mais il a fait pleinement preuve de sa volonté de voyou. Le vrai réflexe citoyen, c'est maintenant de lui faire barrage.     

 

      

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16/03/2013

Budget 2013: la scie des guérisseurs de droite

Budget 2013, après une journée de boucherie au Grand Conseil, quels morceaux en soupeser? Tout d'abord, que les chiens fous du PLR-UDC-MCG ont mis leurs habits de médecins imaginaires et maintenu leur ligne dogmatique de coupe nette de 2% dans le budget de l'Etat. Ils continuent par là de ralentir le processus d'adoption du budget et ont apposé définitivement leur copyright sur le mot blocage.

Si la Ville de Genève s'est dotée depuis décembre d'un budget, le Canton, à forte majorité de droite, est en pleine curée et n'arrive plus à s'entendre. La guerre entre le PDC et le PLR est désormais déclarée. Le conflit entre le PLR et ses propres conseillers d'Etats sans pitié. On n'entend plus Pierre Maudet? Où est passée la verve du communiquant? On ne voit plus Monsieur Longchamp, où se cache-t-il? Madame Rochat? Disparue. PLR MCG et l'UDC  ont remonté leurs manches pour casser des os et en sucer la moëlle. L'intérêt citoyen là-dedans?  Broyé. Une coupe linéaire de 2% occasionne non pas des économies mais des coûts exponentielles et des charges supplémentaires pour la société.  

Les explications détaillées de certains conseiller d'Etat se suivent alors sur les dégâts irréversibles que les coupes vont occasionner. Dans le domaine de la santé, un plan de restructuration est déjà en cours (25 millions), auquel il va falloir y ajouter 20 millions de coupes supplémentaires mais aussi.... des pertes provoquées par effet de levier des assurances privées. Pour demeurer dans un rapport de 55-45% de répartition, elles baisseront elles aussi leurs remboursements de frais (16 millions), etc. La machine à saigner est enclenchée. Elle ignore tout des hémorragies qu'elle déclenche, des effets de ruptures successifs qu'elle entraîne. Pour un principe, un concept, une posture politique, en un mot: pour une projection de dépenses, elle a décidé de passer au scalpel tous les organes, sans distinctions. 

On enlève au Grand Conseil l'appendice comme on supprime un rein, et on ne comprend pas que, pour certains organes, les réduire de 20% c'est les tuer. Ici, on coupe une jambe parce que l'on préfère prévenir que guérir. Là, on supprime l'éclairage tout en proposant de continuer à opérer. La saignée était préconisée au moyen âge pour tous les maux. Le PLR-MCG-UDC charognent sur un budget ensanglanté, et lui enlèvent toute vitalité, préférant l'immobilité forcée au soin dynamique. 

Les coupes, bien plus que d'équilibrer le budget, le font basculer, en provoquant des charges supplémentaires. C'est comme si l'on disait que l'on enlève "juste" 1/4 des roues d'une ambulance, mais qu'elle pourra continuer de rouler!  Il ne se trouve personne parmi cette droite arc-boutée sur son idée de coupe linéaire pour revenir sur sa décision. Non. Le budget est tenu sous anesthésie et ils peuvent en faire ce qu'ils veulent. Plus besoin de réfléchir. Ni Conseillers d'Etats, ni opposition, ni population, personne, rien ne leur fera poser un garrot. Dans leur manuel de guérisseurs, à part le mot "amputation" il n'y a rien d'autre. Vous toussez? amputation! Vous avez mal quelque part ? Amputation.

Les étudiant-e-s venus en nombre peuvent crier devant le Grand Conseil, les syndicats donner de la voix; une soignante témoigner que déjà les toilettes des patients ne se font plus tous les jours, par manque de moyens, que l'on doit éjecter des patients toujours plus vite, que la situation n'est déjà plus sécurisée; que couper encore plus court cela va provoquer toujours plus de charges sur les quelques uns qui ne pourront plus tenir... et si les derniers lâchent, tout lâchera. Mais rien n'y fait. La saignée est programmée. Les trois guérisseurs imaginaires PLR-MCG-UDC se moquent de savoir si le corps social y survivra. Ils ont levé la scie. La machine à saigner est prête. Ils veulent aller au bout de son mouvement. Par principe.

Le curseur de la machine idéologique ne s'est pas déplacé vers la droite comme l'écrit alors Pascal Décaillet mais vers la brutalité. L'Etat, en n'assurant plus des services entiers, créera de nouvelles charges, entraînera les désinvestissements d'autres partenaires. Que vont faire les autres communes? Combler ce que le Canton ne souhaite plus faire? Que va faire la Ville, se substituer toujours plus à l'anémie du Canton ? Qui honorera les contrats? Il faudra fermer des services, renvoyer les gens. Pourquoi? Parce que l'on n'a pas d'argent? Non. Parce que l'on a choisi de s'en priver. Désastreux.

En fin de soirée le budget anémiée est renvoyé en salle froide et sous respiration artificielle  par 48 guérisseurs imaginaires (PLR, MCG, UDC) contre 40 décidés à le sauver (Socialistes, Verts, PDC, l'indépendant Didier Bonny) et 2 abstentions radicales. Le corps du budget est alors placé au frigo avant un 3e débat qui aura lieu au mois d'avril. 

On doit désormais espérer un apport de sang frais. On doit demander une préservation des organes vitaux. On doit mobiliser dans la rue les proches et les familles. Et puis, Pâques oblige, on peut encore prier pour une résurrection. Mais surtout, on ne devra pas oublier ce qui s'est passé dans cette salle du grand conseil transformée en salle d'opération improvisée, au moment de faire les comptes. Notre révolte se nourrira de leurs abats.   

 

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15/03/2013

Les chiens fous: toutous des plus riches

Ils ont tiré sur leur laisse. Rien pour les arrêter. Ni leurs maîtres qu'ils suivaient bon gré mal gré, et qui ont essayé de les raisonner, ni le peuple, le premier à subir leurs coupes budgétaires. Ils ont brisé leurs engagements, pensant ne rien devoir à personne, n'avoir aucuns comptes à rendre. Les députés PLR, UDC et MCG, les chiens fous, tenté par la politique du pire, ont choisi de bouffer tout ce qui bougeait devant leur nez. Sans distinction, sans faire de quartier: coupe linéaire de 2% sur le budget ! Pourquoi? Parce que ça les démangeait, parce qu'ils en avaient envie, comme d'un caprice, comme d'un morceau de viande, et tant pis si ce dernier n'était pas le leur. Et tant pis si ce qu'ils coupaient, c'est ce qui permettait à d'autres de manger.

Pourquoi la gueule ouverte? Parce que l'on ne touche pas au bouclier fiscal, on ne touche pas aux revenus des plus riches. Ironie du sort, alors qu'aujourd'hui même aboutit l'initiative populaire fédérale "imposer les successions de plusieurs millions pour financer l'AVS" avec 110 205 signatures, alors même que l'initiative Minder plébiscitée par le peuple a montré que c'est bien les hauts salaires et les inégalités sociales qu'il faut combattre, les députés de la droite élitiste, conservatrice, et revancharde, ont montré que plutôt que d'être innovant et d'aller chercher l'argent là où ils se trouve, vers les plus hauts revenus et les fortunes accumulées, dans les niches fiscales aménagées, ils préférent accabler la classe moyenne et ponctionner les citoyen-ne-s en leur faisant payer toujours plus cher des services qu'ils n'auront plus.

Pour rappel, depuis 2002, ces droites au service des pouvoirs économiques ont accordé, selon le rapport de gestion de l'Etat, des allègements fiscaux à 130 entreprises pour plus de 550 millions. Ces cadeaux fiscaux, aujourd'hui, c'est le peuple qui en paie l'addition, dans sa santé, son éducation et sa sécurité. Aujourd'hui le PLR, UDC et MCG ont marqué leur option préférentielle pour les plus riches, au détriment des citoyens. Le MCG est devenue le Mouvement des complices généreux !

Les chiens fous, toutous des plus riches n'ont pas distingué ni choisi ce qui devait diminuer, ce qu'il fallait préserver, ils ont choisi de détruire. Le pouvoir de mordre leur est monté à la tête, l'ivresse de saigner. Peu leur importe que ce soit d'autres qui assument les conséquences de leurs emportements. Au final ce sont 97 millions de services et de soins dévorés d'une coup, 482 postes d'enseignants biffés, 20 millions de moins pour le réseau de santé, et des files d'attente devant les urgences qui promettent de s'allonger, etc., etc., Chauffé à blanc par les jappements de la rigueur budgétaire et le concept du déficit zéro, les chiens fous veulent un citoyen toujours plus seul pour s'autogèrer, s'auto-soigner et s'auto-débrouiller pour assurer sa sécurité. 

Les chiens fous, toutous des plus riches, ont donc choisi de faire payer au citoyen les baisses d'impôts qu'ils ont voté pour des hauts revenus. Leur mission accomplie, ils peuvent se retourner les uns sur les autres et se renifler l'arrière-train ; se congratuler parmi, en se servant du monsieur le député, eux qui pour éviter le prétendu déficit du budget, ont choisi l'option des trous, des déchirures, et de faire le jeu des plus riches, en complices généreux et repus d'avoir planté les crocs.  

 

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02/03/2013

Finir nos assiettes et nous taire?

Parti d'angleterre pour se découvrir européen, le scandale des mets préparés avec de la viande de cheval vendu pour du boeuf en Europe, touche désormais la planète entière et l'Afrique du Sud, où un scandale éclate: ce qui était vendu pour de l'antilope était à 90% de la girafe, voir du porc. Au final, ces scandales ont leur source en un lieu, celui de la spéculation alimentaire qui pousse à faire flamber les prix, à tricher à tous les niveaux pour être concurrentiel. Si la traçabilité doit être renforcée, elle est difficile à appliquer. La loi du profit et la mauvaise volonté à jouer le jeu de la transparence vont de pair. Le journal "Entreprise Romande" l'exemplifie dans sa dernière édition: "Il est ainsi question d'obliger les restaurateurs à indiquer la provenance du poisson, comme c'est déjà le cas avec la viande. Or, beaucoup d'établissements reçoivent des arrivages aléatoires pouvant aller jusqu'à deux fois par jour. Comment savoir si le pêcheur du cru trouvera des perches ce jour là. Et comment traduire une telle incertitude dans la carte?". Alors oui, c'est vrai, à un niveau micro comme macro, pour régler l'incertitude, il existe un moyen rapide: toujours dire que c'est du boeuf et de la perche du lac, ça passe mieux auprès des consommateurs pressés et ça se vend pareil. La loi folle du bénéfice maximum ne s'applique pas seulement sur des étiquettes mensongères. Le scandale est économique. Les instances politiques doivent reprendre pied face à la dérégulation des marchés. 

Miam miam du sang dans mes spaghettis

Aujourd'hui, un milliard d'être humains souffrent de la faim, ce n'est pas une fatalité, mais le produit d'un système financier spéculatif poussant la logique du profit à son maximum. Alors qu'il y a suffisamment de nourritures pour couvrir les besoins de toute la population mondiale, la spéculation sur les matières premières fait exploser le coût du riz du maïs et du blé.  Pour y remédier, la transparence doit être exigée à la racine du problème. Solidar a donc lancé une intitiative http://www.solidar.ch/speculation pour faire inscrire dans la Constitution suisse la lutte contre la spéculation sur les matières premières agricoles et les denrées alimentaires. 

Car si le système du tout profitable nous roule ici dans la farine, en vendant n'importe quoi sous des emballages bien publicisé, il soustrait ailleurs les aliments à la population. C'est la même logique qui est à l'oeuvre. Des banques, des caisses de pension tirent de gras bénéfices de cette spéculation sur les matières premières. Bouffer de la M.... sans exiger d'en connaître la provenance nous rend au mieux naïf au pire captif; cautionner par nos achats la faim dans le monde : complice. Jean Ziegler a tiré la sonnette d'alarme avec son livre Destruction massive et rappelle que Genève est la capitale mondiale des spéculateurs agroalimentaires. Le Gaïa World Agri Fund, un des plus féroces spéculateurs sur les biens agroalimentaires a son siège ici, et de nombreuses hedge-fund sont accueillies chez nous via la complaisance du Conseil d'Etat. Leur comportement pirate est destructeur pour la planète entière.

L'intitiative de Solidar  vise donc à empêcher les banques, les négociants en valeurs mobilières, les assurances privées, les fonds de placement, les investisseurs institutionnels et les gestionnaires de fortune indépendants, etc., d'investir dans des instruments financiers se rapportant à des matières premières agricoles. Il faut signer cette intitiative, affamer les affameurs en ne leur permettant pas de faire du profit avec nos ventres. http://www.solidar.ch/speculation  Mais il faudra aussi, si nous voulons vraiment faire le ménage dans nos assiettes, s'occuper rapidement des Hedge-fund qui ne sont pas soumises au contrôle de l'autorité des marchés financiers suisses (la FINMA), par la faute de la complaisance du Conseil d'Etat et des néo-libéraux du Grand Conseil qui les ont fait venir ici sans souci de mettre en place des mécanismes de contrôle de leurs comportements pirates. Il faudra donc commencer par faire la vaisselle chez nous, dans les entreprises que Genève accueille, si nous voulons y voir plus clair dans nos assiettes.

Hurler que nous ne trouvons pas dans nos assiettes ce que l'emballage nous promet, et nourrir en même temps les spéculateurs de matières alimentaires qui participent de cette situation, sous le prétexte que ces derniers nous donnent quelques miettes de leurs bénéfices n'est pas cohérent. Réevaluons plutôt rapidement les assiettes fiscales des hedge-fund, soutenons notre agriculture locale et signons l'initiative de Solidar pour stopper la spéculation sur les biens alimentaires. Finir nos assiettes et nous taire? Et si on en changeait plutôt la composition ?


 


 

 

09/02/2013

A quoi sert la culture?

Le culture ne sert à rien.

Dans un temps social où l'utilité de chaque chose doit être démontrée, quantifiée; ou tout devient moyen et ou les fins sont indécises, la culture ne sert à rien. Elle n'est au service que de sa propre fin, autopromotionnelle. C'est ce qui fait sa singularité et sa faiblesse, ce qui dérange et la rend aussi inessentielle. La Culture est élitiste, superficielle. Elle est par essence incompréhensible. C'est une pièce de théâtre en plus parmi tant d'autres, un livre ajouté à la publication de 70'000 ouvrages; c'est comme une surélévation d'immeuble au dernier étage d'un building qui en compte déjà une dizaine. Ce qui compte, ce qui pèse, c'est la base: la police, l'économique, les vrais travaux. Le reste c'est du vent, on peut faire sans... vraiment? 

Au sport au moins on a trouvé une utilité, il sert l'intégration, et fait bouger les gens. C'est bon pour la santé. Mais la culture... n'est pas un service rendu, n'a pas vocation de nous émouvoir, édifier ou rassembler, de construire un langage commun, des références partagées, faire réfléchir sur notre condition et les fins de notre société. Elle n'est pas la carte de visite d'une ville, et ne joue pour rien en matière d'attrait touristique. Et puis à quoi sert le chant, la danse, le livre et le cinéma; à quoi servent les mains tendues et se dire bonjour. Finalement...

Les députés de droite du grand conseil l'ont bien compris. Suppression de 545'000 francs pour l'aide ponctuelle à la culture, 330'000.- pour l'aide à la création indépendante, 300'000.- d'aide à la diffusion et aux échanges, 500'000.- d'apport à la fondation pour le cinéma, d'aide à la recherche, à la solidarité internationale. Le troisième débat aura lieu en commission des finances après les vacances de février. Jusqu'où tronçonneront-ils, combien de jeunes pousses abattront-ils pour ramasser quelques petites feuilles? La coupe est franche. La volonté de faire une saignée reconnue.

Nous fonctionnons encore sur des catégories du XVIIIe siècles ou pire à la façon de Saint-Thomas qui ne croyait que ce qu'il voyait. La division entre les sciences molles et sciences dures, est encore bien vivace. Il y aurait d'un côté ce qui est vraiment quantifiable, chiffrable: la police, les finances, les constructions et de l'autre les sciences humaines, molles: la culture bien sûr; mais le social, aussi. Or, cette division ne tient plus, tant les champs se correspondent désormais. On loue la transversalité, et pourtant les enjeux de société se pensent encore sur des plans confus qui opposent des éléments qui se complètent. L'obésité, par exemple, est un problème de santé publique directement liée au revenu des ménages, à l'éducation, à une certaine qualité de vie et d'accès à la culture dans les quartiers. Il vaut mieux ouvrir un centre culturel sur la rive droite et continuer de soutenir la création indépendante plutôt que de voir les taux d'obèses ou de gamins désoeuvrés gonfler. 

La culture ne sert à rien? Oui, à rien, tout comme l'air que l'on respire, du moins, tant que l'on n'en manque pas. Puis, en apnée, elle est tout ce qui reste. Alors messieurs les députés du Grand Conseil, faites un geste rationnel, respirez un grand coup, et n'imposez pas à d'autres l'anoxie qui au final coûtera bien plus cher que les quelques "économies" que vous voulez, à courte vue, faire. 

Car si chacun défend sa cabane dans les arbres, une vue dégagée, la culture est la corde qui les relie toutes ensemble.

 

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06/02/2013

On sauve bien les paysans de montagne, pourquoi pas les libraires?

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Le 11 mars 2012, le peuple suisse refusait de soutenir la réglementatin du prix du livre. Néanmoins, Genève et tous les cantons romands montraient clairement leur souci d'assurer la pérennité de la chaîne du livre, de l'auteur au libraire, en passant par l'éditeur, en disant OUI à plus de 66%! Un an pratiquement après le refus par le peuple d'instaurer le prix unique du livre, la situation du marché, des métiers et des politiques du livre, mérite un examen attentif.

L'homo oeconomicus va-t-il l'emporter sur l'homo sapiens? Les attaques contre la Culture, entendu par certains comme quelque chose de non-essentiel, ou un produit économique comme un autre, fait peur. Or: boîte de conserve, livre ou shampoing, ce n'est pas du pareil au même. Il ne peut y avoir de vivre ensemble, sans pensées, sans langages, sans livres, sans presses et sans lecteurs. Pas de relations humaines sans humains qui remplacent la machine ou la commande par internet. La place du livre est fondamentale dans l'élaboration d'une pensée critique et diversifiée. A Genève, les librairies Forum, Artou, Panchaud, Descombes, ont fait les frais du tout profitable. Les prix excessivement élevé des loyers menacent la survie des petites entreprises culturelles. Amazon pratique du dumping pour vendre moins cher des produits livres stéréotypés et contourne la loi pour expédier sans frais de ports ses produits. Au fait, combien Amazon paie-t-il d'impôts sur ses gains, et à qui ? Mystère. Quand il n'y aura plus de librairie, quand le monopole sera atteint par les industriels du livre, de combien seront alors majorés ce qui ne s'appellera peut-être même plus livres? La qualité du service est aussi un bien à défendre, au même titre que la relation de personnes à personnes. Une culture se compose de lieux, de personnes, de souffles et de corps : dernières maisons habitables avant le désert du clic.

La lutte contre le marketing en mode épandage est ouverte ; la réflexion sur l'uniformisation des medias culturels, la standardisation des modes de consommation et la sériation de l'offre aussi. L'accès privilégié à la culture pour toutes et tous, le soutien à des petites entreprises formatrices fournissant à des producteurs de culture de proximité des plateformes d'expression est vital. Maintenir des librairies de proximité, des vitrines de mise en valeur pour les auteur-e-s suisses, à des prix garantis, développer des labels de qualité pour les librairies, c'est résister au mouvement de dématérialisation et de banalisation des créations culturelles. On sauve bien les paysans de montagne, pourquoi pas les libraires? Les petits artisans culturels ne sont pas des cloches. Le livre vaut bien une poya.

Lancement du journal Causes Communes spécial livres mercredi 6 février 17h30 à la librairie du boulevard (34 rue de Carouge) avec Manuel Tornare, Sylviane Dupuis, Gabriel de Montmollin, l'illustrateur, les graphistes, l'imprimeur, les contributeurs et contributrices... lecteurs et lectrices de ce singulier numéro papier. http://www.ps-geneve.ch/

 

 

 

 

 

 

30/01/2013

L'abri:boîte noire à défaut de boîte de nuit

On prend note, on relit attentivement le Courrier d'aujourd'hui, et l'ouverture de la boîte noire du projet culturel public-privé "l'Abri". Que constate-t-on, dans les réponses de Guillaume Barazzone? 1) Que la culture est à la mode. Nous avons désormais un nouveau magistrat de la culture urbaine et de la sécurité, alors qu'Esther Alder continue sa politique de culture de proximité dans les quartiers... que va-t-il rester à Sami Kanaan? 2)Que le projet d'accueil social des jeunes fêtant dans la rue est définitivement enterré. On se dirige résolument vers un projet privé à vocation culturelle visant l'excellence. Quant au contenu plus précis de ce projet...  

Il existe sur la rive droite un très joli théâtre, celui des Grottes (ex théâtre para-Surbeck), de 86 places, avec une scène, une buvette, spécifiquement mis à disposition de jeunes compagnies ou associations oeuvrant dans le domaine des arts de la scène. Les compagnies indépendantes, les associations de quartier, les manifestations organisées par la Ville de Genève y trouvent refuge. Alors, soit ce théâtre des grottes est insuffisant, inadapté, et il serait urgent de lui donner les moyens de fonctionner d'une manière plus adéquate, soit il remplit sa mission de promotion des jeunes artistes locaux, et le projet de l'Abri devient au mieux un doublon, au pire un lieu qui cache son nom dans une offre de scènes publiques déjà abondantes. La rive gauche est déjà l'enfant gâté de la culture, veut-on encore l'alimenter plus au détriment de la rive droite?

Troisième question : qu'est-ce qu'un partenariat public-privé? Au profit et au détriment de qui se réalise-t-il? On ne parle évidemment pas ici de mécénat, et la position de Guillaume Barazonne est extrêmement fragile. La droite rabote les budgets, suspend tout soutien à la fondation romande pour le cinéma, lutte contre ce qu'elle appelle des doublons, mais lorsqu'il s'agit de céder des parcelles de la Ville à des privés, la concertation et les bonnes résolutions s'envolent. Peu importe alors de doubler ou de tripler l'offre, tant que le privé en profite! Quand monsieur Barazonne se réjouit de proposer de la culture à 0.- ne se demande-t-il pas de quoi le prolétariat artistique qui égaiera les spectateurs dans l'abri Wilsdorf vivra? Qui paiera ses créations?

C'est vrai, la Ville aura deux sièges au sein de la fondation privé à but non lucratif qui administrera l'Abri. Mais comme la Ville ne se mêle pas de la programmation des lieux, elle y fera quoi? Un soutien financier quand le projet l'exigera, ou une caution publique et un lustre médiatique à l'heure de couper le ruban ?   

Je comprends le magistrat de la culture et des sports. L'abri commence déjà à se creuser, il faut être pragmatique, rentrer dans le trou et prendre la pelle; en espérant que les voûtes tiennent, et la fondation Wilsdorf ses engagements - mais lesquels?-  

Tant que le canari chante, le coup de grisou ne menace pas.  

L'abri: boîte noire à défaut de boîte de nuit.

 

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25/01/2013

Le projet mal ficelé de Pierre Maudet

culture,aménagement,maudet,solo solo,tantvalacultureauprivékalafinelleseperdLes travaux de transformation de l'ancien abri de la protection civile situé sous la terrasse Agripa d'aubigné vont démarrer le 14 janvier pour livrer un nouvel espace culturel à l'intérieur des remparts de la Vieille Ville. Voilà l'annonce triomphale passée sur le site de la Ville de Genève par les services de monsieur Barazonne. Ce projet rêvé et pensé en 2011 par Pierre Maudet n'a pourtant de culturel que le nom. Ce partenariat, ou plutôt, ce joint-venture, entre la fondation Wilsdorf et le département de l'environnement urbain et de la sécurité est un projet grandiloquent de plus de 600m2 (un an et demi de travaux prévus dans un lieu inadapté), opaque, au concept vendu comme "inédit", mais pour l'instant insaisissable. Surtout, le département de la Culture n'a pas été associé à l'élaboration de ce projet. La délégation à la jeunesse du service social, travaillant directement en lien avec les jeunes, non plus. Les artistes raillent déjà des adaptations architecturales prévues qui ne sont pas en accord avec les pratiques et les besoins du milieu. On a déjà vu mieux en terme de planification.

Ce nouveau "lieu culturel" sera géré par une fondation sans but lucratif qui travaillera sur "une programmation basée sur l'excellence et l'élégance artistique". Mais comment a-t-on pu passer de la lutte contre les botellons des jeunes dans la rue -raison mise en avant par Monsieur Maudet pour développer ce projet- à la promotion d'une boîte à l'élégance artistique? Le public cible a changé en cours de route. Pensé pour des jeunes désoeuvrés causant des nuisances, il s'adresse désormais aux jeunes talents. De projet social il est devenu un projet culturel. Et désormais, de projet culturel, a basculé en projet anti-culturel, se constituant au détriment de lieux existants sans étude sur la nécessité d'ouvrir un tel lieu à cet endroit. 

Alors que les infrastructures de la Ville ont besoin d'argent, que la maille pour rénover le Grand Théâtre, le Musée d'Art et d'Histoire manque; que la Nouvelle Comédie a besoin de soutiens, et le musée d'ehtnographie de moyens supplémentaires, Monsieur Maudet, s'inspirant des mauvaises pratiques du Canton en la matière (qui cède gratuitement l'usage de l'usine Sicli à la route des Acacias à une entreprise "culturelle" privée), a choisi de morceler la culture en bradant des biens publics pour en régaler les privés. Est-ce cela que l'on appelle le partenariat public-privé? N'est-ce pas, au mieux, une politique improvisée et non concertée, et au pire, une politique particulariste visant à satisfaire des investisseurs culturels? Certains théâtres ont des fréquentations en baisse. L'offre est abondante. Faut-il vraiment vouloir ouvrir un nouveau lieu théâtral, à la sauvette?

Alors que le patrimoine de la ville a besoin de soutiens privés en bonne intelligence pour se refaire une façade, pourquoi offrir au privé des espaces publics sans contre-partie? Les intérêts de la collectivité sont placés là sous les intérêts d'une fondation de prestige. Joli cadeau: un écrin en vieille ville avec, cerise sur l'abri, la sécurité fournie par les agents de police municipaux de la Ville... 

Pour terminer, il est troublant que le département de la police municipale et de la voirie élabore dans son coin un projet de nouvel espace culturel. Cela veut-il dire que désormais le département de la culture est invité à s'occuper des casernes de pompier; le service social des espaces verts? Et que va faire désormais Monsieur Barazonne du projet mal ficelé de Pierre Maudet ? La promotion faite sur le site de la Ville de Genève laisse penser qu'il a choisi de le faire sien. Enfin, sien.... celui de la fondation Wilsdorf, plutôt.

 

 

 

20/01/2013

Le socialisme n'est pas une mathématique

rosa_lives.jpgFaut-il que le Parti socialiste aligne quatre candidat-e-s en vue de l'élection au Conseil d'Etat ou seulement deux? Et pourquoi pas trois ? Réduit-on vraiment au carré les ténors comme on le lit dans la presse dominicale? Il y aurait-il donc des petit génies qui réduisent de moitié l'influence de ceux qui comptent ? Qui voudrait la peau des gros numéros, ceux qui pèsent pour quatre?

Combien il y a-t-il de gestionnaires qui font des calculs politiques et de visionnaires qui raisonnent sur la théorie des ensembles? Ce qui est démontré: dans une premier temps, au-delà (ou comme résultante?) des arithmétiques, ce seront les presque mille membres du parti qui poseront l'équation la meilleure, puis le peuple fera ses additions, ses soustractions... et exigera des comptes!

Rosa Luxembourg l'avait compris :"la liberté pour les seuls partisans du gouvernement, pour les seuls membres d'un parti- aussi nombreux soient-ils- ce n'est pas la liberté. La liberté c'est toujours au moins la liberté de celui qui pense autrement" Les calculs doivent englober le plus grand nombre d'inconnu-e-s possible.

Alors quoi, il y aurait des clans, des groupes, des couples, des gens qui se parlent et font de la tactique politique? Il existerait des stratégies pour maximaliser le résultat du parti au bénéfice aussi de résultats personnels? Il y aurait des alliances, des nombres premiers, des intersections et des intervalles ouverts? Quoi, les partis seraient donc des usines de traitement d'idées, d'ambitions, de pouvoirs, de désirs et de vouloirs à géométries variables? Quelle suprise... Et pourtant, les calculs doivent toujours englober le plus grand nombre d'inconnu-e-s possible.

Car rien, évidemment, n'est pure logique et calcul statistique. C'en est même une part réduite. Et pan dans les sinus, et vlan dans les tangentes! L'arithmétique du politique passe par le rêve, l'engagement et la passion, et 2+2 font souvent autre chose que 4. Et 4 fait aussi parfois moins que 2. Celles et ceux qui font les calculs en laboratoire ou au bureau reçoivent alors une bonne pomme bien réelle sur la tête; sortent éclairés d'un bain (de foule?). Heurekâ, nous avons trouvé: les autres d'abord, JE est à leur service. 

Le socialisme n'est pas une mathématique. Si cet axiome s'efface du tableau, toute équation risque bien d'être nulle et tous les petits calculs réduit à zéro. 

 

 

 

18/12/2012

Tamedia Midas moderne?

journalisme,cct,tamedia,travailLes éditeurs de la presse écrite en Suisse romande, par l'intermédaire de leur association, Médias Suisses, ont annoncé la semaine passée qu'ils allaient résilier la convention collective de travail cette année, avec effet au 1e janvier. La convention collective de travail, comme le rappelle impressum, l'association professionnelle des journalistes, prévoit les conditions de travail des journalistes et des photographes de presse, un plan social en cas de licenciement massif, des salaires minima. Elle traite du paiement du salaire en cas de maladie, du congé de maternité et autres absences, prévoit les normes en matière de santé au travail., édicte les délais de congé en cas de licenciement, etc. En bref, c'est la garantie de conditions de travail correctes et d'un minimum de sécurité au travail.

Attaquer la convention de travail (comme l'a aussi fait la RTS plus tôt dans l'année), c'est une déclaration de guerre contre la paix du travail et la porte ouverte aux dumpings et aux inégalités de traitement. C'est l'instauration de la loi de la jungle pour toutes et tous, et surtout, de la part de Tamedia, qui s'était engagé au moment du rachat d'Edipresse de respecter et maintenir la CCT romande et l'accord interne des rédaction, voir son nez s'allonger sur son visage marqué par l'abus de pouvoir, le non-respect des travailleurs, et la dérégulation forcée des conditions de travail. 

On peut se gargariser des mots de démocratie, de participation, de liberté de la presse, mais quand il n'y a presque plus qu'un seul acteur dans le domaine de la presse écrite, et que ce dernier souhaite fixer tout seul les règles du jeu pour faire valser ses journalistes comme bon lui semble, c'est-à-dire: au gré des courbes de ses bénéfices, quel sens pouvons-nous encore donner au mot information et quelle sera demain la qualité de celle-ci, si ceux qui la font seront des journalistes payés au rabais au sein d'une profession toujours plus précarisée?

Tamedia, Midas moderne, ayant fait le choix de vouloir tout changer en or, fait un mauvais calcul. Il perdra ce qui fait la base, le pain et l'eau de son entreprise: l'adhésion des journalistes à leur travail ; leur respect pour celui-ci et leur employeur. Tamedia, en faisant le choix de précariser ses journalistes pour plaire à ses actionnaires, fait à moyen terme un calcul avide qui péjore les conditions de ceux qui sont son unique plus-value. Comment des journalistes payés au rabais et révocables à merci, feront-ils un travail de qualité et garderont-ils un bon niveau de publication?

Mais peut-être est-ce cela, au final qui est visé. Peut-être faut-il se demander si ce n'est pas l'existence même d'une presse de qualité qui est en jeu. Car enfin, pourquoi servir des informations travaillées, et un journalisme fouillé, quand la pâtée molle remplit aussi, et que les pages people sont suffisantes pour agrémenter le voyage en tram et trouver quelques annonceurs?

Dans le final du mythe antique, Midas supplie les dieux de l'arracher à son brillant fardeau, et de revenir à sa nature première. Il finit néanmoins avec des oreilles d'âne allongées, puni d'avoir eu des oreilles si grossières et d'avoir su si mal entendre. Tamedia, Midas moderne, saura-t-il s'épargner la même fin que son ancêtre mythique ? Pas sûr. Il y faudrait une autre volonté, et surtout: une autre éthique que celle de la bourse.



06:44 Publié dans Genève | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : journalisme, cct, tamedia, travail | |  Facebook |  Imprimer | | |

11/12/2012

Lettre ouverte au capitaine d'Etat Maudet

Monsieur le capitaine d'Etat, depuis votre arrivée au pouvoir au Conseil d'Etat au mois de juin 2012, vous jouez du bâton. En effet, après vous être débarrassé de Fabienne Bugnon, directrice de l’Office des droits humains (ODH), viré manu militari Dominique Roulin, directrice de la Clairière, vous mettiez le 3 décembre aux arrêts Jacques-Eric Richard, directeur ad-interim au motif grave que vos ordres n'avaient pas été respecté. «L’idée était d’avoir deux types de serrures, afin que les employés n’aient pas sur eux les clés permettant de sortir du centre», expliquez-vous. Cet ordre n’ayant pas été exécuté, vous vous sentiez légitime de virer votre directeur. Car vous ordonnez, monsieur le capitaine d'Etat, et vos troupes ont pour mission d'exécuter. Gare à celui, celle, qui ne marche pas droit. Bien entendu, vous, vous n'êtes jamais responsable. Vous commandez, vos subordonnés ont pour mission d'obéir. Si donc la fin des évasions exigent les changements de cylindres, c'est simple comme bonjour, cela devrait fonctionner. Sinon, vous congédiez. L'arbitraire semble faire partie de votre manière de convaincre. Mais si c'étaient vos manières de commander qui étaient à réviser? Car cette stratégie de maximilisation des "résultats" et votre rudesse à les obtenir soulève la question: combien de fusibles allez vous encore faire sauter? A chaque ordre non exécuté vous allez en virer combien, de collaborateurs et de collaboratrices ?

En même temps, sur des dossiers moins exposés médiatiquement, vous faites preuve d'un laisser-faire troublant. Par exemple, dans le rapport du comité anti-torture sur la Suisse du 25 octobre 2012, Genève était salement épinglé. Il y est écrit qu'une proportion troublante de personnes, dont quelques mineurs, avec qui la délégation s'est entretenue dans le canton, se sont plaintes de mauvais traitements physiques que la police leur aurait infligés au moment de l'appréhension, ou peu après. Ces allégations étaient souvent étayées par les données médicales. Le Comité anti-torture du conseil de l'Europe a donc recommandé que des mesures de lutte contre les mauvais traitements soient prises dans le canton, au moyen de meilleures formations et du renforcement des garanties existantes, et que les lésions traumatiques établies en période d'admission à la prison de Champ-Dollon soient automatiquement transmis à un organe d'enquête indépendant. Dites, vous avez suivi ces recommandation monsieur le capitaine d'Etat?

Le 23 novembre dernier, le comité national de prévention de la torture (CNPT) publiait à son tour son rapport dans lequel était à nouveau épinglé Genève. Les locaux de détention à l'aéroport y sont décrits comme inadaptés à l'accueil des enfants. La commission s'est déclarée très préoccupée (dans la bouche diplomate d'une d'officine fédérale, c'est quelque chose) par les conditions d'accueil dans le centre de transit de l'aéroport de Genève. Une prison n'est de fait pas adapté à "l'hébergement" de familles avec femmes et enfants sur une longue période. Les autorités devraient transférer les enfants au CEP de Vallorbe ou faire en sorte que les enfants puissent aller au jardin d'enfants ou à l'école durant la journée. Dites, vous avez suivi ces recommandations monsieur le capitaine d'Etat?

Plus grave encore. L'OPP (Observatoire des pratiques policières) fait état de régulières violences lors d'arrestations, d'insultes racistes, de poignets cassés, de minorités visibles persécutées par, notamment, un agent de police clairement identifié, de citoyens lésés dans leur droit. Dites, vous avez pris soin de recevoir l'observatoire des pratiques policières monsieur le capitaine d'Etat?

A ce jour, à ma connaissance, aucunes  de ces recommandations, que ce soient celles du comité anti-torture du conseil de l'Europe, ni celles du comité national de prévention de la torture n'a été suivi d'effets de votre part. Faut-il en conclure que si vous, vous donnez des ordres, vous êtes récalcitrants à suivre des recommandations?

Enfin, et c'est ce qui m'a poussé à vous écrire, vous vous êtes positionné, le 2 décembre, dans la presse, comme voulant poursuivre et punir ce que vous appelez les plaintes fantaisistes à l'égard des forces de police. Vous avez donc choisi, plutôt que de suivre les recommandations sur des maltraitances effectives de vos services, de mettre la pression sur ceux qui viendraient en témoigner. Vous avez préféré protéger votre troupe (quitte à jeter le discrédit sur elle), plutôt que de faire respecter le droit. Vous avez levé le maillet de la sanction sur ceux qui braveraient la loi du silence; comme si porter plainte contre la police n'était pas déjà chose suffisamment intimidante et difficile.

Certains d'entre-nous, lors du vote de la nouvelle constitution genevoise, craignaient l'engagement potentiel de l'armée pour des tâches d'ordre public. Force est de constater, aujourd'hui, que cette crainte n'est rien en regard du risque bien réel de dérive militaire de la police, et la relégation au second plan du respect des droits humains les plus élémentaires. La conception avant tout répressive de la sécurité que vous défendez. Le cocktail composé de new-management, d'obligations de résultats et d'obéissance militaire avec laquelle vous souhaitez la réaliser fait aujourd'hui peser un risque sur la sécurité des citoyen-ne-s au contact de la police.

Dites, monsieur le capitaine d'Etat, vous n'auriez pas envie de repasser vos habits civil?

06:08 Publié dans Genève | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : maudet, militaire, insécurité, prison, répression | |  Facebook |  Imprimer | | |

24/11/2012

Et une et deux et trois prisons

Vous vouliez un meilleur accès au logement, plus de crèches, des investissements dans la santé et l'éduction? Raté, vous aurez plus de pénitenciaire et de grosses taules toujours plus chères. Merci Maudet qui devise une troisième extension de Champ-Dollon à 315 millions. Le projet d'extension Curabilis - 109 millions- pour la construction d'un lieu de détention pour 62 adultes psychiquement instables a déjà calé; il faudra encore plus d'argent frais pour mener ce projet à terme. Incurie de l'Etat, Curabilis devait ouvrir cette année, il ne sera pas terminé avant... 2016: il n'y avait personne pour le piloter à la tête de l'Etat! Et une et deux et trois prisons, et combien de millions en plus ensuite pour les faire fonctionner, pour quels résultats? Et si avant de construire une nouvelle prison on essayait déjà de finir celle que l'on n'arrive pas à construire?

Le coût journalier de détention d'un prisonnier est de 1000.- Le tout condamnatoire, gouffre financier, est une fuite en avant. Il saigne les finances de l'Etat pour des résultats douteux sur la sécurité générale. Le maillon faible de la détention n'est pas le nombre de places de détention comme le prétend monsieur Maudet, mais plutôt l'impuissance à penser un système socio-sécuritaire dans son ensemble. Tout compris, le tout répressif coûte environ un milliard à Genève, années après années. Pour quels résultats durables? Monsieur Maudet veut accélérer cette inflation. Enfermer les mendiants, les joueurs de bonneteau et les sans-papiers, c'est vrai que ça n'a pas de prix, mais en quoi contruire toujours plus de prisons toujours plus chères profitera aux citoyen-ne.s? Quel sera leur retour sur investissement? En l'Etat, pas de réponses.

Des solutions urgentes doivent être dégagées du côté de la politique d'asile. Il faut une réflexion sur les centres miteux ou insalubres tels que les Tattes ou les abris de la protection civile qui finissent par devenir des centre de désoeuvrement et d'école de petite criminalité sollicitant massivement les forces de police (allez voir les norias de policiers autour de l'abri situé sous l'ECG Henry-Dunant, etc.,). Il faut intervenir en amont sur ces populations à risque plutôt que de les enfermer à coups de millions  en augmentant les places de détention administratives progressivement de 20 à 218 comme le veut le magistrat.

Par ailleurs, le tout répressif place Genève sur la sellette en matière de respect des droits humains (voir à ce sujet le rapport de la commission nationale de prévention de la torture sorti le 23 novembre qui épingle Genève et les conditions catastrophiques de détention à l'aéroport de Genève). La politique du gros bâton coûte très très cher. L'ivresse répressive fait perdre la tête au magistrat et n'amène pas plus de sécurité et de stabilité, bien au contraire. Avant de se résoudre à payer une addition salée et à s'endetter à vie pour des gardiens et des cages, il est urgent de préparer un autre plan sécuritaire, moins cher, pour une véritable politique sécuritaire plus globable et durable.

Monsieur Maudet veut plus de prisons? C'est une jolie opération de comm'. Je souhaite plus de sécurité, et en connaître le véritable prix.    

12:27 Publié dans Genève | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : maudet, prison, sécurité, économie, droits humains | |  Facebook |  Imprimer | | |

13/11/2012

Pierre Maudet tentacule froide

Quelles reptations se déroulent au département de la sécurité? Animé par ce qui sonne comme un cinglant désaveu de la politique menée par sa consoeur Isabelle Rochat, Pierre Maudet touche du bout de ses ventouses des mains, ramène les corps à sa bouche, et les boulote. Noyée Dominique Roulin, directrice de la Clairière, excrétée Fabienne Bugnon, directrice de l’Office des droits humains (ODH), broyée la carapace de l'ODH, ouvertes muqueuses et chaires. Vorace, le tentacule accomplit froidement son travail de démembrement. Cela pourrait être un simple basculement entre hyperphagie et boulimie; entendre, en français courant: entre ce qui se vomit et ne se vomit pas. Mais le tentacule, si elle porte toujours une bouche, a nécessairement un anus. Ce qui sort donc d'un côté doit entrer par l'autre, ou plutôt, parce que cela doit entrer d'un côté, il faut d'abord faire le vide de l'autre.

La faim se fait sentir, le besoin de remplir, le transit s'accélère. Après Roulin et Bugnon, c'est le directeur général des systèmes d'informations qui passe dans le tube. Ouverture du poste au 12 octobre, clotûre au 25. Le 31 octobre déjà le Conseil d'Etat annonce la nomination au poste susmentionné de ... l'ancien directeur depuis 2002 des systèmes d'information et de communication de la Ville de Genève ! Et créé au passage le scaphandre doré de directeur-adjoint pour l'ancien-directeur. Même sous l'eau, les chaises musicales ça marche bien, le son est juste un peu assourdi. Ce nouveau directeur est placé directement sous l'autorité hierarchique d'un secrétaire général. Hop, voilà un poste de secrétaire général qui s'ouvre, parution dans la presse le 12 octobre pour une clôture le... 14. Un poste de cette importance à repourvoir en 4 jours? Etrange comme pratique, non? Si j'ai parfois une algue dans l'oeil qui m'empêche de voir le tentacule dans celle du voisin, je mise là mon maillot de bain et mes tongs que l'heureux élu le savait bien avant l'ouverture de son poste. Si la pêche au gros est bonne, elle est très sélective. Où donc est passée l'ancien secrétaire général ? C'est un scaphandre doré de plus qui nage dans les eaux du Canton?  

Le tentacule froid a fait ses gammes. Avant de s'étendre au Canton, il se nourrissait en Ville. Ses petits poissons préférés: les Agents de Police Municipaux. Il en voulait 25 chaque année. Par gourmandise? Au final, c'était soit du surgelé pour le frigidaire, soit commercialisé sous un autre nom. Un exemple? Le conseil municipal votait pour la bonne bouche 6 policiers municipaux, mais par derrière, c'étaient 6 travailleurs à l'unité de gestion des incivilités qui ressortaient. Joli tour de passe-passe. Et personne hors du bocal pour crier au copinage, dénoncer l'arnaque sur l'étiquetage?

Je n'ai pas de lunettes pour voir dans l'eau trouble, ni la vocation du requin pour nager dans le sang. Je lève juste un drapeau de prudence à la baignade. Même si un bon plongeur devrait quand même aller voir de plus près ce qui se passe dans l'aquarium du département de la sécurité. Bien sûr, les vitres de l'aquarium sont propres, le silence règne. Mais il faut douter de l'entreprise de communication qui transforme la boue en eau trop claire et des tentacules en outils de bonne gestion. Car derrière la vitre, ça dégurgite à tout va et à défaut de se la jouer grand bleu, Pierre punit la chaîne Léman Bleu, et rajoute du pschit pschit et son déo sur les vitres.

Qu'est-ce ce qui l'emportera de la digestion ou de l'excrétion; de la communication aseptisée qui cache la merde aux poissons ou de la transparence? Et durant combien de temps accepterons-nous encore que la santé, le logement, le social soient passés à la moulinette aux cris de REGIME pendant que le tentacule se frotte la panse et se fabrique des scaphadres dorés tout en nous rotant au visage des petits poissons morts au milieu de bulles colorées ?

18:08 Publié dans Genève | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : maudet, politique, administration, sécurité | |  Facebook |  Imprimer | | |