sylvain thévoz

Air du temps - Page 10

  • Gaza, prépuce d'Israël?

    Imprimer

    Le 7 novembre dernier, à Genève, une imam, un rabbin et un pasteur s'étaient réunis pour parler de la circoncision. Le rabbin a eu des paroles d'une finesse et d'une profonde intuition. Il disait, tout d'abord, ce qu'était matériellement l'acte de la circoncision, qui vise à sectionner le prépuce, petit bout de peau qui entoure le gland tout en protégeant ce dernier. Ensuite, et surtout, il faisait de cet acte une lecture symbolique et spirituelle. Le sexe recouvert d'une peau est symboliquement fermé et représente l'image d'un plaisir recroqueveillé sur lui même. Sectionner le prépuce, c'est ainsi, pour le rabbin, s'ouvrir à l'autre, à son désir. Si cela n'est pas fait, on demeure sous le dôme protecteur de la peau, dans la clôture. Le possible partenaire de la relation sexuelle n'est alors pas considéré comme sujet partenaire mais objet de plaisir à asservir ou menace dont se méfier. Pour la femme, pas de rituel équivalent. Pourquoi? Parce qu'elle est ouverte déjà, dans la vulnérabilité; dans l'ouverture naturellement taillée.

    Gaza, prépuce d'Israël? Pourquoi? Parce que de ces territoires coupés, découpés, retiré du plaisir, il semble que le déni et la négation de l'autre aient remplacé l'alliance avec Dieu, parfois au nom de Dieu même. La question de Gaza ne repose-t-elle pas avant tout sur une faille spirituelle, et un déni, de la part de deux peuples circoncis, de leur alliance commune avec Dieu découlant d'un ancêtre commun : Abraham, et d'une prescription commune: l'ouverture à la vulnérabilité et l'exposition mesurée mais confiante à l'autre?

    Dans les textes des deux peuples circoncis pourtant, la reconnaissance de l'existence de l'autre est inscrite. Il est écrit dans le Coran (sourates 2:136 ) Dites : "Nous croyons en Allah et en ce qu'on nous a révélé, et en ce qu'on a fait descendre vers Abraham et Ismaël et Isaac et Jacob et les tribus, et en ce qui a été donné à Moïse et à Jésus, et en ce qui a été donné aux prophètes, venant de leur Seigneur : nous ne faisons aucune distinction entre eux. Et à Lui nous sommes soumis". Et dans la Torah, qui est aussi le premier testament des chrétiens, la prière d'Abraham à Dieu est la suivante: "Si seulement Ismaël pouvait vivre devant toi" (Genèse 17,18). Prière d'Abraham pour Ismaël auquel Dieu donne suite: "En ce qui concerne Ismaël, je t'ai exaucé: je le bénirai, je le ferai proliférer, et je le multiplierai considérablement. Il aura pour fils douze princes et je ferai de lui une grande nation." (Genèse 17, 20). Ismaël, ancêtres des Arabes pour les musulmans, et même pour ces derniers, rénovateur, de la ka'aba, dont il ne restait que ruines, confié à Dieu dans la prière par le patriarche des juifs!

    Dans cette lecture de la Torah et du Coran, la convergence d'origine est inscrite dans la circoncision d'Abraham. Si la déchirure de Gaza était un manque à la circoncision, une trahison de la parole de Dieu? Ce ne serait pas la religion qui dresserait ces deux peuples circoncis l'un contre l'autre, mais bien son déficit. Gaza peau restante, ni entière ni tranchée. Gaza lieu de la fermeture dans la foi des lanceurs des bombes, des kamikazes ou des pilotes d'avions. Gaza peau de chagrin de chacun clamant la légitimité de son camp. Gaza,  prépuce d'Israël? Pour autant qu'Israël soit le prépuce de Gaza, et que chacun accepte d'être à la fois le membre et l'enveloppe de la zone vulnérable de l'autre; lieu de l'intime blessure comme de la possible sanctification et la présence de l'autre comme présence sacrée d'une image de Dieu. Difficile? Certes. 

    En ce sens là, la circoncision est toujours a-venir. Une circoncision qui serait bien plus que la section d'un bout de peau ou de territoire, mais véritable remise à Dieu de ce que l'homme croyait sien. La terre sacrée, pour un croyant, n'est-elle pas un fermage de Dieu, un simple prêt à usage? Dans cet abandon par Dieu d'un territoire occupé par les hommes, ne faut-il pas aussi lire le retrait unilatéral de Dieu et la confiance qu'il fait aux hommes d'en prendre soin? Confiance trahie par les bombes? L'acte de laisser la terre en héritage n'est pas un blanc seing.   

    Peut-être alors que la circoncision à Gaza et en Israël, ne s'opérera pas avec des chars des bombes ou des roquettes, mais avec le couteau de la sagesse et la prière juïve qui accomplit la circoncision: "bénis sois-tu éternel qui nous a demandé d'entrer enfant dans l'alliance d'Abraham"; par des spiritualités renouvelées incluant l'autre et l'invitant à se convertir pour rapprocher les camps encore capable de s'entendre et minoriser les forces incapables de le faire. 

     

    Lien permanent Catégories : Air du temps 0 commentaire
  • Gaston fou roillé

    Imprimer

    Il disait je suis l'affreux, le mouton noir le fils de l'ouvrier et de la servante, enfant perdu, mauvais garçon. Oscillant entre l'argot et une langue travaillée, entre le refus des bourgeois et l'oubli de sa classe, il a avancé sur un fil, le beatnik de la Broye, pécheur de tanches. Il disait: je suis un martyre un dérangeant, un dérangé. Il vivait au Lieu qui est une jolie place pour être, à la vallée de Joux, entre le Chenit et le Sentier, proche du jour comme du jouir. J'écris il vivait, car il a changé d'espace, le millitant le révolté, l'élu du Parti Ouvrier Populaire, éloigné de l'enseignement pour raisons politiques; le renégat, non-renonçant, étendu sous une bannière gauchiste, entendu sous une autre, forcené social. Main tendue poings fermé, dans Cherpillod, j'entends charpie, billlot, entends ruclon, bétaillère, raisinée, ruches, galetas, salée au sucre, petit blanc du Lavaux... et la bise noire désormais. Donner, recevoir, échanger: des mots, des coups. Mort, Cherpillod, vraiment? Morts Chappaz, Haldas, Yvette Z'graggen, Monique Laederach, encore? Têtes chercheuses des lettres romandes, l'ayant fait vrombir à plein moteur sur leur gauche, là où le coeur se loge, dans une langue vernaculaire, celle du combat du peuple des cafés et des stades, des théâtres, des collèges, des parlements, de toutes des arènes de paroles, généreuses, granuleuses... grivoises aussi. Ecrevisses aux pâtes grêles, voix qui portent.

    Dans ce temps où les lieux de parole collective sont attaqués, menacés, contestés par l'hégémonie du langage opérationnel, programmatique, efficace; ou l'écran fait véritablement obstacle, ou dire c'est pour faire et faire pour se taire, il disait, le poète que prendre la parole à la place d'autrui était non seulement risqué mais scandaleux. Chacun sa voix. Chacun son souffle. Mais chacun pour tous. Son parti place l'écriture au rang de patrimoine muséal, et le public avant le peuple, il choisit d'aller se faire élire ailleurs. Cherpillod, chêne brûlé, Gaston for ever, pour ne pas dire foudroyé. Fou roillé, dingue, illuminé, irradié d'une folie révolutionnaire aurait dit: les balbutiements de la gauche sont un problème orthophonique. Quand on a des cristaux dans l'oreille, ça peut conduire au vertige, on doit alors se jeter violemment contre un mur. Et ça passe. Pour bien entendre et bien dire, il faut des oreilles et une langue propre. Gaston en a donné une, fondamentale, elle appelle la tradition, socle où rebondir.  Elle est aussi foudre ou benzine, produit inflammable tombé d'un ciel bleu pâle hautement incendiaire.        

    Lien permanent Catégories : Air du temps 0 commentaire
  • Prier pour les Pussy

    Imprimer

    2011-piss-christ.jpgComment prendre le maquis avec les Pussy Riots ? Par la communion de prière. C’est Patrice Duret, qui m’en a glissé l’idée et la première prière : Fini l’homme fort / Pussy se libère / Elle détient les clés. Prière laïque, prière inspirée ou silencieuse, tout est bon dans la prière, du moment que cela vient du cœur. La prière n’est pas un mouvement hygiénique à effectuer dans un confessionnal, ou un mouvement de reptation sur un parquet d’église, elle est un murmure quotidien, invocation vers le Tout Autre. Elle peut être une gueulante, un cri du cœur : « Eli Eli lama sabachthani. Mon Dieu, mon Dieu pourquoi m’as-tu abandonné », en voilà une sacrée prière, les tripes à l’air sur le bois, il y a plus de deux mille ans, et ça résonne encore, fort.

     

    Lire la suite

  • Frère Roger, 7 ans déjà.

    Imprimer

    Grab-frere-roger.jpgLe 16 août 2005, frère Roger entrait dans l'au-delà, poignardé à Taizé par une femme déséquilibrée durant la prière commune. Celui qui était parti de Genève pour la bourgogne en 1940, jeune pasteur de 25 ans, chercher une maison où prier, y créa une communauté à partir de presque rien: un appel, un désir. Quelques frères, un prêt modique, l'achat d'une maison, où très vite des juifs et des résistants trouvèrent refuge. Sous pression de la Gestapo, il quitte Taizé en 1942 accompagné de ses frères et trouve refuge à Genève. En 1944, retour à Taizé, il se consacre à l'accueil de jeunes orphelins et... de prisonniers de guerre allemands. Taizé est né.

    Lire la suite

  • 18 ans: suicidé du système

    Imprimer

    Il serait absurde, injuste et bête de dire que ce fut la faute à celui qui a fait ou non le copier-coller. On ne pourra dire: il était fragile, sensible, on l'avait vu venir, il était psychologiquement ceci ou psychologiquement cela. Impossible de dire: c'était une humeur versatile, ou de culpabiliser les parents. On ne pourra montrer du doigt la directrice Geneviève Nanchen, le directeur général de l'enseignement postobligatoire du canton de Vaud, Séverin Bez. On ne pourra dire non plus que ce meurtre est le fait du hasard. Car le fait qu'un jeune homme soit tué dans son école, parce qu'il ne voyait pas son nom sur la liste des réussites à la matu révèle un mal plus grand et oblige à prendre conscience que le responsable du meurtre, c'est le système et ses rouages faisant promotion de la réussite à tout prix. Si cette atteinte à soi-même échappe à toute responsabilité individuelle, c'est une responsabilité collective qui la porte. X, jeune homme de 18 ans ayant cru à tort avoir raté sa matu, suicidé du système.

    Lire la suite

    Lien permanent Catégories : Air du temps 0 commentaire
  • Un mot est un acte

    Imprimer

    Un mot est un acte un mot est un acte un mot est un acte un mot est un acte un mot est un acte Un mot est un acte un mot est un acte un mot est un acte un mot est un acte un mot est un acte Un mot est un acte un mot est un acte un mot est un acte un mot est un acte un mot est un acte Un mot est un acte un mot est un acte un mot est un acte un mot est un acte un mot est un acte Un mot est un acte un mot est un acte un mot est un acte un mot est un acte un mot est un acte Un mot est un acte un mot est un acte un mot est un acte un mot est un acte un mot est un acte Un mot est un acte un mot est un acte un mot est un acte un mot est un acte un mot est un acte Un mot est un acte un mot est un acte un mot est un acte un mot est un acte un mot est un acte Un mot est un acte un mot est un acte un mot est un acte un mot est un acte un mot est un acte Un mot est un acte un mot est un acte un mot est un acte un mot est un acte un mot est un acte Un mot est un acte un mot est un acte un mot est un acte un mot est un acte un mot est un acte Un mot est un acte un mot est un acte un mot est un acte un mot est un acte un mot est un acte Un mot est un acte un mot est un acte un mot est un acte un mot est un acte un mot est un acte Un mot est un acte un mot est un acte un mot est un acte un mot est un acte un mot est un acte Un mot est un acte un mot est un acte un mot est un acte un mot est un acte un mot est un acte Un mot est un acte un mot est un acte un mot est un acte un mot est un acte un mot est un acte Un mot est un acte un mot est un acte un mot est un acte un mot est un acte un mot est un acte Un mot est un acte un mot est un acte un mot est un acte un mot est un acte un mot est un acte Un mot est un acte un mot est un acte un mot est un acte un mot est un acte un mot est un acte Un mot est un acte un mot est un acte un mot est un acte un mot est un acte un mot est un acte Un mot est un acte un mot est un acte un mot est un acte un mot est un acte un mot est un acte Un mot est un acte un mot est un acte un mot est un acte un mot est un acte un mot est un acte Un mot est un acte un mot est un acte un mot est un acte un mot est un acte un mot est un acte Un mot est un acte un mot est un acte un mot est un acte un mot est un acte un mot est un acte Un mot est un acte un mot est un acte un mot est un acte un mot est un acte un mot est un acte Un mot est un acte un mot est un acte un mot est un acte un mot est un acte un mot est un acte Un mot est un acte un mot est un acte un mot est un acte un mot est un acte un mot est un acte Un mot est un acte un mot est un acte un mot est un acte un mot est un acte un mot est un acte Un mot est un acte un mot est un acte un mot est un acte un mot est un acte un mot est un acte Un mot est un acte un mot est un acte un mot est un acte un mot est un acte un mot est un acte Un mot est un acte un mot est un acte un mot est un acte un mot est un acte un mot est un acte Un mot est un acte un mot est un acte un mot est un acte un mot est un acte un mot est un acte Un mot est un acte un mot est un acte un mot est un acte un mot est un acte un mot est un acte Un mot est un acte un mot est un acte un mot est un acte un mot est un acte un mot est un acte Un mot est un acte un mot est un acte un mot est un acte un mot est un acte un mot est un acte Un mot est un acte un mot est un acte un mot est un acte un mot est un acte un mot est un acte Un mot est un acte un mot est un acte un mot est un acte un mot est un acte un mot est un acte Un mot est un acte un mot est un acte un mot est un acte un mot est un acte un mot est un acte Un mot est un acte un mot est un acte un mot est un acte un mot est un acte un mot est un acte Un mot est un acte un mot est un acte un mot est un acte un mot est un acte un mot est un acte Un mot est un acte un mot est un acte un mot est un acte un mot est un acte un mot est un acte Un mot est un acte un mot est un acte un mot est un acte un mot est un acte un mot est un acte Un mot est un acte un mot est un acte un mot est un acte un mot est un acte un mot est un acte Un mot est un acte un mot est un acte un mot est un acte un mot est un acte un mot est un acte Un mot est un acte un mot est un acte un mot est un acte un mot est un acte un mot est un acte Un mot est un acte un mot est un acte un mot est un acte un mot est un acte un mot est un acte Un mot est un acte un mot est un acte un mot est un acte un mot est un acte un mot est un acte Un mot est un acte un mot est un acte un mot est un acte un mot est un acte un mot est un acte est un mot

    Facile, tu dis? - Menteur -

    Lien permanent Catégories : Air du temps 0 commentaire
  • Poutine à la sauce Québecoise

    Imprimer

    images.jpgLa Poutine a un goût soviétique au Québec ce printemps. Suite aux manifestations étudiantes contestant les augmentations par le gouvernement libéral des droits de scolarités, une loi liberticide (sur le modèle de celle dont s'est dotée Genève!) établit des normes strictes pour les rassemblements de plus de 50 personnes. Cette loi oblige les manifestants à fournir, 8 heures à l'avance, des détails sur les trajets des manifestations, leur durée. Les associations étudiantes qui n'encouragent pas les membres à respecter la législation (on ne parle même pas d'incitation à la transgresser!) recevront des amendes variant de 25'000 à 125'000 dollars canadiens (équivalent francs suisses) ; de 7000 à 35'000 dollars pour les leaders. Ce sont donc la liberté de manifester et le droit de s'opposer démocratiquement qui sont sanctionnés, et durement! De plus, cette loi votée dans l'urgence sera en vigueur jusqu'au mois de juillet 2013 (alors que des élections provinciales doivent avoir lieu avant la mi-avril 2013). Le parti libéral de monsieur Charest muselle donc purement et simplement l'opposition jusqu'aux élections. Un air soviétique glace le Québec.

    Lire la suite

  • Le travail c'est la santé, à condition d'y survivre!

    Imprimer

    "Le travail c'est la santé... à condition d'y survivre." Cette boutade échangée à la cafétéria ferait sourire si, tout comme les plaisanteries russes sous le communisme elle ne marquait une ironie et une résistance face à une situation de violence et d'oppressions dans le monde du travail et de la rentabilisation maximale qui "broient l'humain" Pour preuve, ce regard curieux jeté dans les pages Carrières du Temps.

    Lire la suite

    Lien permanent Catégories : Air du temps 0 commentaire
  • Faire sauter le coffre des dictateurs.

    Imprimer


    Solidaire et responsable des luttes en cours dans les pays sous dictature.


    Le courage et l'héroïsme des peuples Tunisiens et Egyptiens nous élève et nous rend responsable. Nous dénonçons la 'real politik' et l’attentisme qui conduit aujourd’hui au pourrissement en Egypte place Tahrir pour cause d'atermoiements. Moubarak, comme Ben Ali, doit quitter le pays comme son peuple le réclame et la Suisse user de son influence internationale pour l’y pousser. Il y avait avant une guerre invisible, il y a maintenant un conflit remarquable, pourtant rien n'a encore changé. Le maintien du président Moubarak n’est pas nécessaire à la poursuite d’un processus de réforme ; au contraire, il l’entrave et y jette un soupçon intenable. Condamner les violences, par conséquence, ce serait en quelque sorte valider un système de dictature silencieux qui tue et opprime. Il ne faut pas condamner les violences en cours, mais bien la complicité des voix qui appellent à leur fin sans un véritable retrait du tyran. Comme l’écrit Naguib Mahfouz, prix Nobel egyptien de littérature: "Pourquoi s'obstiner à dénoncer nos craintes et nos angoisses? Ne pourrait-on pas oublier l'avenir? - Et pourquoi donc? Serais-tu par hasard un adversaire de la paix et de la stabilité? - Lorsque l'on a la corde au cou, quoi de plus naturel que de redouter la stabilité?" Dans les temps de changement, le retour à l’identique n’est plus possible. Revenir à « comme c’était avant » est une mauvaise utopie, conservatrice. Il faut maintenant aller à « comme ce sera après ». Les gouvernances européennes et la Suisse ne semblent pourtant pas en avoir pleinement pris conscience et jouent, par manque de courage, un jeu dangereux et anti-démocratique.

     

    Des partis de Gauche, à Genève, fidèles à l’histoire de leurs partis, née des luttes sociales et d’un engagement auprès des opprimés, témoignent de leurs sympathies et de leurs soutiens aux côtés des Tunisiens, Egyptiens de Genève et d’aileurs. Ils se rendent solidaires de leur lutte, en manifestant, en mobilisant. Ces partis, dans un souci de cohérence, ici, ailleurs, appuient toutes les propositions destinées à l’amélioration du sort des peuples. Il faut saluer l’enthousiasme avec lequel les rues de Genève se sont emplies ces dernières semaines de cris de joie et d’appel à la poursuite des processus démocratique en cours.


    Aujourd’hui, en Egypte, la liberté de presse est totalement menacée par le régime, de nombreux journalistes occidentaux ont subi des violences par la police secrète. Nous avons tous vu les images de violences, les voyous payés par des hommes d'affaires proches du gouvernement attaquer les manifestants. Les criminels que la police a relaché de prisons ont effectué des ratonades. Les journalistes égyptiens ont aussi payé au prix fort la répression. La révolution en cours a déjà réalisé certaines victoires, mais il y a tant de choses à faire encore. L’Egypte, pour cela, a besoin du soutien de tous, toutes. Il est important de continuer à manifester pour soutenir la cause du peuple égyptien et celles de tous les peuples opprimés dans le monde. La liberté de témoigner.

     

    Nous voyons dans ces révolte des révoltes puissantes, signe que les temps changent. La base des révoltes egyptiennes comme tunisiennes sont laïques, communistes et socialistes. Les frères musulmans ont rejoint les manifestations, mais ils n’en représentent qu'une partie parmi beaucoup d'autres. La tentation de peindre le diable sur la muraille en jouant, comme le dictateur le fait, sa carte personnelle contre celle de l’islamisme ou du chaos est une manipulation crasse. Voilà trop longtemps que la Suisse et les pays Européens acceptent ce poker menteur et offrent du crédit à ce macabre casino. Depuis 2004, le peuple est en lutte contre un capitalisme sauvage qui a fait de 40% du peuple une population pauvre. Sur la place Tahrir (libération) des gens luttent et meurent pour une révolution qui est malgré tout, et toutes proportion gardées, aussi la nôtre. Parce que les gains sociaux ne s’obtiennent que suite à la lutte. Parce que se taire, c’est se rendre complice des régimes tyranniques et être agents de compromissions.


    Aujourd’hui, en Egypte, la situation semble bloquée. Rien n'est encore assuré. Le pouvoir veut gagner du temps, demande que les manifestations s'arrêtent pour commencer à négocier. Evidemment, personne n'a confiance dans ces paroles. Mais puisque le Parlement est toujours là, il semble aisé de changer immédiatement quelques articles dans la Constitution lorsque le dictateur sera renversé. La transition serait alors assurée par de grandes figures, comme Baradei ou Amr Moussa. Aujourd’hui, le peuple egyptien a vraiment besoin d'un soutien de l'extérieur qui lui fait défaut, afin d’en terminer non seulement avec son géolier mais surtout avec le système qui l'a entretenu. Nous répondons à cet appel et nous engageons à lutter pour que les luttes sociales, ici, avec les moyens qui sont les notres, aboutissent à un monde plus juste.

    Lien permanent Catégories : Air du temps 0 commentaire