sylvain thévoz

19/06/2015

Abri or not abri? Telle est la question?

grütli,occupation,no bunker,conseil d'etat,poggia,maudet,la matraque,la montreAbri or not abri? Telle est la question. Les fronts sont posés. D'un côté le Conseil d'Etat reconnaît qu'héberger des requérants en sous-sol n'est pas  une solution, mais ne fait rien pour dégager des solutions. De l'autre, des associations, des collectifs militants, des partis de gauche réclament du Conseil d'Etat de s'activer pour mettre en oeuvre des solutions, dégager une volonté politique et être créatif, plutôt que de se réfugier derrière son motif d'urgence pour justifier ses négligences.

Le front de ceux qui veulent sortir du tout à l'abri s'élargit chaque jour, jusqu'à l'Hospice général, ayant proposé depuis de nombreux mois des solutions alternatives aux abris PC (la Caserne des Vernets par exemple).

Pourtant, à ce jour, tous se heurtent à un Conseil d'Etat muré dans son refus de sortir du tout à l'abri. Cette attitude contre-productive conduit au chaos, comme lundi passé lorsque des requérants ont pris la route pour quitter les Tattes avec la police aux trousses.

C'est maintenant prouvé, l'attitude rigide du Conseil d'Etat engendre des conflits.

 

Il y a quelque chose de pourri au pays de l'asile

Il est admis que dormir dans un abri PC devrait être uniquement réservé aux situations de catastrophes naturelles, de conflit atomique, ou d'exercice militaire. Il est indigne pour un pays comme la Suisse d'accueillir en sous-sol des personnes dont elle a la responsabilité et la charge, dont l'entretien est même garanti dans sa Constitution (art.12).

Forcer des gens à dormir sous terre est une forme de maltraitance, d'autant plus grande quand les personnes accueillies viennent de parcours de vie que des abus, des traumatisme, et des violences ont fragilisé. Et quand du jour au lendemain le voisin de chambrée est dégagé par vol spécial, cela change jusqu'à la couleur des murs.

Invoquer depuis des dizaines d'années l'urgence pour mettre des gens sous-terre est un argument qui ne tient plus. Depuis des années le Conseil d'Etat à balayé sous le tapis un enjeu de société qui lui revient aujourd'hui, comme un boomerang, en pleine poire. Abri or not abri ne devrait plus être une question. Ce devrait être une ligne rouge au-delà de laquelle le Conseil d'Etat devrait reculer, et rendre des comptes pour son incurie.

 

Le Conseil d'Etat s'attaque à la Culture

A la Maison des arts du Grütli, occupée depuis le lundi 15 juin, la situation semble bloquée. Le mouvement No Bunkers – Collectif d'occupation du Grütli tient désormais le lieu. La Ville héberge jour après jour ceux qui ne peuvent plus aller ailleurs, l'Hospice Général ayant porté ces requérants comme sortis de son institution. La Ville fournit aide et assistance, mais elle n'est ni la Croix-Rouge, ni n'a pour vocation de se substituer à l'Hospice général. En bonne gestion de crise, il serait du devoir de l'institution de tutelle de chercher des solutions. Mais le Conseil d'Etat répond absent. Il reste sur une ligne dure, sans ouverture de négociations, comme si cela ne le concernait pas.

Ce comportement conduit 1) à pousser les requérants d'autres abris PC à rejoindre le Grütli 2) le mouvement à se radicaliser 3) à faire d'un lieu culturel un bunker à ciel ouvert.

Le Conseil d'Etat voudrait faire flamber un lieu culturel qu'il ne s'y prendrait pas autrement. Faut-il, en plus d'attaques contre la dignité humaine, que le Conseil d'Etat s'en prenne à la Ville, la Culture?

 

Des possibilités existent

Pourquoi le Conseil d'Etat n'enclenche-t-il pas une médiation, avec No Bunkers – Collectif d'occupation du Grütli, la Ville, les communautés religieuses? Certainement, si des églises avaient connaissance de ce qui est en train de se dérouler, elles ne pourraient renier le Christ et laisser celui qui demande à entrer à la porte. La bible rappelle: "Celui qui demande reçoit; celui qui cherche trouve; et pour celui qui frappe, la porte s'ouvrira. Lequel d'entre vous donnerait une pierre à son fils qui lui demande du pain ou un serpent quand on lui demande un poisson ?

On pourrait ajouter: 

Lequel d'entre vous forcerait un homme à dormir sous terre quand il le refuse? 

Si le Conseil d'Etat ne veut plus s'occuper des Hommes, pourquoi ne délégue-t-il pas cette responsabilité à ceux qui savent et peuvent le faire. Après tout, il y a un certain nombre d'églises vides à Genève. 

 

We had a dream

On a rêvé, à l'occasion de la journée mondiale des réfugiés, que le Conseil d'Etat allait prendre l'initiative d'une sortie de crise, rassemblant les divers acteurs et parties liées à ce qui se joue autour de l'hébergement en sous-sol.

On a imaginé l'Hospice général, la Ville, les collectifs, les communautés religieuses, réunis sous le haut patronage du Conseil d'Etat, chercher des solutions ensemble, et en trouver !

On a rêvé que Genève allait sortir grandie, renouvelée, d'une négociation réussie!

On a rêvé, on espère encore, mais l'attitude butée, fermée, du Conseil d'Etat, laisse entendre que les hauts patronages sont réservés à l'ONU et que les petits chefs qui dirigent l'Etat, préfèrent jouer de la montre et de la matraque que prendre le risque du dialogue et de la négociation.

 

grütli,occupation,no bunker,conseil d'etat,poggia,maudet,la matraque,la montreSamedi 20 juin : fête musicale des réfugiés

Pour la journée mondiale des réfugiés, ce samedi, à 16h, des collectifs de Berne, de Zurich, et des centaines de militants viendront manifester leur soutien, à 16h, au Grütli, pour tous les requérants, pour tous les enfermés.

Une marche est prévue. 

Pour faire entendre, à l'occasion de la fête de la musique, une autre chanson que celle des marches militaire et des vols spéciaux, il est important d'y être.

Car si le Conseil d'Etat aime écouter des chansons grinçantes en boucle, nous pensons que d'autres mélodies existent, que d'autres possibles sont à élaborer.  

 

16:57 Publié dans Genève | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : grütli, occupation, no bunker, conseil d'etat, poggia, maudet, la matraque, la montre | |  Facebook |  Imprimer | | |

Les commentaires sont fermés.