sylvain thévoz

23/11/2017

Une femme assassinée

Une femme est morte dans la rue précise la manchette. Et on nous dit dans quel quartier: Servette ou Grottes, selon l'appréciation géographique de chaque journaliste.[1]

Mais on s'en fout que ce soit dans la rue.

Et peu importe que ce soit aux Grottes.

Condoléance à ses proches et à sa famille.

Cela fait-il plus de bruits quand le coup de feu est dans la rue que dans un appartement? Et plus de bruit quand c'est un coup de feu qu'un coup de poing?

Cette femme a été assassinée par son conjoint, un proche? Il s'agit de violences domestiques.

Un "inconnu" ? On est dans le cadre des violences faites aux femmes. Et ce n'est pas parce que ce crime se déroule dans l'espace public que cet élément doit devenir le plus marquant et l'emporter sur le reste.

L'enquête éclaircira les liens et les degrés de proximité entre les protagonistes de ce sordide événement. 

Si chaque fois qu'une femme était assassinée on donnait le lieu du décès, cela donnerait à peu près ceci :

une femme est morte en s'habillant pour aller au travail 

Une femme est morte dans sa voiture

une femme est morte dans son lit

sur une chaise

en regardant la télé

dans le tram

dans sa salle de bain

sur le palier

on ne sait pas où

à sa place de travail

en pelant des patates

en révisant ses notes

en changeant une ampoule

sans rien faire

entourée de ses amis

en dormant

en silence

en lieu sûr...

Et on aurait dû, pu le faire, 26 fois par an puisque c'est le nombre de décès de femmes sous les coups de leur conjoint chaque année en Suisse[2] (entre 2000 et 2004), ou 36 en 2015 ou 19 en 2016. Les chiffres varient. La violence structurelle demeure. C'est chaque fois un meurtre de trop. 

En Suisse, une femme sur cinq subit de la violence physique ou sexuelle au moins une fois dans sa vie de la part de son partenaire ou ex-partenaire. En moyenne 2 femmes par mois sont tuées par leur partenaire ou ex-partenaire.[3]17'685 infractions ont été enregistrée en 2016 en Suisse dans le domaine de la brutalité domestique, selon l'office fédéral de la statistique. Cela ce sont pour les statistiques, les chiffres, qui disent simplement l'ampleur, la profondeur, la racine de la violence contre les femmes dans notre société. 

Spontanément, un groupe de femmes appelle à un rassemblement ce jeudi aux grottes :

Ce soir à 18h nous nous réunissons pour Sarra, 36 ans, abattue hier soir rue de l'Industrie, dans le quartier des Grottes. Elle venait de fêter son anniversaire.

Sarra est morte dans la nuit.

Nous, les femmes, demandons une vie exempte de violences. #stopféminicide

Lieu : 5 rue de l'Industrie, 1201 Genève

Tonight at 6PM we gather for Sarra, 36 years old, shot yesterday night at the rue de l'Industrie in les Grottes, Geneva. She was coming out of her birthday party.
She died in the night.
We, women, demand a life without violence. #stopfeminicide
Where: 5, rue de l'Industrie, 1201 Geneva

 

 

[1]https://www.tdg.ch/geneve/faits-divers/La-femme-tuee-en-p...

[2] https://www.rts.ch/info/suisse/1148793-violence-conjugale...

[3] https://www.vd.ch/themes/vie-privee/violence-domestique/en-savoir-plus/statistiques/

 ..................................

www.sylvainthevoz.ch

15:47 Publié dans Genève | Lien permanent | Commentaires (14) | |  Facebook |  Imprimer | | |

Commentaires

Merci d'avoir remis les pendules à l'heure!

Écrit par : Daniel Gubler | 23/11/2017

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Et en France 123 femmes sont mortes en 2016 pour les mêmes causes et 28 hommes dont la moitié qui ont été tués parce que la femme ne supportait plus la violence qu'elle subissait. Attendons maintenant HL nous expliquer que c'est tout la faute des femmes, que les hommes assassins sont des victimes, etc.

Écrit par : Les pieds dans le plat | 23/11/2017

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Ah y a pas pire qu'un partenaire, allons manifester contre les partenaires !

Sauf qu'il semble que dans ce cas ce minable racolage opportuniste et populiste tombe a plat:

>>>la victime et son meurtrier ne se connaissaient pas plus que ça. Ils seraient liés par un différend d'ordre financier de 20 francs

Et j'ai comme l'intuition que ça tombera encore plus bas quand on saura d’où provient ce différent de 20 Frs...

Écrit par : Eastwood | 23/11/2017

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beurk ! Du matériel promotionnel au mieux. Une naïveté coupable au pire.

Écrit par : Pierre Jenni | 23/11/2017

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Moi pas comprendre, vous nous faites la morale sur la violence domestique en vous appuyant sur un récent fait divers concernant deux personnes qui ne se connaissaient pas selon les propres références que vous utilisez (référence 1).

Écrit par : sekant | 23/11/2017

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Sous couvert de la défense des femmes, je sens poindre la manipulation si chère aux frères.
Sans y toucher vous faites passer ce drame pour un meurtre "domestique", trop heureux de démontrer que les occidentaux qui ne se plient pas à l'islam commettent des crimes.
Sur cette plateforme, il y a les lanceurs et lanceuses d'alerte contre la propagande des frères Ramadan, il y a de plus en plus d'articles qui dénoncent leur discours fondé sur une religion guerrière. Les commentateurs, (je suis heureuse de constater qu'il s'agit souvent des hommes) dénoncent la dérive de cette religion sexiste et vous, vous continuez à asséner VOS vérités qui agissent dorénavant comme un pet dans l'eau.

Écrit par : Noëlle Ribordy | 24/11/2017

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Mauvaise foi? Bêtise? Désinformation? Vous cumulez toutes les casquettes!

Écrit par : Jules | 24/11/2017

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Dommage que cette note suive votre précédente note sur le burkini. Elle laisse croire, que la vraie violence faite aux femmes provient de l'occident, ce que Daniel Gubler souligne par la remise des pendules à l'heure.
Je pense au contraire qu'il faut dénoncer toutes les formes de violences faites aux femmes.
Votre complaisance d'un coté et vos accusations de l'autre prouve que votre réel soucis n'est pas le sort réservé aux femmes, si c'était le cas vous seriez conséquent.

Écrit par : panama | 24/11/2017

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Hmm, vous n`allez pas aimer mon commentaire mais il y a toujours eu des meurtres passionnels et il y en aura tant qu`il y aura des passions amoureuses. Les victimes ne sont pas toujours des femmes mais leur nature les porte moins souvent a tuer et c`est pour ca aussi que je les aime. Cela dit, je m`inquiéterais plutot pour une société sans crime passionnel.

Écrit par : JJ | 24/11/2017

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Si le meutrier a tué juste pour vingt balles comme je le lis maintenant, alors ca n`a pas non-plus grand chose a voir avec la cause féministe. Des meurtres dits crapuleux par des psychopathes débiles ou, le plus souvent, des barjos drogués, il y en a tous le temps dans le monde et seul le hasard détermine le sexe des victimes qui ont le tort de se trouver au mauvais moment au mauvais endroit.

Écrit par : JJ | 24/11/2017

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Lu ce jour sur « http://hommelibre.blog.tdg.ch/archive/2017/11/26/une-femme-sur-trois-on-s-en-fiche-288015.html »:

"Le meurtre d’une femme, il y a quelques jours à Genève, est présenté par un blogueur homme comme un assassinat domestique par son compagnon. Alors que la presse infirme à plusieurs reprises cette version. Ce prédateur de cadavres calibrés ne fait même pas amende honorable."

Qu'avez-vous à répondre à cela, M. Thévoz? Ne vous sentez-vous pas interpellé?

Écrit par : Mario Jelmini | 28/11/2017

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@MarioJelmi Que "homme libre", dans un blog virulent sexiste viriliste et défendant la thèse d'une "guerre aux hommes" semble me prendre à parti pour servir son propos et infirmer que le meurtre d'une femme est un signe marquant de la domination masculine étaye mon propos général. Pour ma part, j'ai mis l'accent sur la violence faite aux femmes, plutôt que le lieu où celle-ci s'exerce ou le fait que cet homme aie confondu cette femme avec une autre. Cela me semble secondaire par rapport aux faits : la violence de genre. C'est maintenant à l'enquête policière d'établir précisément les liens entre les protagonistes de ce sinistre assassinat. Salutation. Sylvain Thévoz.

Écrit par : thevoz | 28/11/2017

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Attention M. Thévoz,
Réfléchissez avant de vous enflammer, et pour le respect de la défunte et de ses proches, corrigez votre article s'il vous plaît.

Ce n'était absolument pas son conjoint, ni petit ami.
La victime et l'assassin ne se connaissaient pas.
Relisez vos sources, soulignez les faits, ne déformez pas la vérité.

Voici l'article de la Tribune de Genève:
https://www.tdg.ch/geneve/actu-genevoise/meurtrier-victime-connaissaient/story/19648253

Écrit par : Santosh KURBET | 28/11/2017

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Corriger l’articLe et ses fautes d’orthographé .

Écrit par : Désinfo | 28/11/2017

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