sylvain thévoz

  • La droite irresponsable veut détruire l'Usine

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    La droite élargie (PLR, PDC, UDC, MCG) si elle ne sait pas s'unir pour des projets communs au service des Genevois, sait par contre faire alliance pour casser des institutions et mettre en péril ce qui fonctionne à Genève.

     

    Au Conseil Municipal de la Ville de Genève, ce mercredi soir, la droite destructrice, unie, a donc décidé de suspendre toutes les subventions de l'Usine et de forcer la Ville de Genève à prendre en charge les déprédations commises par quelques individus isolés ayant débordé l'encadrement de l'Usine samedi passé et malheureusement dénaturé cette manifestation, y déversant leur désarroi. 

     

    La droite, en faisant payer à une institution culturelle les dégâts que celle-ci n'a ni commis ni voulu, commet une injustice; et en faisant payer au public de l'Usine une situation qui ne le concerne pas, elle le prend en otage. Voulant faire payer à la Ville la casse, elle crée un précédent juridique absurde. Depuis quand la Ville devrait-elle payer pour des casseurs?

    Avançant des arguments plus moraux que politiques: "quand mon enfant fait une bêtise je lui donne une claque"; ignorant tout de la réalité d'une institution culturelle de l'ampleur de l'Usine; allant même jusqu'à la comparer à un club de sport:  "quand les supporters d'un club de sport dérapent, c'est au club de payer", la droite destructrice, en plus de faire démonstration de son incompétence, faire preuve de rétorsion en punissant une entité culturelle qui accueille plus de 100'000 personnes par an, est animée par 18 associations (un théâtre, un lieu d'exposition, des salles de concerts, des buvettes, une radio, un atelier de sérigraphie, etc.,) http://usine.ch/ ; une institution phare qui a joué et joue un rôle clé, historique, symbolique, alternatif, à Genève, à l'échelle de la Suisse, et même européenne.

    Cette droite destructrice est nocive, dangereuse pour Genève et pour sa paix sociale. 

     

    L'Usine, c'est une Institution, une référence. Ouverte en 1989 avec l'appui décisif d'un libéral de l'époque (Claude Haegi) qui avait, lui, compris que la jeunesse a besoin d'un lieu d'expression  et que l'on ne peut laisser une ville sans lieux bon marché, culturel, inclusif et associatif.

    L'Usine, c'est une institution qui a vu émerger des artistes de classe internationale, qui a permis de former, créer et donner des espaces d'expression à des artistes qui aujourd'hui font la fierté de Genève (John Armledder, les Young Gods, Sandrine Kuster, Greta Gratos, Yann Marrussich, Gigi, Lionel Bovier, les Klat, qui ont crée la statue Frankenstein à Plainpalais, Nirvana est passé à l'Usine, Mapping Festival, Electron, Black Movie y ont pris leurs marques, et tant d'autres... la liste est longue.)

     

    Attaquer l'Usine, de la part de la droite destructrice, c'est une déclaration de guerre irresponsable envers des milliers de personnes. C'est mettre le feu aux poudres. 

     

    Ce coup, porté par la droite torpille tout effort de dialogue entamé par l'Usine. Au nom d'une application de la loi littérale sur un enjeu de petite ampleur (il faudrait que l'Usine demande sans délai 5 autorisations administratives distinctes pour ses buvettes), elle sape tous les efforts de dialogue et de médiation entamés par la Ville de Genève pour trouver une issue à la crise déclenchée et alimentée par la magistrat de police Pierre Maudet et son petit homme de main en ville Barazzone.

    Pire, la droite bafoue l'Usine, qui jusqu'au dernier moment a cherché le dialogue en demandant, sans succès, d'être reçue et entendue en commission par les casseurs du conseil municipal. 

     

    Rien, dans ce conflit jusqu'alors administratif entre l'Usine et le Canton, ne concerne au fond le conseil municipal. C'est une affaire cantonale que gère (mal) Monsieur Maudet magistrat de police cantonal. Ce dernier a bloqué le versement de dons de la Loterie Romande, il instrumentalise maintenant sciemment le conseil municipal de la Ville de Genève pour forcer l'Usine à plier. Cela n'est pas démocratique. Le chantage institutionnel n'a pas sa place dans notre République. Etre chargé de garantir la loi et son application, ne signifie pas faire usage de la loi du plus fort. C'est mal interpréter l'esprit de la loi, en détourner l'usage, que de prétendre l'appliquer à son unique avantage.

     

    L'entière responsabilité des violences et déprédations qui pourraient découler de l'attitude irresponsable et dangereuse de la droite, ainsi qu'à Monsieur Maudet, pyromane en chef, devront lui être imputée. 

    Ceux qui ont choisi, bien au chaud sur leur siège, de couper des subventions, de saboter une institution culturelle pour l'empêcher de fonctionner en conformité avec la loi, de punir tout un public la fréquentant, ont opté pour la voie de la violence institutionnelle.

    Cette droite destructrice, irresponsable, a jeté de l'huile sur le feu et sciemment déclaré la guerre à l'Usine. 

    On ne peut que craindre désormais le retour de flamme.  

     

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  • La culture rend-elle heureux?

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    culture,heureux,classes sociales,médiationLa culture rend-elle heureux? C'est la question qui a été posée dans une étude récente qui vient d'être publiée par le Département fédéral de l'intérieur. publikationen.html?publicationID=6750

     

    Pour cette étude, une définition élargie des pratiques culturelles a été pris en compte. Il s'agissait autant des activités de loisirs (fêtes, sport) que des activités particulières (fréquentation des bibliothèques, cinémas open air, festivals de films). L'objectif avoué étant d'évaluer la satisfaction dans la vie.

    Il en ressort des enseignements, certes globaux, mais intéressants. Par exemple, que les institutions culturelles les plus fréquentées sont les cinémas, que plus de quatre personnes sur dix ont fréquenté des concerts de musiques actuelles en Suisse; un pourcentage analogue de la population (41%) ayant assisté à des spectacles de culture classique, comme une pièce de théâtre, un concert de musique ou de danse. Enfin, qu'un peu plus du quart de la population a fréquenté une bibliothèque ou une médiathèque pour ses loisirs durant l'année. Que disent au final ces chiffres? Qu'une bonne accessibilité à la culture, garante d'une bonne qualité de vie, est disponible en Suisse et que la population en use avec profit.

    Avis à ceux qui veulent raboter dans la culture: autant dire qu'ils s'attaquent directement au bien être.

    Poursuivons la lecture de cette étude. 71% de la population suisse a participé au moins une fois durant l'année à une fête, qu'elle soit du premier août, au carnaval, à une fête de quartier ou de village. Preuve que la culture, dans son acceptation large et participative, est grandement investie et contribue à la qualité de vie et au sentiment d'appartenance.

    La population suisse, dans son ensemble, exprime un degré de satisfaction dans la vie élevé à très élevé. La fréquentation de spectacles de culture classique (théâtre, musique classique, ballet) et de manifestations de culture populaire (musique folklorique, théâtre populaire ou amateur) -avec toutes les réserves que l'on peut émettre sur ces catégories- augmente les chances de faire partie des personnes très satisfaites dans la vie.


    Des différences significatives entre les classes

    Mais cette étude donne aussi des renseignements intéressants sur les profils socio démographiques. 30% des personnes diplômées du secondaire I ont visité des monuments et des musées contre près de 80% pour celles du degré tertiaire! Les personnes d'âge moyen et avancé, bénéficiant d'un revenu élevé et surtout d'un niveau de formation tertiaire sont surreprésentées. A contrario, les étrangers, les jeunes et les personnes moins formées par exemple, y sont sous-représentés. Il y a de réelles différences de classes dans l'accessibilité à la culture. Et sans surprises, ce sont les classes les plus précaires qui en bénéficient le moins.  

    Si la culture rend heureux, elle bénéficierait avant tout à ceux qui... le sont déjà, ou en tout cas qui bénéficient, du fait de leur revenu, âge, santé, logement, des conditions favorables pour en profiter. Or, si la culture contribue à être heureux, il est important qu'elle soit un facteur de lutte contre les inégalités sociales et partant, des risques de ruptures et tensions dans la société.

    Son accès devrait donc être facilité pour les publics moins favorisés et des entreprises de médiation à leur intention spécifiquement développés.  Sinon, on risque d'aller vers une culture de classe, et donc, paradoxalement, un culture qui, incluant moins, exclut.

    Que les classes privilégiées le soient et demeurent heureuses d'aller au musée n'est pas un enjeu prioritaire des politiques publiques.

    Mais que les personnes les plus précaires et sur les marges puissent, par le biais de la culture, développer des liens sociaux et développer leur capital social et symbolique, en est un, de toutes évidence, pour la collectivité. 

    C'est à mes yeux l'enseignement important à retirer de cette étude.

     

  • Je vote moi non plus

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    Ce dimanche, l'abstentionnisme risque malheureusement d'être le meilleur élu lors des élections fédérales. Ce serait une leçon pour les partis, ou plutôt un désaveu, voire un désamour de la chose publique.

    Mais pourquoi la politique fédérale et les enjeux autour des représentant-e- genevois-e-s à Berne passionnent si peu? Le citoyen a-t-il le sentiment de ne pas avoir assez de contrôle. C'est trop loin, trop abstrait ? Il y a trop de listes ? Les retours du terrain témoignent d'un sentiment d'être perdu devant la quantité de papillons dans la boîte aux lettres transformée en urne, des difficultés à comprendre les enjeux, voire les règles du vote (liste, panachage, biffage, etc.). Ce cumul de difficultés, à laquelle se rajoute le manque d'insertion sociale d'un nombre grandissant de citoyen-ne-s explique pour partie la faiblesse des votes.

    En Suisse, on vote environ 4 fois par an. Un-e- citoyen-ne modèle votera environ 250 fois durant sa vie! Le système est complexe, particulièrement pour ceux qui sont maintenus à distance de ses enjeux. L'insertion sociale et économique est un facteur important de participation. Plus le niveau de qualification augmente plus on participe. Le fait de payer des impôts serait un élément prépondérant à la participation. Au final, c'est en s'engageant que l'on est toujours plus engagé, en votant que l'on s'habitue à voter (comment renforcer ce cercle vertueux?).

     

    Une démocratie qui exclut ?

    Notre démocratie représentative ne représente pas assez bien sa diversité. Or, si la composition des parlements reflète imparfaitement la diversité de la population, c'est toute la légitimité de notre démocratie qui est en péril. Des groupes manquant de modèles de référence désinvestissent le champ des élections. Il y a trop peu de femmes dans les parlements (30% en moyenne) de jeunes (2%), et de représentant-e-s des minorités visibles. Autant de facteurs qui provoquent le retrait, le désintérêt, puis l'oubli du politique par nos concitoyen-ne-s. L'usage de la langue unique et la difficulté pour des suisses non-francophones de saisir facilement les enjeux est un facteur excluant de plus. 

     

    Les jeunes : on en parle !  

    La chancelière Anja Wyden relevait, lors d'une journée de réflexion dédiée à la jeunesse et la citoyenneté, la faible participation électorale des jeunes. En 2013,  les taux de participation étaient, selon les classes d'âge de : 34.3 % pour les 18-19 ans. De 31.3% pour les 20-24 ans; de 31.4 % pour les 25-29 ans. En comparaison : la classe d'âge des 70-74 ans votent à  68.9% ! Et la population totale à 48.8%.

    La participation des jeunes varie toutefois suivant les thèmes. Lors des votations sur l'école (novembre 2010), le tabac (2008), la gratuité des transports publics genevois(2008), ou l'initiative pour abroger le service militaire obligatoire (2013), les jeunes se sont mobilisés ! Leur comportement électoral tend vers plus de flexibilité et d'intermittence dans un contexte social marqué par la défiance et la protestation envers les associations et les grands partis (devenus plus suspects). 

    Chacun-e est aujourd'hui plus seul dans la construction de son identité. La citoyenneté est alors plus critique, mais aussi plus individuelle (le chacun pour soi, tend à remplacer le un pour tous, tous pour un). Refuser de se faire enfermer dans une norme préétablie conduirait à ne plus voter pour affirmer sa différence (sauf que c'est devenu... la norme).

     

    Dedieu on vote ou bien ?

    On se politise désormais de plus en plus contre que pour ! On a basculé dans une citoyenneté du rejet, de la réaction, ou il est plus commun de râler que de s'engager!

    Pour lutter contre ce mouvement, il faut continuer d'agir à différents niveaux et à travers des actions de proximité. Citons-en quelques unes  :

    • La sensibilisation, via des clips, des brochures, des bandes dessinées, les réseaux sociaux: utiliser ces moyens d'une manière ludique, constructive et non rébarbative. Regagner la confiance. 
    • Les contacts de proximité : toucher les gens par des discours portés par des modèles, d'une manière simple, directe. Trouver l'émotion, la passion. En faisant des porte à porte, des stands, des téléphones, des repas communs, employer tous les moyens à disposition pour ouvrir le débat et surtout ECOUTER ce que chacun-e- a à dire! 
    • L'éducation : L'école joue un rôle clé, tant par des cours sur la citoyenneté que l'organisation de débats en son sein, appuyés par des dossiers pédagogiques, avec des projets d'initiation des jeunes à ce qu'est la vie parlementaire. La famille est le premier lieu de transmission des savoirs, comment y favoriser la parole politique ? 
    • Des expériences  participatives:
    • Cinécivic (concours de films et affiches pour les 15-25 ans) où l'on constate que ce sont les jeunes qui savent le mieux parler aux jeunes!  http://www.ge.ch/cinecivic/
    • Easy Vote, visant à promouvoir le vote grâce à du matériel de vote simplifié et à des mesures de sensibilisation adaptées aux jeunes) www.easyvote.ch
    • Des événements médiatiques: par exemple la Semaine de la démocratie organisée par la chancellerie qui vise, grâce à des conférences publiques, forum, spectacles, expositions, à échanger et débattre du vivre ensemble et de la démocratie. :  http://www.semaine-democratie.ch/

     

    Voter: un respect de soi

    L'abstentionnisme n'est pas une fatalité.

    Pour que le "je vote moi non plus" se transforme en "Je vote moi aussi!" ce sont un cumul d'actions et d'engagements qu'il faut engager dans la durée... mais c'est aussi un geste très simple à faire : celui de voter. 

    Le 18 octobre, définitivement: JE VOTE! par amour pour la démocratie et parce que je me respecte en tant que citoyen-ne.

    Et vous?

     

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    www.sylvainthevoz.ch

     

     

     

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  • A ceux qui peuvent encore dire oui

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    oui...

    A ceux qui écoutent

    A ceux qui veulent comprendre

    Aux roues de secours

    A ceux qui changent les choses

    A ceux qui retournent les lignes

    Au cric dans le coffre

    Aux croisées des chemins

    A ceux qui se lèvent à l’aube   

    Au pouvoir du changement

    Au respect des paroles données

    Au sucre sous la langue

    Au suc des plantes

    Au jus des oranges

    Aux voûtes gothiques

    Aux orages l’été

    Aux volutes de fumées

    A la résistance des fleurs

    Aux orgues de Bach

    Aux fanaux des baleines

    Aux peines minimales

    Aux refrains des rorquals

    Aux nuits andalouses

    Aux deuxièmes chances

    Aux troisièmes et même plus

    Aux encore

    Au crédit sans caution

    Au service public

    Aux cinq doigts de la main

    Aux libertés totales                         

    Aux chutes sans gravité

    Aux remontants rapides

    A l’apprentissage qui rentre

    A l’été indien

    Aux prudences de Sioux

    Aux casse-noix et au sprint final  

    Aux atolls aux tortues

    Aux troupeaux de bisons

    Au schuss à la danse   

    Aux bouchons sans champagne

    Aux bouteilles à la paille

    Aux poches à double fond

    Aux présences des pairs

    Au repère des phares

    A Jaurès à Ziegler et Sénac

    A Erri à Rouillan et frère Roger

    Aux hérissons sous les feuilles

    Aux sursauts salutaires

    Aux grand huit aux montagnes ukrainiennes

    Aux Syriens sans Assad

    Aux Russes sans Poutine    

    Aux éclipses solaires

    Au Liban au Lignon

    Aux Grisons à l’Irlande 

    Aux théologies de la libération

    Aux démarches délicates

    Aux pas de côté au retrait stratégique

    A l’arôme du café 

    A l’amorce des bombes 

    Aux marchés de Provence  

    Aux préavis de grève

    Aux cheveux de Jason

    A la barbe d’Ulysse

    A la mort des forfaits fiscaux 

    Oui...

    A la vitesse des lièvres

    Aux prophètes du bonheur

    A Jérusalem capitale Palestinienne

    Aux tisons à la braise

    Aux langues liées 

    Aux passages de frontières

    Aux terriers des renards

    Aux remèdes des plantes

    Aux becs des corbeaux 

    Aux crapauds aux princesses

    Aux miracles invisibles

    Aux essais transformés

    Aux questions sans réponses

    Aux sorbets de cassis   

    Aux refuges en forêt

    Aux loukoums et kiwis

    Aux coulis, confiseries

    Aux sardines grillées

    Oui...

    Aux pieds nus dans les prés

    Aux canapés pour deux 

    À la mousse sur la bière 

    Au hamac sous le chêne  

    Au baiser contre l’arbre

    A ceux qui ne sont plus là  

    Aux réponses qui fusent

    A ceux qui disent sans délais

    Aux peigneurs de girafe

    Aux boules à facettes

    Au présent : éternel

    Au tout premier pas

    Aux ceintures de sensibilité   

    Aux fétiches aux totems 

    Aux pacifistes résolus 

    Aux insomnies douces

    A la lutte des classes

    Aux cerfs-volants au vent

    Aux micmacs et schmilblicks

    Au milk-shake

    Aux pommes duchesses

    Aux brioches et au schnaps

    A l’orgasme et au cri   

    Aux silences débordants

    A la glu qui recolle

    Oui... 

    Aux loyers plafonnés

    A ce qui s’est échappé

    A ce qui reviendra

    Aux livres et à l’éclair

    Aux grappes de raisin   

    Aux surréalistes

    A la bienveillance des bègues

    Aux lignes le long des touches

    Aux poires blondes

    À la foi des montagnes

    Aux bonhommes de paille

    A la force des poignets

    Aux chevilles ouvrières

    A la neige d’avril  

    Aux gouttières quand il pleut

    Aux bulletins météo

    Aux ombrelles chinoises

    Aux empreintes dans le sable

    A la pluie au désert 

    Aux marées montantes

    A Mahmoud Darwich

    Oui...

    Aux rencontres improbables    

    Aux musiques intérieures

    Aux tendresses et aux rêves

    Aux fidélités sans failles   

    Au droit au retour

    A la trêve

    Aux terres ancestrales

    Aux formules magiques

    Aux oreilles débouchées  

    Aux machines sans billets

    Aux quittances sans reçus  

    Aux formules secrètes

    Aux incantations libres

    Aux frissons

    Au regard pour les vagues

    Aux armes enrayées

    Au romantisme.0

    A la force d’y croire

    A la souplesse des genoux

    Au souffle continu

    Oui... 

    Aux parachutes bien pliés

    Aux rebonds imprévus

    A l’ouverture des portes

    Aux chansons fredonnées

    Aux buts avec son camp

    Aux refrains sans reprises 

    Au saut à l’élastique

    Au temps des cerises

    Aux balançoires en bois

    Aux briques des barricades

    Au thé frais à la menthe sauvage

    Aux bêtes sauvages

    Au feu doux

    Aux coussinets des chats

    Aux étoiles fugaces  

    Aux camisoles pour ego

    Aux jeux de langage

    A l’insouciance

    Oui...

    Aux prières silencieuses

    Au pouvoir d’aimer

    Au silence l’été

    Au ciel toute l’année

    A celles qui n’ont pas peur

    A ceux qui peuvent encore dire oui.

     

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  • A ceux qui ne savent plus dire non...

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    Non ....

    Aux pompiers pyromanes

    Aux concasseurs de cœur

    Aux briseurs de grève

    Aux faiseurs de crises

    Aux cerises pas mûres

    Aux statues sans sourires

    Aux églises sans prières

    Aux sauveurs sans idées

    Aux sauts sans esprit

    Aux nombrils sans rebords   

    Aux yaourts fermentés    

    Aux rivières sans retour

    Aux océans bornés

    Au ciel sans soleil

    Aux nuages sans pluie

    Aux menottes attachées

    Aux traces qui se perdent

    À l’absence de grâce

    Aux pentes sans secousses

    Aux piscines trop chlorées

    Aux couteaux dans la manche  

    Aux buvards imbibés  

    Aux éponges délavées

    Aux essais nucléaires

    Aux scooters sur les pistes TPG

    Au babil politique

    Aux serpents dans la mer

    Aux cernes des couleuvres   

    Aux amendes aux cyclistes

    A tout ce qui clignote

    Aux élans suspendus

    Au service sans merci

    Aux mécènes miséreux  

    Aux tueurs de bête

    Aux vols spéciaux

    Aux avions sans retour

    Aux faiseurs d’esclaves

    Aux esprits séparés 

    Aux loyers abusifs

    Au Ragusa sans noisettes

    Au Rivella sans sport

    Aux raquettes au vestiaire

    Aux abeilles qui meurent

    Aux barreaux mal sciés  

    Aux marches manquées 

    A la chaise électrique

    Aux cheveux sur la langue  

    Aux preneurs d’otage

    Aux demandes de rançon

    Aux appels en absence

    Aux connexions trop lentes

    Aux tigres édentés  

    A l’humain comme une chose

    Aux titres dans le texte

    Aux menus sans sel  

    Au lustrage des poils

    À l’arrachage d'ailes

    Aux bunkers pour les noirs

    Aux abbés abuseurs

    Aux cailloux dans les pompes

    Aux curés à bout de nerf

    Aux poules sans têtes 

    Aux grands noms

    Aux vis desserrées

    Aux mineurs dans leur Porsche  

    Aux brouettes rouillées

    Aux navets à la cave

    Aux pommes en novembre 

    A ceux qui ne sautent plus

    A ceux qui ne peuvent pas   

    Aux ampoules dans les mains 

    Au pétrin

    À servir la soupe

    A l’orage qui vient 

    Aux tiroirs qui grincent

    A l’office des poursuites

    Aux jeteurs de sort

    Aux tireuses de cartes

    Au sens unique

    Aux fosses marines

    À l’ours sans banquise

    Aux astrologues avides

    Aux tartes à la crème

    Aux pilules amères

    Aux billots sous la tête

    Aux rats des villes

    Aux champs rasés 

    Aux fantômes aux fantoches

    Aux couches pour les vieux

    Aux sous-titres décalés

    Au dimanche à l’usine

    Au Noël sans cadeaux  

    Aux cadenas aux compteurs

    Aux bouchons sur la route  

    Au pouvoir des tristes    

    A la foi sans blasphème

    Aux charentaises en solde

    Aux chats sans gouttières

    Aux héritages automatiques

    Aux enfances sans amour

    Aux donneurs de leçon  

    Aux salaires sans mérite

    Aux oiseaux sans nichées     

    Aux anniversaires gâtés 

    Au mal que l’on partage

    Au compte à rebours

    Aux os à moelle

    Aux fleuristes fanés  

    Aux âmes perdues

    A l'amertume du miel

    Aux rasoirs jetables

    Au guide Michelin

    À ceux qui se la ramènent

    A ceux qui s’y oublient

    Aux silences pesants

    Aux tambours des bottes 

    Aux trous dans les chaussettes

    Aux baignoires bouchées

    Aux arrêts cardiaques

    A ceux qui se sont pris pour d’autres

    Aux paris truqués

    Aux perruques mal fixées

    Au tiercé dans le désordre

    A Blatter à Blocher au Sida

    Au désordre général

    Au casse-pipe

    Aux éclats sans lumière

    Aux cartes cumulées

    Aux géraniums en plastique

    A ceux qui ne s’opposent plus

    A ceux qui ne savent plus dire non.

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  • Nouvelle comédie : terrorisme culturel du PLR.

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    Le PLR a tombé le masque ce mardi en commission des travaux, refusant le vote sur le théâtre de la Nouvelle Comédie. Comme un mauvais acteur il essaie maintenant de se rattraper en invoquant divers arguments, tous plus spécieux les uns que les autres.    

     

    Lien avec la répartition des tâches Ville-Canton

    Le PLR prétend que son refus doit être pensé dans le cadre d'une négociation de la répartition des tâches entre Ville et Canton. C'est lâche et mensonger. Cette manoeuvre vise à ne pas assumer sa casse. Cela me fait penser aux agresseurs qui prétextent un mouvement de leur victime pour justifier de leur être tombé dessus. Le PLR est, au final, tellement lâche qu'il ne peut même assumer de l'être et doit encore se dédouaner sur la Ville.  

    Le député PLR et promoteur Frédéric Hohl exprime, dans l'émission Genève à Chaud, sa volonté de faire un deal au détriment de la Ville et de la Culture. Selon lui, si à l’issue de la répartition des tâches, la Nouvelle Comédie devenait municipale, le Canton ne mettrait pas 45 millions. Mais, à l’inverse, si la Nouvelle Comédie devait devenir cantonale, il ne s’engage bien entendu pas à mettre les 53 millions de plus et à dédommager la Ville pour l’important travail de maîtrise d’ouvrage déjà entrepris! Monsieur Hohl joue là avec la Nouvelle comédie comme un joueur de bonneteau avec sa bille. Il faut l'arrêter. Cet homme, promoteur culturel, est empêtré dans ses conflits d'intérêts.

     

    On ne peut pas jouer ainsi avec des institutions d'importance stratégique pour Genève. Dans le Temps [1], le même Frédéric Hohl annonce encore vouloir mettre de nouvelles conditions à la Ville en la poussant à garder la Comédie sous son aile. Cela revient de fait à enterrer le projet, car la Ville de Genève n'aurait probablement pas les moyens de le reprendre entièrement. Elle n'est pas riche, elle planifie simplement mieux ses investissements.

    Alors qu'un projet collectif Ville-Canton est sur le point d'aboutir, il faudrait le voir se briser ? Cela serait désastreux pour Genève. 

     

    Certains ont brûlé des livres, d'autres veulent fermer des théâtres

    Le PLR, dans son terrorisme culturel, est prêt à laisser mourir l'actuelle Comédie sans la remplacer. Cela revient de fait à condamner un théâtre. Trucider un projet d'importance stratégique pour Genève parce qu'il est culturel, c'est du terrorisme, pas de la gestion.

    Quand il s'agit d'investir dans les routes et les prisons, le PLR n'est jamais à court de dépenses. Mettons en perspective le projet de la Nouvelle Comédie avec, par exemple :

    • Les 3000 à 4000 millions !  pour l'hypothétique traversée du lac qui déboucherait en pleine campagne et dont Berne a dénoncé le caractère inutile.
    • Les 289.5 millions! pour une prison (établissement pénitentiaire des Dardelles).
    • Les 151millions pour la réfection de la route de nations.
    • Les 43 millions pour la relocalisation de l’office cantonal des véhicules.
    • Les 58 millions uniquement destinés à la simple rénovation de l’Hôtel des finances.

    Et demandons-nous alors au nom de quoi le PLR veut désormais supprimer la Nouvelle Comédie ? Pas au nom de la bonne gestion, car ce nouveau théâtre c'est à peine ce que coûterait un nouvel avocat PLR aux HUG !!!

     

    La Nouvelle comédie est l'avenir de Genève

    La Nouvelle comédie est un théâtre qui comprendra 750 places réparties en deux salles de 500 et 250 places (en plus de deux espaces de répétition de 100 places chacun et d’un restaurant avec une centaine de places également).

    Elle a été pensée comme une véritable fabrique des arts de la scène, regroupant en un même lieu des ateliers de décors, de costumes, des espaces de répétition, etc… qui seront rendus accessible au public, qui pourra ainsi découvrir les différents métiers du spectacle.

    La Nouvelle comédie permettra d’accueillir les grandes productions européennes, ce qui manque aujourd'hui, tout en offrant la possibilité de créations locales ambitieuses qui à leur tour tourneront dans le monde.

    Des questions d'ego et de conflit d'intérêts au PLR casseraient plus de 20 ans de travail sur ce projet ?

    La Nouvelle comédie : un projet qui ne date pas d'hier

    La Nouvelle comédie s’inscrit dans le cadre du nouveau quartier qui se construit autour de la future gare des Eaux-Vives. Ne pas réaliser ce théâtre revient à laisser un gigantesque trou, sur lequel il coûtera beaucoup plus cher de construire quelque chose plus tard.

    Dans une période troublée comme celle que nous vivons aujourd'hui, où nous sommes en manque de récits pour raconter le monde, et y trouver notre place, le théâtre a un rôle particulier à jouer comme espace de parole, de création, de lien. Il y a déjà trop de trous et pas assez de projets de qualité. Ne les cassons pas!  

     

    La culture : une richesse à cultiver

    La Nouvel comédie est un équipement culturel qui sera au cœur de la région, accessible facilement et rapidement. C’est un théâtre qui fera rayonner Genève et dont notre Canton tirera bénéfice.

    Si le PLR n'en a pas voulu mardi en commission des travaux, s'il a balayé ce projet avec mépris, pour des raisons de calcul politique et comptable, il faut désormais espérer qu'au sein de ce parti certains reviendront à la raison, arrêteront de jouer avec les institutions stratégiques comme au bonneteau et que les terroristes culturels seront mutés à la commission de la santé... s'il veulent vraiment faire des économies, ils pourront s'attaquer aux caisses maladies privées.       

     

     

    [1] http://www.letemps.ch/culture/2015/10/01/guerre-position-autour-nouvelle-comedie

     

     

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  • Le droit de mourir dans la dignité

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    Est-ce qu'un être humain a le droit de décider de sa vie et de son cours? Oui! Est-ce qu’un être humain a le droit de décider de sa mort, du moment où il souhaite arrêter celle-ci ? Oui. Le pouvoir des prêtres et des médecins sur le droit à mourir des gens devrait appartenir à un autre siècle.

    C'est à chacun-e- de décider aujourd'hui, librement, ce qu'il souhaite faire de sa vie et de la fin de celle-ci. La question de mourir dans la dignité est complexe et soulève des questions éthiques et légales, mais comment un humain peut-il se prétendre libre si sa mort ne lui appartient pas?


    Quand l’homme est libre de décider de sa vie, il doit être libre de décider de sa mort.

    Il est important de relire les philosophes grecs, les stoïques, et même des chrétiens; certains ont une option bien éloignée de celle de « la vie à tout prix » (et contre la vie même) que des églises ont suivies. 

    Hans Küng, théologien suisse, nous rappelle [1] que le choix de mourir peut aussi être un geste de confiance en Dieu et d'abandon dans la confiance. L'acharnement médical n'est pas un geste à soutenir; avoir le droit de disposer de sa vie inclut le droit d'exercer son droit à partir. On peut lire dans ce geste une confiance et une spiritualité forte. Il est important et urgent de sortir du tabou qu’occasionne la mort pour la regarder en face, qu’elle soit vécue de la manière la plus digne et respectueuse possible.

    Des situations disparates

    Aujourd’hui, en Suisse, suivant les cantons, que ceux-ci soient de tradition catholique ou non, de telle ou telle obédience politique, qu'ils aient légiférés ou pas au sujet de la fin de vie (Vaud, Neuchâtel l'ont fait, toujours pas Genève),  et que la personne en souffrance soit en EMS, en hôpital ou à la maison, son droit de disposer de  sa mort n'est pas garanti.  Cela est-il équitable ? Non.  Cela est-il juste ? Non. Il est urgent de légiférer au niveau fédéral afin de garantir le même droit à mourir pour toutes et tous.

     

    Distinguer clairement suicide assisté et euthanasie

    Une distinction claire doit être ici posée entre le suicide assisté et l’euthanasie. Le suicide assisté est l’acte libre et éclairé d’une personne qui souhaite mourir dans la dignité. L’euthanasie est une décision prise par d’autres au sujet d'une personne qui l'élimine sans son consentement. Légiférer sur le droit au suicide assisté au niveau fédéral permettra de clarifier cette distinction et de protéger le droit à mourir dans la dignité avec un cadre clair pour tous.

    Dans le suicide assisté, la personne qui se suicide doit être :

    • Consciente
    • Capable de discernement
    • Pouvoir physiquement avaler une substance ou tourner un robinet de manière autonome.

     

    Attention, cela exclut de fait un certain nombre de personnes qui ont dépassé ce stade et désirent mourir. Cela exclut tous les malades psychiques et les nombreuses et même très nombreuses démences séniles et provoque actuellement ne nombreuses situations de conflit. Exemple : une personne  au début d’une évolution démente demande de mourir « avant de devenir gaga ». Le psychiatre certifie qu’il n’y a pas de capacité de discernement. Que faire?  Aujourd'hui, il faut renoncer devant le diagnostic psychiatrique. Il s’ensuit une terrible souffrance de la personne qui demande l'intervention.

     

    Le droit à mourir dans la dignité ne doit être confisqué ni par les psychiatres ni par les comptables.

     

    Le droit à la vie et à la mort doivent être sortis du système capitaliste, monétaire. En cela, la liberté doit être donnée à chacun de pouvoir choisir sa mort, en toute connaissance de cause, avec l'aide et l'accompagnement nécessaires. Le vieillissement de la population et les volontés de réduire les coûts de la santé, risquent de ramener le droit à la vie à un enjeu commercial, monétaire, ou de pouvoir. Il faut bien regarder la situation en face, on ne peut fermer les yeux.  

     

     

    EXIT prend de l'ampleur

    Aujourd’hui,  l’association Exit ADMD (Association pour le droit à mourir dans la dignité)[2]  ne cesse de prendre l’ampleur (22'000 membres en Suisse romande et presque 100'000 en Suisse allemande). Le nombre d’adhérents est toujours plus grand (environ 3'000 en plus chaque année en suisse romande). Cette association répond au besoin largement partagé de mourir dans la dignité.

    Chacun-e- devrait, aujourd'hui, en Suisse, pouvoir envisager avec sérénité sa fin de vie. Le besoin de ne pas souffrir ni d’être grabataire doit être entendu. Libre à chacun-e- de l'apprécier en pleine conscience.

     

    Vivre dans la dignité, c'est avoir la garantie de pouvoir mourir librement, avec une information éclairée et un cadre juridique clair pour toutes et tous. La vie est un bien trop précieux pour accepter de la laisser aux prêtres, aux psychiatres, aux comptables.

     



    [1] http://www.letemps.ch/Page/Uuid/633470aa-65fb-11e5-a712-c5802dca2ce2/Hans_K%C3%BCng_envisage_de_choisir_sa_mort_en_croyant

    [2] http://www.exit-geneve.ch/

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