sylvain thévoz

21/05/2015

Nouveau MAH : Exiger de Gandur

Le conseil municipal a donc voté, au terme d'un marathon parlementaire, un crédit de 132 millions pour la rénovation-extension du musée d'art et d'histoire.

C'est une très bonne nouvelle. Aujourd'hui, le musée d'art et d'histoire tombe en ruine. Une rénovation s'impose de manière urgente. Le soulagement et la satisfaction domine chez ceux qui ont voté ce crédit. Ils ont donné les moyens à la Ville de Genève de faire de ce musée le grand musée de Genève et de Suisse de demain.

Chez les opposants (Verts, Ensemble à Gauche et UDC), les perdants des dernières élections municipales, c'est la soupe à la grimace et l'annonce déjà d'un référendum. Il sera lancé dès la semaine prochaine. Les opposants auront alors 40 jours pour récolter 4000 signatures. La votation populaire devrait avoir lieu au tout début de l'année prochaine. On peut regretter que seuls les habitants de la Ville de Genève voteront sur celui-ci alors que pour ce musée, ce sont tous les genevois,et même au-delà d'eux, tous les habitant-e-s de la région qui sont concernés.

Sur les 132 millions votés par le conseil municipal, pratiquement la moitié devrait être amené par des privés, dont 40 millions par Monsieur Jean-Claude Gandur. Cet apport est un enjeu important.

Monsieur Gandur n'est ni un gentleman ou un mécène désintéressé (PLR), ni  un buveur de sang (Ensemble à gauche), c'est un businessman, un homme habitué à faire et conclure des deal. Lorsque monsieur Gandur se répand dans la presse, faisant état de ses états d'âme en s'étonnant d'un amendement du Conseil administratif visant à clarifier la convention lors des débats, il fait au mieux du théâtre, au pire: pression sur les élus... et certainement un peu des deux.

Monsieur Gandur devrait se réjouir de la volonté de la Ville de Genève de clarifier la mise en oeuvre de la convention liant la Ville à la Fondation Gandur pour l'Art. Lorsque Monsieur Gandur dit que Monsieur Kanaan ne l'a pas contacté depuis 2011 il fait preuve d'interprétation libre. C'est troublant d'avoir un partenaire à la mémoire sélective. On est aujourd'hui en droit d'avoir des doutes sur la fiabilité de ce partenaire. Il faut rapidement les clarifier.

Par le vote du conseil municipal, un signal extrêmement positif est venu de la Ville de Genève. Le oui au nouveau projet du MAH et le oui à l'accueil de la collection de Monsieur Gandur est important pour Genève. Il faut maintenant veiller soigneusement à ce qu'une convention soumise à de trop larges possibilités d'interprétation ne soit source de conflits futurs et surtout à ce que l'intérêt public, prépondérant, soit garanti dans la convention.  Monsieur Gandur doit accepter que certains points en soient renégociés et précisés.

Ne le ferait-il pas, il serait raisonnable, au nom de l'intérêt public, de l'exiger de lui. Et si Monsieur Gandur refuse toujours, comme partenaire important, de discuter sereinement de la meilleure convention possible pour la Ville et pour la Fondation Gandur pour l'Art, il s'agira alors peut-être de rejoindre monsieur Gandur sur son avis, certes radical, mais peut-être non dénué de bon sens, qui est de se quitter bons amis, comme il l'a annoncé lui-même dans la presse.

Et vous me direz alors : Quid des 40 millions ? Quid des oeuvres de Monsieur Gandur? Cette issue serait regrettable. Toutefois, on ne peut forcer un partenaire décidé à partir à rester. Il existe d'autres partenaires privés, nul n'est irremplaçable, surtout pas dans une ville comme Genève. De nombreux collectionneurs seraient heureux de déposer leurs collections dans le futur nouveau musée d'art et d'histoire.

Certains trouvent que l'avancée de ce projet a pris décidément trop de temps. En même temps, en voyant toutes les étapes franchies par ce projet, je suis marqué par le travail démocratique, de négociation, avec les opposants, dans les forums démocratiques, les commissions, pour arriver aujourd'hui avec un projet à bout touchant.   

Au final, ce sera le peuple qui décidera du sort du nouveau MAH. Au final, suite au vote du conseil municipal, c'est maintenant au conseil administratif de la Ville de Genève d'exiger de Monsieur Gandur un peu plus de considération pour son partenaire et de ne pas se réfugier derrière une convention conclue rapidement et légèrement par le magistrat vert précédant : Patrice Mugny.

Cette convention doit être clarifiée. Pour Genève, pour l'intérêt public, pour le musée d'art et d'histoire et pour que le référendum menaçant ce beau projet soit une opportunité populaire d'exprimer un oui au musée d'art et d'histoire rénové, agrandi, redessinant totalement la carte culturelle de la Ville de Genève.          

 

 

 

http://www.tdg.ch/geneve/actu-genevoise/municipal-accepte-credit-financer-nouveau-mah/story/21306636

http://www.tdg.ch/culture/jean-claude-gandur-dynamite-beau-projet/story/11047569

 

 

10:00 Publié dans Genève | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : mah, gandur, convention | |  Facebook |  Imprimer | | |

Les commentaires sont fermés.