sylvain thévoz

27/03/2016

Si j'avais moins d'attentes je chercherais la vie

Si j'avais moins d'attentes je te regarderais dans les yeux, je parlerais aux lièvres. Je dormirais mieux. J'observerais moins ma montre.

Si j'avais moins d'attentes je ne lirais pas sur tes lèvres. Je rêverais plus pour gagner moins. Si j'avais moins d'attentes je perdrais moins de temps. Si j'avais moins d'attente, le temps ne serait rien. J'aurais jeté la pierre comme les autres.  

Si j'avais moins d'attentes, je ne ferais rien pour plaire. Je traverserais le pont. Je dormirais dehors.

Je parlerais aux oiseaux, j'écouterais le vent, je saurais faire silence.

Si j'avais moins d'attentes, je saurais que je suis nu. Si j'avais moins d'attentes, je laisserais tomber les crèmes, l'épilation et le roseau. 

Si j'avais moins d'attente, je serais beaucoup plus clair.

Et barbu.   

Si j'avais moins d'attente je n'aurais pas peur de perdre, je n'aurais pas ces kilos à prendre. Je peindrais sur les murs, des huit et des noeuds.
 
Si j'avais moins d'attentes, je colorierais mes cheveux de bleu. Si j'avais moins d'attentes, je ne ferais rien. Un piercing, peut-être. Pour rire.
 
Je jouerais seulement de la guitare.
Comme Banksy ou Johnny.
Deleuze ou Guattari.
 
Si j'avais moins d'attentes, mon langage ne sonnerait pas creux. J'embrasserais mieux. Si j'avais moins d'attentes, je n'aurais pas peur de qui je suis. Si j'avais moins d'attentes, je serais libre. Je serais Dieu. Je saurais que je ne suis rien. Je ne ferais pas de Pâques un festin familial de charcuteries et d'oeufs.
 
Si j'avais moins d'attentes, je saurais accepter les cadeaux. Je pourrais être en dette. Je mangerais le pain en souriant.
Je bénirais le grain, pas Subway ou Mac do. 
 
Si j'avais moins d'attentes je n'irais pas pieds nus. Je ne prierais pas mon Père. Je me tirerais du Golgotha. Je descendrais de la croix. Je rendrais le tablier. Pourquoi mourir pour eux ? J'éteindrais mon écran. Je passerais sur répondeur.
 
Je ne compterais sur personne pour rouler la pierre, rincer le linceul, sécher les larmes, essorer le linge.
 
Je ne compterais sur personne pour allumer la lumière, souffler les bougies. Je dirais que la résurrection est une blague, une bande de Möbius pour crédules. Je dirais que le nucléaire a de l'avenir, pas l'amour. 
 
 
Si j'avais moins d'attentes, je chercherais la vie.
 
 
 
 
 
 
 
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21:29 Publié dans Air du temps, Genève, Humeur | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : pâques. christ, pain au chocolat, football, banksy, johnny | |  Facebook |  Imprimer | | |

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