sylvain thévoz

Air du temps - Page 10

  • Peut-on encore jouir du sexe des huîtres?

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    Dans la nuit de jeudi à vendredi passé le parlement allemand a fait voter une loi qui rend passible de 25'000 euros d'amende les pratiques zoophiles, afin de protéger les animaux. La nouvelle loi interdit de "soumettre à des actes sexuels ou de mettre un animal à disposition de tiers en vue de le forcer à des actes sexuels". On se demande maintenant comment les juges feront pour évaluer la notion de "forcer" un animal, tout comme celles de "plaisir", "désir" que ce dernier pourrait ou non éprouver envers son meilleurs compagnon : l'Humain.

    La sexualité se résume-t-elle à la génitalité? Non. De la caresse au petit baiser sur la truffe en passant par le flattage coquin de l'encolure, combien de maîtres exhibitionnistes expérimentent aussi le SM en attachant leurs bêtes à la laisse devant la Coop ou la Migros? On les comprend. Pourquoi faudrait-il s'en priver? Comme le chantait si bien Brassens :" le gorille est un luron, supérieur à l'homme dans l'étreinte, bien des femmes vous le diront". Alors gare aux gorilles! Faut-il désormais, par crainte de la loi se priver de flatteries sur la croupe, de giligilis dans le cou? Et demander à celles et ceux qui veulent adopter une bête un certificat de bonnes vies et moeurs avant de la leur livrer pattes et coussinets liés? Qui se trouvera en présence d'un animal trop expansif, devra-t-il contacter d'abord son avocat ou un éthologiste afin d'être sûr des intentions de l'animal à son égard? Et les castrations, ça tombe sous le coup de la loi? Baiser avec une bête, c'est pénal, lui couper les couilles, non. Allez comprendre....    

    Plus sérieusement: la nouvelle loi permet donc de punir sévèrement les amoureux des bêtes même en l'absence de blessures constatées chez l'animal. Il est désormais interdit de faire jouir et de jouir des bêtes. On ne peut jouir qu'entre animaux humains, sinon, à défaut de carottes: bâton! Depuis 2007, l'amour avec les bêtes est condamné en France par deux ans d'emprisonnement, et 30'000 euros d'amende. Un homme avait reçu un an de prison avec sursis, interdiction définitive de posséder un animal et 2'000 euros d'amende pour avoir sodomisé son poney. Le poney s'était-il plaint? En Suisse, c'est une peine de prison allant jusqu'à trois ans ou une amende qui attend l'amoureux des cornes et sabots, mais seulement s'il fait subir des violences à l'animal (art 135 et 197 du code pénal).

    Mais après tout, Jacques Dupin, dans Ballast, enculait bien les chèvres, en poésie il est vrai. Doit-il être condamné pour incitation à la débauche? Et depuis la nuit des temps, que ce soient dans la mythologie grecque, les sociétés agricoles, nomades, masaï, innuits, hopis, rurales, la nôtre donc, la proximité avec les bêtes qui étaient soignées, caressées, utilisées, servaient de modèles éducatifs a toujours été, d'une façon ou d'une autre, sexualisée. L'homme n'a jamais semblé aussi bestial envers ses semblables qu'à notre époque, est-ce une raison pour qu'il s'interdise de caresser ses bêtes? 

    Enfin, et c'était le point de vue de Marcela Iacub, juriste des moeurs, dans "Confession d'une mangeuse de viande", il est quand même troublant que la justice se mêle de sanctionner le fait de donner du plaisir aux bêtes et d'en recevoir, alors que l'on peut toujours les tuer/découper/démembrer/écarteler/égorger et ultimement: dévorer. Hameçonner sa truite, avant de l'éventrer, c'est parfait, mais l'utiliser pour autre chose que de se la mettre dans la bouche, c'est pénal! Qui mange un oeuf viole un boeuf? Pas encore. Mais qui sait, peut-être verra-t-on bientôt fleurir sur les emballages des steaks et des boîtes de thon des indication pudiques: "interdit au moins de 18 ans", "contenu pornographique extrême", avec des rideaux opaques pour cacher les viscères de nos bestioles destinées à nos babines lubriques.

    Mais ne nous gâchons pas les fêtes pour autant. Ce sont quand même celles du petit Jésus ayant vu le jour entre le boeuf et l'âne, réchauffé par le museau de l'un et serré par les cuisses de l'autre. Alors haro sur le foie gras, le oeufs de lompe, mais ne jouez pas trop avec la nourriture. Et quand vous collerez votre langue sur les sexes d'huîtres vibrantes, ayez l'air calviniste. Il n'y a rien là de sexuel. Et puis surtout, réflechissez avant d'appeler votre amoureuse chienne ou de monter en hennissant votre étalon, des oreilles prudes pourraient bien appeller la police. Et si vous avez le malheur d'avoir d'autres bêtes à la maison, vous pourriez bien finir l'année derrière les barreaux. Autrement dit: en cage....     

     

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  • L'enfant au pistolet de plastique

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    Papa regarde plus souvent que d’habitude la télévision. Il dit : ce n’est pas possible qu’ils osent faire cela. Tu vois à l’écran des femmes se prendre les mains dans la tête, et des maisons ouvertes comme des fruits trop mûrs, ou comme si l’on avait donné un coup de pied dans un gâteau d’anniversaire. Papa dit : ils bombardent à nouveau Gaza, comme ça.  Tu es sorti jouer dehors. Avec tes amis, vous faites la course, tu tournes au coin de la rue et tu reviens. La télé est toujours allumée, tu vois des hommes qui lèvent des armes, refusent de se faire traiter et écraser comme des vers. Tu vas chercher dans ton petit placard ton petit pistolet de plastique rouge. C’est décidé, toi aussi, tu vas résister.

    30 novembre: Fête à la maison ! Papa et maman chantent, ils tapent des mains, ils disent quelque chose de compliqué qui ressemble à : nous sommes reconnus par l’assemblée des nations unies à New-York comme état observateur non-membre, plus rien ne sera comme avant, notre existence comme pays est acquise aux yeux du monde ! C’est un grand jour. Tu ne comprends pas tout. Ta sœur t’explique : l’assemblée générale des nations unies, c’est comme une cour d’école avec tous les enfants dedans.  Hier, on était dedans mais tout le monde faisait comme si on n’y était pas. Maintenant, les autres enfants nous reconnaissent le droit d’y être et de regarder ce qui s’y passe. Fête à la maison, fête dans la rue, dans toute la ville, on crie et on chante. C’est un moment historique. Mais toi tu dis : regarder, c’est bien, mais c’est quand qu’on pourra y jouer pour vrai dans la cour avec les copains ?

    A la télévision, un homme avec une barbe embrasse le sol. Papa dit : c’est Meshaal, en exil depuis plus de 25 ans il revient dans notre pays, la Palestine. Il a tendu la main au Fatah, et le Fatah lui tend la main, les palestiniens marchent unis à nouveau, ça tu comprends bien. Papa sourit, maman aussi, même si elle n’a pas oublié les bombes et les morts des semaines passées. Tu sors jouer au foot avec tes amis. Pas de soldats en vue. Quand ils sont là, c’est plus compliqué, ils confisquent parfois le ballon. Un jour ils ont fait boire leur urine à un copain.  Alors, tu as quand même glissé ton pistolet en plastique rouge dans ta ceinture, au cas où...

    La rumeur se répand qu’un des 4700 prisonniers palestiniens en Israël est mort suite à une grève de la faim. Les plus grands du quartier, par rage et dégoût sont allés chercher des pierres, les ont lancées en direction des soldats. Trois arrestations. Personne ne sait quand on les reverra, parfois ça prend des années. Ta sœur pleure. Toi aussi. Ils ont emmené ton copain Marwan. 

    Papa dit qu’il n’a pas été payé depuis deux mois. Les taxes perçues par Israël et reversée ensuite à l’Autorité Palestinienne sont bloquées. Un projet de colonisation est réactivé. Ils l’appellent E1. Cela veut dire : ne plus pouvoir traverser la rue, être coupé des voisins et priver à terme notre nouvel état d’accès à sa capitale Jérusalem. Tu enrages. Tu connais bien ça quand tu joues, il y a le gros Rachid qui ne supporte pas que tu le dépasses à la course. Quand tu le fais, il te tape toujours dessus. Là c’est pareil. Le gros David se croit tout permis. Et la décision de l’Organisation des Nations Unies ? Et tous les autres enfants alors, ils disent rien ? Tu sors dans la rue pour crier. C’est pas toujours le plus gros qui va l'eeeeeeemporter et tu fermes tes poings.

    12 décembre. Ton père se frotte la moustache. A Bagdad la ligue arabe réunie en conférence signe une déclaration commune en faveur des prisonniers arabes et palestiniens en Israël et promet la création d’un fonds de 100 millions pour l’accompagnement des prisonniers à leur sortie. Ce n’est pas cela qui te rendra Marwan plus vite, la liberté n’a pas de prix. Tu te lèves pour demander à papa une partie des millions. Après tout : murs, barbelés, soldats, toi aussi tu vis dans une prison depuis que tu es né.  

    13 décembre Tu sors dans la rue. Tu joues avec tes amis aux résistants et à l’agresseur. Tu cours tout droit et le ciel est franc bleu. Et puis ça crie derrière toi et tu lèves la tête, les bras, et tu vois les soldats. Il y a six ou sept pétards qui éclatent puis tu ne sens plus rien, ni tes bras ni tes jambes, rien, et tu voles. Tu vois Marwan, ta sœur, ta maman à la télé et puis plus rien. Tes petites dents touchent le béton en même temps que ton cœur et tout s’éteint

    "Hebron fake gun teenager killed. Israeli troops shot dead a palestinian teenager carrying a fake gun near a holy site in the West bank city of hebron" 

    Ta sœur ouvre grand  les yeux sur l’écran de son téléphone avant de crier ton nom et courir dans la rue....  

    Hébron, Etat de Palestine occupée, 13.12.2012.

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  • Du mariage du sexe de l'homme de la femme de la famille et de l'onanisme politique.

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    Le mariage, d'essence divine ou sacralisant l'union exclusive d'un homme et d'une femme est mort. Il ne suffit plus, ne tient plus, n'est plus la digue qui assurait la durabilité et la reproduction contre vents et marées. Il n'est plus adapté aux amours, aux désirs, aux élans, aux besoins et aux formes actuelles de faire lien. Car on fait des gamins par éprouvette, par touchette, par pipette, et que l'on soit hétéro homo ou bi, ne change rien à l'affaire. Pour un projet d'enfant, la mère seule suffit. On lance un spermatozoïde sur un ovule par désir et de plus en plus par des rampes de lancement qui sont prothétiques. Ce geste désirant n'a pas besoin d'être porté par un phallus. Seulement, le droit retarde. Tous et toutes ne sont pas encore égaux pour le faire et s'en voir reconnaître la possibilité. Au nom de quoi? 


    Ceux qui nient le droit au mariage pour les homosexuel-le-s, au nom d'un naturel hétérosexuel, sont à la pointe du débat d'arrière-garde. Car que l'on soit hétéro homo ou bi ne change rien aux liens et aux besoins d'une juste équité dans la reconnaissance de leur durabilité. Le fait est que l'on ne se marie plus pour la vie, mais pour faire du divorce une relation à long terme. Le mariage est désormais une garantie supplémentaire de faire lien dans la séparation. Il faut bien se marier pour réussir son divorce. Pas de jugement moral là, au contraire, ça bouge! Mais un constat de la nouvelle plasticité des liens et de leurs multiples possibles. Et pourtant, si le mariage a été désacralisé au XVIIIe, il sent encore l'encens.


    L'institution mariage n'est plus up to date, elle est désuète, à rénover ou dynamiter. Après cinq ans de mariage, 50% de divorce. Les paires durables ou les mères mariées sont de fait devenus exception, source d'admiration ou d'idéalisation, pour ne pas dire de mythe. Nous sommes corps et âmes dans le temps des polygamies effectives, des choix affectifs à double-clic, plutôt que dans celui des signatures à la vie à la mort sur les parchemins. Le défi est doncde rénover ce qui peut l'être et de remplacer ce qui est mort. Ce qui se traduit concrètement par : mariage pour toutes et tous, ou alors, abrogation du mariage, source d'inégalité sociale.

     

    Le mariage, la famille, l'hétérosexualité sont des constructions politiques. Aucun naturalisme là-dedans. Le mariage n'était d'abord que religieux, avec interdiction du divorce. John Milton (doctrine et discipline du divorce, 1644), a institué le droit de divorcer, acte fondateur de la conjugalité moderne. Et c'est grâce à la révolution française que le droit de se marier à la mairie a été inscrit. Le mariage c'est de la pâte à modeler. Il est politique, plastique et doit continuer d'évoluer, que ce soit sur les question de genre mais aussi du nombre de personnes qu'il lie. Si le mariage a encore un avenir, ce sera en incluant la diversité. Il sera de fait polygame, polyandre, comme l'est la société qu'il sert, assemblera 2, 3, 5 personnes ensemble, ou deviendra, de fait, une pièce de musée, vénérée par certains certes, mais à côté des mouvements sociaux de compositions décompositions et recompositions des liens. La famille ne tient plus seulement du couple mais de la meute, des parentalités partagées, des co-parentalités, des homo-parentalités et des mono-parentalités. Le mariage doit être actualisée et en rendre compte, la plupart des pays d'Europe l'ont compris, par encore la Suisse. Onanisme politique? 


  • La crise du divorce

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    Le mariage est mort, vive le contrat. L'obsolescence programmée des objets est inscrite désormais dans l'ADN des relations humaines. Rien ne dure ni n'est fait pour durer. Ni matériel électronique, ni relations ou liens affectifs. C'est le propre de la société du projet de ne plus fonctionner pour la durée. Ainsi, on construit au coup par coup, subventionne au projet, se hait pour un temps, aime jusqu'à l'alinéa suivant, sous-traite généralement. On quitte un plan pour un autre, de vie de cul ou de carrière. Plus rien pour la comète. Le temps comprimé / éclaté marque un changement de cap fondamental pour le vivre ensemble. Le désenchantement généralisé est l'angle corné du plan; le motif numéro un de consultation chez le toubib. Des projets, y'en a plein, mais au final: pour faire quoi? On aime sur l'air du new management.


    Plongé dans un temps qui ne promet plus l'impossible, mais promeut le tout révocable et jetable, le mariage n'est plus que la promesse d'un divorce réussi. Les calculateurs qui se marient n'ont plus qu'un but: divorcer dans les formes, c'est à-dire, sans se quitter, tout en continuant à faire couple autrement. Le mariage permet de continuer à faire relation quand on n'y sera plus. Le grand divorce où l'on tirait un trait sur l'autre n'existe plus. Skype, Facebook, les enfants, l'autre est partout, toujours au coin de la rue ou sur l'écran. Plus de grandes ruptures, de sublimes drames, ça c'est juste pour les journaux et les manchettes, sorte de contes modernes, d'anti-modèles pour faire rêver. Dans nos réalités, on amènage au quotidien, on négocie, partage le temps, coupe les cheveux en quatre ou tire dessus. On trompe, pas trop, juste ce qu'il faut, glisse, gueule, balance, oscille, revient. Loin des yeux, proche du clavier, ainsi se poursuivent les liens, loin de l'idéal papier glacé, dans des polygamies subtiles où l'idéal sociétal est désormais la mère célibataire avec deux enfants et des célibataires qui tournent autour. Jamais le vide, jamais le manque, marché sexuel ouvert et dérégulé, facebook ou skype allumé en permanence dans le salon ou sur l'i-phone. Le modèle n'est plus celui du couple, c'est celui des meutes. Le contact semble pareil au scotch du capitaine haddock. Sitôt contre, impossible de s'en dépétrer.


    Je te connais avant même de t'avoir vu. Et même quand tu ne seras plus là, je continuerai d'être en lien avec toi. Ce qui se joue aujourd'hui fortement et fébrilement, ce n'est donc pas de réussir son mariage, mais de parvenir à accomplir son divorce. Non pas de faire lien, mais d'en finir avec lui. Ce qui se met en scène: comment faire meute sans tuer le couple, tout en faisant société. Ou: comment s'en prémunir, tout en demeurant social, c'est-à-dire : perméable à l'autre....


    Mon stock d'amis facebook est plein, je t'invite à me rejoindre sur une autre page.



     

     

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  • Gaza, prépuce d'Israël?

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    Le 7 novembre dernier, à Genève, une imam, un rabbin et un pasteur s'étaient réunis pour parler de la circoncision. Le rabbin a eu des paroles d'une finesse et d'une profonde intuition. Il disait, tout d'abord, ce qu'était matériellement l'acte de la circoncision, qui vise à sectionner le prépuce, petit bout de peau qui entoure le gland tout en protégeant ce dernier. Ensuite, et surtout, il faisait de cet acte une lecture symbolique et spirituelle. Le sexe recouvert d'une peau est symboliquement fermé et représente l'image d'un plaisir recroqueveillé sur lui même. Sectionner le prépuce, c'est ainsi, pour le rabbin, s'ouvrir à l'autre, à son désir. Si cela n'est pas fait, on demeure sous le dôme protecteur de la peau, dans la clôture. Le possible partenaire de la relation sexuelle n'est alors pas considéré comme sujet partenaire mais objet de plaisir à asservir ou menace dont se méfier. Pour la femme, pas de rituel équivalent. Pourquoi? Parce qu'elle est ouverte déjà, dans la vulnérabilité; dans l'ouverture naturellement taillée.

    Gaza, prépuce d'Israël? Pourquoi? Parce que de ces territoires coupés, découpés, retiré du plaisir, il semble que le déni et la négation de l'autre aient remplacé l'alliance avec Dieu, parfois au nom de Dieu même. La question de Gaza ne repose-t-elle pas avant tout sur une faille spirituelle, et un déni, de la part de deux peuples circoncis, de leur alliance commune avec Dieu découlant d'un ancêtre commun : Abraham, et d'une prescription commune: l'ouverture à la vulnérabilité et l'exposition mesurée mais confiante à l'autre?

    Dans les textes des deux peuples circoncis pourtant, la reconnaissance de l'existence de l'autre est inscrite. Il est écrit dans le Coran (sourates 2:136 ) Dites : "Nous croyons en Allah et en ce qu'on nous a révélé, et en ce qu'on a fait descendre vers Abraham et Ismaël et Isaac et Jacob et les tribus, et en ce qui a été donné à Moïse et à Jésus, et en ce qui a été donné aux prophètes, venant de leur Seigneur : nous ne faisons aucune distinction entre eux. Et à Lui nous sommes soumis". Et dans la Torah, qui est aussi le premier testament des chrétiens, la prière d'Abraham à Dieu est la suivante: "Si seulement Ismaël pouvait vivre devant toi" (Genèse 17,18). Prière d'Abraham pour Ismaël auquel Dieu donne suite: "En ce qui concerne Ismaël, je t'ai exaucé: je le bénirai, je le ferai proliférer, et je le multiplierai considérablement. Il aura pour fils douze princes et je ferai de lui une grande nation." (Genèse 17, 20). Ismaël, ancêtres des Arabes pour les musulmans, et même pour ces derniers, rénovateur, de la ka'aba, dont il ne restait que ruines, confié à Dieu dans la prière par le patriarche des juifs!

    Dans cette lecture de la Torah et du Coran, la convergence d'origine est inscrite dans la circoncision d'Abraham. Si la déchirure de Gaza était un manque à la circoncision, une trahison de la parole de Dieu? Ce ne serait pas la religion qui dresserait ces deux peuples circoncis l'un contre l'autre, mais bien son déficit. Gaza peau restante, ni entière ni tranchée. Gaza lieu de la fermeture dans la foi des lanceurs des bombes, des kamikazes ou des pilotes d'avions. Gaza peau de chagrin de chacun clamant la légitimité de son camp. Gaza,  prépuce d'Israël? Pour autant qu'Israël soit le prépuce de Gaza, et que chacun accepte d'être à la fois le membre et l'enveloppe de la zone vulnérable de l'autre; lieu de l'intime blessure comme de la possible sanctification et la présence de l'autre comme présence sacrée d'une image de Dieu. Difficile? Certes. 

    En ce sens là, la circoncision est toujours a-venir. Une circoncision qui serait bien plus que la section d'un bout de peau ou de territoire, mais véritable remise à Dieu de ce que l'homme croyait sien. La terre sacrée, pour un croyant, n'est-elle pas un fermage de Dieu, un simple prêt à usage? Dans cet abandon par Dieu d'un territoire occupé par les hommes, ne faut-il pas aussi lire le retrait unilatéral de Dieu et la confiance qu'il fait aux hommes d'en prendre soin? Confiance trahie par les bombes? L'acte de laisser la terre en héritage n'est pas un blanc seing.   

    Peut-être alors que la circoncision à Gaza et en Israël, ne s'opérera pas avec des chars des bombes ou des roquettes, mais avec le couteau de la sagesse et la prière juïve qui accomplit la circoncision: "bénis sois-tu éternel qui nous a demandé d'entrer enfant dans l'alliance d'Abraham"; par des spiritualités renouvelées incluant l'autre et l'invitant à se convertir pour rapprocher les camps encore capable de s'entendre et minoriser les forces incapables de le faire. 

     

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  • Gaston fou roillé

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    Il disait je suis l'affreux, le mouton noir le fils de l'ouvrier et de la servante, enfant perdu, mauvais garçon. Oscillant entre l'argot et une langue travaillée, entre le refus des bourgeois et l'oubli de sa classe, il a avancé sur un fil, le beatnik de la Broye, pécheur de tanches. Il disait: je suis un martyre un dérangeant, un dérangé. Il vivait au Lieu qui est une jolie place pour être, à la vallée de Joux, entre le Chenit et le Sentier, proche du jour comme du jouir. J'écris il vivait, car il a changé d'espace, le millitant le révolté, l'élu du Parti Ouvrier Populaire, éloigné de l'enseignement pour raisons politiques; le renégat, non-renonçant, étendu sous une bannière gauchiste, entendu sous une autre, forcené social. Main tendue poings fermé, dans Cherpillod, j'entends charpie, billlot, entends ruclon, bétaillère, raisinée, ruches, galetas, salée au sucre, petit blanc du Lavaux... et la bise noire désormais. Donner, recevoir, échanger: des mots, des coups. Mort, Cherpillod, vraiment? Morts Chappaz, Haldas, Yvette Z'graggen, Monique Laederach, encore? Têtes chercheuses des lettres romandes, l'ayant fait vrombir à plein moteur sur leur gauche, là où le coeur se loge, dans une langue vernaculaire, celle du combat du peuple des cafés et des stades, des théâtres, des collèges, des parlements, de toutes des arènes de paroles, généreuses, granuleuses... grivoises aussi. Ecrevisses aux pâtes grêles, voix qui portent.

    Dans ce temps où les lieux de parole collective sont attaqués, menacés, contestés par l'hégémonie du langage opérationnel, programmatique, efficace; ou l'écran fait véritablement obstacle, ou dire c'est pour faire et faire pour se taire, il disait, le poète que prendre la parole à la place d'autrui était non seulement risqué mais scandaleux. Chacun sa voix. Chacun son souffle. Mais chacun pour tous. Son parti place l'écriture au rang de patrimoine muséal, et le public avant le peuple, il choisit d'aller se faire élire ailleurs. Cherpillod, chêne brûlé, Gaston for ever, pour ne pas dire foudroyé. Fou roillé, dingue, illuminé, irradié d'une folie révolutionnaire aurait dit: les balbutiements de la gauche sont un problème orthophonique. Quand on a des cristaux dans l'oreille, ça peut conduire au vertige, on doit alors se jeter violemment contre un mur. Et ça passe. Pour bien entendre et bien dire, il faut des oreilles et une langue propre. Gaston en a donné une, fondamentale, elle appelle la tradition, socle où rebondir.  Elle est aussi foudre ou benzine, produit inflammable tombé d'un ciel bleu pâle hautement incendiaire.        

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  • Prier pour les Pussy

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    2011-piss-christ.jpgComment prendre le maquis avec les Pussy Riots ? Par la communion de prière. C’est Patrice Duret, qui m’en a glissé l’idée et la première prière : Fini l’homme fort / Pussy se libère / Elle détient les clés. Prière laïque, prière inspirée ou silencieuse, tout est bon dans la prière, du moment que cela vient du cœur. La prière n’est pas un mouvement hygiénique à effectuer dans un confessionnal, ou un mouvement de reptation sur un parquet d’église, elle est un murmure quotidien, invocation vers le Tout Autre. Elle peut être une gueulante, un cri du cœur : « Eli Eli lama sabachthani. Mon Dieu, mon Dieu pourquoi m’as-tu abandonné », en voilà une sacrée prière, les tripes à l’air sur le bois, il y a plus de deux mille ans, et ça résonne encore, fort.

     

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  • Frère Roger, 7 ans déjà.

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    Grab-frere-roger.jpgLe 16 août 2005, frère Roger entrait dans l'au-delà, poignardé à Taizé par une femme déséquilibrée durant la prière commune. Celui qui était parti de Genève pour la bourgogne en 1940, jeune pasteur de 25 ans, chercher une maison où prier, y créa une communauté à partir de presque rien: un appel, un désir. Quelques frères, un prêt modique, l'achat d'une maison, où très vite des juifs et des résistants trouvèrent refuge. Sous pression de la Gestapo, il quitte Taizé en 1942 accompagné de ses frères et trouve refuge à Genève. En 1944, retour à Taizé, il se consacre à l'accueil de jeunes orphelins et... de prisonniers de guerre allemands. Taizé est né.

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  • 18 ans: suicidé du système

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    Il serait absurde, injuste et bête de dire que ce fut la faute à celui qui a fait ou non le copier-coller. On ne pourra dire: il était fragile, sensible, on l'avait vu venir, il était psychologiquement ceci ou psychologiquement cela. Impossible de dire: c'était une humeur versatile, ou de culpabiliser les parents. On ne pourra montrer du doigt la directrice Geneviève Nanchen, le directeur général de l'enseignement postobligatoire du canton de Vaud, Séverin Bez. On ne pourra dire non plus que ce meurtre est le fait du hasard. Car le fait qu'un jeune homme soit tué dans son école, parce qu'il ne voyait pas son nom sur la liste des réussites à la matu révèle un mal plus grand et oblige à prendre conscience que le responsable du meurtre, c'est le système et ses rouages faisant promotion de la réussite à tout prix. Si cette atteinte à soi-même échappe à toute responsabilité individuelle, c'est une responsabilité collective qui la porte. X, jeune homme de 18 ans ayant cru à tort avoir raté sa matu, suicidé du système.

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  • Un mot est un acte

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    Un mot est un acte un mot est un acte un mot est un acte un mot est un acte un mot est un acte Un mot est un acte un mot est un acte un mot est un acte un mot est un acte un mot est un acte Un mot est un acte un mot est un acte un mot est un acte un mot est un acte un mot est un acte Un mot est un acte un mot est un acte un mot est un acte un mot est un acte un mot est un acte Un mot est un acte un mot est un acte un mot est un acte un mot est un acte un mot est un acte Un mot est un acte un mot est un acte un mot est un acte un mot est un acte un mot est un acte Un mot est un acte un mot est un acte un mot est un acte un mot est un acte un mot est un acte Un mot est un acte un mot est un acte un mot est un acte un mot est un acte un mot est un acte Un mot est un acte un mot est un acte un mot est un acte un mot est un acte un mot est un acte Un mot est un acte un mot est un acte un mot est un acte un mot est un acte un mot est un acte Un mot est un acte un mot est un acte un mot est un acte un mot est un acte un mot est un acte Un mot est un acte un mot est un acte un mot est un acte un mot est un acte un mot est un acte Un mot est un acte un mot est un acte un mot est un acte un mot est un acte un mot est un acte Un mot est un acte un mot est un acte un mot est un acte un mot est un acte un mot est un acte Un mot est un acte un mot est un acte un mot est un acte un mot est un acte un mot est un acte Un mot est un acte un mot est un acte un mot est un acte un mot est un acte un mot est un acte Un mot est un acte un mot est un acte un mot est un acte un mot est un acte un mot est un acte Un mot est un acte un mot est un acte un mot est un acte un mot est un acte un mot est un acte Un mot est un acte un mot est un acte un mot est un acte un mot est un acte un mot est un acte Un mot est un acte un mot est un acte un mot est un acte un mot est un acte un mot est un acte Un mot est un acte un mot est un acte un mot est un acte un mot est un acte un mot est un acte Un mot est un acte un mot est un acte un mot est un acte un mot est un acte un mot est un acte Un mot est un acte un mot est un acte un mot est un acte un mot est un acte un mot est un acte Un mot est un acte un mot est un acte un mot est un acte un mot est un acte un mot est un acte Un mot est un acte un mot est un acte un mot est un acte un mot est un acte un mot est un acte Un mot est un acte un mot est un acte un mot est un acte un mot est un acte un mot est un acte Un mot est un acte un mot est un acte un mot est un acte un mot est un acte un mot est un acte Un mot est un acte un mot est un acte un mot est un acte un mot est un acte un mot est un acte Un mot est un acte un mot est un acte un mot est un acte un mot est un acte un mot est un acte Un mot est un acte un mot est un acte un mot est un acte un mot est un acte un mot est un acte Un mot est un acte un mot est un acte un mot est un acte un mot est un acte un mot est un acte Un mot est un acte un mot est un acte un mot est un acte un mot est un acte un mot est un acte Un mot est un acte un mot est un acte un mot est un acte un mot est un acte un mot est un acte Un mot est un acte un mot est un acte un mot est un acte un mot est un acte un mot est un acte Un mot est un acte un mot est un acte un mot est un acte un mot est un acte un mot est un acte Un mot est un acte un mot est un acte un mot est un acte un mot est un acte un mot est un acte Un mot est un acte un mot est un acte un mot est un acte un mot est un acte un mot est un acte Un mot est un acte un mot est un acte un mot est un acte un mot est un acte un mot est un acte Un mot est un acte un mot est un acte un mot est un acte un mot est un acte un mot est un acte Un mot est un acte un mot est un acte un mot est un acte un mot est un acte un mot est un acte Un mot est un acte un mot est un acte un mot est un acte un mot est un acte un mot est un acte Un mot est un acte un mot est un acte un mot est un acte un mot est un acte un mot est un acte Un mot est un acte un mot est un acte un mot est un acte un mot est un acte un mot est un acte Un mot est un acte un mot est un acte un mot est un acte un mot est un acte un mot est un acte Un mot est un acte un mot est un acte un mot est un acte un mot est un acte un mot est un acte Un mot est un acte un mot est un acte un mot est un acte un mot est un acte un mot est un acte Un mot est un acte un mot est un acte un mot est un acte un mot est un acte un mot est un acte Un mot est un acte un mot est un acte un mot est un acte un mot est un acte un mot est un acte est un mot

    Facile, tu dis? - Menteur -

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  • Poutine à la sauce Québecoise

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    images.jpgLa Poutine a un goût soviétique au Québec ce printemps. Suite aux manifestations étudiantes contestant les augmentations par le gouvernement libéral des droits de scolarités, une loi liberticide (sur le modèle de celle dont s'est dotée Genève!) établit des normes strictes pour les rassemblements de plus de 50 personnes. Cette loi oblige les manifestants à fournir, 8 heures à l'avance, des détails sur les trajets des manifestations, leur durée. Les associations étudiantes qui n'encouragent pas les membres à respecter la législation (on ne parle même pas d'incitation à la transgresser!) recevront des amendes variant de 25'000 à 125'000 dollars canadiens (équivalent francs suisses) ; de 7000 à 35'000 dollars pour les leaders. Ce sont donc la liberté de manifester et le droit de s'opposer démocratiquement qui sont sanctionnés, et durement! De plus, cette loi votée dans l'urgence sera en vigueur jusqu'au mois de juillet 2013 (alors que des élections provinciales doivent avoir lieu avant la mi-avril 2013). Le parti libéral de monsieur Charest muselle donc purement et simplement l'opposition jusqu'aux élections. Un air soviétique glace le Québec.

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  • Le travail c'est la santé, à condition d'y survivre!

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    "Le travail c'est la santé... à condition d'y survivre." Cette boutade échangée à la cafétéria ferait sourire si, tout comme les plaisanteries russes sous le communisme elle ne marquait une ironie et une résistance face à une situation de violence et d'oppressions dans le monde du travail et de la rentabilisation maximale qui "broient l'humain" Pour preuve, ce regard curieux jeté dans les pages Carrières du Temps.

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  • Faire sauter le coffre des dictateurs.

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    Solidaire et responsable des luttes en cours dans les pays sous dictature.


    Le courage et l'héroïsme des peuples Tunisiens et Egyptiens nous élève et nous rend responsable. Nous dénonçons la 'real politik' et l’attentisme qui conduit aujourd’hui au pourrissement en Egypte place Tahrir pour cause d'atermoiements. Moubarak, comme Ben Ali, doit quitter le pays comme son peuple le réclame et la Suisse user de son influence internationale pour l’y pousser. Il y avait avant une guerre invisible, il y a maintenant un conflit remarquable, pourtant rien n'a encore changé. Le maintien du président Moubarak n’est pas nécessaire à la poursuite d’un processus de réforme ; au contraire, il l’entrave et y jette un soupçon intenable. Condamner les violences, par conséquence, ce serait en quelque sorte valider un système de dictature silencieux qui tue et opprime. Il ne faut pas condamner les violences en cours, mais bien la complicité des voix qui appellent à leur fin sans un véritable retrait du tyran. Comme l’écrit Naguib Mahfouz, prix Nobel egyptien de littérature: "Pourquoi s'obstiner à dénoncer nos craintes et nos angoisses? Ne pourrait-on pas oublier l'avenir? - Et pourquoi donc? Serais-tu par hasard un adversaire de la paix et de la stabilité? - Lorsque l'on a la corde au cou, quoi de plus naturel que de redouter la stabilité?" Dans les temps de changement, le retour à l’identique n’est plus possible. Revenir à « comme c’était avant » est une mauvaise utopie, conservatrice. Il faut maintenant aller à « comme ce sera après ». Les gouvernances européennes et la Suisse ne semblent pourtant pas en avoir pleinement pris conscience et jouent, par manque de courage, un jeu dangereux et anti-démocratique.

     

    Des partis de Gauche, à Genève, fidèles à l’histoire de leurs partis, née des luttes sociales et d’un engagement auprès des opprimés, témoignent de leurs sympathies et de leurs soutiens aux côtés des Tunisiens, Egyptiens de Genève et d’aileurs. Ils se rendent solidaires de leur lutte, en manifestant, en mobilisant. Ces partis, dans un souci de cohérence, ici, ailleurs, appuient toutes les propositions destinées à l’amélioration du sort des peuples. Il faut saluer l’enthousiasme avec lequel les rues de Genève se sont emplies ces dernières semaines de cris de joie et d’appel à la poursuite des processus démocratique en cours.


    Aujourd’hui, en Egypte, la liberté de presse est totalement menacée par le régime, de nombreux journalistes occidentaux ont subi des violences par la police secrète. Nous avons tous vu les images de violences, les voyous payés par des hommes d'affaires proches du gouvernement attaquer les manifestants. Les criminels que la police a relaché de prisons ont effectué des ratonades. Les journalistes égyptiens ont aussi payé au prix fort la répression. La révolution en cours a déjà réalisé certaines victoires, mais il y a tant de choses à faire encore. L’Egypte, pour cela, a besoin du soutien de tous, toutes. Il est important de continuer à manifester pour soutenir la cause du peuple égyptien et celles de tous les peuples opprimés dans le monde. La liberté de témoigner.

     

    Nous voyons dans ces révolte des révoltes puissantes, signe que les temps changent. La base des révoltes egyptiennes comme tunisiennes sont laïques, communistes et socialistes. Les frères musulmans ont rejoint les manifestations, mais ils n’en représentent qu'une partie parmi beaucoup d'autres. La tentation de peindre le diable sur la muraille en jouant, comme le dictateur le fait, sa carte personnelle contre celle de l’islamisme ou du chaos est une manipulation crasse. Voilà trop longtemps que la Suisse et les pays Européens acceptent ce poker menteur et offrent du crédit à ce macabre casino. Depuis 2004, le peuple est en lutte contre un capitalisme sauvage qui a fait de 40% du peuple une population pauvre. Sur la place Tahrir (libération) des gens luttent et meurent pour une révolution qui est malgré tout, et toutes proportion gardées, aussi la nôtre. Parce que les gains sociaux ne s’obtiennent que suite à la lutte. Parce que se taire, c’est se rendre complice des régimes tyranniques et être agents de compromissions.


    Aujourd’hui, en Egypte, la situation semble bloquée. Rien n'est encore assuré. Le pouvoir veut gagner du temps, demande que les manifestations s'arrêtent pour commencer à négocier. Evidemment, personne n'a confiance dans ces paroles. Mais puisque le Parlement est toujours là, il semble aisé de changer immédiatement quelques articles dans la Constitution lorsque le dictateur sera renversé. La transition serait alors assurée par de grandes figures, comme Baradei ou Amr Moussa. Aujourd’hui, le peuple egyptien a vraiment besoin d'un soutien de l'extérieur qui lui fait défaut, afin d’en terminer non seulement avec son géolier mais surtout avec le système qui l'a entretenu. Nous répondons à cet appel et nous engageons à lutter pour que les luttes sociales, ici, avec les moyens qui sont les notres, aboutissent à un monde plus juste.

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