sylvain thévoz

02/10/2015

Nouvelle comédie : terrorisme culturel du PLR.

file6mhvngpu5hvhufn2534.jpg

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Le PLR a tombé le masque ce mardi en commission des travaux, refusant le vote sur le théâtre de la Nouvelle Comédie. Comme un mauvais acteur il essaie maintenant de se rattraper en invoquant divers arguments, tous plus spécieux les uns que les autres.    

 

Lien avec la répartition des tâches Ville-Canton

Le PLR prétend que son refus doit être pensé dans le cadre d'une négociation de la répartition des tâches entre Ville et Canton. C'est lâche et mensonger. Cette manoeuvre vise à ne pas assumer sa casse. Cela me fait penser aux agresseurs qui prétextent un mouvement de leur victime pour justifier de leur être tombé dessus. Le PLR est, au final, tellement lâche qu'il ne peut même assumer de l'être et doit encore se dédouaner sur la Ville.  

Le député PLR et promoteur Frédéric Hohl exprime, dans l'émission Genève à Chaud, sa volonté de faire un deal au détriment de la Ville et de la Culture. Selon lui, si à l’issue de la répartition des tâches, la Nouvelle Comédie devenait municipale, le Canton ne mettrait pas 45 millions. Mais, à l’inverse, si la Nouvelle Comédie devait devenir cantonale, il ne s’engage bien entendu pas à mettre les 53 millions de plus et à dédommager la Ville pour l’important travail de maîtrise d’ouvrage déjà entrepris! Monsieur Hohl joue là avec la Nouvelle comédie comme un joueur de bonneteau avec sa bille. Il faut l'arrêter. Cet homme, promoteur culturel, est empêtré dans ses conflits d'intérêts.

 

On ne peut pas jouer ainsi avec des institutions d'importance stratégique pour Genève. Dans le Temps [1], le même Frédéric Hohl annonce encore vouloir mettre de nouvelles conditions à la Ville en la poussant à garder la Comédie sous son aile. Cela revient de fait à enterrer le projet, car la Ville de Genève n'aurait probablement pas les moyens de le reprendre entièrement. Elle n'est pas riche, elle planifie simplement mieux ses investissements.

Alors qu'un projet collectif Ville-Canton est sur le point d'aboutir, il faudrait le voir se briser ? Cela serait désastreux pour Genève. 

 

Certains ont brûlé des livres, d'autres veulent fermer des théâtres

Le PLR, dans son terrorisme culturel, est prêt à laisser mourir l'actuelle Comédie sans la remplacer. Cela revient de fait à condamner un théâtre. Trucider un projet d'importance stratégique pour Genève parce qu'il est culturel, c'est du terrorisme, pas de la gestion.

Quand il s'agit d'investir dans les routes et les prisons, le PLR n'est jamais à court de dépenses. Mettons en perspective le projet de la Nouvelle Comédie avec, par exemple :

  • Les 3000 à 4000 millions !  pour l'hypothétique traversée du lac qui déboucherait en pleine campagne et dont Berne a dénoncé le caractère inutile.
  • Les 289.5 millions! pour une prison (établissement pénitentiaire des Dardelles).
  • Les 151millions pour la réfection de la route de nations.
  • Les 43 millions pour la relocalisation de l’office cantonal des véhicules.
  • Les 58 millions uniquement destinés à la simple rénovation de l’Hôtel des finances.

Et demandons-nous alors au nom de quoi le PLR veut désormais supprimer la Nouvelle Comédie ? Pas au nom de la bonne gestion, car ce nouveau théâtre c'est à peine ce que coûterait un nouvel avocat PLR aux HUG !!!

 

La Nouvelle comédie est l'avenir de Genève

La Nouvelle comédie est un théâtre qui comprendra 750 places réparties en deux salles de 500 et 250 places (en plus de deux espaces de répétition de 100 places chacun et d’un restaurant avec une centaine de places également).

Elle a été pensée comme une véritable fabrique des arts de la scène, regroupant en un même lieu des ateliers de décors, de costumes, des espaces de répétition, etc… qui seront rendus accessible au public, qui pourra ainsi découvrir les différents métiers du spectacle.

La Nouvelle comédie permettra d’accueillir les grandes productions européennes, ce qui manque aujourd'hui, tout en offrant la possibilité de créations locales ambitieuses qui à leur tour tourneront dans le monde.

Des questions d'ego et de conflit d'intérêts au PLR casseraient plus de 20 ans de travail sur ce projet ?

La Nouvelle comédie : un projet qui ne date pas d'hier

La Nouvelle comédie s’inscrit dans le cadre du nouveau quartier qui se construit autour de la future gare des Eaux-Vives. Ne pas réaliser ce théâtre revient à laisser un gigantesque trou, sur lequel il coûtera beaucoup plus cher de construire quelque chose plus tard.

Dans une période troublée comme celle que nous vivons aujourd'hui, où nous sommes en manque de récits pour raconter le monde, et y trouver notre place, le théâtre a un rôle particulier à jouer comme espace de parole, de création, de lien. Il y a déjà trop de trous et pas assez de projets de qualité. Ne les cassons pas!  

 

La culture : une richesse à cultiver

La Nouvel comédie est un équipement culturel qui sera au cœur de la région, accessible facilement et rapidement. C’est un théâtre qui fera rayonner Genève et dont notre Canton tirera bénéfice.

Si le PLR n'en a pas voulu mardi en commission des travaux, s'il a balayé ce projet avec mépris, pour des raisons de calcul politique et comptable, il faut désormais espérer qu'au sein de ce parti certains reviendront à la raison, arrêteront de jouer avec les institutions stratégiques comme au bonneteau et que les terroristes culturels seront mutés à la commission de la santé... s'il veulent vraiment faire des économies, ils pourront s'attaquer aux caisses maladies privées.       

 

 

[1] http://www.letemps.ch/culture/2015/10/01/guerre-position-autour-nouvelle-comedie

 

 

15:33 Publié dans Genève, Humeur | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook |  Imprimer | | |

Les commentaires sont fermés.