sylvain thévoz

14/01/2018

La pesée des intérêts

La moitié d’un pays la moitié d’un mur la moitié d’une orange, la moitié d’une datte, la moitié d’une noix la moitié d’un souffle, d’un grain de sable et du sac de plâtre.

La moitié d’un souvenir la moitié d’une moitié, et le reste pour rien.

La moitié d’un souvenir la moitié du plaisir, la moitié d’un devoir, la moitié de la faim, et d’une demie racine.

La moitié de l’olivier, l’espérance toute entière.

La moitié d’un fusil, la moitié d’un poème, la moitié d’une crosse, d’une clé, la moitié d’une source, d’une frontière et d’un os, la moitié d’un possible, d’un passeport, d'une liberté. Et toute la paix aussi.

La moitié d’une parole, la moitié d’un silence, la moitié d’un regard, la moitié d’un sourire, la moitié d’un poing, d’une course, la masse des bulldozers.

L’entier des haies, des sources, tout le poids du corps et la tête aussi.

La moitié effritée, la moitié retirée, la moitié de la ruine, de la grue, la moitié de la croix, de l’esplanade, la moitié de la prière, de la mosquée, la moitié de la nuit, de la mort, le motif de l’exode, le désir de revenir en arrière. 

La moitié d’une maison, la moitié d’une porte, la moitié d’un sous-sol, d'un savon, l’entier de la prison et la cellule pleine.

La moitié de l’entier, la moitié d’infini, la moitié du divorce, la moitié de la vie, le vol organisé, la vengeance sans objet, la moitié définie. Certains peuvent passer, les autres restent tapis.  

La moitié rassemblée, la moitié des décès, la moitié d’un tunnel, le poème de Darwich commencé  par la fin, la moitié de Hebron, la moitié du tombeau, l’oiseleur sous les cris, la hausse du PIB.

L’entier de Shulladah street, le gaz plein les narines, les fusils sur brioches. La moitié de Gaza, le reste pour la nuit. La moitié du landeau, et l’impasse pour toujours.

La moitié d’un procès, Nethanyahou à la Haye, le respect d’un vote de l’ONU, l’attente d’un miracle, la FIFA dans sa moitié de terrain, pas de jeu pour ceux qui renoncent au fair-play.

La moitié d’une équipe au checkpoint, l’autre moitié à la touche, la force de résistance, la faiblesse d’un poème, la puissance d’un cri, le camion de lait entièrement renversé, juste pour rire.

Le temps d’un poème, le gros Trump à Davos, les bons offices de la Suisse, la patience des morts.

Les pleines pages dans le presse.

Ce qui n'y apparaît jamais. Jamais.

La pesée des intérêts.

 

(Pour Ahed Tamimi)

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www.sylvainthevoz.ch

16:24 Publié dans Littérature | Lien permanent | Commentaires (2) | |  Facebook |  Imprimer | | |

Commentaires

à moitié vrai

Écrit par : alf | 14/01/2018

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C'est surtout la pensée unique!

Écrit par : dominique degoumois | 14/01/2018

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