sylvain thévoz

02/04/2016

A celui qui ne touche pas terre et commence à s'élever

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A cela qui commence en avance.

A ce qui débute sans bruit.

Aux insomniaques qui se trompent de porte.

Aux rêveurs éveillés.

 

À celui qui gagne au loto et ne retire pas son lot. Au pompier qui cesse de fumer. Au médecin qui se soigne en silence. A la sage femme alerte.

Aux heures sup' des syndicalistes. Au pasteur au désert du doute. A l'écologiste qui reprend son souffle. Aux lanceurs de graines.

 

A ceux qui se trompent de cheval. Au jet d'eau pour le geste. A la tendresse des glaciers. Au passage à l'acte sans personne. Aux accidents de personnes sans mal. Au résistant qui rompt le pain. Aux genevois heureux.

 

A la cause publique. Prix Nobel aux animaux de compagnie!A celui qui désire plus que son nom. Aux mendiants altruistes. Au retour des oiseaux migrateurs. Aux noces jubilatoires. A la fidélité de l'amant. A la précision de l'heure d'été. 

Aux heureux compulsifs. A l'élastique qui tient. A la visite qui vient. A l'alliance renouée. A la redistribution des places. A la revanche des bêtes. Aux crues et aux gués. Au chevreuil et au chat, à la fermeture des abattoirs.

 

A ceux qui appellent dans la nuit. Aux machines fleuries.

A l'effort sur soi.

 

A la main qui se tend. A l'écho. A la langue qui se pend. A Camus à Lourmarin. Au lait cuit, au sel et au pain. Aux déjeuners des sportifs. Aux racines du cri. Au rameau, à la craie. Aux farines des fleurs, au fil des grands discours. 

Au rire de Rilke. A la mort du libéralisme. A la persévérance de l'être.

Aux pompes à chaleur à la vie des nuages aux bricolages d'enfants.

A la fin des fonds.

A celui qui demeure à la hauteur de son abaissement.

 

A l'habitation large, à la mise en commun.

A celui qui n'est plus redevable, à cela qui n'a pas de fin, aux remises de dettes.

A la fin des attentes, au don sans retour, aux sources des racines.

Au désir sans fin.

Au retour des appels, au partage direct, à l'énergie de l'espoir.

Au non-jugement des sentiments.

 

A celui qui ne touche pas terre et commence à s'élever.

 

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https://www.youtube.com/watch?v=x5DpM2narOU

https://www.youtube.com/watch?v=ibaoNRS1IZA

 

 

 

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www.sylvainthevoz.ch

09:23 Publié dans Air du temps, Genève, Humeur, Littérature | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook |  Imprimer | | |

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