sylvain thévoz

17/05/2018

Tolérance zéro pour les grillades ... et les matraques pour les fumeurs de chichas ?

2-26.jpgDans le journal 20mn, Monsieur Barazzone, par la voix de son porte-parole, annonce que la Ville va "serrer la vis face à de nombreux abus" concernant les grillades "sauvages". Il s'en suit une explication fumeuse sur le fait que des débuts d'incendie de bosquet ont été déclenché après que des gens y aient vidé leurs braises, et que des groupes occupent des grils municipaux, les privatisant de fait. C'est en effet une explication improbable, car le fait  que les grills soient squattés découle précisément du fait qu'ils sont installés en nombre insuffisants, et précisément de l'interdiction de la Ville de laisser la liberté à chacun.e. d'amener son propre grill. Si la Ville veut interdire les grills individuels, qu'elle établisse au moins un nombre suffisant de grills collectifs pour celles et ceux qui souhaitent s'adonner à cette pratique populaire.

Malheureusement, ce n'est pas la voie suivie. Aujourd'hui : tolérance zéro pour les personnes qui veulent juste griller un petit bout de viande ou de tofu en été. Et gel des nouveaux grills collectifs. Avec une seule logique : celle de la répression et de la mise à l'amende. Quand on n'a pas vraiment de position, l'intolérance peut vite devenir une norme.

Et si on sortait de la logique de la répression et de l'amende ?

Il existe pourtant des solutions. Tout d'abord des zones de grillades libres et encadrées, afin que chacun.e. puisse amener son propre matériel. Ou alors, établissement de grills électriques collectifs, qui ne produisent aucune fumée, fonctionnent sans braise ni production de déchets après la grillade. Cette solution permettrait à chacun.e. de griller ses saucisses et ses mets végétariens sans nuire à la qualité de vie dans les parcs et pacifierait le sujet.[2]

Cette solution de grills électriques augmenterait aussi la convivialité. Puisque ce n'est ni un tel ni tel autre qui a allumé le grill, ce dernier se partagerait plus librement. Fin de l'appropriation. La convivialité augmenterait d'autant. Installé en nombre suffisant, ces grills seraient une véritable alternative à la fumée et aux nuisances que peuvent occasionner les grills à charbon. Ils pourraient même être utilisés durant plusieurs saisons et être un mode attractif de faire vivre les parcs aux saisons moins ensoleillées et une alternative à l'enfermement chez soi. Ces grills électriques sont aujourd'hui installés dans plusieurs communes de suisse romande, notamment Nyon, Yverdon, Montreux et Lausanne bientôt.

Belle idée que d'augmenter l'appropriation citoyenne dans les parcs, et populariser la grillade en automne ou en hiver, avec des grills collectifs. Ces derniers pourraient même être solaires. Il faudrait pour cela équiper les parcs et sortir de la logique de parcs sanctuaires et du réflexe de la mise à l'amende pour ce qui ne respect pas la rigidité des règlements. 

Et si, plutôt que d'une position intolérante voulant éteindre un mouvement populaire, on passait à une position de tolérance pour le vivre ensemble en amenant des solutions ?

Avec un peu d'imagination et de créativité, c'est possible.

Genève mérite beaucoup mieux que des policiers chassant aux cris de tolérance zéro les gens qui pique-niquent dans les parcs. 

 

 

[1] http://www.20min.ch/ro/news/geneve/story/Grillades-dans-les-parcs--la-Ville-va-serrer-la-vis-cet-ete-25217494

[2] http://www.greenplategrill.ch/

19:03 Publié dans Genève | Lien permanent | Commentaires (7) | |  Facebook |  Imprimer | | |

Commentaires

L’appropriation des parcs par la population est une excellente idée, mais il faudrait aussi que cette même population s’approprie la notion de laisser les parcs sans papiers, canettes, bouteilles et autres assiettes en carton après leurs passages. Allez jeter un coup d’oeil dans les parcs ou les quais le lundi matin après un dimanche ensoleillé et vous comprendrez la réticence des autorités. Les employés de la voirie ont aussi le droit d’être respectés, ce qui n’est pas souvent le cas.

Écrit par : grindesel | 17/05/2018

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Billet riche de bon sens, merci!
Je souligne tout spécialement "Et si on sortait de la logique de la répression et l'amende ?". Votre suggestion est pleine de bon sens. Elle nécessiterait un peu d'imagination pour créer le contexte et les éléments qui peuvent ouvrir sur une autre dynamique.

Écrit par : Marie-France de Meuron | 17/05/2018

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Les anti-spécistes ont un gros soucis, que faire avec les plantes carnivores ?

Écrit par : Octave Vairgebel | 22/05/2018

Les anti-spécistes vont-ils s'attaquer aux grillades populaires dans les parcs et au bord du Rhône?
En plus, ça fait de la fumée et ça pollue, tous les critères sont là pour de belles attaques.
On parie que ça n'arrivera pas?

Écrit par : Arnica | 17/05/2018

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Dans le fond ce que vous proposez c'est comme la drogue : pas dans la rue mais au Quai9 ! Faut bien être socialo pour proposer de telles inepties

Écrit par : Georgette Touskjebouf | 18/05/2018

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Quand on voit le nombre de dealers dans les rues on voit bien la complicité du système!

Écrit par : Dominique Degoumois | 19/05/2018

La bonne nouvelle le cancer guette les fumeurs de chichas!

Écrit par : Dominique Degoumois | 19/05/2018

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