sylvain thévoz

Air du temps - Page 5

  • Qui roulera la pierre ?

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    Qui roulera la pierre, qui dégagera l'entrée, qui donnera de l'espace pour l'herbe sur la terre.

    Qui ramènera le disparu, rassemblera les bandelettes, les bandages et le bois.

    Qui allumera le feu ?

     

    Qui fera décoller l'avion, ramènera le peloton.

    Qui remplira le distributeur, nourrira les cochons?

    Qui vendra son journal, qui gonflera ses ventes, dira non le premier?

    Qui cassera la clé dans la serrure?

    Que retiendra l'annonceur?

     

    Qui trichera sur les mots, fera sauter le fusible, désignera le bouc émissaire?

    Qui protégera le système?

    Qui fera corps avec lui,  en fera du compost?

     

    Qui saura se chauffer? Qui fera sauter la chaudière? 

    Qui reconnaîtra le maître, qui jugera Judas, qui votera Pilate,

    les imbéciles du Conseil d'Etat?

     

    Qui criera : Expulsez-les ! Et libérez l'escroc?

    Qui ira chercher l'homme à l'aube pour le séparer de sa femmes et de ses enfants?

    Qui fera de l'homme un sans-domicile fixe?

    Qui interdira la mendicité et persécutera les pauvres? 

    Qui fera de la police une idole asservie ? 

     

    Qui sentira le pouls de l'arbre, qui palpera la pierre, qui trouvera la source?

    Qui éveillera la conscience, qui cèdera à la colère, que nourrira l'ego ?

    Qui gagnera l'eurofoot, remplira le frigo ?


    Qui roulera la pierre, qui autorisera les pleurs ?

    Qui fera bondir les ventes? Qui toussera sans respirer? Qui polluera sans gêne? 

    Qui nourrira les diviseurs, ouvrira un crédit à 4 milliards pour bétonner de l'eau ?

     

    Qui servira le pouvoir de l'argent?

    Qui roulera en Harley, sponsorisé par le Qatar?

     

    Qui détachera les ceintures d'insécurité?

    Qui roulera la pierre qui bloque l'entrée? 

     

    Qui affirmera sa liberté sans nuire à personne ? 

     

     

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  • Si j'avais moins d'attentes je chercherais la vie

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    Si j'avais moins d'attentes je te regarderais dans les yeux, je parlerais aux lièvres. Je dormirais mieux. J'observerais moins ma montre.

    Si j'avais moins d'attentes je ne lirais pas sur tes lèvres. Je rêverais plus pour gagner moins. Si j'avais moins d'attentes je perdrais moins de temps. Si j'avais moins d'attente, le temps ne serait rien. J'aurais jeté la pierre comme les autres.  

    Si j'avais moins d'attentes, je ne ferais rien pour plaire. Je traverserais le pont. Je dormirais dehors.

    Je parlerais aux oiseaux, j'écouterais le vent, je saurais faire silence.

    Si j'avais moins d'attentes, je saurais que je suis nu. Si j'avais moins d'attentes, je laisserais tomber les crèmes, l'épilation et le roseau. 

    Si j'avais moins d'attente, je serais beaucoup plus clair.

    Et barbu.   

    Si j'avais moins d'attente je n'aurais pas peur de perdre, je n'aurais pas ces kilos à prendre. Je peindrais sur les murs, des huit et des noeuds.
     
    Si j'avais moins d'attentes, je colorierais mes cheveux de bleu. Si j'avais moins d'attentes, je ne ferais rien. Un piercing, peut-être. Pour rire.
     
    Je jouerais seulement de la guitare.
    Comme Banksy ou Johnny.
    Deleuze ou Guattari.
     
    Si j'avais moins d'attentes, mon langage ne sonnerait pas creux. J'embrasserais mieux. Si j'avais moins d'attentes, je n'aurais pas peur de qui je suis. Si j'avais moins d'attentes, je serais libre. Je serais Dieu. Je saurais que je ne suis rien. Je ne ferais pas de Pâques un festin familial de charcuteries et d'oeufs.
     
    Si j'avais moins d'attentes, je saurais accepter les cadeaux. Je pourrais être en dette. Je mangerais le pain en souriant.
    Je bénirais le grain, pas Subway ou Mac do. 
     
    Si j'avais moins d'attentes je n'irais pas pieds nus. Je ne prierais pas mon Père. Je me tirerais du Golgotha. Je descendrais de la croix. Je rendrais le tablier. Pourquoi mourir pour eux ? J'éteindrais mon écran. Je passerais sur répondeur.
     
    Je ne compterais sur personne pour rouler la pierre, rincer le linceul, sécher les larmes, essorer le linge.
     
    Je ne compterais sur personne pour allumer la lumière, souffler les bougies. Je dirais que la résurrection est une blague, une bande de Möbius pour crédules. Je dirais que le nucléaire a de l'avenir, pas l'amour. 
     
     
    Si j'avais moins d'attentes, je chercherais la vie.
     
     
     
     
     
     
     
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  • Le pape agenouillé montre l'exemple

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    Le pape François a lavé les pieds de douze migrants de confession hindoue, musulmane et chrétienne et d'une femme employée d'un centre d'hébergement, jeudi à Rome, provoquant l'ire des milieux conservateurs et les grincements de dents des tenants de la théorie de la soumission et des rapports de force, qui y voient une forme de reniement ou de capitulation du Saint-Père.

     

    Ce geste de lavement des pieds est un symbole très fort.[1] Il fait mémoire de celui du Christ qui a lavé les pieds des apôtres la veille de sa passion. C'est une marque d'honneur, d'hospitalité, et d'humilité pour celui qui le fait comme pour celui qui le reçoit. C'est aussi une marque de lien. Ce geste fort invite à l'échange, à faire du serviteur un servi et du maître un obligé.

     

    Saint patron d'une église qui s'est en général calquée sur les pouvoirs en place : monarchique avec la monarchie, républicaine sous la république, fasciste sous le fascisme et de tout temps patriarcale; le pape, au moment le plus fort de l'angoisse liée au terrorisme, et à la crainte de l'autre, fait un geste simple et courageux signifiant à l'étranger sa sainteté, en lui attribuant un rôle d'apôtre, porteur de confiance et de respect.

     

    Ce geste revitalise ainsi la charge subversive et déstabilisante de la parole du va-nu-pied prophète crucifié il y a plus de 2000 ans pour avoir ébranlé les pouvoirs en place. Le pape redonne des couleurs à un christianisme engagé, courageux, pour autant qu'il ne se laisse pas figer dans les herbes soporifiques du pouvoir ou la glace de l'air ambiant. Il nous invite à la nuance et au discernement, à expérimenter par nous-même et à aller à la rencontre de l'autre. Au contact.  

     

    Que le Pape se soit mis à genoux n'est pas un abaissement. Que ces migrants, touchés, aient pleuré et l'aient embrassé en retour, est une leçon de vie. Réaliser ce geste fondamental du lavement des pieds, qui est celui de l'hospitalité et de l'accueil, une profonde marque d'humanité, source d'espoir.

     

    Si la religion instrumentalisée peut être un facteur de division et de meurtre, elle est surtout un élan pour le lien social et la rencontre de l'autre au-delà des étiquettes sociales, des peurs et des replis angoissés.  

    Que les les aigris, les violents, qui voudraient élever partout les murs, les herses de la méfiance, la division et la guerre, pour placer dans un même panier le migrant et le terroriste, l'innocent et le tueur, partent donc à Raqqah, vivre avec ceux qui leur ressemblent dans la négation de la différence, et cessent de se réclamer d'une quelconque civilisation judéo-chrétienne dont ils fabulent une légende et bloquent même tout devenir en invoquant les croisades ou les purges comme seul horizon.    

    Je ne suis pas papiste, je ne suis pas catholique, je ne suis pas musulman, je ne suis pas athée, mais quand je vois un être humain se mettre à genoux devant un autre pour l'accueillir et en être accueilli, laissant de côté les guerres de chapelles, les clichés et les craintes, je trouve là une raison d'espérer dans un temps où une ribambelle d'hypocrites, d'incendiaires et de faux culs désignent avec malignité ou irresponsabilité des boucs émissaires afin de dissimuler leurs propres avidités, peurs, et incompétences.      

     

    Se soigner ensemble, vivre et survivre ensemble, avec des différences et de multiples appartenances, ou mourir divisés, le défi de notre temps.   

     

     

     

    [1] http://www.liberation.fr/planete/2016/03/24/jeudi-saint-le-pape-francois-lave-les-pieds-de-migrants-de-diverses-confessions_1441889

     

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  • Heureux ceux qui

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    bonheur,ellul,cruyffHeureux les fiévreux de cœur. Heureux ceux qui ont leurs jambes pour bouger. Heureux ceux qui bougent. Heureux les rescapés des hedge fund, ceux qui ne trahissent pas. Heureux les terroristes qui restent à la maison. Heureux les terrorisés qui sortent dans la rue. Heureux ceux qui n'ont pas peur de mourir. Heureux ceux qui se sont voilés, ceux qui savent parler. Heureux ceux qui vont tête nue. Heureux les chiens vagabonds, les oiseaux migrateurs, ceux qui savent se taire, les truffes humides. 
     
     
    Heureux ceux qui savent recevoir. Ils peuvent donner.
     
    Heureux ceux qui savent couper le son, qui savent siffler.
    Heureux ceux qui osent mendier.
    Heureux ceux qui ne cueillent pas les fleurs, ne passent pas à côté.
    Heureux ceux qui mettent la table, ne tranchent pas les tiges.
     
    Heureux ceux qui laissent venir, ceux qui vont à l'amour. 
    Heureuses les paumes ouvertes, les porteurs de sève.
    Ceux qui tirent les prises.
    Heureux d'un printemps.
     
    Heureux ceux qui peuvent aller de tous côtés, leveurs de barrières, dresseurs de barricades. Heureux ceux qui résistent, qui arrosent les plantes, qui désherbent la terre. Heureux ceux qui disent non, sont fidèles aux promesses.
     
    Heureuse Agota Kristof, Monique Laederach, Simone Weil.
    Heureux Johann Cruyff, Jacques Ellul, Epictète.
    Ceux qui sont morts.
     
    Heureux les désobéissants, ceux qui croient.
    Heureux les trublions, les fantasques, les flambeurs.
    Heureux les éperdus, les trompés, les capteurs solaires.
    Ceux qui font faillite.
    Ce poème est pour eux.   
     
    Heureux ceux qui ne savent pas compter, ceux qui font des fausses routes.
    Heureux les mauvais tacticiens, les leaders d'opérette, les plaideurs bégayants. Heureux les perdants, les trahis, ceux qui évitent le micro, ratent la photo, manquent une marche, loupent le coche. 
    Ils connaissent la voie. 
     
     
    Heureuse l'herbe.
    Heureuse l'écorce.
    Heureux le bûcheron.
    La chenille.
     
     
    Heureux ceux qui ont du temps, qui le perdent. Heureux ceux qui se grattent, se grillent. Heureux les chasseurs de lumière. Heureux les lapins, ceux qui font des bonds de côté. Heureux ceux qui échappent aux tirs, ceux qui pleurent. Heureux ceux qui attendent, qui pardonnent sans peine, oublient leur passeport. Ils en ont un.
     
    Heureux ceux qui ne prévoient rien. Tout peut arriver.
    Heureux ceux qui partent en vacances. 
    Heureux ceux qui tirent à blanc, sonnent l'alarme.
    Heureuse la Pâque juïve, musulmane, animiste ou chrétienne.
    Heureux le passage.
     
    Heureux ceux qui tombent. 
    Ils se relèveront.
        
     
     
       
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  • Aux douves du doute

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    A l'homme capturé à quatre heures du matin. A celui que l'on sépare des siens. A celui qui entend: tu n'as rien à voir avec nous. A nous qui ne sommes rien

    A la femme qui pleure. A l'enfant qui l'attend. Au chien qui se terre

    A la paille. A la craie

     

    A celui que l'on pousse dans la rue. Aux principes fondateurs. Aux mots qui ne disent rien. Au pouvoir de nommer. A la fin du capitalisme. Au monde qui vient

    A celui qui se perd. A celui qui se place

    A la liberté de croire

    Au poreux des frontières. Aux murs de verre. A la gaze sur tes jambes

    Aux sorties sans retours

     

     

    A l'hospitalité reine. Aux frissons dans les reins

    Aux vies qui se sauvent. Au bastingage qui tangue. A la corde sans relâche. Aux coudées affranchies. Aux pensées sans histoires. Aux poissons paresseux. Aux pupilles dilatées. Aux ports de détente. Aux attaches qui tiennent. Au khat et au chanvre. A cela qui résiste. Aux points de passages. 

    Aux bras dans le dos. Aux gâchettes sous les doigts. Au bandeau sur la tête. A Leila Alaoui. Au sel sur la langue

    A l'avion qui se pose. A celui qui s'en va. A la lampe d'Aladin. A la parole donnée. Au bouquet de jasmin. Aux poignées de riz

    Au dumping lexical

    Au dompteur

    Au dompté

    A celui qui a froid

    Aux douves du doute.

     

    A l'enfant qui se trompe de porte. A la femme qui entre. A l'inanité du rien. A celui qui retombe en amour. A l'enfance. A l'amour sans contenant. A l'apport sans limites. Au guetteur qui s'endort. A Hannah Arendt

    A celui qui ne baisse pas les bras. Au transparent. A l'éthéré. Aux poèmes de Char. Aux chants de Taizé. A la fidélité des chiens. Aux films de Miyazaki

    A la Pâques. Aux compteurs à zéro. Au pardon. Aux fragments.

    A l'irruption du don. Aux rêves prémonitoires

    Au sol meuble. A la sève sans nom. Au printemps. Aux palissades hautes. Aux murs des prisons. Aux graffitis ducon. Aux becs des pinsons

    Aux trous dans les grillages. A Amanuel. A Ayop. A la foi

    Aux partis sans leaders. Aux leaders sans armures

    A Mirko Locatelli

    Aux fragments et au tout

     

    au langage du coeur

    à l'arrêt

    au retour du un

    aux douves du doute.

    Au visage vu comme la toute première fois.

     

     

     

    Photographie : Eric Roset

    Hommage à Mirko Locatelli par Yannis Youlountas : http://blogyy.net/2016/03/14/un-compagnon-de-lutte-nous-a-quitte-2/

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  • L'intimidation, c'est simple comme un coup de fil

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    Vous n'avez probablement pas lu la chronique dans le Temps du journaliste Olivier Francey: Bibi fricotin au pays des Mollahs. Et pour cause. Retirée 2h après avoir été mise en ligne et supprimée du print, elle a été gommée, mais demeure toutefois accessible pour les spéléologues du web dans ses strates souterraines, ou ici. [1]

    Avec finesse et un esprit mordant dont il a le secret, le journaliste analysait le 3 mars la visite du président de la confédération Johann Schneider-Ammann avec le magistrat Pierre Maudet et le Fribourgeois Beat Vonlanthen à Téhéran: capitale de l’Iran, royaume des riz aux mille saveurs et des paysages contrastés mais aussi chef-lieu des grandes manifestations anti-occidentales et des pendaisons à la chaîne.

    Le journaliste dressait alors un portrait non-complaisant et critique du Magistrat Maudet. Il révélait son tête à tête avec l'ayatollah Ali Khamenei  comme "un évènement un peu surréaliste lorsque l'on se rappelle que l'édile, quelques jours plus tôt, s'époumonait contre une employée de la Ville de Genève, voilée à son travail."

    #jesuisolivierfrancey ?

    Olivier Francey, avec son style libre et jubilatoire, nous rappelait que c'est quand la presse fait usage de sa liberté de parole qu'elle joue vraiment son rôle démocratique de contre-pouvoir. Est-ce alors le style ciselé et percutant de cet article qui l'a condamné aux oubliettes? Ou alors sa trop grande liberté de ton, voire, oh crime de lèse majesté, d'avoir mis en exergue les contradictions et hypocrisies du magistrat Maudet, qui l'a conduit à disparaître en 2 petites heures? 

    Ceux qui se sont levés en lançant #JesuisCharlie et défendant la liberté de la presse seraient bien inspirés de ne pas réserver leur indignation aux atteintes qui se portent à des centaines ou milliers de kilomètres mais à celles qui se déroulent dans notre Genève réputée si libre et démocrate. Alors, à quand le hashtag #jesuisolivierfrancey ?

    Le pouvoir de l'omerta

    Il se dit que le journaliste Didier Tischler, ayant osé être critique envers le magistrat Maudet, pointe désormais au chômage de longue durée après s'être fait virer du Matin[2]. Comment nommer cela ? Le vrai pouvoir, c'est celui qui n'a même plus besoin de s'exercer pour que ses effets se fassent sentir. Faites des articles vitaminés sur comment Maudet fait de la course à pied, son activisme médiatique avec les djihadistes, mais un lien entre ses postures sur la laïcité et sa docilité devant un mollah qui pend des gens; ça, ça ne passe pas.

    Le courage le pouvoir le rappel à l'ordre    

    Ce qui est certain, c'est qu'Olivier Francey a franchi une ligne rouge. Et il semble que dans notre régime, si on peut prétendre à la liberté de parole, il n'est pas certain que l'on puisse l'exercer librement et surtout sans conséquences. En s'exprimant avec mordant, ce journaliste a dépassé une limite. Laquelle? Et qui l'a rappelé à l'ordre?

    Il serait intéressant qu'un journaliste de la place se donne la liberté de faire un petit article sur ce sujet.

     

    [1]  https://www.anony.ws/i/2016/03/12/LeTempsIran01.jpg

     https://www.anony.ws/i/2016/03/12/LeTempsIran02.jpg

    [2]http://didiertischler.blog.tdg.ch/index-12.html

     

     

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  • Ne remettons pas à demain ce qui peut être voté aujourd'hui

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    Ouf, le projet de la nouvelle Comédie a été voté par le Grand Conseil ! Malgré les arguties d'un député PLR qui a tout tenté pour bloquer le projet, allant jusqu'à évaluer la jauge qui n'était pas la bonne (depuis quand la mission d'un député est-il de jauger le nombre et la taille des sièges d'une installation culturelle?), au fait que le projet n'avait pas été présenté assez tôt aux députés (alors que les services cantonaux travaillent dessus depuis des années, suivant un processus normal) ; qu'il ne répondrait pas à un besoin tout à fait ciblé. Objections balayées !

    Un nouveau dynamisme culturel est lancé. Renforçons-le maintenant par un vote positif le 28 février pour le Musée d'art et d'histoire, afin que Genève rattrape son retard en terme d'infrastructures culturelles et réhabilite son patrimoine.

     

    Ne plus perdre de temps

    Les opposants conviennent que le musée d'art et d'histoire doit être rénové. Bien. Ne perdons plus de temps et évitons de nous replonger dans 20 ans de tergiversations.

    L'exemple du projet de la Maison de la danse devrait nous inspirer à ne pas remettre à demain ce qui peut être voté aujourd'hui[1].

    Rappel: le projet de la Maison de la danse a été formulé en 1997. Son implantation dans le projet du centre socioculturel à Lancy a eu lieu en 2002. En 2004, l'association pour la danse contemporaine trouve refuge dans... une école, aux eaux-vives pour poursuivre ses activités.

    En votation populaire, en octobre 2006, le projet de la Maison de la danse dans le centre socioculturel de Lancy est enterré. Un nouveau projet est alors construit, grâce à l'important travail de l'association pour la danse contemporaine, celui d'un pavillon de la danse... réversible!

    Présenté aux autorités, discuté, validé par le conseil municipal, il est (sous réserve d'oppositions), destiné à être implanté à la place Sturm en... 2018... si tout va bien. Mais déjà un ou deux riverain trouvent mille et une raison de chercher des noises au projet.... Résultat : 20 ans après... toujours pas de maison de la danse ni de pavillon de la danse...

    La politique du non, du refus, du blocage et de l'opposition constante à tout nouveau projet conduit à des impasses ou à des projets redimensionnés à minima. Cela devrait nous amener à douter de la facilité avec laquelle les opposants évoquent des plans B ou C sortis de leurs chapeaux pour le MAH. Il n'en va pas ainsi à Genève.

     

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    Repousser la rénovation du musée d'art et d'histoire aux calendes grecques?

    Que se passera-t-il le 29 février si le non l'emporte ? L'ouverture d'un nouveau cycle de discussions avec une demande de rénovation simple à 80 millions, qui sera âprement discutée, et après renvois en commission, peut-être une version bis à 70 millions verra le jour, plan C qu'une courte majorité du Conseil Municipal ne votera peut-être pas, arguant du coût, que l'on fait trop pour la culture, par peur des opposants, d'un référendum, etc.,  chacun se renvoyant la patate chaude, la responsabilité du fiasco, plus personne n'osant rien faire, pour un musée maudit qui devra probablement rapidement être fermé pour question de sécurité et de vétusté avancée.  

    Ce scénario catastrophe pour Genève, pour la culture et toute ambition nous pend au nez.  Si le non venait à l'emporter le 28 février 2016, s'en serait fini pour tout projet d'envergure sur le Musée d'art et d'histoire avant 20 ans. Toute rénovation a minima coûterait plus cher que le projet soumis en votation le 28 février. 

    Comment éviter de casser le nouveau dynamisme culturel à Genève ?

    Comment valider une planification durable, consolidée et soutenable de ses investissements en matière culturel et sportif (pavillon de la danse, centre sportif des eaux-vives, patinoire), après des années de jachère et de navigation à vue ? 

    En n'opposant pas les projets.

    En ne remettant pas à demain ce qui peut être voté aujourd'hui.

    Par un OUI franc et net au Musée d'art et d'histoire le 28 février.

     

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    [1]http://www.adc-geneve.ch/pavillon/historique/1996-2006.html

     

     

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  • Les barbouzes de Barbier Mueller attaquent le musée d'art et d'histoire

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    La transparence et l'éthique tant réclamées par les opposants au projet du musée d'art et d'histoire ne s'appliquent-elles qu'aux autres? Je reste étonné devant les moyens engagés, les tout-ménage déversés dans les boîtes aux lettres, et l'appui de milieux financiers opaques qui ne disent pas leur nom. Par exemple : combien d'argent le promoteur-régisseur Barbier Mueller met-il dans la campagne du Non ? No comment répond-il [1]  ... en terme d'éthique et de transparence on a connu mieux!

    Les opposants ont affirmé que leur campagne était budgétisée à 30'000.- Cela fait pourtant un long mois que l'on voit les affiches du Non sur les bus et dans les espaces d'affichage payant de la SGA, dans les journaux. Les opposants qui critiquent la provenance des fonds privés pour le projet de rénovation et d'extension, sont pour le moins discret sur l'argent qui alimente leur campagne, sa provenance.[2]

    Alors : qui finance la campagne des opposants ? Quels sont les intérêts de ceux qui l'alimentent ?

    Les opposants se drapent dans une éthique de la transparence. Bien. Ce principe supérieur ne s'applique-t-il qu'aux autres ? Il se dégage désormais une désagréable impression d'une petite troupe d'opposants prête à tout, financée d'une manière opaque, ayant l'objectif de dézinguer un projet public. Ce projet public est pourtant passé totalement au filtre du tamis démocratique, est transparent sur la provenance de ses fonds, tant privés que publics. On ne peut en dire autant de la campagne des opposants.

     

    Dénigrer pour bloquer  

    Si je résume la liste (non-exhaustive) de tous les projets que les opposants au musée d'art et d'histoire invoquent à tort et à travers en terme de dépassement budgétaire pour bloquer la situation : il y a le Musée d'ethnographie, l'Opéra des nations, la plaine de Plainpalais, le skate parc, le stade de Genève, le CEVA, la salle de l'Alhambra, ainsi que tous les projets que l'architecte Jean Nouvel aurait fait ou pu faire de par le monde.

    A les entendre, tout projet, du moment qu'il engage une dépense, est à bannir; tout engagement est envisagé d'abord sous l'angle du risque inconsidéré. Tout projet est comparé au passé. Allez envisager, après cela, si le projet du MAH+ est bloqué le 28 février, comment on pourra à nouveau engager de grands projets à Genève... le mal sera fait. Le signal désastreux de ceux qui ne veulent rien faire, affirmé.

    mah,opposants,barbier-mueller

       

    Vers un triomphe du blocage? 

    Que les opposants au projet de renouvellement et d'extension du Musée d'art et d'histoire soient transparents et disent tout de suite qu'ils ne veulent plus jamais que la Ville ou le Canton construise quoi que ce soit.

    Qu'il disent qu'ils souhaitent maintenir les infrastructures à Genève au début du siècle, là au moins on savait combien il y avait de cailloux autour du feu pour se chauffer.

    Qu'ils reconnaissent aussi les intérêts qu'ils servent plutôt que ceux contre lesquels ils prétendent s'opposer.  

    La dernière trouvaille des opposants est de demander au Cercle de soutien du MAH+ de s'engager à payer la différence en cas de dépassement budgétaire. Tiens donc, je croyais que les opposants étaient contre la privatisation des biens publics ?

    Cette incohérence totale dans l'argumentation dévoile leur volonté de faire obstruction, de gripper la rénovation et l'extension de ce musée à tout prix, même au prix de coûteuses procédures judiciaires.

     

    L'argent, moteur unique des opposants

    Le projet de rénovation et d'extension du MAH a été voté par le Conseil municipal, il est budgétisé comme investissement. Il est financé pour moitié par des privés ce qui allège la facture pour la collectivité. Entretenir un musée qui tombe en ruine, n'est plus aux normes, et met en danger ses oeuvres s'il n'est pas réhabilité, coûtera chaque jour plus cher, à tel point qu'il faudra fermer le musée, et continuer de payer des gens qui ne pourront même plus y travailler.

    Pris dans leurs contradictions et leurs liens d'intérêts, les opposants invoquent l'exemple du sauvetage des bains des Pâquis en votation populaire en 1988. C'est pourtant bien en votant OUI au MAH le 28 février que les genevois-e-s préserveront le musée d'art et d'histoire, lui garantiront une rénovation et valoriseront leur patrimoine. Ce n'est pas en le laissant à sa ruine qu'il sera sauvé, ni en spéculant sur un nouveau projet miraculeux magique et subitement consensuel à l'horizon 2030 au profit d'un quelconque privé qui aura torpillé le projet de 2016. 

    Il faut arrêter de croire le mensonge que voter non le 28 février provoquera des économies, c'est malheureusement tout le contraire qui est vrai.

    Il faut arrêter de croire que les opposants, financés d'une manière opaque et entamant des procédures judiciaires avant même le vote populaire du 28 février servent les intérêts de la population.

    Combien le promoteur-régisseur Barbier Mueller met-il d'argent dans la campagne du Non et à quelles fins, pourrait-on maintenant le savoir ?

     

    mah,opposants,barbier-mueller

     

     

    [1] https://www.letemps.ch/culture/2016/01/22/nebuleuse-opposants-musee-art-histoire

    [2] http://www.lecourrier.ch/135676/mah_les_opposants_denoncent_une_extension_vampire

     

     

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  • Musée d'art et d'histoire : Voter OUI, c'est faire l'histoire!

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    Je n'étais pas, dès le départ, acquis au OUI à la rénovation et l'extension du Musée d'art et d'histoire. Ce qui m'a convaincu, c'est de creuser les arguments, engager le débat avec des opposants, des personnes acquises au projet. Je me réjouis que notre démocratie helvétique permette ce débat d'idées, avec cette qualité d'information et de décision.

     

    Opposants à un projet ou à des personnes?

    Certains opposants énoncent le fait que le projet divise, et qu'il serait donc par là-même un mauvais projet. C'est un argument très faible. Au contraire, si l'objectif est d'avoir un projet qui rassemble tout le monde, et que tout le monde il soit gentil avec, le résultat sera un projet particulièrement lénifiant et triste. A ne pas vouloir prendre de risques et satisfaire tout le monde, on obtient au final des projets rabotés, au rabais, sans ambition.

    Le projet du musée d'art et d'histoire crée un vif débat. C'est un indice supplémentaire de sa qualité et de sa dimension innovante!

    Je m'interroge par contre sur le fait que certains opposants se fassent de plus en plus virulents, au fur et à mesure que la population affine son opinion. Les attaques sont de plus en personnelles, portant avant tout uniquement sur l'architecte, un mécène, le magistrat Sami Kanaan, et même sur la personne des médiateurs culturels avec un personnage qui appelle à les tuer [1]!

    Cela montre bien que certains opposants, dans leur nihilisme, confondent la critique avec la haine.

    Il finira par apparaître à chacun que ce n'est pas ce projet qui leur déplait... mais qu'il y en ait un, tout simplement.

     

    Tout projet culturel est un projet critiqué 

    Tant les musées Guggenheim, à New-York qu'à Bilbao, que le Centre Pompidou, la pyramide du Louvre, et plus récemment la rénovation et l'extension du Rijksmuseum à Amsterdam[2], ont fortement divisé, été décrié comme trop grands, trop chers, pas beaux... avant d'être adulés par la suite!

    Les opposants prennent alors appui sur le temps qui passe pour dénoncer le projet du Musée d'art et d'histoire. Le projet serait un vieux projet. Mais là aussi, l'argument est faible. Prétendre défendre le patrimoine, l'héritage historique, et faire du jeunisme en dégommant un projet parce qu'il ne date pas d'hier, quand bien même il n'a cessé d'évoluer depuis 1998 serait comique, si ce n'étaient au final les genevois qui paieront l'addition de cette triste rhétorique!

    Exiger un projet tout neuf estampillé 2016, c'est faire fi de toute l'histoire de l'art et de l'humanité. Combien de temps a-t-il fallu pour construire les pyramides ? La construction du Louvre s'étend sur 800 ans ! il a fallu 33 ans pour que Marseille fasse aboutir son projet du MUCEM.[3] Et puis, n'est-ce pas la démocratie helvétique qui impose son rythme, ses recours, ses votes, ses référendums et ajustements ? Tout nouveau projet passera par le même tamis. Au final, si le projet du OUI était refusé le 28 février, on repartira à nouveau pour 20-30 ans de coûteux débats et avis "d'experts" en frustrations et haine.

    Il n'y a pas, en Suisse, de projet parfaitement parfait que l'on puisse sortir d'un chapeau du jour au lendemain, n'en déplaise aux opposants.

    Votons OUI le 28 février ! Oui au Musée d'art et d'histoire, à un projet qui renouvelle, dynamise notre muséographie, notre Ville, honore son patrimoine, restaure ses collections, réimplante le musée de l'horlogerie, établit enfin un musée des instruments de musique anciens, et permet d'aller de l'avant. Pour notre ville, son histoire, pour la culture, toute la culture!

     

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    [1]http://www.bilan.ch/node/1032805

    [2] http://www.bbc.com/news/entertainment-arts-22149807

    [3] http://www.mucem.org/fr/le-mucem/un-musee-pour-leurope-et-la-mediterranee/lhistoire-du-musee-des-civilisations-de-leurope-et

     

     

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  • La culture, toute la culture

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    MAH+, musée d'art et d'histoire, culture,

    A qui appartient la culture? C'est la question qu'a cherché à poser Leila el-Wakil dans son blog "la culture confisquée"[1] avant de l'abandonner rapidement pour casser ceux qui défendent le OUI au Musée d'art et d'histoire et adopter une posture partisane. C'est dommage. 

    Que reproche exactement Leila el-wakil à ceux qui disent OUI à un musée agrandi et rénové en Ville de Genève? Elle leur reproche de s'approprier la culture, en apposant un  autocollant Oui au musée sur le panneau d'un volet du célèbre retable de Konrad Witz, et de faire ainsi "main basse sur les biens publics". Elle va même jusqu'à se demander ce que Witz aurait pu penser de ce "kidnapping", et du "mauvais goût" de ce collage. Elle ajoute là un anachronisme à sa réflexion avant de juger lourdement les incultes qui ont osé taguer le retable sur un flyer. La culture se pratique "dans l'intelligence et passe par la connaissance" énonce-t-elle avant de reprocher aux incultes de la dénaturer... ne voyant pas combien elle démontre là une vision élitiste et réductrice de l'art.

    La question " à qui appartient la culture" s'est dès lors muée en acte d'accusation et de dégradation de ceux qui ne pensent pas comme elle, et c'est dommage. C'est dommage pour elle d'abord, qui oublie toutes nuances, et finit par faire exactement ce qu'elle prétend dénoncer: prendre en otage la culture. C'est dommage ensuite pour sa position politique qui se mue en refus d'un projet novateur pour Genève et d'une culture en évolution et changement. Après l'affiche du NON qui montrait un architecte changé en Nosferatu casser le Musée d'art et d'histoire, on découvre à nouveau une vision négative, recroquevillée sur elle-même, dénigrante de la culture, s'opposant à tout changement au nom d'une vision classieuse de la culture ou figée dans le passé. Il est faux d'opposer culture ancienne et moderne. Elles devraient idéalement pouvoir voisiner, se visiter ensemble. Il n'y a pas une culture. Il y en a plusieurs. La question est plutôt: comment les faire coexister ?     

    Au secours Konrad Witz ! 

    Il est ridicule d'appeler au secours Konrad Witz, prétendre parler en son nom, pour lui faire exprimer son dégoût d'avoir un autocollant sur sa toge. Cela nie toute l'histoire de l'art, qui est faite d'emprunts, d'ajouts, de collages et de détournements. Depuis la nuit des temps, de Lascaux, en passant par le mouvement Dada qui fêtera ses cent ans le 5 février, au surréalisme, au situationnisme, aux emprunts occidentaux aux arts premiers, au futurisme, jusqu'aux post-matérialistes, la culture est faite de recouvrement, de provocation et de collage.... jusqu'à l'affiche des opposants détournant Nosferatu pour le mettre à leur profit ! Il s'agit là de créativité, d'expression culturelle encore, dans toute leur dimension, et tant mieux ! Il faut d'ailleurs vraiment être un taliban de la culture pour ne pas faire la distinction entre une oeuvre d'art et un flyer de soutien à un musée renouvelé et étendu ; manquer singulièrement d'humour et de second degré pour y voir une dégradation.

         

    La culture, toute la culture 

    Alors, à qui appartient la culture ? A personne! Autrement dit : à tout le monde! Ou plutôt : à tous ceux et toutes celles qui la servent, par la création, l'imagination, l'inventivité et leur sensibilité. L'enjeu n'est alors plus de savoir, contrairement à ce que pense Leila el-wakil, qui la possède, mais qui favorise son éclosion et son développement... qui passe aussi, ne lui en déplaise, par des mutations.

    Qui soutient la culture, toute la culture, qui refuse de la casser, de la limiter? Qui refuse de la diviser, de couper dans les budgets culturels, que des corniches tombent, que le Musée d'art et d'histoire s'enfonce dans la marasme ? Qui lutte pour permettre une meilleur conservation des oeuvres et une augmentation des surfaces d'exposition, mais aussi qu'elle puisse continuer d'émerger dans des lieux improbables de la Ville, se transmettre, et demeurer une aventure humaine multiple? Qui lutte pour que les artistes soient reconnus, que leur travail soit rémunéré à sa juste valeur, sans mépris ni fausse considération? Qui dit oui à la culture, toute la culture?

    On l'aura compris, la question à se poser n'est pas à qui appartient la culture mais qui est à son service. La culture nous constitue. Ne la limitons pas, n'empêchons pas son renouvellement. Acceptons la créativité, comme nous soutenons tout projet culturel qui augmente la qualité de vie et l'intelligence collective en Ville de Genève, en lui donnant les moyens d'exister, de rayonner.

    Il serait souhaitable que les opposants, comme ceux qui soutiennent le renouvellement et l'extension du musée d'art et d'histoire, ne s'affrontent pas sur une affiche ou pour un autocollant sur une reproduction mais servent le public genevois et son intérêt légitime à disposer, sans perdre plus de temps encore, d'un vrai beau musée en Ville de Genève.  

     

    [1] http://lelwakil.blog.tdg.ch/archive/2016/01/17/la-culture-confisquee.html

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  • OUI au Musée d'art et d'histoire le 28 février !

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    mah+,musée,projet,genève

    Prenez un musée

    Prenez un musée centenaire qui n'a jamais été rénové, dont les corniches tombent, dont les infiltrations d'eau et les variations de température mettent en danger les oeuvres.

    Prenez un musée dont 1,5% seulement des collections sont exposées, dont la muséographie n'est plus optimale, entravée par une architecture inadaptée aux besoins actuels de conservation et d'exposition. 

    Prenez un musée dont les accès sont limités pour les personnes à mobilité réduite, qui ne peut envisager des expositions de grande ampleur pour des questions de sécurité et de place ou plus prosaïquement parce que certaines assurances refusent d'y assurer le prêt d'oeuvres. 

    Prenez un musée encyclopédique dont les expositions permettent de valoriser le patrimoine, restaurer des oeuvres et développer des métiers de l'art et de la recherche, mais qui est coincé dans son développement. 

    Prenez un musée qui sera fermé prochainement s'il n'est pas d'urgence rénové; un musée qui aujourd'hui coûte cher et montre peu d'oeuvres.

    Prenez une Ville, Genève, qui a le droit d'oser l'ambition et voir plus grand que le fond de sa cuvette.  

     

    mah+,musée,projet,genève

     

    Proposez un projet

    Proposez un projet qui valorise le patrimoine, offre 50% de surfaces d'exposition en plus, double les surfaces dédiées à l'accueil des publics, crée un restaurant panoramique et innove avec un forum de 300 places, permet l'utilisation de ceux-ci hors des heures d'ouverture du musée.

    Proposez un financement à 50% assuré par les privés, qui préservera les finances publiques.

    Proposez un projet culturel qui inclut un musée d'horlogerie, un musée des instruments anciens, de valoriser la collection existante et d'y ajouter l'étonnante collection d'une fondation privée.

    Proposez de maintenir la gratuité du musée, d'animer la Vieille-Ville, de soutenir ainsi la Culture, le Vivre ensemble, et l'accueil des publics.

    Proposez un projet écologique, utilisant 80% d'énergies renouvelables, doté d'une pompe géothermique, d'un système de récupération d'eau de pluie et d'une isolation optimale.

    Proposez de ne pas accorder d'importance aux architectes frustrés, aux chercheurs de noises, à ceux qui veulent figer le temps en 1910, ceux qui prétendent que ce projet coûte trop cher quand c'est l'immobilisme qui est un gaspillage de ressources et le pinaillage qui le plombe.

    Proposez de ne plus perdre de temps. Le temps c'est de l'élan.  

     

    mah+,musée,projet,genève

     

    Votez maintenant

    Votez pour un projet servant l'avenir, pas pour le refus et la peur.  

    Votez pour un projet, pas contre un architecte, un mécène ou contre le changement.

    Votez pour un projet culturel concret, réaliste, créateur de richesses.

    Votez pour éviter de rejouer dans 20 ans la même histoire avec de nouveaux opposants sur le dos et un projet qui sera obligatoirement plus cher.

    Votez pour le respect de notre patrimoine.

    Votez pour Genève, pas contre ses intérêts. 

    Votez OUI au Musée d'art et d'histoire, le 28 février. 

     

     

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  • Le pays basque marche pour la paix et le retour de ses prisonniers politiques

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    Plus de 70'000 personnes se sont rassemblé samedi 9 janvier à Bilbao pour dire non à la violence et exiger la fin de la politique de dispersion et le respect des droits des prisonniers politiques basques. L’appel de l’organisateur Sare (Réseau de citoyens en faveur des droits des détenus, des exilés et des déportés basques), relayé par les principales entités politiques du pays Basque, a été extrêmement suivi. Pour la première fois, cette manifestation se tenait simultanément côté français, à Bayonne, où 10'000 personnes, dont de nombreux élus, se sont réunis. 

     

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    Ce 9 janvier 2016, la nuit tombe sur Bilbao. Des camionnettes (les mêmes qui amènent les familles pour visiter les détenus) avancent en tête de cortège avec des panneaux rappelant l’éloignement kilométriques des principales prisons. Clairvaux (945km), Cordoba (850km), Murtzia (850km). Derrière eux marchent les familles de détenus, bougies à la main. Des affiches au nom des détenus malades sont levées par leurs proches. Elles portent le nom et l’âge du détenu, son diagnostic, et une demande de libération pour raison de santé. Derrière eux : la veuve Rosa Rodero, dont le mari avait été assassiné par l’ETA en 1993 et qui est venue marcher pour les droits humains et la défense d’une société réconciliée, des artistes, des sportifs basques.
    Les applaudissements de la foule accueillent le passage des familiers par un seul cri de ralliement : Euskal Presoak Etxera (retour à la maison pour les prisonniers basques), avant que la foule n’emboîte le pas aux familles et déroule un gigantesque cortège pacifique à travers la ville. La marche se termine devant la mairie par une série de prise de paroles, des chants traditionnels, et le bris symbolique de pierres. Mugi Daitezen Harriak ! Ensemble déplaçons les montagnes ! Les pierres sont lourdes et nombreuses à encombrer le chemin, mais si tout le monde s’y efforce, elles seront déplacées. La foule se disperse enfin dans les nombreux bars de la Vieille-Ville, entonnant chants et danses.

     

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    Depuis l’annonce du cessez-le-feu permanent, général et vérifiable par l’ETA en 2011, la France et l’Espagne n’ont pas infléchi leur politique punitive à l’égard des détenus basques. A ce jour, 463 prisonniers politiques sont enfermés dans 73 prisons différentes. 40% d’entre eux sont éloignés de plus de 800km de leurs proches, 50% de plus de 400km et 10% de plus de 200km. La société civile basque demande aux autorités espagnoles et françaises de cesser cette politique de dispersion. Le droit à l’intimité et la vie familiale des personnes incarcérées est reconnu par la Convention européenne des Droits de l’Homme et des libertés publiques, par la Constitution espagnole de 1978, ainsi que d’autres réglementations de rang inférieur. La loi soutient que les prisonniers politiques doivent être regroupés au pays Basque ou à proximité. L’éloignement forcé des prisonniers rend les visites à ceux-ci extrêmement difficiles, voire dangereuses (16 personne ont perdu la vie et plus de 400 accidents ont eu lieu depuis 1989). Elle exerce sur les familles un coût économique supplémentaire, apparaît comme une vengeance supplémentaire et inutile infligée à la société civile basque dans son entier. Cette dernière veut désormais tourner la page de la violence par l’établissement d’une société réconciliée. La politique de dispersion freine le processus de pardon et de reconnaissance mutuelle des souffrances subies.

     

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    En ventilant volontairement les prisonniers politiques à travers toute la France et l’Espagne, Paris et Madrid marquent la volonté de faire du prisonnier politique un droit commun, dépolitisant son discours ; le dévitalisant en l’obligeant à vivre hors de sa région. En coupant les liens avec ses proches, ses origines, en limitant l’usage de sa langue, c’est une atteinte à la personnalité visant à la détruire qui est poursuivie. Il s’agit là d’une double peine, qu’aucune raison sécuritaire n’impose, et la poursuite d’un exercice de la violence dont plus personne ne veut.


    Il est piquant de constater, dans le débat sur la déchéance de nationalité qui agite les voisins français, sa volonté de se débarrasser à peu de frais de ses nationaux, que l’Espagne semble choisir un tout autre chemin, refusant toujours de renvoyer au pays Basque ceux qui ont lutté en son nom pour qu’ils puissent y purger leur peine, cherchant à l’encontre du droit à garder en Espagne ces hommes et ces femmes, que le peuple Basque réclame à la maison.


    Face à la violence, la réponse de l’Etat peut être multiple. Face à la violence de l’Etat, la réponse de la société civile basque est unanime : assez de souffrances et de sang. Le respect du droit, en démocratie, doit être garanti à toutes et tous, et son application identique assurée pour chacun.e, quelle que soit son origine, son identité, où les délits commis. Mettre fin à la violence implique le respect du droit par toutes les parties… Etat inclut. Et il revient à la société civile d’en exiger son respect, encore et toujours.

     

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    PHOTOGRAPHIES: ERIC ROSET http://www.eric-roset.ch/

    Ce texte a été publié dans le journal le Courrier et sur le site du Journal la Cité.

    http://lacite.website/2016/01/12/a-bilbao-une-vague-humaine-en-soutien-aux-prisonniers-politiques/

     

     

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  • Charlie Hebdo : un numéro spécial plein de vie

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    4841109_6_22d3_2016-01-04-8854d6f-6317-13nvr84_805b451e8e4cb916641decfe3126f108.jpgLa une de Charlie Hebdo sortie ce mercredi 6 janvier, un an après la tuerie, fait jaser. Ce numéro spécial porte en "une" un Dieu barbu, armé d'une kalachnikov, à l'habit ensanglanté qui annonce la couleur. La cible, c'est Dieu, la religion, responsables d'avoir tué la rédaction.[1] Mais ce numéro rageur, vengeur, dans l'esprit Charlie, vaut beaucoup plus qu'une caricature.

    Tiré à 1 million d'exemplaires, ce numéro anniversaire, provocateur (ben oui c'est Charlie), costaud (32 pages) est promis à une belle vente... mais sera-t-il lu? L'éditorial de Riss cogne dur et juste : "Ce ne sont pas deux petits cons encagoulés qui vont foutre en l’air le travail de nos vies. Ce n’est pas eux qui verront crever Charlie. C’est Charlie qui les verra crever." Ce numéro courageux, émotionnel (retranscription de la journée du 7 janvier de l'intérieur qui nous plonge dans l'horreur)rend hommage aux morts comme aux survivants (merveilleux texte de Philippe Lançon) et pose à sa manière des questions fondamentales sur l'époque que nous vivons (subissons?).

    La religion, les cons, les tueurs, la fragmentation

    Charlie assume sa connerie aussi. Un petit dessin vengeur de Coco en page 8 avec un chat qui défèque en affirmant "religion j'écris ton nom", renvoie la religion au bac à sable. Mais pourquoi confondre les assassins encagoulés et Dieu, offensant ainsi tous les croyants, et invoquant une laïcité dogmatique qui sert parfois de cache-sexe à l'offense et au défouloir? "Il n'était pas pensable qu'au XXIe, en France, une religion tue des journalistes." Sérieusement, Charlie pense que c'est la religion qui est responsable? -Oui. En tout cas, ce n'est plus elle qui sauve : "Les convictions des athées et des laïcs peuvent déplacer encore plus de montagnes que la foi des croyants" (Riss). Putain de Dieu! crie Charlie dans sa colère. On n'est pas loin de l'appel au djhiad laïc mais avec les crayons pour seules armes. 

     

    Ne nous emmerdons pas les uns les autres 

    Charlie se fait plaisir, aussi. Mais à quoi bon se payer Dieu, gratuitement, lui qui ne demande pas grand chose, si ce n'est, à défaut que l'on s'aime les uns les autres de ne pas s'emmerder les uns les autres? Ce Dieu, que les assassins comme les plumes acerbes, caricaturent grossièrement (ou drôlement), en jouant du blasphème ou de la kalachnikov pour mieux le déformer, ne mériterait-il pas qu'on lui foute la paix ? A quoi bon diviser encore plus le monde entre croyants et athées, laïques, en les clivant? -Au nom de la liberté d'expression? Certainement.    

    La sacralité est défoncée depuis le travail critique des lumières au XVIIIe. Voir Charlie "enculer toutes les religions", et ressusciter le cadavre de Dieu pour mieux l'abattre aurait fait marrer Nietzsche, pour sûr. L'obscurantisme a de nombreux voiles. Heureusement, l'humour nous sauvera toujours de la connerie et Vuillemin, dans ce numéro, émeut aux larmes. 

    Achetez Charlie : un antidote au dogme

    Dieu est autre qu'un gadget pour djihadiste en herbe ou un hochet pour laïcard. Oui. Et puisqu'il y a aujourd'hui des pouvoirs autrement plus matérialisés, nocifs et destructeurs desquels se gausser plutôt que de dézinguer Dieu, Charlie les épingle férocement dans ce numéro, en restant fidèle à sa ligne de rire de tout et de tous (Valse de Vienne pour Marine Le Pen : un rêve de petite fille ! Le dernier grand Chantier de Chirac.. éviter la taule...).

    Ce numéro spécial de Charlie est exceptionnel, de force, d'intelligence, de courage et... de connerie, bref : de vie. "Croit-on vraiment que l'on stoppera la propagande totalitaire religieuse avec un communiqué?" interroge Charlie. Non, certainement pas. Mais par l'écriture, la pensée, par le courage et le dialogue, l'intelligence, tout est possible.

    La lutte se poursuit... éternel recommencement.

     

     

    [1] http://www.lemonde.fr/actualite-medias/article/2016/01/04/un-an-apres-un-dieu-assassin-a-la-une-du-numero-anniversaire-de-charlie-hebdo_4841110_3236.html

     

     

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  • 0% des électeurs de la Ville de Genève soutient l’alliance PDC-MCG-PLR-UDC!

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    Genève, mars 2015, la droite élargie, obtient 43 sièges au parlement municipal contre 37 à l’Alternative. Le premier acte de cette droite élargie est de faire élire un ancien salazariste mimant l’égorgement à ceux qui ne pensent pas comme lui à la présidence du Conseil municipal tout en présentant une feuille de route composée de dix points au Conseil administratif.[1] Cette feuille de route exclut notamment toute hausse d’impôts, souhaite revoir le statut du personnel, aliéner une partie du parc immobilier de la Ville à une fondation de droit public.

    Le deuxième acte de cette droite élargie est de refuser l’entrée en matière du budget au mois de septembre, renvoyant ce dernier, pourtant équilibré, au Conseil administratif. Une manifestation sauvage au mois d’octobre donne prétexte à la droite élargie de sanctionner à tort l’Usine en gelant ses subventions. Cette décision sera jugée illégale par le Conseil d’Etat[2]. La droite élargie, toute penaude, doit reconnaître qu'elle a outrepassé ses droits, mais le mal est fait.

    La stratégie de la tension et des rapports de force au mépris de la concertation, est lancée. La droite élargie vote encore 25 postes de pompiers à la va-vite et sans concertation au mois d’octobre[3], fâchant les autres communes genevoises, pour satisfaire l'électoralisme du magistrat Guillaume Barazzone alors en campagne pour le Conseil national, avant de tailler sauvagement dans le budget 2016 de la Ville le 14 décembre. Principales victimes de ces coupes budgétaires : la culture et le social qui se voient supprimer 7 millions, sur un budget pourtant bénéficiaire et une gestion financière de la Ville saluée par les agences de notation internationales.


    Et un et deux et trois Alep sur Léman ?

    La manifestation sauvage du 19 décembre produisant des déprédations en Ville de Genève, si elle laisse penser à certains que Genève est une nouvelle Alep sur Léman, doit pourtant, avec un peu de recul, être analysée comme une épreuve en miroir de la production de violence, de casse et de mépris entreprise dans le parlement municipal par une droite décomplexée, ayant choisi de détruire ce qu’elle ne comprend pas ou ce qui ne sert pas ses intérêts.

    L'emploi d’un discours extrêmement moraliste et dominant, le franchissement des limites de la légalité (gel des subventions de l’Usine, censure du troisième débat dans le cadre du débat budgétaire) revient à jeter à tout va de l’huile sur le feu.

    L’appel au calme et à la raison du Conseil administratif n’y feront rien. L’hubris de la droite municipale semble insatiable. Principale cible de ses foudres : les classes les plus défavorisées, les artistes précaires, le fond chômage, le social, ce qui à ses yeux ne rapporte pas, ne crée pas de bénéfices financiers immédiats, au risque de fragiliser l’avenir et l’équilibre social.

     

    2 référendums pour que la population se rappelle au bon souvenir des élus


    L'Alternative, les mouvement sociaux, syndicaux et culturels, ont lancé à Noël 2 référendums pour contrer les coupes budgétaires dans le domaine des services municipaux, de l’emploi, de la culture. Objectif : 4000 signatures pour chaque référendum d’ici au 12 février[4]... et un travail d’explication à fournir afin de démontrer que la casse dans des domaines produisant de la richesse coûtera au final beaucoup plus cher que les maigres économies espérées.


    L'aboutissement des référendums conduira le peuple à voter dès le mois de juin 2016 afin de préserver les tissus associatifs et culturels locaux. L’enjeu est important : faire entendre la voix du Souverain à la droite afin que la législature municipale de 5 ans ouverte en juin 2015 ne devienne pas celle de l’hubris et de la casse sociale à tout va ; afin aussi qu’il soit mis un contrepoids à un autoritarisme parlementaire démesuré.


    0% des électeurs soutient l’alliance inédite PDC-MCG-PLR-UDC


    Si, en démocratie, la délégation de pouvoir est un fondement du système, il faut toutefois la relativiser en rappelant que sur 37% d’électeurs, disons, allez, qu’une petite moitié a voté à droite. Cela donne, reconnaissons-le, une très faible légitimité populaire pour faire n’importe quoi dans les enceintes délibératives. Surtout, il faut rappeler qu’un grand nombre d’électeurs ne pouvait imaginer que le premier acte des partis bourgeois comme le PLR ou le PDC serait de s’allier étroitement à l’extrême droite pour entamer la casse sociale.

    En effet, 0% des électeurs s'est prononcé pour une telle alliance, absente de tous les programmes électoraux. Cette alliance qui n'ose même aujourd'hui dire son nom ne s’est scellée qu’une fois les résultats connus et les affiches recouvertes. On peut d'ailleurs, concernant le PDC, presque parler de tromperie électorale, ce parti ayant toujours claironné son refus d’alliance avec le MCG [5]. Or, que fait-il en Ville de Genève, depuis juin 2015 ? Il s’aligne à tout va sur la politique du parti populiste, faisant bloc avec lui…. contre ses principes et ses électeurs!


    Se servir d’une courte majorité pour aller contre les intérêts de la population nécessite que celle-ci puisse, à un moment donné, se rappeler au bon souvenir de ceux qui lui ont fait miroiter un menu mais, au final, lui ont servi un breuvage étrangement mitonnée.


    La folle passion du MCG et du PDC se poursuivra-t-elle en 2016?

    L’année 2016 sera-t-elle placée sous le signe d’un retour à la concertation, à la tempérance, et à un mode de gouvernance plaçant les intérêts de la Ville de Genève et des habitant-e-s avant les rapports de pouvoirs et de domination ? Il faut le souhaiter.

    Il reviendra finalement à la population de faire entendre sa voix afin de calmer la démesure passionnelle de la droite municipale. Il reviendra surtout au PDC, qui a toujours eu un rôle de pivot et de balance, de clarifier sa position sur l'échiquier politique. Car entre des déclarations de principes refusant l’alliance avec le MCG et, dans les faits, une intimité incestueuse avec ce dernier, on peut imaginer que l’électorat de ce parti ne se sente, à terme trompé, et refuse la filouterie électorale si des signaux clairs de distanciation ne sont pas fournis par le parti "démocrate chrétien".

     

     

    [1]http://www.tdg.ch/geneve/actu-genevoise/plr-pdc-mcg-udc-signent-programme-commun/story/22054939

    [2]https://www.letemps.ch/culture/2015/12/16/canton-annule-gel-subventions-usine

    [3] http://www.tdg.ch/geneve/actu-genevoise/creation-25-postes-pompiers-met-feu-ville-geneve/story/29620734

    [4] https://gallery.mailchimp.com/a357a7d03293fef5762ba9bcd/files/feuille_de_signatures_re_fe_rendums_budget_PS_final.pdf

    [5] http://www.ghi.ch/le-journal/lactu-de-decaillet/le-pdc-restera-t-il-fidele-la-droite

     

     

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  • 2016 sera-t-il spirituel ou ne sera-t-il pas? (Hommage à Maurice Zundel)

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    C'est par hasard que je suis tombé, à la rue Lissignol, sur deux petits ouvrages d'inédits de Maurice Zundel publiés aux éditions du Tricorne (Genève) : l'humble présence et Témoin d'une présence.[1] 

    Qui était Maurice Zundel ? Maurice Zundel (1896-1975) était un fou. Maurice Zundel était un fou de Dieu. Maurice Zundel avait une petite démarche d’homme de Dieu. Il prenait son café sur l’avenue d’Ouchy à Lausanne avant d’aller à la paroisse du Sacré Cœur découper un saucisson sur un banc en pierre. Maurice Zundel croquait le soir une patate bouillie avec un café au lait tiède, parfois un peu de raisiné ou de beurre frais les jours de fête. Il lisait un psaume avant de se coucher, après avoir parcouru la feuille d’avis. Enfin, cela dépendait des jours. Parfois il ne lisait rien, il priait. C’était un saint, le dernier peut-être. Dieu seul le sait.


    Maurice fût l’un des plus grands mystiques du XXe siècle, c’est attesté. Un XXe qui, en terme de mystique n’a pas fait fort ; c'est attesté aussi. Le vrai hit-parade, là où ça se bouscule au portillon, fût celui de la fascisation, des meurtres de masse, et de l’épuisement des ressources naturelles. Dans cette catégorie-là, ils sont légion à vouloir recevoir leurs récompenses. 

     

    Mystique de Maurice Zundel


    Zundel, lui, était d’une autre catégorie. Il ne reçut aucun prix. Le Pape, toute la hiérarchie catholique l’ont toujours empêché, réduit à rien. Il était trop libre, dérangeant, trop fin, humble, trop simple simplement, authentique, trop croyant, trop divin, divinement.

    Un grand pote à Zundel ça aurait pu être Brassens, Georges (1921-1981) mais à ma connaissance ils ne se sont jamais rencontrés ailleurs que dans le cœur du monde. Cela aurait aussi pu être Georges Haldas (1917-2010) greco-genevois qui vécu ses dernières années au Mont-Sur-Lausanne. Maurice lui venait aussi d’ailleurs, de Neuchâtel. A l’époque, venir de Neuchâtel, c’était aussi mal vu que de venir de Syrie, ou d'Afghanistan, ou d'aller à la mosquée; très très mal vu, oui.


    Maurice était tellement fou qu’il pouvait écrire : "dans le mal c’est Dieu qui a mal " ou : " le vrai problème n'est pas de savoir si nous vivrons après la mort, mais si nous serons vivants avant la mort. "

    C’était un bosseur, il écrivait, parlait, pensait : "le Bien c’est quelqu’un à aimer, pas quelque chose à faire". C’était un bûcheur Momo Zundel, parce qu’un feu brûlait en lui, le réclamait. Pas parce qu’il voulait devenir quelqu’un d’autre ou prouver qu’il existait vraiment. Non, ce n’était pas ça, ce n’était pas un petit braquet. Il avait une œuvre à réaliser, une voix à exprimer, au-delà de lui-même, simplement. 

    Le féminisme n’avait pas encore passé la deuxième vitesse (1968), mais Maurice avait déjà dépassé haut la main la guerre des sexes. Cela n’avait rien à voir avec sa chasteté ou son célibat de prêtre. Femme, Homme, oiseaux, chats, chiens, dans les jardins et les forêts de Momo Zundel, toute créature était égale, parce qu’elle était avant tout créature de vie, supérieure à ses conditions d'existence, et produit d’éternité, non pas d’une classe, d’un genre, ou d’un drapeau.

    Tout cela Maurice l’avait compris très vite. A croire qu’il le savait avant même d’être. Il avait dépassé les formes, les étiquettes ; les looks... de cela, il s’en moquait comme de sa première communion. Il était fixé sur l'être.


    François d’Assise (1181-1226), le saint, le fou, était un intime de Momo Zundel. Il pensait un peu comme lui ou peut-être que c’est lui qui pensait dans la voie du frère d’Assise. Enfin, là encore, que ce soit une pensée avant l’autre ou l’une après l’autre, ni le copyright ni le temps linéaire n’ont jamais existé chez les grands mystiques, puisque tous boivent à la même source, plongent leurs racines dans le même terreau.

    2016, année spirituelle?

    On serait alors sur le levier que Galilée (1564-1642) réclamait pour faire pivoter la terre sur son axe. Ce serait la révolution, l’entrée dans une autre dimension. Et si l'on retournait le matérialisme comme un gant?

    Mais cela, est-ce souhaitable? Car enfin, soyons sérieux, s'accrocher au connu, c'est si bon. L'Oréal: c'est délicieux, les barquettes en plastique brûlent très bien, même avec de la viande au centre.

    L'inconnu: à repousser! Avec la peur de tomber comme les cours des bourses qui chutent, les unes après les autres, avec les mêmes autorités qui dérégulent, investissent des millions pour que la bicoque de planche de clous d’électronique et de bip- bip tienne encore malgré tout… et qu’elle nous supporte encore un peu…encore un peu... encore un peu... malgré Daech, le cancer, les casseurs, Alzheimer, les forfaits fiscaux pour les nantis, les redressements pour les autres, tout cela qui vrombit et vrille d'une manière confuse et indifférenciée. Prêts à tout pour que ça ne bouge plus? Mais le vent de l'histoire souffle. Quelles voiles lever maintenant?

     

    Dépasser la peur

    Maurice aka Momo avait dépassé la peur. Il ne travaillait que pour les choses essentielles. Du coup, il ne travaillait plus, il vivait. Simplement.

    Il était devenu un passager, un voyageur solaire. Il avait du temps pour tout le monde, avait cessé de se préoccuper de lui-même. Ses plages de rendez-vous étaient végétales. Pas d'Outlook, pas d’I-phone, il était libre pour la vie et la vie l’était pour lui.

    Maintenant, Momo Zundel mange les pissenlits par la racine, mais les siens, c’est sûr, ont le goût de la lumière du sel et de l’infini. Il a fini par mourir enfin, afin de commencer à vivre sa vie d’après la vie.

    Quand viendra l’hiver cosmique, pas le Winter is coming cathodique, non, mais dans la mendicité de l’infini, il n’y aura plus ni Roms ni Genevois, ni Moldaves ni Zizous ou Vaudois. On ira tous au jardin du silence, pieds nus et fragiles, les uns derrière les autres, tendre la main à Momo Zundel. Et Momo sera là, miracle! avec ses betteraves et ses choux rouges, des aliments que l’on n'aurait jamais pensé manger, que la Migros avait même catalogué invendable.

    Et là, coincés entre le silence la faim et la nuit, dans la folie la joie et le crépuscule de la mort, avec de grands feux d'artifice et des publicités pour Mars et Mac Donald sur des écrans géants, des litanies d'annonces de plans vigipirate, et des partis fascisants se posant en victimes à tous les coins de rue, on se mettra debout, et avec le sourire par-dessus le marché car Il faut changer de Dieu, c'est-à-dire qu'il faut trouver Dieu dans une expérience, dans l'expérience même de l'Homme on bêchera les quelques légumes de Momo dans les jardins célestes pour les faire bouillir, se racontant des histoires pour se faire rêver en faisant claquer le D de Démocratie en se souhaitant, encore et toujours une bonne et joyeuse année sans fin, fous que nous sommes.

    2016 sera-t-il spirituel ou ne sera-t-il pas?

    Le vrai problème c'est d'être vivant aujourd'hui

    aurait répondu Maurice "Momo" Zundel en souriant...

    car il avait de l'humour, le bougre.    

     

     

     

     

    [1] Marc Donzé, l'humble présence, inédits de Maurice Zundel, tome I, Editions du Tricorne, Genève, 1986.

    Marc Donzé, témoin d'une présence, inédits de Maurice Zundel, tome II, Editions du Tricorne, Genève, 1987.

     

     

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  • Le spa miroir du monde

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    FullSizeRender.jpgEn me promenant au bord du lac au matin, là où les barrières et les villas n'empêchent pas encore partout de profiter des rives, je suis tombé sur ce portail orné d'une inscription: On ne peut changer le monde mais pour vous nous changeons le décor.

     

    Eh quoi, serait-ce donc là réinvention contemporaine et suave du chant troisième de la Divine comédie de Dante: Vous qui entrez, laissez toute espérance? Une invite refusant d'aller au bout du chemin, mais décorant l'enfer, avec jolies tentures et éclairages tamisés, en appliquant les oeillères du consumérisme et l'eau tiède au nombril ?

    Le brouillard était épais et le chant des sirènes tentant. J'ai médité un peu devant le portail pour décrypter ce qu'il nommait.

    Eh quoi, il ne nous resterait plus que cela : le réduit, le replis hédoniste, le cocon où oublier l'espérance de changer le monde et l'ambition d'en faire autre chose, autrement ? C'est donc aux bu-bulles qu'il faudrait aller pour noyer toute espérance radicale et ne pas se compliquer la vie-déjà-trop-pénible avec la pensée; mais s'anesthésier avec une ou deux flûtes de champagne, un massage à 60 balles ; et se refaire ainsi la façade ?

    - Coûteuse anesthésie.

     

    Le communautarisme le plus agressif d'aujourd'hui

    Le communautarisme le plus à la mode et le plus virulent aujourd'hui est le communautarisme de classe. Celui de l'argent, de ceux qui en ont contre ceux qui n'en ont pas, des puissants contre les autres, de ceux qui se construisent leurs territoires protégés, leurs espaces symboliques, leurs immeubles surveillés, avec un discours taillé sur mesure pour le légitimer.

    Entrez ici et oubliez le monde, et dans cet espace du cocon et du ressourcement, vous pourrez pour quelques heures tout oublier... jusqu'à vous même, avec le sentiment de faire partie du club des happy-few.

    - Fous que vous êtes. 

     

    La nécessité de nommer pour dominer

    Oh, le puissant pétrissage des cerveaux, les rotatives de l'usine à saliver qui tournent à plein régime et bâtissent de petits îlots protégés en sucre d'orge ;  sans culpabiliser que le monde s'effrite tout autour, s'en accommodant même d'un trait de plume.

    Cette idéologie triste des people et de ce qu'ils mettent sous leur sapin (cf,le Matin), racontant leurs souvenirs communs, ce qui se trouve dans leur assiette ou dans leur lit ; le jeu du pouvoir dominant qui ne rassemble plus rien, ne draine ni espérance ni engouement, mais anesthésie par l'image et le luxe, la conformité ou l'intimidation; le jeu de ceux qui ont envie et de ceux qui font mine d'avoir, mais qui pourtant sont nus.  

     

    Comment cela pourrait-il tenir encore, puisque ne reposant plus sur rien ?

     

    Oh le puissant déni usant son morceau de savon noir jusqu'au bout, pour nous faire oublier tout engagement et toute responsabilité.

    Oh la peau morte qui ne tient plus et partira sans frottement. Il ne lui suffit pas d'exister, elle doit se nommer et se photoshoper pour faire tinter le tiroir caisse. 

     

    Tout pour la joie

    J'en étais là de ma méditation quand une étrange réjouissance m'a saisi face à ce présent et à l'avenir qui s'ouvre et sera nécessairement un espace de renouveau et de subversion, de solidarité et de partage.

    Car ce système, à l'évidence, touche à son terme. Il vit déjà sur ses réserves, avec des contradictions de plus en plus grandes, des injustices plus criantes; et les grosses ficelles qui le maintiennent sont en train de céder. Notre société abrite les plus grands traders et négociants de matière première de la planète, les plus grands affameurs, mais voudrait être quitte de son environnement, et de la solidarité internationale, arrêtant les migrants à 500 kilomètres de là.

    Cette société qui se prétend mondialisée mais ne se soucie pas du monde à l'heure du partage ne sera sauvée par aucun spa; et aucun changement de décor, ravalement de façade, ne lui suffira à sortir de ses contradictions et de ses failles; aucune jingle bells aucun message charitable ne cachera sa monstruosité structurelle.     

     

    Je suis resté un temps devant cette entrée, invitation à franchir le Léthé, pour y prendre mon pied.

    Et j'ai tourné les talons.

    - On ne peut changer le décor, ensemble nous changerons le monde.

     

     

     

     

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  • Jésus à Champ-Dollon

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    Lève-toi, prends le petit enfant et sa mère, fuis en Egypte et restes y jusqu'à ce que je te parle, car Hérode va rechercher le petit enfant pour le faire mourir. (Matthieu 2,10)

    Ainsi commence la vie de Jésus selon l'évangile, par une fuite dans la nuit loin de la terreur et d'un empereur voulant le supprimer... puis le retour de cet enfant sur la terre qui l'a vu naître lorsque cet empereur meurt.

    Que l'on ait retenu de Noël les cadeaux, les rois mages et la fête de l'abondance, une trace de la joie et de l'allégresse est une chose, mais pourquoi escamoter la dimension politique, marginale et menacée de la naissance de Jésus ? La précarité de sa naissance, qui place d'entrée son existence sous le signe de miracles successifs (comme un petit enfant qui survivrait au naufrage d'une embarcation en Méditerranée).

    Cadeau de Noël

    Je réfléchissais à cela dans un train pour rejoindre mes parents dans un petit village vaudois. A Gland, le long de la voie ferrée et des baraquements : une trentaine de migrants assis attendaient le train ou n'attendaient rien, ils étaient là.

    Dans le wagon, de mon côté, deux vieux, mari et femme, qui regardaient ces hommes comme si tout à coup ce qu'ils voyaient parfois à la télévision avaient rejoint leur réalité, sans qu'il ne me soit possible de savoir ce qu'ils en pensaient vraiment.

    Au jour de Noël, à travers le petit écran d'une vitre de verre feuilletée, deux réalités instantanées, croisement fugace. Une question me vient alors : comment les rapprocher, les mettre en lien, ces deux mondes-là? Alors que ni la langue, ni l'histoire, ne les rapproche, et que pourtant ils sont appelés à vivre ensemble, cohabiter, partager les mêmes gares, les mêmes trains, les mêmes nourritures?   

    Après quelques minutes d'arrêt, le train est reparti. Les deux anciens, avec leur panier de victuailles et leur sac "île de la Réunion" dans une direction. Les migrants immobiles, demeurant le long des voies ferrées.

    C'était mon cadeau de Noël.

    Seuls ceux qui ne veulent pas comprendre ne comprendront pas.

     

    Jésus étranger à la prétendue "Civilisation judéo-chrétienne"

    Je crois Jésus, réfugié politique, étranger à ceux qui parlent de la société judéo-chrétienne, des "valeurs chrétiennes", voulant les travestir et circonscrire à un territoire, une aire géographique, les instrumentalisant pour rejeter tout ce qui ébranle et conteste leurs certitudes et conforts.

    Je crois à Jésus, réfugié politique, va-nu pied, migrant, dépossédé, ami des humbles, des doux et opprimés; de sa naissance à sa mort, pourchassé, prisonnier, condamné puis mis à mort, traçant un chemin de Noël à Pâques, sur l'arc d'une trajectoire radicalement étrangère à tout discours sur la prétendue "société judéo-chrétienne" légitimant en fait une société fermée, anti-évangélique et anti-chrétienne.

    Je crois à Jésus, assis au bord d'un quai à Gland, prêt à accueillir celui qui descendra du train, dans l'ouverture, toujours.

    Je crois à Jésus, bébé emmené dans les bras d'une femme, passant une frontière à Vallorbe ou au Tessin.

    Je crois à Jésus, sorti quelque part de Syrie par son père qui s'est levé, pour fuir la mort et répondre à la vie.

    Je crois aujourd'hui Jésus, musulman, chrétien, juif ou athée. 

    Je crois à Jésus, adolescent, Dieu incarné, désigné du statut de non entrée en matière (NEM), souriant le long d'une voie ferrée.

    Je crois à Jésus arrivant à Genève Ville de refuge et dormant sous les ponts, avec les roms déplacés d'une rue à l'autre par les bâtons tactiques.

    Je crois Jésus à Champ-Dollon.

     

     

    Joyeux Noël. 

     

     

     

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  • Barazzone joue à cache-cache-double mandat

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    Suite à la casse dans le budget de la Ville de Genève par une droite ivre de son nouveau pouvoir, le fait de voir Guillaume Barazzone absent des débats, en a choqué plus d'un, à droite (légèrement) comme à gauche (très profondément).

    Monsieur Barazzone s'est piteusement justifié dans la presse. Ce n'était pas en raison de son agenda politique (Monsieur Barazzone a un double mandat qui l'a emmené à Berne lundi renforcer une révision du mariage rétrograde, que défend son parti), mais pour des raisons politiques se défend-il.[1] 

    Utiliser le mot politique pour se justifier de ne pas assumer sa fonction ni ce pour quoi les genevois l'ont élu et le rétribuent via leurs impôts est faire injure au mot de politique.

     

    Des raisons politiques ? la belle affaire. 

    Monsieur Barazzone a approuvé ce budget, il a réussi à y faire ajouter 25 pompiers au mois de novembre, puis l'a défendu devant la presse avec les quatre membres de gauche du Conseil administratif avant de... se débiner au moment de faire face à ses responsabilités.

    "Je ne suis pas en phase avec le discours de la majorité du Conseil administratif tenu samedi. Je ne m'y suis pas du tout reconnu. Je l'ai jugé trop partisan et ne voulais pas y être associé."

    Voilà la seule justification de ce monsieur : ne pas se reconnaître dans les discours de ses collègues. Mauvais signal. Quant on en dans une équipe de 5, et que l'on obtient plus que les 4 autres sur un budget, que son parti organise le grand tabassage de la culture et du social, il est pour le moins malvenu de se poser en oie blanche ou en victime.

    Son propre budget de droite que Barazzone n'assume pas

    Le budget de la Ville voté dans la nuit de mardi est un budget de droite, voulu par la droite, Guillaume Barazzone en tête. En tant que seul représentant de cette droite au CA, il devait l'assumer publiquement.

    Or, que faisait Monsieur Barazzone à Berne lundi ? Y donnait-il un signal politique ? Non. Aurait-il voulu donner ce signal qu'il aurait marqué son absence par communiqué à Genève le lundi même. Or, il ne l'a pas fait. Pensait-il que son absence allait passer sans autre? Rompre la collégialité pour des questions de forme est injustifiable. Monsieur Barazzone semble aussi peu concerné par la chose collective que par la solidarité envers les institutions. Pourtant, elles le légitiment. Or, aujourd'hui, il s'en sert plutôt qu'il ne les sert.

    S'il y a quelque chose avec lequel Guillaume Barazzone n'est pas en phase, plutôt que le Conseil administratif de gauche, c'est notre système démocratique. Double-mandataire, jouant à cache-cache au moment du budget et rompant une collégialité pour servir son agenda personnel, il méprise nos institutions.    

     

    Un leader de la droite qui ne dit pas son nom

    Idéologiquement, Barazzone désavoue toute la droite dont il est pourtant le représentant avec un aplomb hallucinant : "Il faut faire des économies, mais couper n'est pas la bonne solution, car les coupes linéaires ne permettent pas de dégager des priorités! Elles prennent les associations au dépourvu."

    Pourtant, il n'était pas là pour l'exprimer lundi, ni pour retenir ses troupes de couper. C'est une forme de lâcheté politique que de désavouer le lendemain des coupes qui impacteront la vie de centaines de gens et prétendre s'en émouvoir alors qu'il les a lui-même ordonnées.

     

    Se moquer du monde sans oser rire de soi

    Arrivé à ce point là, Monsieur Barazzone montre son vrai visage en se moquant de... tout le monde.

     

    • Il se moque tout d'abord du Conseil Administratif, brisant la collégialité pour trahir le conseil administratif sur un budget dont il est responsable et qu'il a signé.
    • Il se moque des règles du jeu de la démocratie. Tout comme celles de la loi, l'important dans notre système, c'est d'apprendre à les respecter. Or, quand on est minoritaire, on vit et on perd comme minoritaire, ce que la gauche a durement éprouvé durant le vote du budget. On ne se pose pas en diva en biaisant les règles. Sinon, cela devient de l'arbitraire, et c'est cela qui nourrit aujourd'hui une colère contre la droite. Invoquer une fois le respect de la loi et "La démocratie" pour dominer l'autre au nom du "respect des règles" est une chose ; mais l'invoquer aussi comme minoritaire pour biaiser le débat, et dans les deux cas, en tirer avantage, c'est bafouer les institutions. C'est ce que Monsieur Barazzone a fait durant le vote de ce budget. Il a voulu gagner sur tous les tableaux à la fois, utilisant chaque fois les institutions à son avantage. Est-ce cela la démocratie ? Non.
    • Il se moque enfin de son parti, le PDC, leader dans l'opération de coupes sauvages contre la culture et le social en affirmant que ces coupes ne sont pas une bonne chose. Il s'en distingue dans la presse alors qu'il en est l'instigateur. Mais quoi? Monsieur Barazzone n'a-t-il pas été élu comme conseiller administratif par le PDC? Comment la main peut-elle faire une chose et la tête une autre ? Cette schizophrénie politique montre l'incohérence politique de ces coupes. Au fond, elles ne sont assumées ni par la tête ni par la main qui s'en renvoient la responsabilité. Elles sont du même ordre que les grands discours que porte le PDC contre l'alliance avec le MCG au niveau cantonal. Mais au final: qui a été l'allié principal du MCG durant le vote du budget ? Le PDC...
    • Enfin, il se moque surtout de la population genevoise. En jouant au petit prince médiatique pouvant gagner sur tous les tableaux politiques, il montre son avidité de le faire au détriment de la chose commune et des vies en jeu, de la prospérité de Genève. Il montre, par son exemple, que les combinazione politique peuvent dominer sur la cohérence, et le trouble sur la transparence, ce qui jette le discrédit sur toute la classe politique.  

     

    Le règne du faux semblant

    En raison de ses ambivalences et démissions, et tout ce que cela laisse envisager de chaos et de casses futures pour notre Ville de Genève:

    J'aimerais inviter Monsieur Barazzone à la réflexion et à se demander s'il ne serait pas bienvenu de laisser sa place à un homme ou une femme de son parti, qui aurait plus à coeur et plus de temps que lui pour défendre les intérêts collectifs et surtout les assumer, quelles que soient ses options politiques.  

    J'aimerais aussi inviter Monsieur Barazzone à la réflexion sur son double mandat, afin qu'il soit capable d'être présent à Genève quand il y est, et assumer sa politique plutôt que de se défiler; effectuer un travail de duplicité entre le conseil administratif et le conseil municipal à Genève, mais aussi entre Genève et Berne n'est pas bon pour notre cité. 

    Enfin, l'inviter à considérer ce qu'il faut penser d'un magistrat filant à Berne quand ça devient difficile ici avant de revenir au bout du lac quand Berne lui déplaît, le faisant bien sûr toujours au nom des institutions et de notre Ville, mais au final lui causant un tort certain.

     

     

     

    [1] http://www.tdg.ch/geneve/actu-genevoise/barazzone-absent-budget-voulais-associe-discours-partisan-executif/story/22042877    

     

     

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  • La droite s'enivre: le social et la culture trinquent

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    La droite s'est élancée sur le budget de la Ville de Genève pour le taillader. Tout à son enthousiasme de disposer enfin d'une majorité pour faire ce qu'elle voulait du budget 2016 de la deuxième ville de Suisse, elle a, après avoir refusé une première fois en septembre de faire le travail, choisi avant Noël de le hacher.

    L'hybris de la coupe s'est emparée de la droite. Frénésie sélective quand même puisqu'elle a choisi arbitrairement d'épargner le sport, le Grand théâtre et les crèches...gare à la gueule de bois. Ses coupes ont permis de jeter une lumière crue sur l'inconsistance du seul magistrat de droite au Conseil administratif Guillaume Barazzone (PDC) qui a choisi de faire son lobby personnel à Berne, plutôt qu'honorer son mandat en Ville, et assumer le saccage de ses troupes.

    La droite se renie

    La droite coupant dans les budgets des associations culturelles et sociales, supprimant des emplois, le fonds de réinsertion fonds chômage, tout un pan de la vie associative locale, obnubilée par les chiffres abstraits, a perdu le contact avec l'économie réelle.

    Elle a même perdu le contact avec ce qu'elle prétend encore défendre malgré elle: le courage d'entreprendre, la créativité, et l'engagement pour la collectivité. Si les explorateurs et entrepreneurs que la droite valorise avaient eu la même mentalité que cette droite rabougrie, ils auraient dit : nous ne pouvons pas avancer, il y aura peut-être des difficultés, restons au chaud, coupons tout. Arrêtons la vie.

    Barazzone a choisit d'aller surfer à Berne, tranquille.  

    La gauche s’est opposée aux coupes déséquilibrant le budget municipal en refusant le boni de 15.5 millions effectué sur le dos des forces vives de la société.

    Ces coupes votées produiront des charges reportées. Elles mettent directement en péril des associations, des emplois, la cohésion sociale, et diminuent fortement les prestations à la population. Par un effet domino, elles entameront aussi profondément des secteurs de la vie collective. Surtout, elles pénaliseront injustement certaines associations qui se voient déjà assommer par les coupes du Canton. Elles créent des inégalités de traitement injustifiées.

    Quelques exemples parmi tant d'autres!

    Centre social protestant
    Pour le CSP, la baisse du Canton représente CHF 30'000.- de moins au budget. Cette baisse devra être compensée par une hausse des produits propres; cumulée à d'autres pertes, elle débouchera sur
    une suppression de poste. Les coupes de 2% imposées au Centre Protestant de Vacances par la droite du conseil municipal les y condamnera probablement.

    Caritas
    Pour Caritas, la baisse du Canton sera du même ordre de grandeur que le CSP (CHF 30'000.-) avec les mêmes problèmes (compensation à chercher sur d'autres recettes) et les mêmes conséquences potentielles (nécessité de réduire les charges sur les coûts de personnel). Les coupes de 2% imposées en Ville les y condamnera.

    F-information
    Pour l'association destinée aux femmes et aux familles, les coupes cantonales  représentent 30'000.- en moins sur budget. C'est la suppression d’un poste de 30% avec 8 heures de consultation en moins par semaine pour les femmes. Le montant de la réduction ne pourra pas être compensé par ailleurs. La droite municipale y ajoute encore 2% !


    Alcip
    Pour l’Alcip, l'association de lutte contre les injustices sociales et la précarité, les coupes cantonales déboucheront sur une suppression de poste d’un permanent à 50 % et à ne plus pouvoir éditer leur journal. Ils vont devoir réduire également de moitié leur distribution de nourriture via Partage pour les plus démunis. Les 2% de coupe ajoutée en Ville limiteront encore l'appui aux plus démunis.


    Boulevard, Aspasie

    Pour les associations boulevard et Aspasie, aux 5% cantonaux doivent s’ajouter le 1% de solidarité avec l’association PVA (Personnes vivant avec) qui s’occupent des personnes atteintes du VIH. Boulevard a déjà perdu 6% de son budget pour 2016. Un poste de collaboratrice socio-sanitaire à été supprimé. Les coupes de 2% en Ville fragilisent encore plus la structure.


    Pro Juventute
    Pour Pro Juventute, les coupes cantonales représentent une diminution de 95'000.-  Comment y faire face? 2% de coupe en Ville en plus! Joyeux Noël pour les enfants. 


    A ces associations fragilisées qui surnageaient déjà difficilement, auquel le Canton a mis la tête sous l’eau. La droite municipale a choisi d'attacher une pierre.

     

    Double coupes pour certains, triple coupes pour d'autres

    Les acteurs culturels sont eux aussi frappés de plein fouet. Là aussi :  double sanctions des coupes cantonales et municipales. Cela fait donc 3% de coupe pour le Théâtre Am Stram Gram, Les Marionnettes, le Poche, la Comédie, l'Orchestre de Suisse Romande, L'Orchestre de Chambre Genevois, exemples parmi d'autres. Mais il faut là y ajouter encore la baisse de 10% des fonds de soutien à la création et aux manifestations ! 

    Ces coupes interviennent dans un contexte économique difficile pour la culture, avec une crise financière, et le franc fort. Les coupes de la droite touchent un secteur vital pour la ville locale ayant permis l'engagement de presque deux mille personnes en 2014.

    Elles affectent les petites institutions qui n'ont pas de budget de production, mais aussi les manifestations qui en dépendent: fête du théâtre, fête de la danse, festival Electron, Black Movie, Filmar, Animatou, Ciné Transat, etc.

    Ce sont donc directement des prestations à la population qui sont touchées.

     

    La droite n'aime pas la musique

    Si l'on prend le fonds général Musiques et chorales, ce sont les ensembles suivants de musique populaire qui seront touchés : Empro, Losange, Fifres et tambours, Cercle choral, Union accordéonistes mixtes, etc... la culture porte seule plus de 10% des coupes de la droite!

    Pourquoi un tel acharnement sur ce qui fonde le vivre ensemble?

     

    Tout le monde y perd

    Au final, les habitant-e-s de la Ville de Genève paieront toujours autant d’impôts pour moins de service. La production collective de richesse en Ville sera atteinte. Ceux qui ont de la peine à boucler les fins de mois seront les premiers touchés.


    La gauche s’est opposée à cette ivresse destructrice de la droite qui, pour une question de posture politique, a balayé le fait que les dépenses de fonctionnement de la Ville sont sous contrôle (1%), que la gouvernance et la gestion financière de la Ville sont fortes. Aujourd’hui, la Ville honore sa dette, dispose de liquidités. Pourquoi casser un budget à l’équilibre? Est-ce parce que la Ville fait mieux que le Canton que la droite veut la faire tanguer ?

     

    Retirer le coupe-coupe des mains de la droite


    La population augmente, les besoins croissent. L'endettement des collectivités publiques ne conduit pas à des politiques restrictives. La dette en ville de Genève est sous contrôle et n'entame pas l’exercice budgétaire.

    Par contre, la politique du coupe-coupe à courte vue détruit une économie réelle de proximité, des savoirs-faire, et une production de richesse. Aujourd’hui, la Ville assure les moyens de ses prestations. Avoir sabré dans ce budget 2016 met en péril tout un pan de l’économie et de la population.

     

    Les référendums sinon rien

    La gauche lancera donc des référendums pour contester ces coupes devant le peuple. Je suis persuadé que le peuple les soutiendra et refusera de payer toujours plus pour recevoir toujours moins, et de valider ces coupes qui vont contre son intérêt et son attachement à des associations et acteurs culturels de Genève qui le lui rendent au centuple. 

     

    Quant au PDC qui tabasse le social et la culture avec un magistrat absent et se lie toujours plus étroitement au MCG malgré ses grandes déclarations de refus d'alliance avec ce parti, il est définitivement passé du côté des tartuffes.

     

    Barazzone démission


    Et si Monsieur Barazzone a oublié qu'il a été élu pour siéger dans un Conseil Administratif en Ville de Genève et y faire son boulot, qu'il démissionne. Son absence durant le vote du budget illustre bien l'incohérence des discours de la droite et son irresponsabilité.

    Appeler les autres à la rigueur tout en se donnant des passe-droits est hallucinant. La droite devrait s'appliquer sa morale avant de l'imposer à ceux qui, faisant leur travail, luttant au quotidien, créent des richesses et améliorent la vie en Ville de Genève.

     

     

     

  • Terrorisez-vous, n'ayez pas peur

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    Terrorisez-vous, restez chez vous, téléphonez à la police si vous voyez un barbu, une djellaba, une valise abandonnée, un sac à main, un mouchoir en papier, une corne de gazelle, une canette de coca délaissée.

    Terrorisez-vous, lisez la presse sur les peut-être il se peut on ne sait jamais mieux y croire, mieux vaut prévenir que guérir, il ne se passe rien il faut le dire, Genève est une cible mondiale, personne ne s'y intéresse.

    Terrorisez-vous, faites-confiance à toutes les rumeurs, ayez peur du passage de toutes les camionnettes, serrez-les fesses, partez à la campagne, ne restez surtout pas seuls, levez les bras au ciel.

    Terrorisez-vous, regardez chaque jeune du Lignon des Avanchets de la mosquée comme des kamikazes potentiels, chaque jeune tout court, toute barbe et plaques françaises ou belges, tout ce qui est précaire est dangereux. Comptez les jours depuis le dernier article parlant de possibles éventuels départ en Syrie, craignez le retour, craignez qu'il ne se passe rien, ça continue sûrement dans l'ombre alors.

    Terrorisez-vous, dites à tous vos amis du monde que vous les aimez, que vous allez bien, touchez-vous sur twitter, mais pas en vrai, renoncez aux cadeaux de Noël, remplissez-vous la panse, fuyez la foule, les rassemblements, la fête de l'escalade, les matchs de hockey... le foot vous pouvez y aller, il n'y a jamais personne.

    Terrorisez-vous, rumorisez-vous, paranoïez-vous. Floutez les visages de tous les barbus, tout le monde est suspect, même vous, doutez de tout, ne soyez pas, fantasmez, violentez-vous, retournez-vous dans la rue, épiez votre voisin, cachez-vous, ne dormez plus, faites la guerre au poil, au Coran, aux croissants.

    Terrorisez-vous, la menace est partout, aliénez-vous, la menace est personne, sursautez dans la rue, restez bien informés, il ne se passe rien, on ne sait jamais. Mettez des photos de flics en armes partout, postez-vous dans la rue, transparencez-vous, montrez patte blanche, ne cachez rien, ne dites rien, ne pensez plus, ne contestez pas, ne dansez pas, laissez-vous fouiller de fond en comble s'il le faut, rendez-les armes, vous n'en avez pas.

    Faites comme Pierre pas Simonetta, hurlez au loup, agitez-vous, soulevez la poussière, rameutez la presse, bloquez une rue, ne tenez pas compte de Berne, écoutez la CIA, Facebook, radio psychose, la menace est partout. Faites comme d'habitude, ne changez rien à vos angoisses, élevez les d'un cran, degré rouge orange bleuté vert avec clignotement de sirènes, il n'y a pas de quoi s'inquiéter.

    Faites comme vous avez toujours fait, tout est sous incontrôle, terrorisez-vous juste une pincée, rentrez plus tôt. 

    Terrorisez-vous, terrez-vous, téléphonez-vous, inquiétez-vous les uns les autres, partez en vacances ne partez plus, réservez, annulez, réservez, questionnez mille fois le lieux de vos repos, partez au Nord, à Helsinki ou Stockholm, marchez sur la pointe des pieds, comptez jusqu'à cent dans la rue, jetez-vous à terre pour vous entraîner, fermez les portes sans les claquer, gardez la tête froide, rampez.

    Surtout dites vous que vous n'avez pas peur, car ils auraient gagnés.

    Informez-vous, terrorisez-vous, n'ayez pas peur. 

     

     

     

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