sylvain thévoz

25/02/2016

La politique, c'est comme le sexe

Voilà, nous arrivons au terme de cette longue campagne de votations dotée de 4 objets fédéraux, 8 objets cantonaux, et un vote municipal. Nous n'avons plus que ce jeudi pour voter par correspondance, et sinon il faudra se lever dimanche matin, sortir de la couette pour glisser son enveloppe dans l’urne.

Alors quoi, finies les joutes autour du Musée d’art et d’histoire ? La mauvaise foi crasse des opposants, les coups sous la ceinture, et la volonté malgré tout d’aller de l’avant pour Genève en votant Oui, un oui libérateur et joyeux à ce projet? Eh quoi tout aurait été dit ? Eh non, on n’y est pas encore, pas tout à fait. Alors, encore un petit argument pour aller voter, un petit stand, un mail, un dernier ballon gonflé! Encore une personne ou deux à convaincre, oui !

 

Oh OUI

Quoi qu’il en soit, dimanche on sera délivré. Souvenez-vous du vote sur la loi sur la police à Genève (le oui l'avait emporté par 42 voix, de la votation du 9 février 2014, accepté à 50.3%: 19'000 voix! De la Loi sur la redevance Radio/TV du 14 juin 2015. 3669 voix avaient fait pencher la balance dans le camp du oui). Cela encourage à poursuivre encore le débat, la dispute, l’échange, donner encore de l'énergie avant l’échéance de dimanche…

Car enfin, c’est notre héritage démocratique, citoyen, transmis par les grecs, d’entrer dans cette arène politique et d’y débattre. Et puis, la politique, osons cette comparaison, n'est-elle pas comme le sexe, à savoir : plus on le pratique et plus on en a envie, avec tout de même, une inversion, car si l’on dit du sexe que c’est ceux qui en parlent le plus qui le goûtent le moins, et qu’il est, en général savouré dans la sphère intime, en politique, le silence est onanisme et la retenue revient à s'abstenir de tout débat public. Au final, ce sont celles et ceux qui s'engagent et s'expriment qui l'exercent avec le plus de plaisir...

 

Plus que 3 nuits dormir

Dimanche, c’en sera fini ? Ouf disent certains ! Encore! murmurent d’autres ! Regrets, remords, entre ceux qui sont partis trop tôt, ceux qui se sont arrêtés trop tard : joie de l’aboutissement. Fatigue. Comment seront les uns et les autres dans la victoire ou la défaite ? Ce qui est certain, c’est que notre système démocratique en sortira gagnant.

Une certitude: je ne partage pas le point de vue de ceux, inquiets, qui pointent du doigt la surcharge démocratique, et la crainte, pour le peuple, de ne plus pouvoir suivre. Au contraire, le travail civique des citoyen.ne.s se trouve renforcé par des votations dotées d’enjeux d’importance, passionnants, voire passionnels, touchant au rapport à l’autre, au droit, à la culture, à la durabilité de notre société et à sa santé économique, éthique.

Des votations gourmandes

Les taux de vote annoncés relativement hauts pour ces votations du 28 février (37% à J-4), laissent entendre que les citoyen.ne.s se déplacent pour voter quand ils perçoivent que leur vote fera la différence. Les partis sortent aussi renforcés de ces votations gourmandes. Dans le doute, s'inspirer des mots d’ordre d’un parti permet de trouver repère et cohérence de vote. Dans l'abondance des choix, suivre une ligne permet d'y voir plus clair et de se faire une idée plus précise des enjeux.   

Si la politique est comme le sexe, il faut alors penser uniquement le 28 février comme un coïtus extaticus. Après, on se repose, on souffle un peu... et dès le 29 février on se remet en jambes en vue de la nouvelle ronde pour les votations du 5 juin. Car le menu s’y annonce tout aussi copieux avec plusieurs objets agendés (Initiative populaire en faveur du service public, pour un revenu de base inconditionnel, pour un financement équitable des transports, la modification de la loi fédérale sur la procréation médicalement assistée, la modification du 25 septembre 2015 de la loi sur l'asile (Lasi), l'éventuel Personal stop, la traversée de la rade, les référendums sur les coupes dans le domaine de la culture et du social en Ville de Genève, etc.,) Miam.  

 

Votons, encore, et encore ! 

Alors, sitôt fini, on recommence? Mais oui ! C'est là la joie et jouissance de notre démocratie helvétique. Celle que l'on partage. Alors, pour conclure, ne boudons pas notre plaisir… votons et faisons voter. Il reste encore quelques jours d'ici dimanche pour faire durer le plaisir et profiter pleinement de ces dernières heures qui, si elles nous prennent entièrement nous rappellent que la vie continue, grande, pleine et belle.

Oui, la politique, c'est comme le sexe. Et peut-être même qu'au final, le plaisir qu'on y trouve dépend tout autant des partenaires avec qui on le pratique et du niveau de participation, que du "résultat".  

 

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17/02/2016

Dynamisme d'un musée

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Il est un petit livre intéressant qu'il faudrait parcourir avant la votation du 28 février sur la rénovation et l'extension du musée d'art et d'histoire. Museum of the future, aux Presses du réel, édité par Cristina Bechtler et Dora Imhof, et dont Lionel Bovier, actuel directeur du Mamco, dirige la collection. Ce livre donne la parole à des artistes, aux curateurs, aux directeurs et directrices de musées. Il permet d'envisager celui-ci autrement qu'en terme d'argent et d'architecture, sur un plan culturel, créatif, et participatif.  

 

Transformer, cultiver, évoluer

"Les musées sont en continuelles transformation et évolution. Le futur des musées dépend de leur flexibilité et de leur capacité à se transformer" (Gerhard Bott, 1970). Pendant trop longtemps, ils ont été considéré et envisagé avant tout comme des lieux de dépose d'oeuvres uniquement, de replis les jours de pluie, royaume d'un conservatisme sans âme ni perspective.

Questionner la place d'un musée dans la cité, c'est questionner le rôle de la culture en son sein. En ce sens : refuser un projet de rénovation de musée conduit aussi à refuser le rôle de rénovation de la culture, surtout si ce sont pour des raisons financières, de jalousie ou de conservatisme suranné, qui n'ont que peu à voir avec celle-ci. Rénover c'est évoluer, sans sacralisation, sans vénération excessive; dans le respect du patrimoine, certes, comme c'est le cas dans le projet du Mah+, mais surtout dans le respect du public.  

 

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l’église de Salemi, Alvaro Siza, 1982
la situation après le tremblement de terre en haut, le projet de Siza en bas

 

La culture toute la culture

En ce sens, le slogan "la culture, toute la culture" porte en son sein un dynamisme, celui de ne pas vouloir opposer les différentes formes d'expression culturelles, et surtout de placer celles-ci à un niveau plus haut que les considérations la réduisant à telle chapelle contre telle autre.   

Respect du patrimoine, entretien, soin pris à restaurer les oeuvres. Travail d'archivage, de catalogage, dans des conditions adéquates et digne des oeuvres que le musée a hérité des anciens; respect du personnel, de ses conditions de travail: le oui au musée d'art et d'histoire dynamisera tous les secteurs culturels : médiateurs, graphistes, danseurs, dessinateurs, etc. Tous les créateurs qui se sont exprimés dans le cadre des soirées culturelles du MAH, peuvent en témoigner. C'est tout le secteur social et culturel qui bénéficiera du nouveau dynamisme du musée d'art et d'histoire.  

Le musée sera plus vivant et accueillant quand il sera rénové et agrandi qu'actuellement alors qu'il suinte sous la chaleur et macère les jours de pluie. Ce coup de fouet culturel que permettra le nouveau musée, nous ne pouvons nous payer le luxe de l'attendre pour dans 20 ou 30 ans.

 

Dynamisme d'un musée!

"Si les circonstances ont fait que, dans le même espace soient réunis l'histoire et l'art, le passé et les espérances de l'avenir, il faut que cet édifice soit non pas un tombeau consacré seulement aux souvenirs du passé, il faut qu'il soit surtout une source de vie et de lumière" - Alfred Cartier, discours d'inauguration du musée d'art et d'histoire, Genève, 1910.

Cette phrase vaut son pesant d'art et d'émerveillement. Parce qu'un musée est un lieu ouvert, inclusif, qui forge des identités et des débats. Ceux qui voudraient nous faire croire que refuser et exclure est la bonne solution, et que l'unanimisme naîtra, comme par magie du refus, d'un hypothétique plan B, plus coûteux et hasardeux, se paient de mots et veulent nous faire avaler un bouillon pour les morts.   

 

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Ne nous rendormons pas

C'est parce que ce projet de rénovation et d'extension du MAH est si décrié et si férocement combattu, qu'il démontre peut-être aussi combien il touche à l'essentiel concernant les enjeux actuels pour Genève, la plus petite des grandes villes. Notre ville ne s'est pas vu grandir, au point de s'étonner aujourd'hui de découvrir ses vêtements trop serrés et trop courts. 

Ce projet de rénovation et d'extension, dont le sort est désormais entre les mains des habitant.e.s de la Ville, hésitant entre le passé et l'avenir, l'ouverture et la fermeture, la culture ou les économies, servira en quelque sorte, d'épreuve pour les ambitions de Genève et sa créativité future. 

Le vote du 28 février démontrera s'il est possible d'aller de l'avant, pour la culture, toute la culture, ou s'il faut prendre - et perdre?- plus de temps encore pour se mettre d'accord avec tous sur tout avant de commencer quoi que ce soit, au risque de la sacralisation de l'identique, d'une Genève qui se fige, par nostalgie ou romantisme d'un passé idéalisé.   

Je crois, pour ma part, fortement, que les habitant.e.s de la Ville sont prêts à faire un pas en avant le 28 février, par curiosité et désir de découvrir ce que ce musée pourra continuer à raconter sur eux et ce qu'ils pourront y vivre de neuf.

 

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16/02/2016

Un oui qui vaut son pesant d'art et d'ouverture

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Ce qui se joue le 28 février, avec la votation sur la rénovation et l'extension du Musée d'art et d'histoire, est bien plus qu'un enjeu architectural. Il s'agit véritablement de la manière dont Genève se voit grandir et dépasser ses limites, se projette dans une autre dimension. Voulons-nous rester un village avec notre petit musée encyclopédique où les bourgeois de la cité ont légué leurs oeuvres, ou passer dans une dimension cosmopolite, dans la contemporanéité, en empoignant ces enjeux passionnant des partenariats privés-publics, de la médiation, d'un nouvel outil muséographique pour le public, afin de repenser notre histoire et notre futur?

 

La culture n'attend pas 

Le 28 février, ce n'est pas juste un oui ou un non à la rénovation et à l'extension du MAH que le peuple prononcera, mais une réponse à la question de savoir si nous souhaitons rester dans la crainte du saccage ou de l'attente éternelle de l'éblouissement ou nous engager, d'une manière pragmatique, avec le meilleur projet possible, à actualiser un musée qui tombe en ruine.

Un musée n'est pas un lieu pour plaire, c'est un lieu pour provoquer, créer le débat. En ce sens, on est tenté de dire que le projet Nouvel dépasse déjà toutes les espérances. Quelles passions, quels échanges, que d'émotions et d'énergies entre les nostalgiques du conservatisme et ceux qui souhaitent voire l'architecture mise au service des oeuvres ; entre ceux pour qui un musée est un lieu mort, où les nouvelles formes de médiation et les soirée de type afterwork ayant secoué la vénérable institution n'ont pas leur place, et ceux qui placent le public au centre.

 

Débat sur les liens entre privé et public

Mais diable, pour une fois qu'un privé sort ses collections de ses caves ou de ses appartements particuliers, n'y a-t-il pas de quoi se réjouir? Le public aura accès à ce qui d'habitude dort aux ports francs ou dans des villas cossues et auquel il n'a jamais accès. Le musée, par l'ajout d'une collection privée, prendra une nouvelle dimension avec des oeuvres capables de dialoguer avec le fond genevois existant.

C'est donc aussi l'ouverture à l'autre que questionne ce projet, la capacité de se lier dans un partenariat qui n'est ni soumission ni absorption, mais tension, et dialogue. N'est-ce pas d'ailleurs pleinement là le sens d'un musée et de toute culture: réveiller, stimuler, exacerber les débats sur des enjeux de société? Ne pas laisser entendre que les choses soient figées une fois pour toutes, mais au contraire en évolution, dans la complexité du présent, en lien avec passé et avenir ? 

 

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Nostalgie quand tu nous tiens    

Ce qui est certain, c'est qu'un non le 28 février signifierait repartir pour une même campagne, dans 10 ans, avec un projet plus cher, les mêmes oppositions, les mêmes j'aime-j'aime pas d'experts auto-proclamés, la perpétuelle sacralisation de la cour, de la butte, des arbres, de chaque clou et caillou sacralisé d'une cour en friche. Pouvons-nous nous payer ce luxe ? 

A un moment donné, ne faut-il pas assumer le risque, le changement, et évoluer? Ou alors, et c'est peut-être secrètement ce que souhaitent les opposants, on fermera le musée, sa cour se remplira d'herbes folles pour nostalgiques, où les opposants de la première heure se souviendront des heures tendres et figées du temps d'avant, où ils venaient compter fleurette un doigt sur la touche play de leur walkmann chargé des premiers tubes des années 80 sur bande magnétique. 

Genève pourra alors rester le village du bout du lac qu'ils ont toujours rêvé. Et comme de bons provinciaux, pour ceux qui en ont les moyens, ils monteront voir des expos à Paris, à défaut d'avoir pu s'imaginer les réaliser ici. Et tant pis pour ceux qui n'ont pas 500 balles à mettre pour visiter un musée parisien... ils auront toujours la nostalgie grise de la cour d'un Musée d'art et d'histoire en ruine pour se consoler.   

Je ne crois pas que les genevois.es se reconnaîtront dans cette logique du refus, alors que leur oui vaut son pesant d'art et d'ouverture. 

 

 

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14/02/2016

MAH : ni sacccage ni éblouissement, une évolution!

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Faut-il laisser le musée d'art et d'histoire tomber en ruine, au nom de la sacralisation de la margelle d'une cour? Faut-il renoncer pour les 15 prochaines années à tout changement, par peur d'évolution ? 

Pourtant, les opposants s'arque-boutent autour de la margelle de la cour, parlent de saccage et figurent Jean Nouvel comme un démon venant tout détruire. Du délire.

Il faut tout d'abord rappeler que la Commission des monuments de la nature et des sites (CMNS) a validé le projet Nouvel comme ne portant pas atteinte au bâtiment. Ensuite, que Patrimoine Suisse, principal opposant, a obtenu 80% de ses demandes de modification sur le projet initial. Il est désormais acquis que les mezzanines, qui offriront des espaces d'exposition supplémentaires, ne toucheront pas au bâtiment; que la lumière naturelle continuera d'illuminer la cour intérieure, qui évoluera comme un plateau d'accueil central, permettant enfin la circulation dans le musée; le restaurant panoramique sera inscrit dans le gabarit du bâtiment, l'espace en sous-sol sera maximalisé (un nouveau forum de 300 places, et surtout 2000m carrés dédiés aux expositions temporaires qui manquent aujourd'hui cruellement pour développer ou accueillir des expositions de format international).

Le projet Nouvel, fruit d'un appel d'offre en 1998, est au final un projet que les opposants ont grandement contribué à améliorer. En fait, mieux que tout concours, il a bénéficié de leur participation directe à l'élaboration du projet. Ni saccage ni éblouissement, c'est désormais un projet mature, comme on en fait chez nous, fruit du compromis, des contraintes patrimoniales et politiques, bien dans les clous financièrement, sur lequel le peuple se prononcera. 

La haine des opposants ne saurait être récompensée 

Les opposants ont choisi de faire une campagne qui salit. Paranoïa, théorie du complot, haine, leur stratégie est de jeter le discrédit total sur ce projet. Ils voient des liens d'intérêts partout, travestissent Nouvel en Nosferatu, un mécène en tyran, et Sami Kanaan, magistrat démocratiquement élu, en potentat soustrayant des informations. Chaque semaine, les mensonges deviennent plus gros... et grossiers. Est-ce que cela marchera? Est-ce que les genevois se laisseront abuser ? Les opposants salissent aussi la Ville de Genève et ses employé.e.s, qui ont calculé au franc près le coût de réalisation de ce projet en les décrivant comme des amateurs, au motif qu'en calculant des volumes à la louche et au pif les opposants arrivent eux à des prix plus élevés. A la longue liste des griefs des opposants, il faut donc ajouter leur mépris pour la fonction publique, qui a travaillé pour ce projet, et oeuvre dans le musée aujourd'hui.

 

Revenir au temps des machines à vapeur ?

Pourquoi un tel déchaînement de négativité? Parce que la margelle d'une cour: c'est sacré! Sérieusement ? Pourtant, si vous êtes allé une seule fois de votre vie au musée d'Orsay, à Paris, vous ne pouvez pas oublier que ce musée autrefois était une gare [1]. Et personne aujourd'hui ne pleure le tabac-journaux qui se trouvait au bout des quais. Personne, aujourd'hui, ne regrette la pissotière qui se trouvait là où, aujourd'hui, on découvre l'entier du musée. Quand vous pensez au musée d'Orsay, demandez-vous si vous souhaiteriez revenir au temps des locomotives à vapeur, et en pensant au MAH, si Genève aurait dû conserver ses fortifications. N'est-ce pas dans l'ordre des choses que les architectures évoluent ? 

 

Nostalgie quand tu nous tiens

Sacraliser la cour du MAH, avec ses quelques herbes folles, et ses flaques d'eau noire, fréquentable 4 mois par an est un réflexe de nostalgie et de refus du changement. Il y a pourtant, au jardin botanique, de belles serres et de magnifiques jardins. Il semblerait donc plus raisonnable qu'un musée soit dédié à l'exposition des oeuvres et à l'accueil de collections, plutôt que de sacrifier une rénovation complète au profit d'une cour vide.

 

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[1] http://www.musee-orsay.fr/fr/collections/de-la-gare-au-mu...

 

 

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10/02/2016

MAH : le choix de l'intérêt public

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Le moment de voter pour la rénovation et l’extension du Musée d'art et d'histoire a sonné. Ce moment, le MAH le réclame depuis des années. Notre vénérable musée de la vieille-ville tombe en ruine, et tout laisse entendre que si rien n'est fait, il devra être fermé à très courte échéance. L'heure du  choix a sonné également pour effacer la volonté pusillanime d’argumenter et contre–argumenter sans fin. Assez de palabres infinies et actons la volonté de ne pas sacraliser une ruine mais de la rénover!  

Les opposants rabâchent depuis des semaines le même article sur un appel d’offre qui aurait dû être un concours... il y a bientôt 20 ans! Ils ne semblent pas voir qu’ils y sacrifient le musée, ses collections, et son public dans une guerre procédurière dont les genevois.es sont les grands perdants. Et tout cela, parce que l’un d’entre eux n’a pas été retenu à cet appel d’offre. Désolant. Regardons plutôt où se trouve l’intérêt public prépondérant plutôt que de laisser aux aigris trop d'importance. 

 

Le grand gagnant sera le public !

Voter oui, c'est voter pour le doublement des surfaces d’exposition, le doublement des surfaces d’accueil, la création d’un restaurant panoramique, une muséographie repensée, avec un nouveau projet scientifique et culturel qui vient d'être présenté par le magistrat Sami Kanaan. C'est s'offrir un musée renouvelé et agrandit qui réouvrira en 2022. Il sera alors toujours en mains publiques, toujours gratuit, et permettra à chacun.e d'apprendre, de questionner, se renseigner sur l’histoire de Genève, de l'art, et lutter contre l’obscurantisme. De l’emploi sera créé. Ce musée sera un atout touristique de plus pour notre Ville, et les retombées pour celle-ci: majeures. Oui à ce nouveau souffle en vieille-ville et pour tout le bassin genevois !  


Un forum de 300 places sera créé sous le musée, une pompe géothermique alimentera le musée qui, a 80%, sera énergétiquement autonome. Le restaurant et le forum seront indépendants du musée. Ils pourront être ouverts même quand celui-ci sera fermé. Le musée de l’horlogerie sera établi et le musée des instruments anciens créé. Certains se demandent encore si ce projet est un projet de gauche ou de droite? Mais ce débat transcende les front politiques. L'extrême gauche s'est d'ailleurs alliée avec l'extrême droite pour le combattre. Il ne s'agit donc pas d'un front idéologique, mais d'un front qui sépare ceux qui regardent vers demain de ceux qui regardent vers hier.

Financé à 50% par les privés, ce projet préserve les finances publiques. Il permettra d'investir l'argent public ainsi économisé dans d'autres domaines (crèches, écoles, installations sportives), pour le bénéfice et le bien être de toute la collectivité.

 

Le débat démocratique a lieu

Malgré ce que prétendent les opposants (accusations paranoïaques d'opacité), ce projet a été étudié et décortiqué sous toutes ses coutures au Conseil Municipal et dans ses commissions. Un référendum a été lancé et a abouti. Des débats ont lieu désormais presque quotidiennement, le prochain ayant lieu ce jeudi[1], organisé par la Tribune de Genève. Que les opposants annoncent déjà des recours devant les tribunaux montre en fait le peu de confiance que ces derniers ont du peuple, de sa sagesse et de son vote. Leur côté procédurier à l'extrême illustre la faiblesse de leurs arguments.

 

Je voterai oui le 28 février pour le musée d'art et d'histoire. Car ce projet est bon. C'est le meilleur que nous avons en main. Il bénéficiera directement et concrètement aux genevois.e.s, à la culture, au vivre-ensemble et à toute notre région. 



[1] http://www.tdg.ch/geneve/actu-genevoise/saisir-vite-quatre-enjeux-grand-debat/story/20072159

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