sylvain thévoz

31/12/2018

Nous n'avons rien vécu en 2018

190.JPGC'est le dernier jour de l'année, et après une enième rétrospective, un ultime récapitulatif, un arrêt sur image, même un bilan météo, un bêtisier et une rediffusion des meilleurs moments de 2018, + un résumé au ralenti sur les grands événements de l'année, le présentateur, toujours aussi falot, propre sur lui, que l'on a appris à accueillir comme un membre de la famille au moment du repas, avec les dents aussi blanches que la neige qui ne tombe pas, plus, avec les cheveux aussi lisses que la lac au mois d'août, lâche cette phrase sans appel : nous n'avons rien vécu en 2018.

 

Cela ne lui ressemble pourtant pas de lancer une phrase aussi sèche lui qui met toujours les formes pour dire quelque chose de suffisamment insignifiant pour plaire au plus grand nombre ; reste toujours dans les clous de la normale et balise bien les bornes de sa banalité -audimat oblige- on en était pourtant à la séquence sur le manque de neige dans les Alpes, la multiplication des canons à neige, et l'impact sur les nappes phréatiques : quel choc. Quelle provocation.

Nous n'avons rien vécu en 2018.

 

Bon. Nous avons quand même mimé beaucoup, singé aussi, tweeté à tour de bras, commenté sans cesse, analysé les commentaires des commentaires, proposé d'érudites et sagaces interprétations, depuis notre salon, salivé, digéré, ruminé, coupé les cheveux en quatre, couru pour rattraper le tram. Alors que l'apocalypse sociale et climatique se rapproche, on a quand même continué d'avoir des suppléments automobiles dans les journaux, et malgré #metoo régressé depuis les années 70. Faut pas laisser le capitalisme sans freins.  

 

Certes, nous avons cuit et recuit la même soupe. C'est dans les vieilles soupières que l'on fait les meilleures tambouilles. Nous avons aimé, quitté, changé, lu, combattu, mordu, voyagé, dormi, des amis sont morts, des enfants sont nés, les factures ont été payées en temps et en heure, nous avons ressenti la douleur, eu du plaisir, mangé des filets de perche et des pizzas margherite, ricotta, sué, chanté, dansé, mince alors, ce n'est pas rien quand même. Faut pas pousser. 

 

Ce n'est pas rien quand même!

N'est-ce pas? 

Il reste sans bouger, brocher. Pas un cil en mouvement.  

Nous n'avons rien vécu en 2018.

 

Il dit cela comme si cela n'avait pas d'importance. Comme si on se satisfaisait de peu, comme si l'on grappillait du raisin, à peine mûr, alors que les vendanges ne sont pas commencées, que l'on est à peine à tracer les sillons, préparer des listes; comme si l'on glanait les petites patates restées dans les champs, alors que le gros de la récolte est déjà parti en purée, comme si l'on se satisfaisait de peu, comme si l'on brûlait de la viande à l'usine d'incinération; comme si l'on gaspillait, comme si l'on avait le choix, de vivre une vie agrandie plutôt que se contenter de mijoter avec A.Jolien et Roger.F et JJG : personnalité préférée des français. 

Peut-être qu'il décompense, à force de servir les "nouvelles" les mêmes tièdes que la veille, à force de maintenir l'ordre du monde comme s'il était immuable alors qu'on le sent, on le sait, ça vient, ça se craquelle, ça se fendille, ce n'est pas tenable, comme cela ça ne va pas jouer: pas pouvoir continuer longtemps, pas pouvoir maintenir le mythe, il ne faut pas, c'est les mêmes qui ramassent le pactole, et le ressort se fatigue, le ressort va casser, pas possible, que ça se ravale, ça se comprime encore, que l'on ne s'organise pas encore davantage.  

Peut-être encore 5 ans, mais pas une génération, pas même une demie, pas possible, à faire comme si ça pouvait durer toujours, au même rythme, avec la même croissance, à laisser les actionnaires actionner, et les crevards crever, plus au sud, plus au nord, plus au centre; laisser s'écraser frères et soeurs sur les frontières ou se noyer dans la mer, à distinguer selon le passeport ou la couleur de peau, le genre, ou l'origine, comme si cela comptait, comme si chacun.e n'était pas crée de l'éternité, de Dieu, du milieu, appelez cela comme vous voulez, mais priez nom de Dieu, priez. 

On peut se contenter un moment de l'opération nez rouge et de gratter son ticket de Rento, Tribolo, vivre d'espoir et d'eau fraîche, et se féliciter d'être bien né, au bon endroit au bon moment, et lever haut le drapeau, comme si ce dernier signifiait quoi que ce soit, comme si nous en étions dépositaires, les propriétaires, les héritiers naturels, comme si cela devait amener fierté, ou quoi que ce soit, la main sur la casquette, la chemise bien repassée, et le petit patriote fiérot qui ne se sent plus pisser, alors que ça lui dégouline le long de la jambe. Risée. 

C'est un peu niais de fêter Noël et de courir dans les supermarchés pour acheter des cadeaux dont on ne sait que faire. C'est un peu niais de se gargariser de sa position quand dans tous les coins du pays la pauvreté , le silence et l'endettement progressent et que ça va de l'office des poursuites à l'Office cantonal de l'emploi sans passer par la case départ.  

 

Il enlève son micro cravate, son oreillette. Il se lève calmement 

Il enlève son micro cravate, son oreillette, il se lève calmement. 

 

Il répète : tout doucement d'abord puis de plus en plus fort : 

 

Nous n'avons rien vécu en 2018

Nous n'avons rien vécu en 2018

Nous n'avons rien vécu en 2018

Nous n'avons rien vécu en 2018

Nous n'avons rien vécu en 2018.

 

Il sort dans la rue, son maquillage encore sur le visage, il longe l'Arve. Il marche doucement, en regardant le ciel, il arrive à la Jonction, monte dans le bois de la Bâtie, il y a là une grotte, inoccupée, inhabitée. Parfois les sans-abris l'investissent, mais les flics les en chassent régulièrement, prennent leurs affaires et les matelas et les couvertures : tout ce qui traîne ils le mettent dans la benne - joyeux Noël- tu verras pas ça sur les reportages de la rts sur la soupe populaire, ou sur une manchette, ça se passe sans bruit, tranquille, il n'y a rien là de compassionnel, rien de positif, rien de bien vendeur, rien qui ne te caresse dans le sens du poil, ça se fait doucement, entre spécialistes : ceux de la sécurité et de l'hygiène sociale, et ceux de la misère et de la galère. Laissons les pros régler ça entre eux et le bâton remplacer le fléau de la balance de la justice. La justice n'est pas de ce monde. C'est bien connu. 

Dans la grotte il s'assied, avec rien de plus que son costard déjà un peu froissé taché, son téléphone a moins 10% de batterie. Il répète doucement, comme s'il était encore à l'antenne, alors qu'il n'a plus que les chênes et les peupliers comme public fidèle et les nuages et le Rhône majestueux qui coule sur les flots duquel brillent le reflet d'un feu d'artifice poussif et coûteux avec quand même quelques exclamations de surprise ou de joie quand le bleu chasse le jaune et que le rouge recouvre tout.  

 

2019 sera une autre histoire.

Vous verrez. 

Ce n'est plus possible autrement.

 

Quelques oiseaux s'approchent en volant, pendant que des renards et deux blaireaux s'assoient. En cercle. 

 

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27/12/2018

A visage découvert

410h5Z1xVWL.jpgMacron n’ose plus sortir sans maquillage.[1] D’autres n’ont qu’une langue de bois pour s’exprimer. Certains se créent des personnages de pacotille, entre déni et toute puissance, menant des existences dignes du portrait de Dorian Grey d’Oscar Wilde, avec des parts enfouies et des secrets honteux. Pendant que certains hurlent devant des visages couverts d’un voile, portant eux-mêmes plusieurs couches de mensonge ou d’identités troubles sur la face, le seul moment de vérité reste peut-être celui du carnaval, où les puissants sont tenus et considérés pour ce qu'ils sont : des porteurs de masque. Quoi, le moment de la farce serait devenu le moment le plus haut de la vérité ? Certes, il n'y a rien de fondamentalement nouveau là-dedans. C'est l'un des travers de l'exercice du pouvoir. La question qui nous importe aujourd'hui : comment y mettre fin et dénoncer les dérives? #démaquillantpourtous

  

Trop proche pour être vrai?

La proximité de notre démocratie semblait nous tenir à l'écart des identités usurpées et des mensonges d'état. Ainsi nous accrochions-nous à ce mythe, et étions presque amusés de voir Pierre Maudet déposer des paniers garnis devant la porte d'autres politiciens lors de sa campagne pour le Conseil fédéral. Cela avait un esprit si sympathique et bonhomme, cette recherche de contact direct. Las, c'était de la comm' encore. De la même manière, sa présence sur les marchés et réactivité sur les réseaux sociaux, ces lettres de lecteur écrites à l'avance par d'autres pour marquer la popularité et les connivences joyeuses, les sondages financés en sous-main: de la comm', encore, du vent.

Grégoire Chamayou nous rappelle, dans son dernier livre, La société ingouvernable ce qu’est le libéralisme autoritaire en faisant une distinction éclairante entre l'hypocrite et l'hypercrite. 'L’hypocrite est celui qui porte un masque et qui en a conscience. L’hypercrite est celui qui se prend lui-même pour son masque, celui chez qui la conscience de la duplicité s’est évanouie. En s’oubliant elle même, l’hypocrisie bascule dans l’hypercrisie, sorte de profession de foi amnésique par laquelle un homme se trompe lui même en trompant les autres, sans avoir dessin de les tromper.'[2]  

A force de se croire détenteur de ce pouvoir que d'autres leur ont délégué pour un temps, à force de confondre leur personnalité et leur rôle, brouiller représentation et plan de carrière, les règnes des avatars trouble le rapport à la réalité et en vient même à le saper faisant le jeu de l'indistinction.

A force de se faire solliciter au nom de leur fonction, et de croire qu'ils la subliment alors qu'ils devraient en être  les garants responsables dont on espère prudence et humilité, cette hubris déconnectée du réel aboutit à l'apothéose risible de Mélenchon sous perquisition judiciaire hurlant ma personne est sacrée alors qu'il n'est rien.

Ayant ceint en vitesse son écharpe bleue blanc rouge comme un talisman de protection, le tribun se voile encore la face et invente une nouvelle pièce bouffonne. Pendant ce temps le président de la république passe à toute vitesse devant des ronds-point où son effigie est brûlée et pendue au bout d'une corde par des gilets jaunes, sans que l'on sache vraiment s'il s'agit là d'une carnavalesque provocation ou si Monsieur le Président y passerait vraiment s'il osait mettre un pied à terre. Quand donc les rois et roitelets accepteront-ils de se montrer nus et que le pouvoir qui leur est délégué n'est en définitive et de tout temps pas le leur et qu'ils ne peuvent le confisquer à leur avantage ?     

 

10592378.jpgQui porte quels masques? 

Au vu des niveaux de mensonge et de dissimulation atteints, de la dilution de la parole donnée par des je ne savais pas à je n'ai pas vraiment dit ça, et des rhétoriques d'enfumage, de contorsionnistes, de rétropédalages accélérés, à l'industriel découpage de cheveux en quatre, on assiste à une constante entreprise de maquillage et de dissimulation par quelques malfrats politiques.

Portant perruques et postiches, en changeant selon le contexte et le code vestimentaire exigé, les gentilhomme bien rasés, cravate portée haut et en mode de communication constante, passent de la pénitence au pénal sans sourciller, et s'accrochent comme des moules à des pieux vacillants qu'ils s'ingénient par leur emprise à pourrir toujours plus. Ces "gendres parfaits", dignes descendants des yuppies des eighties, s'accrochent à leur image déchue comme à un viatique, à un discours de proximité et de transparence, alors que plus personne n'écoute ni ne les croit et qu'ils ne pourraient traverser un marché sans se faire houspiller ou  subir un rituel ravalement de façade populaire: bombardement de tomates pourries ou entartage à la crème.

Le rôle qu'ils veulent tenir, plus personne ne les y voit. Prisonnier d'un masque devenu seconde peau, ils s'en débarrasseront peut-être hâtivement dans une arrière salle de bistrot après des mois de lutte, se déclarant enfin libéré, soulagé (et nous aussi), dans un acte dramatique, provoquant certes soulagement, mais malaise à la fois. Ayant tout misé sur la scène, il ne peuvent croire qu'ils arriveront à survivre à une révérence. Un conseil : relisez Shakespeare pendant les fêtes... 
 

 

miroir-cosmetique-a-eclairage-led-et-grossissement-5x-a-ventouse-ref_NX5553_6.jpgMiroir, miroir, dis-moi qui se déforme le plus sous ton regard....

Les derniers twits de Joachim Son-Forget[3] nous enfoncent aussi dans le règne des faux-semblants. S'en prenant à Madame Esther Benbassa et l'harponnant sur son maquillage, suscitant un tollé dont il semble se complaire, l'élu des français de l'étranger, circonscription Suisse-Liechtenstein, répond d'une manière alambiquées que sa démarche relevait d'une expérience psycho-cognitive visant à tendre un miroir agrandi. Il provoquait, l'expérimentateur, pour démontrer par une sorte d'abîme d'absurde, les mécanismes des réseaux sociaux. Sauf que personne n'a cru à ses pataudes explications. Plutôt que de jouer son rôle, il est définitivement devenu le jouet de ce qu'il prétendait, à posteriori toujours, animer. Miroir, miroir, dis-moi qui se déforme le plus sous ton regard....       

Certains messieurs propres, prétendants d'un nouvel ordre souhaitant incarner les vertus de la république se sont avérés être des faussaires ou de bien mauvais acteurs... ne tenant pas leur rang, pour avoir perdu de vue les limites de leur rôle et ayant cru faire du langage un matériel souple que l'on pouvait retourner dans tous les sens (à un moment pourtant ça craque. Le discours a des trames, ça résiste, ça tranche.)

Que souhaiter pour 2019?

Un nouveau langage et un nouveau casting, à visage découvert. Histoire que l'on puisse croire à nouveau, lorsque l'on s'adresse à un.e élu.e au maximum de sa redevabilité, honnêteté, respect de sa parole donnée et serment prononcé; à sa capacité à remettre son mandat lorsque la confiance n'est plus de mise et qu'il a prouvé avoir bafoué l'une comme l'autre.

Que souhaiter pour 2019? Des visages découverts, enfin, sans maquillage, sans trucages, sans effet de communication ou spin doctor travaillant en sous-main, sans communication ciblée, sans journalistes copains-choisis, car oui tout le monde peut se tromper, se planter, mais de grâce, merci de le reconnaître, et tirer les conséquences quand il est devenu impossible de reconnaître une erreur sans révéler la fraude qui la provoque. 

 

d859rg.jpgEn cadeau: miroir et démaquillant! 

Pour 2019, offrons à nos élus un pot de démaquillant pour le maquillage waterproof et un joli miroir, pour qu'ils clarifient les traits de leur visage et en retrouvent les contours, afin que, à visage découvert, il ne leur soit plus possible de maquiller leur langage, la vérité, la réalité, prétendant jouer un rôle tout en exerçant d'autres partitions, de bonne ou de mauvaise foi. 

 

 

[1]https://www.lemonde.fr/politique/article/2018/12/22/emman...

[2]https://www.lesinrocks.com/2018/11/03/idees/gregoire-cham...

[3]https://www.letemps.ch/monde/lidiosyncrasie-joachim-sonfo...

  

............

www.sylvainthevoz.ch

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26/12/2018

Aux Joyeux Noël et bonne année !

469.JPGA ceux qui mentent comme des arracheurs de dents. A ceux qui pratiquent les indulgences au nom de la laïcité. A ceux qui paient pour leur salut et sanctionnent les péquins. Aux experts en pratiques occultes. Aux mafias en herbe. Aux vers dans le fruit. Aux détournements de fond. A ceux qui veulent changer de ligue.

Aux professionnels de la manip', aux champions de la fuite. Aux artistes du vol. Aux passifs-agressifs assermentés, aux agressifs victimaires consacrés. Aux requins. 

A ceux qui font de la politique comme on pratique l’anesthésie et l'imposition des mains. Aux gourous, aux vaudous, aux leaders charismatiques. Aux experts du fist-fucking.

A ceux qui communiquent à leur guise. A ceux qui réservent leur réponse pour la justice, et changent d'avis pour la presse. Aux géométries variables, aux algèbres déficientes, à la tyrannie de Standard & Poor's.

A ceux qui font comme ça leur plait, puis au nom du service, font à leur avantage. Aux bonimenteurs aux cireurs de pompe, aux manipulateurs.

A la machine hystérique. Au droit de désinformer et menacer la presse. Au besoin de se taire. A la parole instrumentalisée. A l’institutionnel manipulée. A la collusion des pouvoirs. A la langue de bois. Au petit Calimero. A tous les coffres fêlés.

Aux réflexes de cour. Aux habitudes de classes. Aux mépris du prochain. Aux dominés mutiques. A ceux qui gagnent à tous les coups. A ceux qui tirent le gros lot. A la retraite à vie. A ceux qui cherchent des poux et cultivent des lentes. A ceux qui veulent tout tout de suite, pour qui rien ne va jamais assez vite, exigent un tour en jet comme d'autre un berlingot de thé. 

 

314.JPGA ceux qui se pensent indispensable. A ceux qui disent : jusqu’ici tout va bien, l’important n’est pas la chute, c’est que ça continue. Même la terre, ça se traverse. Même l’éternité, ça passe vite. A ceux qui pensent qu'un match c’est deux fois 45mn, avant les prolongations. A ceux qui croient encore aux règles du jeu et à l'arbitre. 

 

 

Au déni. Aux bunkers assiégés. A la ligne Maginot. Aux adeptes de la secte, aux hypnotisés de la perte. A ceux qui déplacent au sol des matelas de paille quand le corps céleste chute à grande vitesse. A la brûlure, à la décadence, aux masques de circonstance.

A la gravitation. A ceux qui refusent de voir. Aux adeptes des complots, aux trajectoires toutes faites. A Icare, à Freud, à Ayrton Senna et Mozart. A Cahuzac, à Fillon, aux comparaisons minables, au cas d’école, à tout ce qui explose en vol.

 

448.JPGAux feuilles mortes, à tout ce qui ne se ramasse plus. Aux fruits qui pourrissent sur l'arbre. Aux prophètes et aux chiens. 

A ce qui se pense, à ce qui se tait.

A Gainsbourg. A Bobin. A Cohen.

A la connivence des tristes.

Aux petits secrets des puissants.

 

A la colère qui gronde, à la lutte des classes.

Au désir de grandeur, au besoin de hauteur, aux faims de poésie. 

 

Aux Joyeux Noël et Bonne année ! 

 

 

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25/12/2018

Aux Vive Genève, vive la République !

HK3 026.JPGA celui qui confond ses cartes de crédit, utilise l’argent public pour son plaisir personnel. A celui qui reçoit des cadeaux privés au nom de sa fonction. A celui qui refuse de tirer les conclusions qui s’imposent. A celui qui dit qui m’aime me suive, les autres allez au diable. A ceux qui disent je le suivrai jusqu’à la mort. Je suis un os à moelle, c'est mon toutou, mon berger, mon yorkshire, mon tout. Je ne peux vivre sans maître. 

 

A ceux qui s’accrochent au pouvoir. Aux tiques, aux morpions, aux chacals. A ceux que la gloire a évidé, puis accroché comme tripes ou trophées sur les cheminées. Aux épouvantails, aux pauvres hères, aux fantômes de la vieille-ville. A la piétaille, aux pioupious, au salut du général. A la fin de l'année. Au recommencement de la nouvelle.

A ceux qui s’enrichissent du travail des autres. A ceux qui ont donné un peu, et pris dix fois plus. A ceux qui se trompent de PIN, à ceux qui n'ont pas droit aux deuxièmes chances. Aux experts en fusibles, aux artificiers de la comm'.

Aux menteurs, aux manipulateurs, aux crotales. A ceux qui pratiquent le deux poids deux mesures.

A la balance de la justice. A l’arithmétique et la grâce. A ceux qui prétendent être quitte. A ceux qui brûlent des moustiques.

A ceux qui accumulent les dettes, effacent leurs ardoises et emails. A ceux qui passent l'éponge, épuisent la brosse à reluire. A la proximité de l’iceberg. A la certitude de la fête. A la transparence des huîtres. Aux rails de coke et à tout ce qui brille.

A Noël en famille. Aux cadeaux du privé, à la prise en otage du public. Aux fesses bien serrées. Aux confettis multicolores. Aux bouteilles de champ'. Aux psychiatres convoqués. Aux experts assermentés. Au bullshit des juristes. Aux retourneurs de veste. Aux messe-basses et ragots. A l'hypocrisie généralisée.

 

277.JPGA l'humiliation des pauvres. Au dégoût qui augmente. Au lobby des fayots. A l’alignement des bigots. Au risible bonneteau de la tour Baudet. A la militarisation du langage. A la fin de l'honneur. A la faillite des dignes. Au pouvoir de l'argent. A la fange des fondations. A l'argent facile, aux renvois d'ascenseur. Aux pommes pourries.

A l'intime. A la connaissance de ce qui nous tient encore et ce qui nous fait vivre. Au 7e ciel, aux cellules de Champ-dol.   

 

Aux Vive Genève!

Vive la République!

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21/12/2018

nativité

6517765F-351F-49C0-B92B-6FFE5755C2C1.jpegCe qu’elle reçoit elle ne l’a pas demandé

elle regarde le ciel et son ventre

et son ventre puis le ciel

ce qui lui arrive elle le compare  

au fait de tenir son poing fermé  

l’ouvrir et découvrir une pièce d’or dedans

sans comprendre ni pourquoi ni comment

elle est arrivée là.

 

Ce qu’elle donne, elle ne l’a pas choisi

elle regarde les gens, les affiches dans la rue

son ventre s’arrondit

un ange est passé, il rend la lumière neuve.

 

Elle n’a pas entendu la parole, ni senti passer le vent

pas retenu l’annonciation

c’est plus compliqué sans sous-titres adéquats

sans trompettes ou langue des signes

ce n’est pas comme au cinéma.

 

Comme une soustraction, un effacement   

porter cet enfant agrandit l’espace en soi

elle voudrait dire miracle mais elle dit bonjour

bienvenue toi

ce qu’elle reçoit, elle ne l’a pas demandé

ce qu’elle accueille, elle ne l’a pas cherché.

Ce qu’elle va vivre, elle ne sait pas.

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