sylvain thévoz

27/12/2015

Le spa miroir du monde

FullSizeRender.jpgEn me promenant au bord du lac au matin, là où les barrières et les villas n'empêchent pas encore partout de profiter des rives, je suis tombé sur ce portail orné d'une inscription: On ne peut changer le monde mais pour vous nous changeons le décor.

 

Eh quoi, serait-ce donc là réinvention contemporaine et suave du chant troisième de la Divine comédie de Dante: Vous qui entrez, laissez toute espérance? Une invite refusant d'aller au bout du chemin, mais décorant l'enfer, avec jolies tentures et éclairages tamisés, en appliquant les oeillères du consumérisme et l'eau tiède au nombril ?

Le brouillard était épais et le chant des sirènes tentant. J'ai médité un peu devant le portail pour décrypter ce qu'il nommait.

Eh quoi, il ne nous resterait plus que cela : le réduit, le replis hédoniste, le cocon où oublier l'espérance de changer le monde et l'ambition d'en faire autre chose, autrement ? C'est donc aux bu-bulles qu'il faudrait aller pour noyer toute espérance radicale et ne pas se compliquer la vie-déjà-trop-pénible avec la pensée; mais s'anesthésier avec une ou deux flûtes de champagne, un massage à 60 balles ; et se refaire ainsi la façade ?

- Coûteuse anesthésie.

 

Le communautarisme le plus agressif d'aujourd'hui

Le communautarisme le plus à la mode et le plus virulent aujourd'hui est le communautarisme de classe. Celui de l'argent, de ceux qui en ont contre ceux qui n'en ont pas, des puissants contre les autres, de ceux qui se construisent leurs territoires protégés, leurs espaces symboliques, leurs immeubles surveillés, avec un discours taillé sur mesure pour le légitimer.

Entrez ici et oubliez le monde, et dans cet espace du cocon et du ressourcement, vous pourrez pour quelques heures tout oublier... jusqu'à vous même, avec le sentiment de faire partie du club des happy-few.

- Fous que vous êtes. 

 

La nécessité de nommer pour dominer

Oh, le puissant pétrissage des cerveaux, les rotatives de l'usine à saliver qui tournent à plein régime et bâtissent de petits îlots protégés en sucre d'orge ;  sans culpabiliser que le monde s'effrite tout autour, s'en accommodant même d'un trait de plume.

Cette idéologie triste des people et de ce qu'ils mettent sous leur sapin (cf,le Matin), racontant leurs souvenirs communs, ce qui se trouve dans leur assiette ou dans leur lit ; le jeu du pouvoir dominant qui ne rassemble plus rien, ne draine ni espérance ni engouement, mais anesthésie par l'image et le luxe, la conformité ou l'intimidation; le jeu de ceux qui ont envie et de ceux qui font mine d'avoir, mais qui pourtant sont nus.  

 

Comment cela pourrait-il tenir encore, puisque ne reposant plus sur rien ?

 

Oh le puissant déni usant son morceau de savon noir jusqu'au bout, pour nous faire oublier tout engagement et toute responsabilité.

Oh la peau morte qui ne tient plus et partira sans frottement. Il ne lui suffit pas d'exister, elle doit se nommer et se photoshoper pour faire tinter le tiroir caisse. 

 

Tout pour la joie

J'en étais là de ma méditation quand une étrange réjouissance m'a saisi face à ce présent et à l'avenir qui s'ouvre et sera nécessairement un espace de renouveau et de subversion, de solidarité et de partage.

Car ce système, à l'évidence, touche à son terme. Il vit déjà sur ses réserves, avec des contradictions de plus en plus grandes, des injustices plus criantes; et les grosses ficelles qui le maintiennent sont en train de céder. Notre société abrite les plus grands traders et négociants de matière première de la planète, les plus grands affameurs, mais voudrait être quitte de son environnement, et de la solidarité internationale, arrêtant les migrants à 500 kilomètres de là.

Cette société qui se prétend mondialisée mais ne se soucie pas du monde à l'heure du partage ne sera sauvée par aucun spa; et aucun changement de décor, ravalement de façade, ne lui suffira à sortir de ses contradictions et de ses failles; aucune jingle bells aucun message charitable ne cachera sa monstruosité structurelle.     

 

Je suis resté un temps devant cette entrée, invitation à franchir le Léthé, pour y prendre mon pied.

Et j'ai tourné les talons.

- On ne peut changer le décor, ensemble nous changerons le monde.

 

 

 

 

17:06 Publié dans Air du temps, Genève, Humeur | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook |  Imprimer | | |

25/12/2015

Jésus à Champ-Dollon

Lève-toi, prends le petit enfant et sa mère, fuis en Egypte et restes y jusqu'à ce que je te parle, car Hérode va rechercher le petit enfant pour le faire mourir. (Matthieu 2,10)

Ainsi commence la vie de Jésus selon l'évangile, par une fuite dans la nuit loin de la terreur et d'un empereur voulant le supprimer... puis le retour de cet enfant sur la terre qui l'a vu naître lorsque cet empereur meurt.

Que l'on ait retenu de Noël les cadeaux, les rois mages et la fête de l'abondance, une trace de la joie et de l'allégresse est une chose, mais pourquoi escamoter la dimension politique, marginale et menacée de la naissance de Jésus ? La précarité de sa naissance, qui place d'entrée son existence sous le signe de miracles successifs (comme un petit enfant qui survivrait au naufrage d'une embarcation en Méditerranée).

Cadeau de Noël

Je réfléchissais à cela dans un train pour rejoindre mes parents dans un petit village vaudois. A Gland, le long de la voie ferrée et des baraquements : une trentaine de migrants assis attendaient le train ou n'attendaient rien, ils étaient là.

Dans le wagon, de mon côté, deux vieux, mari et femme, qui regardaient ces hommes comme si tout à coup ce qu'ils voyaient parfois à la télévision avaient rejoint leur réalité, sans qu'il ne me soit possible de savoir ce qu'ils en pensaient vraiment.

Au jour de Noël, à travers le petit écran d'une vitre de verre feuilletée, deux réalités instantanées, croisement fugace. Une question me vient alors : comment les rapprocher, les mettre en lien, ces deux mondes-là? Alors que ni la langue, ni l'histoire, ne les rapproche, et que pourtant ils sont appelés à vivre ensemble, cohabiter, partager les mêmes gares, les mêmes trains, les mêmes nourritures?   

Après quelques minutes d'arrêt, le train est reparti. Les deux anciens, avec leur panier de victuailles et leur sac "île de la Réunion" dans une direction. Les migrants immobiles, demeurant le long des voies ferrées.

C'était mon cadeau de Noël.

Seuls ceux qui ne veulent pas comprendre ne comprendront pas.

 

Jésus étranger à la prétendue "Civilisation judéo-chrétienne"

Je crois Jésus, réfugié politique, étranger à ceux qui parlent de la société judéo-chrétienne, des "valeurs chrétiennes", voulant les travestir et circonscrire à un territoire, une aire géographique, les instrumentalisant pour rejeter tout ce qui ébranle et conteste leurs certitudes et conforts.

Je crois à Jésus, réfugié politique, va-nu pied, migrant, dépossédé, ami des humbles, des doux et opprimés; de sa naissance à sa mort, pourchassé, prisonnier, condamné puis mis à mort, traçant un chemin de Noël à Pâques, sur l'arc d'une trajectoire radicalement étrangère à tout discours sur la prétendue "société judéo-chrétienne" légitimant en fait une société fermée, anti-évangélique et anti-chrétienne.

Je crois à Jésus, assis au bord d'un quai à Gland, prêt à accueillir celui qui descendra du train, dans l'ouverture, toujours.

Je crois à Jésus, bébé emmené dans les bras d'une femme, passant une frontière à Vallorbe ou au Tessin.

Je crois à Jésus, sorti quelque part de Syrie par son père qui s'est levé, pour fuir la mort et répondre à la vie.

Je crois aujourd'hui Jésus, musulman, chrétien, juif ou athée. 

Je crois à Jésus, adolescent, Dieu incarné, désigné du statut de non entrée en matière (NEM), souriant le long d'une voie ferrée.

Je crois à Jésus arrivant à Genève Ville de refuge et dormant sous les ponts, avec les roms déplacés d'une rue à l'autre par les bâtons tactiques.

Je crois Jésus à Champ-Dollon.

 

 

Joyeux Noël. 

 

 

 

-------------------------------

www.sylvainthevoz.ch

 

 

 

 

 

 

 

 

 

12:58 Publié dans Air du temps, Genève, Humeur | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : noël | |  Facebook |  Imprimer | | |

20/12/2015

Déprédations à Genève : Maudet protège Stauffer, pas le Grand-Théâtre et les petits commerçants.

Les déprédations qui ont défiguré la Ville de Genève sont inqualifiables. Les mouvements culturels ont rapidement réagi condamnant celles-ci. La Culture lutte via un communiqué très propre a condamné sans ambiguïté les déprédations commises dans la nuit du 19 décembre à Genève et réprouvé avec la plus grande énergie les méthodes destructrices employées, qui ne servent en aucun cas la cause culturelle.[1] Toute violence est contre-productive. Les milieux culturels l'ont compris et affirmé clairement. Tous les Genevois sont attristés et choqués par cette casse. 

 

Arrêter les spirales de la violence

Mais, comment interpréter les propos inqualifiables du président du conseil municipal MCG Carlos Medeiros, qui parle de racaille et de descendre les armes à la main dans la rue? Jeter de l'huile sur le feu semble la plus mauvaise chose à faire actuellement. Cela est encore un très mauvais signal pour notre République et le signe d'une perte de contrôle. 

La droite municipale avait d'ailleurs déjà dérapé en octobre en votant un gel illégal des subventions de l'Usine[2], qui n'avait rien à voir dans les déprédations d'alors. Cette délibération punitive et irresponsable contre le centre culturel, justement annulée par le Conseil d'Etat[3], n'a servi qu'à rajouter de l'huile sur le feu.

La lourde responsabilité de la droite de l'échiquier politique

Les mots peu constructifs des conseillers municipaux de droite ont contribué à pourrir le débat, et à alimenter la violence des casseurs. La droite aurait-elle voulu jouer l'escalade incontrôlée qu'elle ne s'y serait pas prise autrement, usant d'amalgames stupides et basculant elle-même dans l'illégalité.

Les Genevois-es ont en marre que les conflits politiques se gèrent sur leur dos et qu'ils soient les premiers à en faire les frais. Plus de retenue et de civisme dans les parlements seraient un premier exemple et un bon signal. Le niveau affligeant des débats, et les prises de paroles inqualifiables d'un conseiller municipal MCG par exemple, qui comparait, la manifestation d'octobre à la Nuit de cristal n'a certainement pas contribué à apaiser les tensions, bien au contraire.[4]  

Quand des élus se comportent comme des casseurs dans le Parlement, ils ne peuvent venir ensuite la bouche en coeur condamner les débordements. Ils doivent aussi, s'ils en sont capables, se remettre en question sur leurs propres violences et comment celles-ci alimentent les tensions.    

 

Ou était la police ?

Que faisait la police cette nuit du samedi 19 décembre? Elle protégeait principalement la Vieille-Ville, barrant son accès aux manifestant-e-s. Autrement dit : elle protégeait le Pouvoir et... elle-même, quand elle a été prise à parti par les manifestant-e-s au boulevard Carl-Vogt qui sont venu-e-s chercher la confrontation. Madame Bonfanti le reconnaît sans rire... la police se protège avant tout... elle même![5]
Quel incroyable constat d'échec! 
 
 
Maudet ne sait ni prévenir ni contenir
 
Si prompt à jouer des sirènes et du communiqué de presse quand des djihadiste supposés traînent dans la région, à faire de l'esbroufe communicationnelle à tout va, Monsieur Maudet ne peut que venir la queue entre les jambes et les paniers à salade tristement vide ce dimanche dire sa peine et sa tristesse devant le saccage.
C'est un peu court. 
 
Sa police a été incapable d'arrêter un seul casseur et surtout d'empêcher les déprédations. Sa seule excuse : ces derniers se déplaçaient à pied. Il n'a pas pu bénéficier de la chance d'une crevaison d'un pneu de camionnette pour faciliter une arrestation. Mais avec un peu de chance, la prochaine fois, quelqu'un glissera sur une peau de banane... cela permettra au moins une prise. Sans rire.
Nous sommes aujourd'hui la honte de la Suisse.
 
Maudet protège Stauffer, pas le Grand-Théâtre et les petits commerçants
 
La police est toutefois intervenue ! Pour défendre... Monsieur Stauffer, député MCG et son échoppe de l'avenue du Mail, prise pour cible. Des agents sont venus protéger l'incendiaire du parlement et l'extraire d'une situation dans laquelle il s'était jeté par son son goût de la provocation. Les autres commerçants n'ont pas eu cette chance... il faut dire qu'ils ne sont pas députés et n'ont pas de ligne directe avec Monsieur Maudet; et ils ne ne font pas de petits voyage en sa compagnie[6]  
 
Il y a donc aujourd'hui une police pour les uns et pas pour les autres. Ces inégalités sociales créent de la colère dans la population. Je la comprends et la partage.  
 
Payer toujours plus cher pour toujours moins de sécurité ?
 
Comme tous les Genevois, j'en ai marre des déprédations. Je ne supporte pas  la violence et les casseurs, qu'ils se trouvent dans la rue ou dans les parlements. L'injustice sociale qui pousse la police à protéger Monsieur Stauffer et la communication de Monsieur Maudet en laissant saccager le Grand-Théâtre et les magasins des petits commerçants m'écoeure.
 
Le magistrat en charge de la sécurité et de l'économie serait bien inspiré de revenir à la réalité. Plutôt que de se répandre dans la presse en disant sa tristesse et son impuissance avec ses amis du MCG, commencer à réfléchir à ses méthodes d'action. Car pour l'instant, ses méthodes créent plus de tensions et d'insécurités qu'elles n'en résolvent et surtout, elles coûtent très cher pour de très maigres résultats. Pas sûr que les Genevois-e-s acceptent d'en payer l'addition très longtemps.
 
 
 
 
 
 
 
 ___________________________________
 
 
 
 
 
 
 
 

17:51 | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook |  Imprimer | | |

16/12/2015

Barazzone joue à cache-cache-double mandat

Suite à la casse dans le budget de la Ville de Genève par une droite ivre de son nouveau pouvoir, le fait de voir Guillaume Barazzone absent des débats, en a choqué plus d'un, à droite (légèrement) comme à gauche (très profondément).

Monsieur Barazzone s'est piteusement justifié dans la presse. Ce n'était pas en raison de son agenda politique (Monsieur Barazzone a un double mandat qui l'a emmené à Berne lundi renforcer une révision du mariage rétrograde, que défend son parti), mais pour des raisons politiques se défend-il.[1] 

Utiliser le mot politique pour se justifier de ne pas assumer sa fonction ni ce pour quoi les genevois l'ont élu et le rétribuent via leurs impôts est faire injure au mot de politique.

 

Des raisons politiques ? la belle affaire. 

Monsieur Barazzone a approuvé ce budget, il a réussi à y faire ajouter 25 pompiers au mois de novembre, puis l'a défendu devant la presse avec les quatre membres de gauche du Conseil administratif avant de... se débiner au moment de faire face à ses responsabilités.

"Je ne suis pas en phase avec le discours de la majorité du Conseil administratif tenu samedi. Je ne m'y suis pas du tout reconnu. Je l'ai jugé trop partisan et ne voulais pas y être associé."

Voilà la seule justification de ce monsieur : ne pas se reconnaître dans les discours de ses collègues. Mauvais signal. Quant on en dans une équipe de 5, et que l'on obtient plus que les 4 autres sur un budget, que son parti organise le grand tabassage de la culture et du social, il est pour le moins malvenu de se poser en oie blanche ou en victime.

Son propre budget de droite que Barazzone n'assume pas

Le budget de la Ville voté dans la nuit de mardi est un budget de droite, voulu par la droite, Guillaume Barazzone en tête. En tant que seul représentant de cette droite au CA, il devait l'assumer publiquement.

Or, que faisait Monsieur Barazzone à Berne lundi ? Y donnait-il un signal politique ? Non. Aurait-il voulu donner ce signal qu'il aurait marqué son absence par communiqué à Genève le lundi même. Or, il ne l'a pas fait. Pensait-il que son absence allait passer sans autre? Rompre la collégialité pour des questions de forme est injustifiable. Monsieur Barazzone semble aussi peu concerné par la chose collective que par la solidarité envers les institutions. Pourtant, elles le légitiment. Or, aujourd'hui, il s'en sert plutôt qu'il ne les sert.

S'il y a quelque chose avec lequel Guillaume Barazzone n'est pas en phase, plutôt que le Conseil administratif de gauche, c'est notre système démocratique. Double-mandataire, jouant à cache-cache au moment du budget et rompant une collégialité pour servir son agenda personnel, il méprise nos institutions.    

 

Un leader de la droite qui ne dit pas son nom

Idéologiquement, Barazzone désavoue toute la droite dont il est pourtant le représentant avec un aplomb hallucinant : "Il faut faire des économies, mais couper n'est pas la bonne solution, car les coupes linéaires ne permettent pas de dégager des priorités! Elles prennent les associations au dépourvu."

Pourtant, il n'était pas là pour l'exprimer lundi, ni pour retenir ses troupes de couper. C'est une forme de lâcheté politique que de désavouer le lendemain des coupes qui impacteront la vie de centaines de gens et prétendre s'en émouvoir alors qu'il les a lui-même ordonnées.

 

Se moquer du monde sans oser rire de soi

Arrivé à ce point là, Monsieur Barazzone montre son vrai visage en se moquant de... tout le monde.

 

  • Il se moque tout d'abord du Conseil Administratif, brisant la collégialité pour trahir le conseil administratif sur un budget dont il est responsable et qu'il a signé.
  • Il se moque des règles du jeu de la démocratie. Tout comme celles de la loi, l'important dans notre système, c'est d'apprendre à les respecter. Or, quand on est minoritaire, on vit et on perd comme minoritaire, ce que la gauche a durement éprouvé durant le vote du budget. On ne se pose pas en diva en biaisant les règles. Sinon, cela devient de l'arbitraire, et c'est cela qui nourrit aujourd'hui une colère contre la droite. Invoquer une fois le respect de la loi et "La démocratie" pour dominer l'autre au nom du "respect des règles" est une chose ; mais l'invoquer aussi comme minoritaire pour biaiser le débat, et dans les deux cas, en tirer avantage, c'est bafouer les institutions. C'est ce que Monsieur Barazzone a fait durant le vote de ce budget. Il a voulu gagner sur tous les tableaux à la fois, utilisant chaque fois les institutions à son avantage. Est-ce cela la démocratie ? Non.
  • Il se moque enfin de son parti, le PDC, leader dans l'opération de coupes sauvages contre la culture et le social en affirmant que ces coupes ne sont pas une bonne chose. Il s'en distingue dans la presse alors qu'il en est l'instigateur. Mais quoi? Monsieur Barazzone n'a-t-il pas été élu comme conseiller administratif par le PDC? Comment la main peut-elle faire une chose et la tête une autre ? Cette schizophrénie politique montre l'incohérence politique de ces coupes. Au fond, elles ne sont assumées ni par la tête ni par la main qui s'en renvoient la responsabilité. Elles sont du même ordre que les grands discours que porte le PDC contre l'alliance avec le MCG au niveau cantonal. Mais au final: qui a été l'allié principal du MCG durant le vote du budget ? Le PDC...
  • Enfin, il se moque surtout de la population genevoise. En jouant au petit prince médiatique pouvant gagner sur tous les tableaux politiques, il montre son avidité de le faire au détriment de la chose commune et des vies en jeu, de la prospérité de Genève. Il montre, par son exemple, que les combinazione politique peuvent dominer sur la cohérence, et le trouble sur la transparence, ce qui jette le discrédit sur toute la classe politique.  

 

Le règne du faux semblant

En raison de ses ambivalences et démissions, et tout ce que cela laisse envisager de chaos et de casses futures pour notre Ville de Genève:

J'aimerais inviter Monsieur Barazzone à la réflexion et à se demander s'il ne serait pas bienvenu de laisser sa place à un homme ou une femme de son parti, qui aurait plus à coeur et plus de temps que lui pour défendre les intérêts collectifs et surtout les assumer, quelles que soient ses options politiques.  

J'aimerais aussi inviter Monsieur Barazzone à la réflexion sur son double mandat, afin qu'il soit capable d'être présent à Genève quand il y est, et assumer sa politique plutôt que de se défiler; effectuer un travail de duplicité entre le conseil administratif et le conseil municipal à Genève, mais aussi entre Genève et Berne n'est pas bon pour notre cité. 

Enfin, l'inviter à considérer ce qu'il faut penser d'un magistrat filant à Berne quand ça devient difficile ici avant de revenir au bout du lac quand Berne lui déplaît, le faisant bien sûr toujours au nom des institutions et de notre Ville, mais au final lui causant un tort certain.

 

 

 

[1] http://www.tdg.ch/geneve/actu-genevoise/barazzone-absent-budget-voulais-associe-discours-partisan-executif/story/22042877    

 

 

-------------------------

www.sylvainthevoz.ch

 

 

 

 

 

 

18:41 Publié dans Air du temps, Genève | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : barazzone, cm, ca, budget | |  Facebook |  Imprimer | | |

15/12/2015

La droite s'enivre: le social et la culture trinquent

La droite s'est élancée sur le budget de la Ville de Genève pour le taillader. Tout à son enthousiasme de disposer enfin d'une majorité pour faire ce qu'elle voulait du budget 2016 de la deuxième ville de Suisse, elle a, après avoir refusé une première fois en septembre de faire le travail, choisi avant Noël de le hacher.

L'hybris de la coupe s'est emparée de la droite. Frénésie sélective quand même puisqu'elle a choisi arbitrairement d'épargner le sport, le Grand théâtre et les crèches...gare à la gueule de bois. Ses coupes ont permis de jeter une lumière crue sur l'inconsistance du seul magistrat de droite au Conseil administratif Guillaume Barazzone (PDC) qui a choisi de faire son lobby personnel à Berne, plutôt qu'honorer son mandat en Ville, et assumer le saccage de ses troupes.

La droite se renie

La droite coupant dans les budgets des associations culturelles et sociales, supprimant des emplois, le fonds de réinsertion fonds chômage, tout un pan de la vie associative locale, obnubilée par les chiffres abstraits, a perdu le contact avec l'économie réelle.

Elle a même perdu le contact avec ce qu'elle prétend encore défendre malgré elle: le courage d'entreprendre, la créativité, et l'engagement pour la collectivité. Si les explorateurs et entrepreneurs que la droite valorise avaient eu la même mentalité que cette droite rabougrie, ils auraient dit : nous ne pouvons pas avancer, il y aura peut-être des difficultés, restons au chaud, coupons tout. Arrêtons la vie.

Barazzone a choisit d'aller surfer à Berne, tranquille.  

La gauche s’est opposée aux coupes déséquilibrant le budget municipal en refusant le boni de 15.5 millions effectué sur le dos des forces vives de la société.

Ces coupes votées produiront des charges reportées. Elles mettent directement en péril des associations, des emplois, la cohésion sociale, et diminuent fortement les prestations à la population. Par un effet domino, elles entameront aussi profondément des secteurs de la vie collective. Surtout, elles pénaliseront injustement certaines associations qui se voient déjà assommer par les coupes du Canton. Elles créent des inégalités de traitement injustifiées.

Quelques exemples parmi tant d'autres!

Centre social protestant
Pour le CSP, la baisse du Canton représente CHF 30'000.- de moins au budget. Cette baisse devra être compensée par une hausse des produits propres; cumulée à d'autres pertes, elle débouchera sur
une suppression de poste. Les coupes de 2% imposées au Centre Protestant de Vacances par la droite du conseil municipal les y condamnera probablement.

Caritas
Pour Caritas, la baisse du Canton sera du même ordre de grandeur que le CSP (CHF 30'000.-) avec les mêmes problèmes (compensation à chercher sur d'autres recettes) et les mêmes conséquences potentielles (nécessité de réduire les charges sur les coûts de personnel). Les coupes de 2% imposées en Ville les y condamnera.

F-information
Pour l'association destinée aux femmes et aux familles, les coupes cantonales  représentent 30'000.- en moins sur budget. C'est la suppression d’un poste de 30% avec 8 heures de consultation en moins par semaine pour les femmes. Le montant de la réduction ne pourra pas être compensé par ailleurs. La droite municipale y ajoute encore 2% !


Alcip
Pour l’Alcip, l'association de lutte contre les injustices sociales et la précarité, les coupes cantonales déboucheront sur une suppression de poste d’un permanent à 50 % et à ne plus pouvoir éditer leur journal. Ils vont devoir réduire également de moitié leur distribution de nourriture via Partage pour les plus démunis. Les 2% de coupe ajoutée en Ville limiteront encore l'appui aux plus démunis.


Boulevard, Aspasie

Pour les associations boulevard et Aspasie, aux 5% cantonaux doivent s’ajouter le 1% de solidarité avec l’association PVA (Personnes vivant avec) qui s’occupent des personnes atteintes du VIH. Boulevard a déjà perdu 6% de son budget pour 2016. Un poste de collaboratrice socio-sanitaire à été supprimé. Les coupes de 2% en Ville fragilisent encore plus la structure.


Pro Juventute
Pour Pro Juventute, les coupes cantonales représentent une diminution de 95'000.-  Comment y faire face? 2% de coupe en Ville en plus! Joyeux Noël pour les enfants. 


A ces associations fragilisées qui surnageaient déjà difficilement, auquel le Canton a mis la tête sous l’eau. La droite municipale a choisi d'attacher une pierre.

 

Double coupes pour certains, triple coupes pour d'autres

Les acteurs culturels sont eux aussi frappés de plein fouet. Là aussi :  double sanctions des coupes cantonales et municipales. Cela fait donc 3% de coupe pour le Théâtre Am Stram Gram, Les Marionnettes, le Poche, la Comédie, l'Orchestre de Suisse Romande, L'Orchestre de Chambre Genevois, exemples parmi d'autres. Mais il faut là y ajouter encore la baisse de 10% des fonds de soutien à la création et aux manifestations ! 

Ces coupes interviennent dans un contexte économique difficile pour la culture, avec une crise financière, et le franc fort. Les coupes de la droite touchent un secteur vital pour la ville locale ayant permis l'engagement de presque deux mille personnes en 2014.

Elles affectent les petites institutions qui n'ont pas de budget de production, mais aussi les manifestations qui en dépendent: fête du théâtre, fête de la danse, festival Electron, Black Movie, Filmar, Animatou, Ciné Transat, etc.

Ce sont donc directement des prestations à la population qui sont touchées.

 

La droite n'aime pas la musique

Si l'on prend le fonds général Musiques et chorales, ce sont les ensembles suivants de musique populaire qui seront touchés : Empro, Losange, Fifres et tambours, Cercle choral, Union accordéonistes mixtes, etc... la culture porte seule plus de 10% des coupes de la droite!

Pourquoi un tel acharnement sur ce qui fonde le vivre ensemble?

 

Tout le monde y perd

Au final, les habitant-e-s de la Ville de Genève paieront toujours autant d’impôts pour moins de service. La production collective de richesse en Ville sera atteinte. Ceux qui ont de la peine à boucler les fins de mois seront les premiers touchés.


La gauche s’est opposée à cette ivresse destructrice de la droite qui, pour une question de posture politique, a balayé le fait que les dépenses de fonctionnement de la Ville sont sous contrôle (1%), que la gouvernance et la gestion financière de la Ville sont fortes. Aujourd’hui, la Ville honore sa dette, dispose de liquidités. Pourquoi casser un budget à l’équilibre? Est-ce parce que la Ville fait mieux que le Canton que la droite veut la faire tanguer ?

 

Retirer le coupe-coupe des mains de la droite


La population augmente, les besoins croissent. L'endettement des collectivités publiques ne conduit pas à des politiques restrictives. La dette en ville de Genève est sous contrôle et n'entame pas l’exercice budgétaire.

Par contre, la politique du coupe-coupe à courte vue détruit une économie réelle de proximité, des savoirs-faire, et une production de richesse. Aujourd’hui, la Ville assure les moyens de ses prestations. Avoir sabré dans ce budget 2016 met en péril tout un pan de l’économie et de la population.

 

Les référendums sinon rien

La gauche lancera donc des référendums pour contester ces coupes devant le peuple. Je suis persuadé que le peuple les soutiendra et refusera de payer toujours plus pour recevoir toujours moins, et de valider ces coupes qui vont contre son intérêt et son attachement à des associations et acteurs culturels de Genève qui le lui rendent au centuple. 

 

Quant au PDC qui tabasse le social et la culture avec un magistrat absent et se lie toujours plus étroitement au MCG malgré ses grandes déclarations de refus d'alliance avec ce parti, il est définitivement passé du côté des tartuffes.

 

Barazzone démission


Et si Monsieur Barazzone a oublié qu'il a été élu pour siéger dans un Conseil Administratif en Ville de Genève et y faire son boulot, qu'il démissionne. Son absence durant le vote du budget illustre bien l'incohérence des discours de la droite et son irresponsabilité.

Appeler les autres à la rigueur tout en se donnant des passe-droits est hallucinant. La droite devrait s'appliquer sa morale avant de l'imposer à ceux qui, faisant leur travail, luttant au quotidien, créent des richesses et améliorent la vie en Ville de Genève.

 

 

 

08:48 Publié dans Air du temps, Genève | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : budget, conseil municipal, ville de genève | |  Facebook |  Imprimer | | |

11/12/2015

Terrorisez-vous, n'ayez pas peur

Terrorisez-vous, restez chez vous, téléphonez à la police si vous voyez un barbu, une djellaba, une valise abandonnée, un sac à main, un mouchoir en papier, une corne de gazelle, une canette de coca délaissée.

Terrorisez-vous, lisez la presse sur les peut-être il se peut on ne sait jamais mieux y croire, mieux vaut prévenir que guérir, il ne se passe rien il faut le dire, Genève est une cible mondiale, personne ne s'y intéresse.

Terrorisez-vous, faites-confiance à toutes les rumeurs, ayez peur du passage de toutes les camionnettes, serrez-les fesses, partez à la campagne, ne restez surtout pas seuls, levez les bras au ciel.

Terrorisez-vous, regardez chaque jeune du Lignon des Avanchets de la mosquée comme des kamikazes potentiels, chaque jeune tout court, toute barbe et plaques françaises ou belges, tout ce qui est précaire est dangereux. Comptez les jours depuis le dernier article parlant de possibles éventuels départ en Syrie, craignez le retour, craignez qu'il ne se passe rien, ça continue sûrement dans l'ombre alors.

Terrorisez-vous, dites à tous vos amis du monde que vous les aimez, que vous allez bien, touchez-vous sur twitter, mais pas en vrai, renoncez aux cadeaux de Noël, remplissez-vous la panse, fuyez la foule, les rassemblements, la fête de l'escalade, les matchs de hockey... le foot vous pouvez y aller, il n'y a jamais personne.

Terrorisez-vous, rumorisez-vous, paranoïez-vous. Floutez les visages de tous les barbus, tout le monde est suspect, même vous, doutez de tout, ne soyez pas, fantasmez, violentez-vous, retournez-vous dans la rue, épiez votre voisin, cachez-vous, ne dormez plus, faites la guerre au poil, au Coran, aux croissants.

Terrorisez-vous, la menace est partout, aliénez-vous, la menace est personne, sursautez dans la rue, restez bien informés, il ne se passe rien, on ne sait jamais. Mettez des photos de flics en armes partout, postez-vous dans la rue, transparencez-vous, montrez patte blanche, ne cachez rien, ne dites rien, ne pensez plus, ne contestez pas, ne dansez pas, laissez-vous fouiller de fond en comble s'il le faut, rendez-les armes, vous n'en avez pas.

Faites comme Pierre pas Simonetta, hurlez au loup, agitez-vous, soulevez la poussière, rameutez la presse, bloquez une rue, ne tenez pas compte de Berne, écoutez la CIA, Facebook, radio psychose, la menace est partout. Faites comme d'habitude, ne changez rien à vos angoisses, élevez les d'un cran, degré rouge orange bleuté vert avec clignotement de sirènes, il n'y a pas de quoi s'inquiéter.

Faites comme vous avez toujours fait, tout est sous incontrôle, terrorisez-vous juste une pincée, rentrez plus tôt. 

Terrorisez-vous, terrez-vous, téléphonez-vous, inquiétez-vous les uns les autres, partez en vacances ne partez plus, réservez, annulez, réservez, questionnez mille fois le lieux de vos repos, partez au Nord, à Helsinki ou Stockholm, marchez sur la pointe des pieds, comptez jusqu'à cent dans la rue, jetez-vous à terre pour vous entraîner, fermez les portes sans les claquer, gardez la tête froide, rampez.

Surtout dites vous que vous n'avez pas peur, car ils auraient gagnés.

Informez-vous, terrorisez-vous, n'ayez pas peur. 

 

 

 

17:18 Publié dans Air du temps, Genève | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook |  Imprimer | | |

Voulez-vous être les dindons de la dette?

En Ville de Genève, la droite a annoncé en commission des finances vouloir faire un bénéfice de 15.9 millions. Elle a déposé des amendements pour des réductions linéaires dans le domaine de la culture, du social et de l'économie de proximité.

La droite veut casser l'économie réelle qui produit de la richesse et offre de l'emploi à de nombreux habitant-e-s pour "rembourser la dette". Elle prétend infliger à la structure publique les remèdes qu'elle a développé dans le privé au bénéfice des conseils d'administration et au détriment des gens. Sauf qu'une entité publique ne se gère pas comme un fonds entrepreneurial; ses objectifs ne sont pas similaires. Sa finalité n'est pas de faire du bénéfice, mais de répondre aux besoins de la population.

 

Il n'est pas dans la vocation d'une crèche de faire du bénéfice, il n'est pas dans la vocation d'un théâtre de faire du bénéfice, il n'est pas dans la vocation de la fête de la musique d'augmenter son cash-flow ou aux associations s'occupant des plus précaires de faire du fric!

En réalisant leur mandat social, culturel, économique, ils créent des richesses et évitent l'appauvrissement de notre société. La mission de la collectivité est de leur permettre d'exercer leur travail pour le bien de toutes et tous, pas de l'entraver.

 

L'hypnose de la dette

Rembourser la dette à tout prix est le seul argument que la droite revancharde et frustrée par des années de posture minoritaire parvient à articuler pour montrer qu'elle est désormais aux commandes du cénacle municipal. Mais que veut-elle  ? Elle même ne le sait pas. Elle ne donne aucune impulsion politique, aucune direction, ne fait aucun choix. Elle veut juste "rembourser la dette" (n'importe comment, tout en créant des coûts reportés) et couper au plus court, sans concertation, sans réflexion, en biffant des lignes transversales d'un budget sans savoir ce qu'il y a dedans. 

 

La santé économique de la Ville est excellente

L'argument du remboursement de la dette est extrêmement faible. Tout d'abord, parce que la Ville de Genève bénéficie d'une économie forte avec un produit intérieur brut par habitant très élevé en comparaison internationale. Les dépenses de fonctionnement sont contrôlées (1%). La gouvernance et la gestion financière de la Ville sont excellentes. La gestion de la dette et de la trésorerie est prudente. Genève fait preuve d'un contrôle étroit sur ses entités satellites.

La Ville a effectué en mai 2014 un remboursement obligataire de 200 millions de francs suisse. Les prochains échéances de remboursement obligataire ne seront pas avant 2023. En conséquence, le service de la dette intègre uniquement à l'heure actuelle les charges financières et la dette à courte terme de la Ville. Il ne s'agit pas là de propagande socialiste... mais du rapport de Standard's and Poor's de novembre 2015 qui crédite la Ville de Genève de la note AA- et que l'on ne peut qualifier d'officine de propagande de gauche.

 

Du danger de prendre les gens pour des dindons

L'argument monomaniaque du remboursement de la dette est dangereux. Parce qu'en proposant à une collectivité publique de faire du bénéfice en coupant dans les prestations pour donner de l'argent à une économie virtuelle, cela affaiblit la collectivité et revient à engraisser des banquiers qui n'ont même rien demandé. Ces derniers ont prêté de l'argent sans intérêt à la Ville de Genève, voir à intérêt négatif.  Il est donc faux de dire que l'endettement des collectivités publiques conduit à des politiques restrictives! Ce qui est certain, c'est que la politique du coupe-coupe à courte vue détruit une économie réelle de proximité, des savoirs-faire, et une production de richesse.

 

Garder la tête froide

La déclaration de guerre de la droite élargie visant à faire du bénéfice sur un budget équilibré est négative pour la Ville de Genève. Couper les prestations à la population en temps de crise, est un choix politique périlleux et rajoute de l'insécurité à l'insécurité à un moment où il faut garder la tête froide.

Pas sûr que les genevois-es accepteront de payer plus pour obtenir moins de prestations. Pas sûr non plus que les moins fortunés accepteront d'éponger l'austérité plus fortement que ceux qui ont 10 fois plus de moyens qu'eux. Si la droite va jusqu'au bout de sa logique accidentelle, un référendum s'imposera afin de lui retirer le coupe-coupe des mains.

 

Ne soyons pas les dindons de la dette !

Ce qu'il faut retenir des remèdes ultra-libéraux de la droite ? Toujours moins de prestations pour le public; une fragilisation de l'économie pour un renforcement de l'économie virtuelle au détriment de l'économie réelle; une non-concertation avec les politiques cantonales, un mépris des associations qui vont se voir couper deux fois, et subir en quelque sorte une double peine, d'une manière totalement aléatoire, et sans réflexion sur les buts poursuivis;  un mépris des syndicats, des employés, de toute forme de réflexion participative ; une litanie, : réduire une dette.. pourtant contrôlée qui ne péjore pas les finances de la Ville, bien au contraire, elle lui permet d'entreprendre.

Ce qu'il faut retenir des remèdes ultra-libéraux de la droite ? une fièvre monomaniaque de montrer son pouvoir de nuisance et le dresser contre tout ce qu'elle ne peut comprendre ; enfin : un aveu d'impuissance et de faiblesse politique : détruire est toujours plus facile que construire.

Les genevois accepteront-ils d'être les dindons de la dette, et de payer un prix fort pour voir leurs prestations baisées par les petits comptables frustrés de la droite qui n'ont qu'une idée en tête ... faire jouer les autres au jeu de "qui veut perdre des millions" pendant qu'ils tirent les marrons du feu pour leurs petits copains de la finance et banquiers ? 

Réponse samedi 12 décembre dès 8h pour le vote du budget en Ville de Genève.

Rassemblement citoyen 8h même jour au 2 Hôtel de Ville pour s'opposer aux coupes.

Et joyeuse escalade !

 

 

 

10:06 Publié dans Genève, Humeur | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : budget, conseil municipal, dette, prestations publiques | |  Facebook |  Imprimer | | |

08/12/2015

Croire ou ne pas croire, telle n'est pas la question

Soyons tous à la place du Molard à Genève le mardi 8 décembre 2015 à 18h30, pour répandre la lumière et la bonté!  Des beignets, du vin chaud et une surprise pour chaque participant vous attendent avec une atmosphère chaleureuse et joyeuse, des chants, danses, et bien sur l'allumage de la Ménorah la plus haute de toute la Suisse! C'est par cet appel que, tant sur Facebook que sur son site internet [1], l'association Habad Genève "the center of jewish life in Geneva" annonce l'événement de Hannouca - la fête des lumières- au coeur de la cité de Calvin. 

 

Ayant contacté le 2 décembre Messieurs Guillaume Barazzone et Rémy Pagani afin d'avoir de plus amples informations sur la tenue de cet évènement et son autorisation par la Ville de Genève, je n'ai reçu, à ce jour, aucune réponse. Diable, le religieux serait-il si sulfureux qu'il rend nos conseillers administratifs mutiques? Dommage, parce qu'il n'y a pas là de quoi être mal à l'aise.  

 

L'expression religieuse a pleinement sa place dans l'espace public

Je me réjouis de voir allumée à Genève la plus haute Menorah de Suisse, de la tenue d'un événement festif et joyeux. Aux laïcards qui auraient l'idée saugrenue de s'étonner d'un tel événement dans l'espace public, je souhaite rappeler que le nouveau projet de loi sur la laïcité de l'Etat autorise, dans son article 7, la tenue de manifestations religieuses cultuelles et non cultuelles sur le domaine public. Rappeler aussi que la Ville de Genève s'était vue condamner par un tribunal administratif de première instance au début de l'année 2015 pour avoir interdit des stands religieux à Genève.[2]

Je soulève toutefois avec un brin d'ironie le "deux poids deux mesures" de tous les intolérants, tous ceux qui prétendent s'insurger contre le religieux mais que l'on entend glapir à orientation variable suivant quelle religion est impliquée. Ceux-là même que l'on a tant entendu critiquer le fait que la Ville de Genève entretienne ses bâtiments historiques portant une croix; ou les autres, les islamophobes notoires, qui stigmatisent la religion musulmane tout entière dès qu'ils voient un voile ou qu'un fichier S est découvert à moins de cent kilomètres de chez eux. Ceux-là montrent que leur interprétation de la laïcité est une instrumentalisation maniaque éloignée du droit, visant uniquement à stigmatiser telle ou telle tradition, culture, en la caricaturant.

Quand certains détournent la religion pour des visées terroristes, d'autres en font de même avec la "laïcité" pour des visées totalitaires et liberticides au mépris du droit et de nos traditions démocratiques. 

 

Libérer la liberté d'expression

Partager ses convictions publiquement fait partie intégrante d'une liberté inscrite dans la Constitution suisse (article 15). L'article 9 de la Convention européenne des droits de l'homme intitulé "liberté de pensée, de conscience et de religion" oblige les Etats parties à la Convention à respecter et protéger ces libertés.

Il me semble important, en ces temps troublés, de montée de psychose et d'intolérance, où certaines femmes se font insulter parce qu'elles portent le voile, se le font arracher en sortant du bus à Genève, et renoncent à porter plainte, de rappeler cet article 9  : "toute personne a droit à la liberté de pensée, de conscience et de religion. Chacun a le droit de changer de religion ou de conviction et a la liberté de manifester sa religion, individuellement ou collectivement, en public ou en privé. Toutes les croyances reconnues sont protégées par ce droit. L’un des enjeux modernes du respect de la liberté de pensée, de conscience et de religion réside, tant au niveau international que national, dans la montée de l’intolérance religieuse..." 

Cet été, la Ville de Genève avait autorisé la tenue d'une rupture du jeûne du ramadan sur la place de la Navigation [3]. Sans plainte dans le quartier, à la satisfaction des habitants, trouvant utile d'avoir participé à cet événement et pouvant découvrir, loin des fantasmes et de la paranoïa, l'expression ouverte et simple d'un phénomène religieux. Cet événement a crée des liens entre les jeunes et les aînés.

 

Le péril de la stigmatisation

Aujourd'hui, le péril n'est pas dans le religieux, il est dans les extrémistes de tout bord, les forcenés, les intégristes, qu'ils soient laïques, islamophobes ou antisémites, ne voulant pas établir un rapport équilibré au religieux, à l'autre, mais le stigmatisant pour l'isoler et le nier.

Aujourd'hui, le péril n'est pas dans le religieux, il est dans le défi du vivre ensemble.

Le fait religieux doit être accueilli, sans fantasmes, sans paranoïa, sans délire sécuritaire, mais avec une volonté relationnelle forte, et le désir de vivre ensemble, dans la diversité et le respect du droit et de chacun.

 

Considérer le fait religieux face à face

Les autorités doivent aujourd'hui prendre réellement conscience que le religieux doit être exprimé, expliqué, afin de faire baisser la peur panique qu'il suscite. Et le droit rappelé, encore, toujours: rien que le droit.

Cela demande des moyens et une volonté politique, car rien ne tombera du ciel. 

Il faut ici particulièrement louer les actions du Bureau d'intégration des étrangers(BIE), actif sur le champ de ces questions, depuis de nombreuses années. Le BIE permet aux différents acteurs de se réunir, partager leurs pratiques, et s'impliquer dans des projets concrets (semaine d'actions contre le racisme) en soutenant avec pédagogie, des entreprises qui visent à construire l'avenir et le vivre ensemble plutôt que le rejet et la haine de l'autre.

Islamophobes, terroristes : même visées

Madame Vallette, dans son dernier billet,[4]  prise au piège de son islamophobie crasse,  fait la preuve de son ignorance du fait religieux et de son intolérance face à tout ce qui symbolise la religion musulmane en s'en prenant à un colloque sur le voile qui avait lieu à l'université et à l'exposition de photographique de Denis Ponté "Face à elle" au théâtre Saint-Gervais. [5] Elle en profite aussi, au passage, pour attaquer un service de l'état au lance-flamme.

Au moment où l'ignorance bat son plein et où l'obscurantisme nous menace, madame Vallette montre qu'il n'y a pas besoin de porter la barbe et la kalachnikov pour se donner mission de supprimer la Culture, le dialogue et les services de l'Etat .   

La bêtise nous menace. La bêtise est sur nous. Elle fait un travail de sape radical.

Le respect du droit, l'établissement de la justice sociale, un rapport à l'acte de croire ou de ne pas croire respectueux de l'autre dans l'observation pleine et entière de nos constitutions est le cap qu'il nous faut tenir ; le défi à relever afin de ne pas alimenter les discours de haine et de dissension.

Croire ou ne pas croire, telle n'est pas la question.

Le respect plein et entier du droit et de l'autre, oui.

   

 

 

 

[1]http://www.habadgeneve.ch/templates/articlecco_cdo/aid/20...

 

[2]http://www.rts.ch/info/regions/geneve/6644216-l-interdict...

[3] http://www.tdg.ch/geneve/actu-genevoise/rupture-jeune-org...

[4]http://boulevarddelislamisme.blog.tdg.ch/archive/2015/12/...

[5] http://www.saintgervais.ch/programme/detail/face-a-elle

 

 -------------------------------------

www.sylvainthevoz.ch

 

18:33 Publié dans Genève, Humeur | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : religion, laïcité, genève, espace public, diversité | |  Facebook |  Imprimer | | |