sylvain thévoz

Rebaptiser l'Ascension

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iStock-186967131.jpgEt si on rebaptisait l'Ascension? Alors que les Genevois.e.s ont voté une nouvelle loi sur la laïcité le 10 février dernier, quelques mois plus tard, nous avons toujours officiellement congé pour méditer sur l'élévation au ciel de Jésus suite à sa dernière rencontre avec ses disciples après sa résurrection. Anachronique.

Alors que la nouvelle loi sur la laïcité proscrit les signes extérieurs d'appartenance religieuse aux employé.e.s du canton, des communes et des établissements de droit public en contact avec le public et que les élu.e.s cantonaux et communaux sont soumis à la même restriction, les fêtes religieuses demeurent des congés officiels alors que plus personne n'y croit. Il est schizophrène, pour une République qui se veut et se prétend laïque, de maintenir ces fêtes, reliquats désuets du passé hégémonique du christianisme. 

Pourquoi avoir maintenu des fêtes religieuses : Noël, Pâques, l'Ascension, la Pentecôte, dont la signification n'est plus évidente aujourd'hui pour une majorité de la population?

Certains répondront sûrement que c'est un élément historique de notre société, qu'y toucher serait attaquer notre passé, que ces fêtes marquent notre histoire. C'est aller un peu vite en besogne et mal connaître l'histoire, en oubliant que ces fêtes religieuses ont pris place sur des fêtes plus anciennes, païennes, liées aux cycles agraires et basées sur des cycles solaires. Ainsi ce qui est devenu Noël était avant tout la fête du solstice d'hiver, la fête du soleil. Avant la Christanisation de l'occident, les romains fêtaient le culte de Sol invictus (le soleil invaincu) et l'empereur Aurélien avait choisi cette fête à la fin des traditionnelles Saturnales romaines.

D'autres, nous parlerons de fête identitaire. Ils nous resserviront la vieille soupe saumâtre qui veut que l'Europe soit prétendument "judéo-chrétienne" (et blanche et masculine pendant que l'on y est) sans même être capable de définir ce concept, laissant uniquement percevoir par là leur refus de la diversité, d'une société inclusive, pourtant toujours plus nécessaire aujourd'hui et impliquant de se redonner des références communes, de fêtes rassembleuses, symboliquement fortes, auxquelles tout le monde, quel que soit son genre, sa croyance ou non croyance, pourrait s'identifier.

Dernier argument, ces fêtes seraient éducatives, structurantes, une forme de cours d'histoire. Demandez voir à un ado ce qu'il pense de Pentecôte. Il vous rira au nez.   

Faisons le pas, rebaptisons les fêtes religieuses. Soyons cohérents avec notre constitution laïque, et faisons évoluer ces fêtes qui furent certes durant une période de notre histoire religieuses, mais devraient appartenir désormais bien plus à des éléments environnementaux et sociétaux liés à notre environnement. Alors que l'urgence climatique est toujours plus forte, que les interrogations existentielles sur l'avenir de l'humanité sont au coeur de notre cité, nous avons une belle opportunité de faire évoluer ces fêtes pour les rapprocher de la population et permettre de réfléchir sur notre monde de demain, pas celui d'hier. 

Ce serait aussi pour l'église un bel exercice d'humilité, et l'obligerait à prendre acte avec simplicité que si le christianisme s'est égaré dans une hégémonie et une volonté de puissance sans limite, un nécessaire décentrement ne pourra que l'inviter à revivifier son message et par là augmenter sa crédibilité envers la population. Retour aux sources, pour une église proche du message de l'évangile plutôt que des ors des palais et des intrigues politiques.  

On commence le brainstorming?

Noël pourrait devenir la fête des naissances (on parlerait conception, naissances, Gestation pour autrui, orientation sexuelle). Pâques: la fête des recommencements (on parlerait de résilience, de nouveau départ, de survivance). L'Ascension : une fête du collectif (qu'est-ce que faire communauté, vivre en société, appartenir). La Pentecôte deviendrait la fête des spiritualités (on parlerait de matérialisme, du virtuel, d'existentialisme) afin que cela parle à toutes et tous, et que le sens de ces journées et de notre société en soit renouvelé et vivifié.  

Un Etat qui interdit le port de signes religieux à ses employé.e.s mais proclame à intervalles réguliers des fêtes religieuses et fériées manque sérieusement de cohérence et donc de crédibilité. 

Gardons les jours de congé, pour faire toujours plus société, se retrouver, mais faisons-en évoluer le sens, pour être davantage en phase avec les enjeux d'aujourd'hui. 

Rebaptisons l'Ascension, Noël et autres fêtes religieuses en accord avec des noms liés aux enjeux de notre temps : écologiques, sociaux, afin que ces jours fériés soient inclusifs et rassembleurs; non-religieux, mais en accord avec la laïcité, et spirituels, évidemment, car l'humain ne se nourrit pas que de clics, de plastique et de courbes de croissance ou d'un passé révolu, fût-il glorieux.    

 

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Lien permanent 24 commentaires

Commentaires

  • Il faut être conséquent avec vos idées et aller jusqu'au bout à savoir non pas rebaptiser ces fêtes, mais simplement les supprimer et bien entendu aussi les congés qui vont avec. Ainsi tout sera pour le mieux dans le meilleur des mondes!

  • "judéo-chrétienne" (et blanche et masculine...)
    Pour vous ces 4 mots sont tellement insupportables.
    Respirez lentement, fermez les yeux et écoutez:
    Islam... Charia... Jihad
    Ca va mieux ?

  • Si peu de monde va à l'église, la majorité se sentent chrétien, donc l'argument qui dit que la majorité est indifférente , est faux.

    Pourquoi donc changer, d'autant plus que ce personnage chrétien est symbole de paix, d'amour, de compassion.
    Remplacer ce symbole par autres choses est incohérent de votre part. Au lieu d'en faire un symbole de religion, il faut relever d'abord qu'il est par ses idées, le premier "révolutionnaire" connu, qui distillait la paix dans une société de violence.

    A ces fêtes, on se rappelle que Jésus fut homme de paix et d'amour. Ce rappel donne une autre dimension par rapport à une fête qui serait celle de la naissance.

    Je vous suis si la fête, est la fête du pape ou de Calvin.

    Jésus transcende la religion, il "appartient" à tous, croyant ou pas.
    Jésus est un personnage du christianisme, mais il n'est pas chrétien, il n'a pas construit de religion.

    En résumé, ce sont des fêtes chrétiennes dont le personnage principale est universel, charismatique, positif, surtout, qui appartient à tous.
    Il n'a pas lieu de changer en des fêtes sans âme (fête de la naissance, du renouveau,...).

    Pour les laïcs, et personnes d'autres religions, il y a de quoi fêter en tant que symbole, à défaut de croire en son existence.
    Cet homme qui enseignait l'amour du prochain, qui a lavé les pieds d'une prostituée pour nous enseigner qu'il n'y a pas de personnes inférieures. Pourquoi donc le faire disparaître de la société ?

  • Merci Motus pour votre réponse à Sylvain Thévoz.
    Je souscris à tout ce que vous dites ! Jésus n’appartient à personne, pas même aux chrétiens. Une lumière pour tous les hommes. Bravo encore

  • La réaction de la grande majorité à l'incendie de Notre Dame réduit vos arguments à néant! Bref encore de la provoc bon marché. C'est triste!

  • Se battre pour que le 1er mai soit un jour férié aurait bien plus de sens.

  • Ne vous en déplaise l'Europe n'est pas "prétendument judéo-chrétienne", elle est judéo-chrétienne, et blanche aussi.
    Par ailleurs la diversité y est plus présente et tolérée que partout ailleurs dans le monde, en particulier si on la compare aux califats de vos chers amis que vous ne manquez pas de vouloir flatter avec cette provocation pitoyable.

  • Lors de mes études au collège, j'ai appris que les fondements de la civilisation européenne étaient gréco-romains. Mes études en Lettres et en Histoire ont plus tard confirmé et conforté cette conviction. Depuis quelques années, on nous rebat les oreilles avec cette prétendue origine "judéo-chrétienne" dont le commentateur C. Martel (venu de Poitiers?) se fait l'écho. Le christianisme s’est développé en se séparant du judaïsme, voire en s'y opposant et non en cheminant paisiblement avec lui. Dans le sillage du Concile Vatican II, on a voulu relancer le dialogue inter-religieux et combattre l'antijudaïsme théologique qui a longtemps été celui de l’Église catholique romaine. Le terme "judéo-chrétien" s'est généralisé dès cette époque.
    Javier Teixidor, professeur d’études sémitiques au Collège de France, écrivait« si les chrétiens parlent de judéo-christianisme, c’est pour soulager leur conscience vis-à-vis des crimes commis en Europe ». En d'autres termes, c'est un concept vide de sens.

  • Les socialistes d'antan se battaient pour le droit des non-croyants et l'abolition des privilèges de l'Eglise dominante. On pourrait croire que les nouveaux socialistes, comme Sylvain Thévoz, prennent la relève de ce combat et l'appliquent à toutes les religions.
    Or, ils se trouve que dans leur naïveté ils ont trouvé des "bons sauvages" modernes dans la figure des musulmans, au secours desquels ils volent en descendants inconscients des colons d'antan.
    Le jour où ils se prononceront contre les fêtes religieuses musulmanes ils gagneront en crédit. Pour le moment, ils ne font qu'agir comme des politiciens à la recherche de nouveaux sympathisants.

  • @Luc
    Une Europe Greco-romaine-germanico-viking-céltique me convient aussi, mais vous savez parfaitement que ce n'est pas ce que S. Thevos sous-entend dans son article... Et pour votre info je suis athée, donc loin de moi l'intention de faire de la propagande pour le Vatican.

  • Je ne spécule pas sur ce que l'auteur de ce blog veut dire ou non. Cela m'est égal que vous soyez réformé, athée ou joueur de clarinette. Mon propos est le suivant: la religion est instrumentalisée pour des desseins profanes. Certains en Occident se définissent aujourd’hui comme porteurs d’un héritage judéo-chrétien et de ses prétendues valeurs alors que le christianisme s'est affirmé contre le judaïsme. L’argument religieux et communautaire est aujourd’hui ce qu’il y a de plus simple et de plus facile à manier, amplifié par les médias et les recherches pseudo-académiques: on emprisonne les hommes dans leur sous-identité ethnique ou religieuse: foyer national juif, monde arabo-musulman, occident de race blanche, etc....
    Moi j'opte pour l’universalisme de la laïcité comme rempart à la remontée des identités meurtrières définies par Gobineau ou consorts.

  • "Moi j'opte pour l’universalisme de la laïcité comme rempart à la remontée des identités meurtrières définies par Gobineau ou consorts."
    Voilà un "raisonnement" (?) curieux. Confondre identité et religion...
    Mais contradiction : "on emprisonne les hommes dans leur sous-identité ethnique ou religieuse: (...) occident de race blanche, etc....
    Ah, parce que l'occident n'est pas de race blanche ? De race noire, peut-être, selon ce Luc ?

  • Je connais les races de chiens comme le Golden Retriever, le labrador, etc...ou encore les races de chevaux comme l'Appaloosa, le Frison, le lusitanien, etc...Mais le concept de race lorsqu'il s'agit d'êtres humains, non, navré, je ne connais pas. L'humain descend de l'homo sapiens c'est-à-dire l'espèce de la famille des Hominidés. Je ne suis pas le moins du monde étonné que Géo nous ramène la théorie de Hans Günther qui s'est inspiré de Gobineau pour développer ses théories très en vogue sous le 3ème Reich. Ces théories séduisent visiblement Géo mais ce n'est pas mon cas.
    Moi je préfère m'en tenir à l'approche de Claude Lévi-Strauss qui affirmait que les distinctions entre les groupes humains, ne relèvent pas de l’étude de la biologie, mais de l’anthropologie au sens large.

  • Et *rebaptiser" (curieux terme) le Ramadan aussi ?

  • "Claude Lévi-Strauss qui affirmait que les distinctions entre l
    es groupes humains, ne relèvent pas de l’étude de la biologie, "
    Ah mais je suis entièrement d'accord. André Pichot le dit très bien aussi. Les biologistes - qui prétendent que les races humaines n'existent pas (et que donc papa et maman pygmée peuvent comme ça au hasard donner naissance à un géant Viking...) - ne sont pas capables de vois la différence entre groupes humains ? Qu'ils aillent jouer aux cartes et laissent parler les gens sérieux, les taxonomistes...
    Anecdote, comme les aime le dit Luc :
    Lors de l'expo des néo-Lyssenko qui prétendent que les races n'existent pas, "Tous parents, tous différents", le 99% du génôme humain était considéré comme de l'ADN trash. Sans importance. Mais cela ne les empêchait pas de déclarer que les races étaient une invention du diable...
    Peut-être qu'une étude un peu plus poussée leur aurait permis de voir la différence entre un "Caucasien", un bantou ou un Asiatique ? Sait-on jamais ?

  • @Luc
    Vous revenez sur un sujet dont avons abondamment discuté entre anciens blogueurs il y a plusieurs années. Géo ne peut pas se résoudre à abandonner l'usage du terme "race" pour désigner certains groupes humains qui se distinguent entre eux essentiellement par leurs apparence, notamment la couleur de peau.
    Cet usage a été critiqué et généralement abandonné chez nous sous l'influence notamment des généticiens des populations, dont je ne rappelle pas l'ensemble des arguments, qui portent surtout sur l'extrême variabilité des caractéristiques physiques dans chacune des "races".
    Il faut reconnaître cependant, que l'usage du terme race pose quantité de problèmes, en particulier à cause de son homonyme "race" en anglais. On ne peut pas voir un documentaire sans tomber sur l'expression "race humaine", traduction littérale de l'anglo-américain "human race", alors que le français devrait évidemment être "espèce humaine". Aux Etats-Unis on n'a pas non plus de problème pour désigner une personne de couleur de peau blanche (notez le problème que nous avons maintenant en français), puisqu'il existe chez eux l'adjectif "caucasian", un bijou du point de vue linguistique et conceptuel, mais qui ne semble pas leur poser de problème.
    En sciences naturelles, comme l'on disait autrefois, le terme de race a aussi connu des fortunes diverses. Sous-espèce, variété géographique ou locale, etc. ont servi à divers moments à désigner ce que l'on avait envie de distinguer sans supprimer ou couper. Pour ceux qui connaissent un peu l'élevage, que ce soit, par exemple, celui du bétail ou des oiseaux d'ornement, l'infinie (presque) des apparences (surtout formes et couleurs) et des qualités créées par l'intervention des éleveurs est époustouflante et le terme de race est un de ceux qui permettent de faire des distinctions utiles et évidentes aussi bien aux éleveurs qu'aux spectateurs.
    On peut relever, comme le fait Luc, que c'est dans l'élevage canin que le passage de espèce à race, entièrement dû aux efforts de l'homme, n'a pas posé de problèmes de dénomination (en dehors peut-être des discussions sur le ou les ancêtres des chiens domestiques), au point que beaucoup de gens imaginent probablement avoir à faire à des espèces différentes lorsqu'ils comparent un lévrier barzoï et un teckel à poil dur.
    P.S. Avec mes excuses à Géo, dont j'ai cité le nom et dont j'ai probablement simplifié la position.

  • Complément d'information pour less non anglophones: il n'existe pas en anglais de terme qui permette de désigner une espèce avec une mot qui soit en même temps scientifique et populaire.
    Le terme "species" est en effet utilisé uniquement en science et sonnerait très bizarre dans le langage courant, alors qu'en français celui de "espèce" ne pose pas ce problème: "espèce d'imbécile" s'utilise aussi bien que "famille, genre et espèce".

  • Trop drôle, je ne sais pas si Luc est incapable de faire la différence entre un nigérian et un norvégien, mais moi j'y arrive facilement ! Et si des critères comme la couleur de la peau ne relève pas de la biologie, alors de quoi, de la culture peut-être ? Çà doit être ce truc éculé des adeptes de la novlang: Si on n'a plus de mots pour "race" alors il n'y aura plus de racisme, c'est d'un gentillet....

  • Un commentaire datant de septembre 2018, adressé à Géo, sur le blog de G. Ndoye et qu'il n'a évidemment pas passé :

    "Le terme de race, appliqué à l’espèce humaine, est devenu bobologiquement incorrect, méchamment connoté et réservé aux chihuahuas, yorkshires, pitbulls et autres animaux domestiques. Pourtant, malgré ce consensus anthropologico-politico-philosophico bienpensant, un généticien David Reich, prof à Harvard, met dernièrement les pieds dans le plat en avançant les résultats de ses recherches assez peu politiquement corrects… Pour ceux que cela intéresse, il vous suffit de taper son patronyme sur votre moteur de recherche habituel.

    Sans donner péremptoirement raison à l’argumentation de Géo, la génétique est une science en plein développement et il est bien possible que les travaux du professeur Nimbus infirment bientôt ceux de Reich, un peu à la manière de la physique quantique des années 20 où il ne se passait pas une semaine sans qu’une pierre nouvelle ne vienne consolider ou modifier l’édifice… Ce n’est pas parce que l’on a déchiffré le génome humain que l’on en comprend vraiment les mécanismes de séquençage...On devrait donc pouvoir parler, à propos de Sapiens, d’espèce humaine, et de races humaines (au pluriel) sans que cela ne fasse se lever les boucliers égalitaristes, sans devoir utiliser des circonlocutions du genre « groupes géographiques distincts »…

    Mais voilà, l’histoire a passé par là et le tollé qu’ont soulevé les résultats de Reich est tel que certains généticiens préfèrent les taire plutôt que les valider, quitte à dévoyer l’éthique de leur discipline scientifique, plutôt que de risquer d’instrumentaliser, étayées par la génétique, des thèses racistes de sinistre mémoire … Le danger est d’ailleurs particulièrement évident quand on connaît l’orientation politique des sites qui relèvent et commentent, en en faisant leurs choux gras, la démarche du généticien iconoclaste. Qui manipule qui, qui instrumentalise qui, that is the question."

  • Le mot "racisme" est resté collé à une des premières discriminations (et parmi les plus violentes) dont ont fait l'objet des groupes humains. Des discriminations (négatives) ont évidemment existé de tous temps et en tous lieux contre des individus ou des groupes divers et pour diverses raisons.
    De notre point de vue d'occidentaux blancs modernes (sans pour cela oublier le rapport entre Grecs et Barbares), et du fait notamment de la colonisation, cette discrimination s'est particulièrement manifestée envers des groupes facilement identifiables, ce qui est le cas des gens d'autres couleurs (y compris les asiatiques du Grand péril jaune) que les anthropologues d'antan classaient en diverses races selon un nombre de caractéristiques physiques observables et même mesurables
    Le terme de racisme s'est donc "tout naturellement" imposé et ce n'est que récemment que les Américains l'ont remplacé, dans l'expression "discriminations positive" lorsqu'il s'est agi de lutter contre la "discrimination négative" (ce qui veut en réalité dire le racisme) responsable de la sous-représentation des noirs américains dans les études scolaires ou autres.
    Un documentaire récent de la télévision sur la civilisation des Olmèques d'Amérique centrale montrait les énormes têtes sculptées qui semblent avoir représenté des rois divinisés. Or, comme on peu l'apprendre dans Wikipédia, le premier anthropologue occidental à les décrire au 19 ème siècle, fait la remarque suivante "Ce qui m'a le plus étonné, c'est le type éthiopien qu'elle représente. J'ai pensé qu'il y avait eu sans doute des Noirs dans ce pays, et cela aux premiers âges du monde".
    Le même genre de qualificatif fantaisiste (à nos yeux) a été utilisé pour presque toutes les populations exotiques du monde, notamment ceux de Nouvelle-Guinée, qui avaient aussi ce genre de traits "africains". Et comme "tous les noirs se ressemblent" ... ils ressemblent aussi à ceux dont nous avons déjà une image en tête.
    Notons encore que le racisme (généralement rebutant) a une version positive (attirante), l'exotisme, qui expliquait en partie l'intérêt des colons européens pour les "petites" Indochinoises du début du siècle passé.

  • Les races n'existant pas, le racisme n'existe pas. En réalité, c'est un fantasme de bobo-gaucho-facho.

  • Mère-Grand, je suppose que vous faites allusion à la classification (débarrassée de ses caractères endémiques) de Linné toujours plus ou moins en vogue aux EU.
    Je vous rassure Eastwood, n'étant pas daltonien, je suis capable de distinguer les couleurs. La couleur de peau relève de la biologie telle que définie par le naturaliste Buffon au 18ème: "quand des individus sont interféconds, ils constituent une même espèce." D'après ce critère, les humains ne forment qu'une seule espèce. Ensuite, les classifications anthropocentristes se sont multipliées, fondées sur de nouveaux caractères physiques -dont la couleur- choisis de manière arbitraire pour définir les caractéristiques propres à chaque "couleur". C'est cela qui me gêne chez Géo, que ce soit dans ce commentaire ou dans d'autres, c'est son penchant pour des idées qu'on retrouve dans les théories de Haeckel, de Morton et d'Agassiz.

  • Mais on a déjà essayé tout ça, cher Sylvain! Cela s'appelait le calendrier républicain, et ça a plus ou moins tenu une quinzaine d'années, à partir de 1792. On a poussé la cohérence jusqu'à supprimer la semaine, et donc le dimanche, le shabbat et toute cette sorte de choses. Mais ce dogmatisme laïc n'a pas tenu très longtemps, et il n'est pas sûr que le vôtre (qui n'a rigoureusement rien à voir avec la récente loi sur la laïcité) ait davantage de succès...
    A force de vouloir supprimer les racines, bonjour les générations d'ectoplasmes et d'invertébrés!
    J'espère néanmoins que vous avez jeudi dernier passé une bonne fête des varappeurs et des grimpeurs d'escalier.

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