sylvain thévoz

  • Pour ou contre les catégories?

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    Politique

    Es-tu plutôt:

    pour le mur de Trump ou les plages du Venezuela

    couloirs à bestiaux ou trous de souris

    champ de mine ou champ de blé

    service civil ou secret bancaire

    gibier de potence ou gueule de bois

    sodomie catholique ou sex appeal de Tariq?

     

    Economie

    Es-tu plutôt :

    rat des villes ou riche expatrié

    passe-muraille ou passe droits

    prêt à en découdre ou prompt à lancer les dés

    forfaits fiscaux ou mouche à merde

    défense du pouvoir d’achat ou libre-choix de ne plus acheter

    buvant la tasse ou trinquant à l’amitié ?

     

    Ecologie

    Es-tu plutôt :  

    aux abonnés absents ou sur liste d'attente

    taxe sur le kérosène ou impôt sur le capital

    pour le recyclage du papier ou scan de données sur le cloud

    marche sur l’eau ou tour de la rade à pied

    femmes et enfant d’abord ou égalité oblige ?

     

    Alimentation

    Es-tu plutôt:

    Toblerone halal ou plafonnement des primes LAMAL

    Coca-Cola sans viande ou lasagnes de cheval

    Mac Donald’s au petit dej’ ou fish-sticks en cocktail

    pilule du lendemain ou abstinence sexuelle ?

     

    Social

    Es-tu plutôt :

    taxe sur les robots ou humanisation des bêtes

    Interdiction des minarets ou vente de cannabis légal

    égalité salariale ou interdiction du voile 

    bikini XXL ou épilation à la cire d’abeille  

    justice partout ou police nulle part

    pour des élections anticipées ou l’oubli de la démocratie grecque?

     

    Sport

    Es-tu plutôt

    moi d'abord ou après moi le déluge

    Diagonale du fou ou coupe au carré

    Saut à la perche ou jeu de l’oie

    Champion’s League ou Wikileaks 

    Ronaldo ou Ronnie Mac Donald’s ?

    Juan Antonio Samaranch ou Franco ?

     

    Littérature

    Es-tu plutôt

    Pasolini ou Pessoa

    Pinochet ou Pinocchio

    Jorge Semprun ou Spielberg 

    Pierre dans ton jardin ou pipi sur vos tombes

    Page blanche ou trou de mémoire

    Journée mondiale de la poésie ou minute de silence?

     

    Es-tu plutôt

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  • Test : Es-tu plutôt... ?

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    test,politique,social.Voilà un petit test à faire en famille ou avec soi-même le soir en s'endormant, avec ses ami.e.s, parce que l'on croit toujours les connaître, et l'on est parfois surpris quand on creuse un peu de leur position politique ou sociale, et parfois on se dit : mince, j'aurai jamais pensé ça.

    On peut même imaginer le faire avec ses adversaires, ça permet aussi d'être surpris et malgré tout de se découvrir quelques points communs, ce qui est, c'est clair, parfois troublant. Il faut être prêt aussi à découvrir que l'on a parfois plus de points communs avec des adversaires que ses ami.e.s; que l'humour peut être l'apanage de gens que l'on combat, et certains alliés emmerdants comme la pluie.

    Bref. Ce petit test du "es-tu plutôt" permet de sonder la profondeur de ses options politiques. Enfin, on s'entend, le monde étant ce qu'il est, il nous invite modestement à se positionner pour le moins mauvais choix personnel possible, ce fameux "choix du moins pire" qui, s'il n'est pas sexy et ne nous fait pas dresser les poils sur les bras et les gambettes, s'il rend parfois maussade et chafouins mes collègues allumant des cierges pour le grand soir, espérant que Santo subito, la révolution viendra nous doucher du jour au lendemain comme une évidence subite, ce petit test un brin ludique (j'espère), permet à tout le moins d'envisager le choix possible évitant peut-être, une décrépitude accélérée pour continuer à lutter pied à pied, millimètres par millimètres pour un monde meilleur ou moins pire, ce qui revient au même : pour que ça rigole un peu plutôt que ça ne dégringole. 

    Ok, le test est un peu biaisé. Et binaire. Et ironique. Bien vu.

    Une amie, un peu sadiquement testait toujours ses copines avec une question qui était invariablement la suivante : préférerais-tu coucher avec Bachar Al-Assad ou Poutine. Le "choix" n'est pas ragoûtant. C'est vrai. Ce sont les mains sales de Sartre. Cela évoque, enfant, le choix de finir ses épinards maintenant ou tout de suite. Parfois la vie veut ça. On a pas toujours le choix. Tu votes ou tu votes pas? Ou le choix est limité. Ou ce qui nous est proposé dans l'assiette est d'une hypocrisie sans fin. Alors changeons l'assiette, le menu. Retournons la table! 

     

    Attention ce test prend 5mn... et ne changera pas le monde. 

     

    Es-tu plutôt:

    gilet jaune ou gueule de bois  ?

    extinction des insectes ou survie des petits commerces

    Emmanuel Macron ou Alexandre Benalla 

    pour le mur de Trump ou celui de Netanyahou 

    champ de mine ou champ de blé ?

     

     

    Es-tu plutôt :  

    aux abonnés absents ou sur liste d'attente

    recyclage du papier ou sauvegarde de données sur le cloud

    méditation sur la rade ou traversée du désert

    démission de Maudet ou apparition de la sainte vierge

    moi d'abord ou après moi le déluge ?

     

    Es-tu plutôt:

    taxe sur le kérozène ou impôt sur le capital

    justice partout ou police nulle part

    toblerone halal ou coca-cola sans viande

    égalité salariale ou interdiction du voile 

    pour des élections anticipées ou un renvoi aux calendes grecques?

     

    Merci pour ta participation. Il ne te sera envoyé aucun fatras commercial, aucune tentative d'accroche, aucun produit d'appel.

    S'il y a peut-être une source d'espoir dans tout ça, c'est la volonté de se bouger avant d'être placé dans l'étau des non-choix; les impasses, fusil sur la temps. La montre tourne contre nous. L'urgence climatique est une urgence de la mobilisation; l'urgence sociale, une volonté de renversement.  

    Préfères-tu crever comme un dinosaure ou comme à Hiroshima... n'étant pas une question que l'on souhaite poser un jour à ses enfants, après avoir regardé une dernière fois le téléjournal. 

     

    Es-tu plutôt test individuel ou engagement collectif? 

     

     

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    Photo : Fredrik Raddum

    https://www.cyclope.ovh/puissantes-sculptures-en-bronze/?fbclid=IwAR3CZihRTFkiCHUkYcEQk8ThK5TgpnxXZQSHK33fTNI6De59lT1idoD71L8

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  • Déclaration d’amour aux partis politiques (et à celles et ceux qui les font vivre)

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    Il semble fort à la mode d’argumenter contre les partis politiques. Ces derniers seraient lourds, peu agiles, abritant avant toute chose des sommes d’égoïsmes ou d’ambitions avides. Selon certain.e.s, pour que notre démocratie fonctionne mieux, on devrait s’en affranchir.

    On voit donc pousser ici et là des mouvements éphémères (Genève en marche) ou à visées communicationnelles principalement (Opération Libero), sur le modèle des start-up ou des meubles Ikea, laissant entendre que les partis c’est dépassé et que l’improvisation spontanéiste serait tendance.

    Face aux dinosaures de la politique il serait venu le temps des petites bêtes mutantes. Comme dans un Fablab ou un projet à la cool, voire une publicité hype, la politique se ferait en souriant dans un style très décontracté, en lissant son image, à défaut de présenter des arguments, sans se coltiner des sujets rébarbatifs comme la CPEG, RIE3, ou la RFFA, la question technique des bilatérales. Seulement voilà, l’opportunisme décomplexé s’enfilant sur des sujets porteurs en évitant de se casser les dents sur des thèmes complexes, s’il permet éventuellement de secouer des manières traditionnelles de vivre notre politique passe souvent à côté de la défense du bien commun. Il n’est que voir les dérives des mouvements comme En marche en France ou 5 étoiles en Italie pour constater le peu de consistance des mouvements champignons ou construits à la hâte autour de leaders auto-proclamés.

     

    Le bien commune ou l'auto-promotion?

    La politique est bien moins rigolote et sexy qu’il n’y paraît, y durer est un défi. C’est rêche, c’est rude, à l’image du quotidien : une lutte. Celles et ceux qui en doutent n’auront qu’à consulter, par exemple, le menu des votations du 19 mai prochain (ci-joint). Ils seront ainsi assurés, si celui du 10 février leur semblait consistant, de la dimension massive de cette échéance, nécessitant un important travail de mastication ne permettant guère aux opportunismes politiques de s’y glisser. Ce sont pourtant des enjeux cardinaux pour notre collectivité. Quelle serait la qualité du débat publique, la profondeur de notre démocratie, si les partis n'étaient pas là pour les empoigner et les décrypter ?  

    Travail de fond ou shopping list ? 

    La technicité des débats, la complexité des enjeux, leur caractère parfois contradictoire rend ardu le fait de les traiter sans les ressources organisationnelle et les compétences pour le faire (assistant.e.s parlementaires, secrétariats, élu.e.s).

    En cela, l’existence des partis est fondamentale. Ils sont au cœur de notre démocratie semi-directe et représentative. Indiquant des lignes, a minima des repères; offrant lors des votations, à la simple lecture du fascicule de vote, des consignes et des balises pour s’y retrouver.

    Disposer de partis dotés d’une histoire, d’un héritage et qui, votation après votation, sur tous les sujets, posent leur appréciation, demeure un bienfait collectif inestimable. De nombreuses personnes, dans la rue, disent se fier à un parti pour faire leur choix, et votent finalement en confiance en fonction de l’appréciation de telle ou telle couleur politique. L’appartenance et la reconnaissance d’une expertise alliée à des éléments affectifs oriente et assure les choix.

    Sans ce travail de défrichage, à l’ère des nouvelles mensongères, des manipulations de meute des réseaux sociaux et des invasions barbares des trolls numériques, les votes risqueraient d’être toujours plus aléatoires et l’abstentionnisme toujours plus fort. La complexité des sujets, le manque de temps ou l’indécision rendent les arbitrages et prise de position délicates. Au niveau des référendums et des initiatives également, combien passeraient la rampe sans l’appui des partis ou si eux-mêmes n’en lançaient plus ?

    Les partis : des valeurs sûres

    Les partis sont le socle de notre démocratie. Qu’ils doivent être sans cesse investis, rénovés, réinventés, c’est évident. Qu’ils se fassent chambrer par des mouvements qui aimeraient que cela aille plus vite, ou désirant se faire bien voir sur leur dos, en obtenant les bénéfices médiatiques immédiats sans le coût du travail parlementaire, c’est de bonne guerre. Mais imaginer se passer des partis, cela serait périlleux. Des partis faibles, c'est notre démocratie affaiblie.  

    L’enjeu fondamental donc, plutôt que de chanter l’illusoire ou la périlleuse fin des partis, est de les investir toujours davantage pour en faire des outils au service du bien commun et non des egos de quelque un.e.s ; de renforcer  le poids collectif de ces derniers pour utiliser au maximum leurs ressources et leur expertise politique au cœur même des lieux décisionnels. Et pour les partis eux-mêmes : augmenter leur niveau attractif et qualitatif dans les débats sociétaux.  

    Renouveler l'existant plutôt que vendre du neuf en produisant du toc

    Plutôt que prétendre vouloir réinventer la roue, il est surtout important de continuer à la faire rouler dans le sens du bien commun. Pour cela, investir les partis me semble fondamental. Renforcer leurs collectifs, réaffirmer que ce sont des assemblages extraordinaires, des carrefours complexes de ressources, de compétences et de potentiels.  

    Notre démocratie a besoin de partis davantage investis. Ce serait une grave erreur de laisser le nihilisme ou l’acidité des espérances déçues, le spontanéisme communicationnel recouvrir le travail de fond et la résilience qui sont leur marque de fabrique. 

     

    Les partis politiques sont comme l’amour : au-delà du coup de foudre éphémère ou du flirt, ils impliquent un investissement dans la durée, dans la joie et dans la douleur. Ils sont une formidable école de vie où apprendre à perdre (échouer, échouer encore, recommencer échouer mieux, disait Beckett), où savoir gagner sans triompher, l'emporter sans humilier. Dans l'intérêt commun, toujours.  

    Sans retenue, je déclare ma flamme à celles et ceux qui, jour après jour, d'une manière parfois anonyme, souvent désintéressée, font vivre ces entités humaines, et par leur engagement, animent et renforcent notre incroyable mais pourtant si fragile démocratie. 

     

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