sylvain thévoz

29/11/2018

Qui sont les yéniches ?

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Qui sont les Yéniches? De nationalité suisse, ces compatriotes appartiennent à un groupe qui comporte entre 30'000 et 35'000 membres en Suisse, dont 3'000 à 3'500 seraient nomades. Comme le rappelle la commission fédérale contre le racisme: "les Yéniches constituent un groupe ethnique autochtone. Leur langue traditionnelle est le yéniche, une langue basée sur l'allemand empruntant des mots du romanés, de l'hébreu et du rotwelsch. Les Yéniches sont pour la plupart chrétiens catholiques ou évangéliques. Dès la fin du 19ème siècle et jusque dans les années 1970, les autorités ont tenté de sédentariser les nomades. L'action la plus connue est celle de l'Œuvre des enfants de la grand-route, instituée par Pro Juventute, qui a séparé de leurs parents plus de 600 enfants yéniches pour être placés dans des familles d'accueil, des foyers et des institutions entre 1926 et 1973, dans le but de les contraindre aux normes sociales de l'époque.[1]

Les Yéniches ont toujours de la peine à se voir reconnaître comme la quatrième ou cinquième culture de suisse, à trouver des places pour camper[2]. Celles-ci n'existent pratiquement pas à Genève, hormis à la Bécassière, à Versoix, mais qui demeure d'usage multiple. Minorité nationale reconnue en Suisse, mais mal-traitée, les Yéniches sont aujourd'hui victimes de racisme, de stéréotypes et de discriminations. Confondus avec d'autres minorités racisées, comme les roms, ils se voient dénier certains de leurs droits fondamentaux et reléguer sur les bas côtés de l'autoroute néo-libérale.

L'existence des Yéniches, la brutalité de leur quotidien nous renvoie un miroir de notre société d'exclusion, faite de clichés, et de stéréotypes, d'ignorance crasse qui veut que lorsqu'il y a une famille autour d'une caravanes les gens pensent saltimbanques, cirque Knie ou précarités roms, ajoutant des préjugés face à des destins qui sont pourtant communs (aller à l'école, travailler, payer ses impôts) et similaire à tout un chacun.e, hormis peut-être dans le fait qu'il s'agit là de citoyen.ne.s ayant érigé, pour certain.e.s, la transhumance en mode de vie. Mais en quoi une différence fonderait LA différence?

Qui sont les Yéniches ? Des citoyen.ne.s comme vous et moi. Pourquoi sont-ils relégués dans les marges de la société : parce qu'ils se distinguent et que leur différence en fait des cibles pour les discriminations qui s'affalent également sur d'autres groupes sociaux. En cela, ils sont des révélateurs puissants de nos modes normatifs. L'événement "les Suisses du voyage", sur le bateau Genève, ce 29 novembre, se donne pour mission de tordre le cou aux clichés sur les Yéniches et d'apprendre d'eux en  se mettant à leur écoute.  

 

Une exposition pour prendre place au coeur de la communauté

Un des moyens forts pour découvrir et approcher l'autre est l'image. L'exposition d'Eric Roset colle au quotidien des caravanes et nous invite à pénétrer dans le cercle de celles-ci. Ne prétendant faire ni éloge ni oeuvre nostalgique sur un mode rousseauiste d'un nomadisme traditionnel, le photographe nous emmène au coeur des familles et de leur contemporanéité. L'exposition qu'il propose permet de nous approcher de ceux qui se vivent comme des citoyen.ne.s de seconde zone et dont le quotidien renvoie à d'abyssales distances. On découvre et l'on plonge pourtant dans une certaine banalité du quotidien : repas d'anniversaire, jeux de carte, mariage, exercice de musculation, musique au coin du feu...  n'étaient le maquillage dans les rétroviseurs, et le fait que les haltères soient parfois constitués de bidons de bière, rien ne distingue ce quotidien de tant d'autres. Eric Roset lève un voile sur les pratiques professionnelles : de vannerie, de rémouleur, ou les générations sont mêlées; des moments amoureux, de complicité, de foi. Entraîné dans le quotidien et l'intimité de Yéniches, sur fond de prairie verdoyante ou de bitume de parking, on découvre au travers des images une certaine légèreté qui conduit d'une image à l'autre comme l'on passe peut-être d'un canton à un autre. La figure du policier surgit au détour d'une photo comme un rappel à l'ordre des contraintes et juridictions et de leur potentiel d'entraves.

 

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Qui sont les Yéniches? Des Suisses et Suissesses comme les autres mais aussi différents. Mais quel.le Suisse ou Suissesse n'est pas à la fois pareil.le et différent.e?

La photo de cet homme Yéniche frappant un pieu pour planter sa tente fait un écho troublant à la célèbre toile de Ferdinand Hodler "le bûcheron" que certains, à l'UDC, ont utilisé et manipulé pour en faire un essentialisme helvétique et une ode au repli sur soi et dans nos montagnes, voulant refléter une image univoque de la Suisse.

Les photos d'Eric Roset, elles, nous ouvrent à la diversité, aux identités multiples et en tension, aux questions et interrogations. Elles invitent, plutôt que de se rassembler autour de mythes crispés, à s'ouvrir à la belle et passionnante tâche de se mettre en mouvement pour se découvrir les un.e.s les autres, sans s'enfermer dans les petites boîtes toutes faites, les fiches ou calepins policiers, voire nos écrans numériques.

Au jour ou chaque habitant.e de ce pays est devenu.e un.e pendulaire et nomade, ou l'on mange en marchant ou presque, où le multilinguisme est pratiquement devenu la norme, il se pourrait bien que partir "à la découverte des Suisses du voyage" serait aussi très simplement, sobrement, aller à la rencontre les un.e.s des autres pour mieux comprendre ce qui nous distingue et ce qui nous rassemble.  

 

 

A la découverte des Suisses du voyage

Jeudi 29 novembre, Bateau Genève, quai Gustave-Ador 1
18h30 Café des libertés, table ronde organisée par le CODAP
19h30 Démonstration de métiers traditionnels
19h30 Vernissage de l'expo photo d'Eric Roset
20h00 Repas découverte
20h00 Concerts
20h00 Counousse musique du voyage, Schwitzörgerlimusik
21h00 Dany Bittel Trio, Jazz manouche
22h00 Olga Kamienik Drschnaps DJOlga

Evènement co-organisé avec l'association J.M.S (Jeniche-Manouche-Sinti), le  CODAP (Centre de conseils et d'appui pour les jeunes en matière de droits de l'homme), l'association Eric Roset photographe.
Avec le soutien de la fondation «Assurer l’avenir des gens du voyage suisses», la Ville de Genève et le Bateau Genève.

http://www.eric-roset.ch

https://www.codap.org

 

[1] https://www.ekr.admin.ch/services/f115/1093.html

[2] https://www.tdg.ch/geneve/actu-genevoise/jenisch-peinent-trouver-place-canton/story/17304270

Photos d'illustration : Eric Roset, Ferdinand Hodler, tous droits réservés.

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17/11/2018

Attention, si vous ne respirez plus vous risquez de mourir

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1. La fin du capitalisme est programmée. On a perdu la télécommande

2. Si vous montez sur une échelle vous pouvez tomber 

3. Quand vous dormez, votre pensée est hors contrôle

4. Lorsque vous êtes éveillé, l’usage de votre carte bancaire est possible. Ne la laissez pas sans surveillance. 

5. Si vous ronflez, c’est incommodant 

6. Si vous êtes incommodant, vous ne pouvez plaire à tout le monde 

7. Si vous ne plaisez pas à tout le monde, vous risquez d’avoir moins d'amis

8. Avoir moins d’amis ne signifie pas que personne ne vous aime

9. Si personne ne vous aime cela ne signifie pas que vous devez vous en prendre à vous même

10. Mourir est une expérience unique. Pourquoi ne pas l’immortaliser par un selfie ? 

 

 

B.

1. Quand vous  fermez les yeux, ils ne sont plus ouverts

2. Quand vous êtes fatigués, vous risquez de dormir

3. Offrez des fleurs ou du chocolat. Pas vos emmerdes

4. N’offrez pas vos emmerdes à n’importe qui. Les cadeaux entretiennent l’amitié

5. Si vous déconnez n’essayez pas de relativiser avec des choses plus graves encore

6. Vous pouvez penser ce que vous voulez, du moment que vous n’en parlez à personne

7. Si la majorité vous donne raison, ayez le triomphe modeste. C’est peut être une majorité de cons

8. Traverser au feu rouge peut nuire à votre santé

9. Jouer à la roulette russe peut provoquer des dommages irréversibles à votre santé 

 

C.

1. Attention, vous êtes responsable de tout, même de votre irreponsabilité 

2. La direction décline toute responsabilité si vous mettez vos doigts dans la prise

3. Si vous vous jetez sous un train, vous risquez de mourir

4. Étalez votre fric pas vos prières 

5. La laïcité est à l’opium comme l’orgasme est à la religion 

6. Ne faites pas de l'équilibrisme sur un toit ne prenez pas de la drogue sans une biscotte, faites toujours comme si tout était interdit 

7. Ne confiez pas vos codes secrets à quelqu’un d’autre qu’un inconnu 

8. Donnez toujours le change affirmez toujours que tout va bien

9. Utilisez la langue de bois. Personne n’ira vérifier si c’est du chêne

10. Qui ne recule pas n’est pas certain d’avancer

 

 

D.

1. S'abriter sous un arbre durant un orage ne rend pas le pépiniériste responsable du foudroiement

2. Si vous souffrez d’allergies ne mangez pas de cacahuètes pour oublier

4. Si vous n’etes pas à la direction : déclinez toute responsabilité 

5. Attendez un sauveur, fabriquez des bourreaux, plaignez les victimes

6. Répétez : on vit une époque formidable 

7. Déclinez toute responsabilité avant d’être tenu pour responsable

8. La confession est à la mode. Soyez hypocrites, demandez pardon, payez vos indulgences. Imitez

9. Rampez s’il le faut.

 

E.

1. C’est scientifique : 100% des accidentés ont eu un accident

2. Ne vous jetez pas au lac sans savoir nager 

3. Le tandem est l’avenir de l’homme. La trottinette vaincra

4. Soyez capitalistes ! exigez un profit maximal croissant et continu

5. Soyez déraisonnables : exigez le possible 

6. Nos salades sont coquettes. On achève bien la planète

7. Les carottes sont bouilles, les pissenlits sont en solde

8. Le capitalisme est mort. Les charognes mangent du big-Mac 

9. Ça sent de plus en plus mauvais. Vive Hermès vive Chanel et Gucci

10. Vae Victis. Vive la comm’ Vive Maudet Barazzone et Madoff, Infantino et les pyramides de Ponzi.

 

 

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08/11/2018

Décès d'une piétonne : commémoration aux Eaux-Vives

45558766_10156586412336826_6955616694542794752_n.jpgCe vendredi 9 novembre dès 07h30 se tiendra une commémoration à l’avenue William-Favre, à l’entrée du parc de La Grange, pour rendre hommage à une piétonne de 27 ans tuée samedi passé après avoir été renversée par une voiture à l’avenue William-Favre.[1] Merci d’amener vos bougies, fleurs et témoignages. Ce moment est important pour, individuellement et collectivement, rendre hommage à cette jeune femme, ainsi qu’à toutes et tous les autres piéton.ne.s, cyclistes, qui ont perdu la vie ou ont été blessé.e.s à Genève ces dernières années. Leur nombre est en constante augmentation et cela nous est totalement intolérable.[2] 

Ce moment de commémoration se veut donc également un appel aux autorités locales pour : réduire les limites de vitesse sur les routes principales du quartier, y compris l’avenue William-Favre, et à Genève ; améliorer l’infrastructure routière pour la sécurité des piéton.ne.s ; mettre en place des campagnes de sensibilisation du public et des conducteurs à la sécurité piétonne et à la conduite responsable, car le décès sur la route n'est ni une fatalité ni un drame qui n'aurait pu être évité.  

Des habitant.e.s avaient déjà attiré l'attention des autorités sur la dangerosité de cette avenue William Favre, et sur la nécessité d'un aménagement pour qu'une zone à vitesse limitée avec davantage de lumières soit réalisée, afin que la sécurité des piéton.ne.s, des cyclistes mais aussi des automobilistes soit garantie.

L'avenue William Favre, en pente, est peu éclairée en raison des frondaisons du parc qui opacifient les luminaires. Les autorités reconnaissent que plusieurs luminaires n'éclairent pas avec une efficience suffisante car ils se trouvent parfois dans le feuillage des arbres et élaguent régulièrement ces derniers. Le grand nombre de voitures parquées, ainsi que le peu de passages piétons et de feux pour sécuriser l'avenue expose les piéton.ne.s s'aventurant sur la route à des dangers accrus et reconnus par les autorités. 

Pour les autorités, l'avenue William Favre fait partie du réseau secondaire de la hiérarchie du réseau. A ce titre, cet axe doit pouvoir assurer des échanges, notamment entre divers quartiers. Pour les autorités, l'avenue William Favre est donc sortie de la zone 30 des Eaux-Vives, et n'est de fait pas soumis à une limitation de vitesse qui demeure donc à 50km/h. 

Pour les autorités, l'aménagement d'un seuil à un croisement avec la rue de Montchoisy modère la vitesse à cet endroit. Mais ce dernier n'enlève rien à la dangerosité des voitures en amont et qui déboulent finalement à plus de 50km/h à l'arrivée de ce seuil, et mettent mortellement en danger les enfants, familles, aîné.e.s, qui sortent de ce parc apprécié et fréquenté par les habitant.e.s du quartier et des genevois.es pour déboucher sur une route dangereuse.

Les autorités reconnaissent tout de même que ce ralentisseur est insuffisant, notamment la nuit, lorsque le trafic est peu important, la topographie en pente de la rue induisant des vitesses trop élevées. Les autorités municipales reconnaissent que leurs marges de manoeuvres sont limitées. L'avenue William Favre est pourtant identifiée dans la stratégie cyclable de la Ville de Genève comme un axe prioritaire devant faire l'objet d'aménagements sécurisés. Ces aménagements participeraient à la modération des vitesses et réduiraient les risques. Néanmoins, la faisabilité technique de cette mesure la rend difficilement réalisable pour les autorités, tout du moins à court terme, car elle nécessite la suppression de 150 places de stationnement, faute de gabarit nécessaire ! 

Une telle suppression de places n'est donc pas envisageable pour les autorités, au regard de la loi sur la compensation du stationnement car le nombre de places qu'il est possible de supprimer en une année est limitée. Mais surtout, vue la forte pression de stationnement pour les habitant.e.s du quartier, des Eaux-Vives, ces places sont importantes pour les habitant.e.s du quartier qui possèdent une voiture et qui ne peuvent souvent pas faire autrement que de la parquer sur l'espace public. Les autorités regrettent de ne pouvoir envisager d'intervenir rapidement sur cet axe pour améliorer encore la modération du trafic et ainsi transformer l'avenue William Favre en zone à vitesse limitée.

Il faudra à un moment se poser froidement la question de savoir si nous voulons défendre des êtres humains ou des places de parc. Nous pensons que ce débat doit urgemment être mené et tranché.  

 

Habitant.e.s des Eaux-Vives, ce vendredi dès 7h30 nous fleurirons le portail du parc La Grange pour signifier  plus jamais ça, demander aux autorités de sortir de leur torpeur pour agir. et sutout rendre hommage à une vie trop tôt fauchée. 

 

[1]https://www.20min.ch/ro/news/geneve/story/Deces-d-une-pie...

[2] https://www.tdg.ch/suisse/230-morts-routes-suisses-2017/story/19644613

 

 

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