sylvain thévoz

21/04/2015

Poncet Pilate ou le goût de l'antisémitisme

Racisme : à quand la (deuxième) nuit de cristal ? C'est le titre qu'a trouvé Charles Poncet pour signer un billet dans l'Hebdo du 16 avril. Dans celui-ci l'avocat mélange tout ce qu'il peut ramasser pour, pense-t-il, expliquer l'antisémitisme européen. Au final, il favorise surtout son alimentation, par des raccourcis socio-historique et l'instrumentalisation de la Shoah qu'il s'autorise. Utilisant à tort et à travers le terme antisémite Poncet le galvaude et en conséquence, fait du mal au peuple juif.

On ne badine pas avec les génocides

Poncet cite trois vecteurs de l'antisémitisme : les musulmans, les chrétiens et... une certaine gauche ! Le provocateur, loin de s'embarrasser de détails, se fait plaisir en flinguant Carlo Sommaruga, conseiller national, président de la commission de politique extérieure, président du groupe parlementaire Moyen-Orient, lui mettant en tête des idées qui ne sont pas les siennes. Le Suisse Carlo Sommaruga en est (de l’antisémitisme d’une certaine gauche) un exemple des plus poisseux. Admirateur de Marx, il a lu chez son maître à penser que "l’argent est le dieu jaloux d’Israël devant qui nul autre Dieu ne doit subsister". Poncet manie la rhétorique. Malheureusement, il l'utilise à des fins de manipulation et de parade personnelle.    

Poncet projette des génocides

La détestation de la gauche par Poncet, sa rivalité avec Carlo Sommaruga le conduit sur un chemin tordu. "Et s’il fallait pour le résorber (le chancre d'Israël, comme il le nomme) que quelques millions de juifs disparussent à nouveau, M. Sommaruga et ses compères ne s’en émouvraient guère". Pour cette phrase terrible, Poncet devrait être jugé. Parce que prétendre que des adversaires politiques, quand ils ne pensent pas comme lui, seraient indifférents à un génocide, c'est tout bonnement dégueulasse. 


Une amitié lourde à porter

En prétendant que toute critique de la politique menée par l'état d'Israël, et toute dénonciation des violations des droits humains, est de nature antisémite, Poncet se fait un "ami" nocif d'Israël.

Verrouiller toute velléité de discours critique de la politique d'Israël par la Shoah risque d'alimenter la haine. Cette obstruction à la discussion, par un glissement du langage,  fait des abus de droits de l'état israélien un sujet tabou, sacralisé.

En confondant la question politique et la question religieuse liée à Israël, Poncet fait de sa critique de l'antisémitisme une glissade incontrôlée. Confondant gravement l'état d'Israël (ou plutôt les actions de l'état d'Israël avec le peuple juif, il nourrit précisément l'antisémitisme. Car l'état d'Israël n'est pas le tout du peuple juif ; les actions de l'état d'Israël ne sont pas ceux des Juifs. En prétendant que ceux qui les distinguent les amalgament, en les amalgamant lui même, Poncet fait du tort à ce peuple. 

Toutes et tous antisémites?  

Poncet a signé son petit billet incendiaire, instrumentalisant l'antisémitisme pour discréditer ses adversaires. Mais jeter l'anathème pour faire taire la critique est un signe de faiblesse. Et si le mot antisémite peut être lancé au visage du président de la commission de politique extérieure du Conseil National sans raisons, sans fondements et sans preuves, il est à craindre que nous ne soyons tous passibles d'être taxés un jour ou l'autre d'antisémite, et donc, par abus de langage, que plus personne ne le soit.  

La Shoah a tort et à travers

Désignant les musulmans, les chrétiens et une certaine gauche, pour reprendre ses trois "raisons" expliquant l'antisémitisme, Poncet en oublie une quatrième. Ce sont les "amis" d'Israël qui par leur propension à jeter l'anathème d'antisémite à la face de celles et ceux qui critiquent la politique de l'état d'Israël, exhibant l'épouvantail de la Shoah à tort et à travers pour bloquer toute critique, en font un événement historique instrumentalisé, un outil de langage qui le banalise.

Antisémite toi même

Poncet ne semble pas voir qu'avec ses accusations gratuites, il alimente le feu qu'il prétend, d'une manière rhétorique, combattre. Car bien sûr que l'antisémite ce n'est pas lui, c'est toujours l'autre, le Carlo Sommaruga, une certaine gauche, le chrétien traditionnel, le musulman... toujours un autre.

Poncet Pilate a fait son petit billet incendiaire avec la complicité de l'Hebdo. Il a enfermé les autres dans sa rhétorique, y compris les juifs. 

Poncet Pilate a rendu son verdict, il a caressé l'audimat, réglé ses comptes avec une certaine gauche, les chrétiens, les musulmans.

Il va maintenant se laver les mains.


Sources:

http://www.hebdo.ch/hebdo/id%C3%A9es-d%C3%A9bats/detail/racisme-charles-poncet-avocat-antisemitisme#

13:45 Publié dans Air du temps, Genève | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : poncet, sommaruga, antisémitisme, israël, politique, hebdo | |  Facebook |  Imprimer | | |

17/04/2015

Voulez-vous gagner 6 milliards?

En Ville de Genève, ce dimanche, le budget de 5 années est en jeu. Au bas mot : 6 milliards. Tout l'avenir des service sociaux, du logement, de la culture, de la police, du sport, du soutien aux associations, des écoles, de l'aménagement urbain, des parcs, des places de jeu, des pompiers, des terrains de jeux, des nouvelles constructions, des rénovations de bâtiments, des préaux, de la politique pour les aîné.e.s, les jeunes,  etc., etc., est en jeu. Vous voulez gagner 6 milliards ? Allez voter.

Qui ne prend pas son vote ne gagne pas. 100% de ceux qui se sont abstenus perdent leur voix.


Et si vous alliez enfin ouvrir cette enveloppe qui traîne depuis 10 jours sur votre bureau ? 


Chaque voix compte

On arrive à la fin de cette campagne des élections municipales. Certains disent "enfin", ils en ont marre des stands, de son lot de photos, de folklore. La fatigue se fait sentir, tant du côté des candidat.e.s que des citoyen.ne.s. On peut comprendre que certains se sentent harcelés : flyers sur les pare-brise, dans les boîtes aux lettres, dans le journal, sur les écrans, glissés de la main à la main... Qu'on en finisse, remplace bientôt allez voter dans certaines bouches, ou : je vote promis, si vous cessez de me torturer pour d'autres. Chaque voix compte pourtant. Et nous ferons campagne jusqu'au bout.

Pourquoi tant d'abstention ?

Les vacances ont probablement freiné la participation 27.5% a trois jours de l'échéance, c'est très peu. Même si l'on m'opposera qu'il en était de même il y a 4 ans. Pourquoi un tel désintérêt ? Force est de constater qu'il y a encore et malgré les efforts de communications entrepris tant par la Ville que par le Canton un déficit abyssal de compréhension des institutions et de la technique du vote.

Le cumul des enveloppes dans l'enveloppe de vote. - Hein, quoi, une liste bleue dans l'enveloppe bleue une liste jaune dans l'enveloppe jaune, le tout dans l'enveloppe grise? Cela n'aide pas, c'est certain. A cela s'ajoute un désintérêt pour la chose publique, la politique. On a glissé d'une démocratie participative à une démocratie consumériste ou une démocratie d'initiés. Pour voter, il faut presque déjà participer. Ceux qui ne se sentent pas engagés se retrouvent devant les bulletins et les listes comme un voyageur en pays inconnu. C'est notre travail de donner les clés d'accès à cette culture démocratique. Nous l'avons fait. Ce travail doit et devra s'accentuer.

Après les élections... les élections!

La campagne électorale se termine dimanche. Nous n'en aurons pourtant pas fini ce jour avec l'enjeu collectif. Il reprendra... lundi 20 avril à l'aube pour l'élection au deuxième tour au Conseil Administratif, échéance au 10 mai. Et ensuite, durant 5 ans, nous continuerons de travailler pour regagner du terrain sur le désintérêt, l'abstentionnisme, les discours à l'emporte-pièce, les promesses vaines, la haine et la perte de confiance dans ce que sont et font les collectivités publiques.

Nous continuerons à fond d'informer, de sensibiliser, et d'impliquer les citoyen.ne.s. Parce que nous refusons d'avoir une démocratie de type drive-in. 

Jamais trop tôt pour dire merci

Il n'est jamais trop tôt pour dire merci quand on a reçu un cadeau. Le sentiment qui m'habite aujourd'hui, c'est la gratitude.

Merci aux habitant.e.s qui nous ont ouverts leurs portes, se sont intéressés aux points de notre programme, les ont parfois contesté, entamé des discussions sur les pas de porte, devant les postes, les marchés, les commerces.

Merci aux passant.e.s qui ont levé le nez de leurs téléphones portables, ont souri, pris 30 secondes pour s'intéresser à ce que leur tendait un autre humain dans le rythme effréné du quotidien. Merci aux curieux, aux insatisfaits, aux enthousiastes ; à ceux qui ont pris le risque de la parole, de l'autre, de la rencontre, de la sortie de l'anonymat. Merci à ceux qui ont dit : j'ai voté pour vous! ou bravo pour votre engagement, c'était un sacré carburant. Merci à ceux qui ont changé d'avis, se sont remis en question, merci pour votre ouverture d'esprit. Merci à ceux qui ont gueulé, c'était un bon coup de fouet. Merci à celles et ceux qui ont pris leur bulletin de vote en main et s'y sont affirmés. 

Merci, à tous ceux et toutes celles qui ont travaillé d'arrache-pied à cette campagne depuis octobre pour que la Ville de Genève ait une politique marquée à gauche au service de l'humain, un avenir, des moyens.

Merci à celles et ceux qui ont répondu présent dans un monde que nous refuserons toujours d'habiter d'une manière fantomatique.

   

Le parlement de la rue

Le monde est moins pourri dans la rue qu'aux journaux télévisés. Le monde est moins pourri dans la rue qu'avec le nez dans son téléphone.  Etre en campagne, c'est se donner à la rencontre et recevoir des surprises. 

C'est donner de l'information sur la Ville, sa gestion, ses mécanismes, ses enjeux, en proposer un projet politique et recevoir en retour, dans chaque immeuble, à chaque arrêt de tram, des attentes, des demandes, des insatisfactions, et de nouveaux regards.

Le tirage c'est dimanche.

Vous voulez participer ? Allez Voter.

Vous y gagnerez 6 milliards. Nous serons amplement payés de nos efforts.


Merci. 


13/04/2015

Tirabosco: funk the power !

 

th_362ad82be520c4a2c6f4d8fb42218792_wonderland_couv268.pngWonderland, dernier recueil de Tom Tirabosco est le récit d'un enfant timide et renfermé qui dessine. Et quand il dessine, le temps s'arrête et le monde autour de lui n'existe plus.

Wonderland est un recueil sur le temps, la famille et l'origine. Clin d'oeil à la nostalgie, toujours avec, sur la table de chevet, une bibliothèque verte et en tête Goldorak ou Rahan. Récit d'une époque, d'influences et d'un éveil artistique, de ce qui a marqué le gamin d'alors, ce qui l'a écoeuré, soulevé aussi: marqué à vie et entraîné. On se construit avec, on se construit contre aussi. Et ce qui pouvait peut-être sembler insignifiant pour les adultes d'alors, était le fondement d'une vocation pour Tom : dessiner. Les émotions fortes, cela qui demeure. Des détails ? Les débuts, des esquisses.

Wonderland, c'est une bande dessinée en noir et blanc, comme si quelque chose appartenait là à l'intemporel. Comme si des éléments ne vieilliront plus, étant marqué maintenant, dont les couleurs ne peuvent s'estomper. Comme si remontait à la surface quelque chose d'enfoui, de silencieux et de mystérieux, prenant aujourd'hui place et lumière. C'est beau. C'est un récit d'admiration. Pour le père, pour le capitaine Cousteau, pour Stevie Wonder. C'est aussi un carnet intime, pudique, tendre et courageux qui nous est tendu, ouvert.

Tirabosco nous présente sa famille: son frère Michel, handicapé de naissance, sa lutte féroce pour exister; son père italien, réceptionniste d'hôtel, grande gueule, incarnation du père ogresque à la Chessex chantant de l'opéra, peignant dans sa cave, raillant la sensibilité du petit Tom; sa mère travailleuse, aimante, révoltée. Un deuxième frère, Riccardo que l'on voit peu, et qui traverse la bande-dessinée, comme en retrait.

Le recueil ne dit pas tout, évidemment. Il raconte le vécu subjectif de Tom, son regard à distance. Les années ont épuré, travaillé la matière de la mémoire. Il a trouvé un langage pour raconter : les images.   

Wonderland, c'est un travail sur l'angoisse, celle d'être différent, de ne pas y arriver, ne pas être comme les autres, ne pas être reconnu dans le regard du père. C'est le rendu d'une rivalité affective avec le frère : handicapé, courageux, fort, lui, au mental de fer, à qui rien n'est offert. C'est une histoire d'amour pour la famille, qui n'esquive ni les aspérités ni la tendresse. 

C'est une réflexion sur la comparaison, sur la valeur de ce que recèle l'être... et quoi pour l'évaluer? Et quoi pour la jauger; sur les grilles et l'emprisonnement social.. une rage qui trouve sa forme.  

C'est aussi un hommage à l'humour, qui allège et creuse aussi, permet d'approcher, apprivoiser l'insoutenable, de s'y tenir à flot, et d'exprimer le plus brisé. Peut-être que oui, on peut rire de ce que l'on a traversé, de ce que l'on porte en soi. Peut-être est-ce alors à ce moment qu'on l'a intégré... sinon ce serait pure moquerie ou cynisme. Wonderland est dédicacé à Cabu, Wolinski, Charb, Tignous et Honoré, tombés à Charlie Hebdo durant le bouclage de l'album. C'est, on l'aura compris, un recueil qui rend hommage à ceux qui ont construit l'artiste Tirabosco : Titien, le Caravage, Mondrian, les hannetons, Mickey, Donald, les baleines, le père, la mère, le frère, les arbres, "la jeune fille aveugle" de John Everett Millais, Peter Pan, l'île aux pirates, Mowgli, Blanche-Neige, Bambi et Merlin, etc... à un univers où "la réalité" et les modèles artistiques et culturels se mélangent.       

C'est enfin un travail sur l'injustice. Un monde envisagé avec le coeur d'un enfant, sa révolte contre ceux qui confisquent la terre, tuent les bêtes, renvoient les travailleurs au chômage. C'est un recueil levé radicalement contre toute brutalité, économique, physique; contre l'injustice, l'avidité et l'égoïsme. C'est une anarchie funk, un amour échevelé, qui raconte une époque passée, celle d'un temps où le monde semblait infini, avec un puissant désir de jouir et d'en vivre.

Wonderland : anarchie funk, poétique et nostalgique, qui dresse contre le monde "tel qu'il est" celui du sensible, du poétique et d'une forme d'amour profond pour la vie avec course de bobsleigh sur des pneus, grimpette dans les arbres pour se goinfrer de cerises - noyaux sur la mère Groslard dont le mari est flic- et lapins dessinés pour freiner les voitures sur la route ... funk the power ! Toujours.     

Ce recueil est une déclaration d'amour, à une famille, à la terre, aux bêtes et à ce que l'on pourrait nommer la culture, tout ce qui fait de nous autre chose que des machines comptables, mais des êtres d'humour, de sensibilité et d'intuition, de jeux et d'émotion.

Wonderland : une anarchie funk ? Oui. Avec quelque chose de doré et de doux qui coule dans nos veines et que Tirabosco a libéré : un appel à aimer et se laisser aimer.

...

et Funk the power, pour toujours. 



Tom Tirabosco, Wonderland, éditions Atrabile, 2015.


Tom Tirabosco dédicacera Wonderland

Le samedi 18 avril 15h-18h30  Papiers Gras. 1place de l'île. Genève.

www.papiers-gras.com

Le mercredi 22 avril 17h30 Librairie du boulevard, 34 rue de Carouge.

www.librairieduboulevard.ch

 

 

 

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12/04/2015

Servette FC : l'auto-goal de François Longchamp

Alors que Lausanne  fêtera en juin les 100 ans de la présence du comité international olympique (CIO) dans la commune, que le siège de l'UEFA est à Nyon et celui de la FIFA à Zurich, Genève défraie la chronique sportive d'une autre manière, martyrisant son histoire sportive. Le Servette FC, fondé en 1890 et qui fêtera ses 125 ans ce printemps, pourrait faire faillite. La sonnette d'alarme a été tirée le 1e avril par le président du club Hugh Quennec. 


Les sportifs contre les gagne-petits

Les sportifs ont du coeur. Michel Pont, Gérard Castella, Gilbert Guyot, Christian Karembeu, Caroline Abbé et plus de 100'000 personnes passionnés par le foot dans ce canton sont mobilisés. Le Servette FC risque sa peau, plombé par la gestion d'un stade mal géré par un Conseil d'Etat trop content de s'être débarrassé de son exploitation pour 32 ans via l'ancien président du Servette Majid Pishyar.

Ce Conseil d'Etat fait penser à une équipe qui mise sur un 0-0 pour essayer de l'emporter au penalties. Sauf que battre Servette n'apportera rien de bon à Genève. Aujourd'hui, les sportifs luttent contre les gagne-petits.     


La désastreuse gestion de Longchamp

Monsieur François Longchamp se moque du Servette FC et du sport.

Lors de l'émission Forum de la RTS du 1e avril, il a fait preuve d'une morgue incroyable, demeurant catégorique sur son refus d'entrer en matière au sujet du stade de Genève et de la finition des travaux. Non, pas un sou pour les travaux sur ce stade. Non, pas un sou pour éviter au Servette FC la faillite. Non, pas un sou pour le sport. Quel auto-goal de la part du président du Conseil d'Etat, et surtout quel manque d'ouverture au dialogue avec le Grand-Conseil, les habitante.s, et tous ceux qui aiment le sport à Genève!  

Quand Longchamp se mélange les pinceaux

Longchamp confond totalement la question du stade et celle du soutien au club. Il ne s'agit pas ici de soutenir une équipe professionnelle de football mais bien, pour l'Etat, propriétaire du stade, de terminer le boulot, ce qu'il aurait dû faire depuis longtemps. Monsieur Longchamp s'arque boute sur cette convention d'opérette signée avec Pishyar. Cela n'est pas digne de Genève.

Le stade est pourri, le Conseil d'Etat l'a construit. Le Conseil d'Etat est pourri s'il ne reprend pas ce dossier en main. Cela pourrait ressembler à un chant de supporter, c'est pourtant la réalité. Le Conseil d'Etat ne peut pas se défausser de sa responsabilité.   

Longchamp ou le mépris du terrain

Longchamp dit "club de football" comme s'il s'agissait d'un mot sale.

Il montre par là son ignorance de la complexité du monde sportif. Et surtout, il prétend ignorer que pour une collectivité publique qui prétend assumer des tâches sportives régionales, il doit entretenir et fournir des installations adéquates et de qualité. Charles Beer l'avait rappelé en 2013 : "Le stade doit être rénové ou rasé, la politique de l'autruche devient irresponsable".  Qu'a fait le Conseil d'Etat depuis lors ? Rien. Si ce n'est voter une loi pour le Sport sans moyens et sans volonté politique pour l'appliquer. Clap clap clap pour les champions! 


Pas un soutien au club mais un entretien du stade

Il est clair que le club n'a aucun argent à recevoir pour la gestion de l'équipe pro.

Il est par contre injuste que les finances du Servette FC d'aujourd'hui soient écrasées par l'entretien d'un stade pourri, mal pensé par un Conseil d'Etat qui ne l'assume pas.


Politique de l'autruche ou poisson d'avril?

Monsieur Longchamp connait bien les difficultés du Servette FC, et cela depuis longtemps. Il nous prend pour des pives quand il prétend avoir cru à un poisson d'avril lorsque le président du Servette a annoncé le risque de faillite pour le club.

Longchamp botte en touche, fait l'autruche, et laisse Servette couler à cause de la convention d'opérette signée par Majid "magic" Pishar. Le Conseil d'Etat sait depuis longtemps que cette convention est impossible à honorer pour le club. Il a choisi de ne pas s'occuper d'un dossier pourri qu'il a mal géré du début à la fin. C'est moche.

 

Au final, c'est Genève qui perdra

S'il se poursuit, le bras de fer entre le Servette FC et le Conseil d'Etat fera une victime  : le sport à Genève. Si Servette devait aller en faillite, Monsieur Longchamp et son Conseil d'Etat en porteront la responsabilité, ayant joué petit bras et choisi de se défausser sur son locataire de leur responsabilité d'un stade pourri, inadapté et inachevé.


Un conseil d'Etat comptable et mauvais gestionnaire

Le Conseil d'Etat serait bien inspiré, lui d'ordinaire si prompt à donner des leçons aux communes, ayant même l'ambition de vouloir reprendre la gestion de grandes institutions, d'observer comment la Ville de Genève a travaillé pour permettre au club de hockey de se tenir à flot avec un savant équilibre de soutien à la relève (Genève Futur Hockey) et de mise à disposition d'infrastructures avec travaux et réaménagements : réfection des tribunes publiques, aménagement des loges VIP, etc., La collectivité publique a assumé ses responsabilités grâce à Manuel Tornare puis Sami Kanaan.

Aujourd'hui la patinoire arrive au bout, et que fait le Conseil d'Etat pour la nouvelle? Du vent, encore. Longchamp critique même le fait que la Ville veuille s'y investir. Mais qu'il réalise quelque chose alors !    

 

Un Conseil d'Etat incapable d'assumer ses responsabilités

Aujourd'hui, le Conseil d'Etat est sur la touche.

Il a laissé pourrir le dossier du stade de Genève et le projet de la Nouvelle patinoire au Trèfle Blanc est planté.

Monsieur Longchamp, avant de donner des leçons de gestion aux communes devrait regarder son équipe politique, incapable d'aller de l'avant. Si on le laisse aller, il va finir par tuer d'abord le Servette FC puis le Genève Servette Hockey. Que les dieux du stade préservent le club du Conseil d'Etat. Marre des technocrates qui prétendent diriger mais veulent avant tout ne pas perdre et juste donner l'impression qu'ils gèrent.  


Faisons rentrer les remplaçants, et vite

La gestion du dossier du stade de Genève est à ce jour un auto-goal pour Genève. Un de plus de la part d'un Conseil d'Etat gestionnaire et autocratique, légaliste à crever, qui manque totalement de coeur et d'envie.

Faisons rentrer les remplaçants, et vite, que le Grand Conseil prenne en main ce dossier et impose au Conseil d'Etat une solution et un engagement de l'Etat pour terminer la réfection et l'aménagement du stade, sinon ce sera cuit pour le Servette FC.

Ceux qui auront gagnés seront alors ceux qui méprisent le sport et les sportifs, au premier rang desquels si rien ne change, il faudra bien compter Monsieur François Longchamp.      


 

 

Sources:

http://www.tdg.ch/sports/sfc/cinq-raisons-fondamentales-soutenir-servette/story/24985464

http://www.rts.ch/la-1ere/programmes/forum/6649396-le-servette-fc-est-a-nouveau-au-bord-de-la-faillite-01-04-2015.html?f=player/popup

http://www.rts.ch/la-1ere/programmes/forum/6652583-le-torchon-brule-entre-le-servette-fc-et-le-conseil-d-etat-genevois-02-04-2015.html?f=player/popup

09:57 Publié dans Genève | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : servette football club, sport, canton, longchamp, genève | |  Facebook |  Imprimer | | |

11/04/2015

Barazzone pédale dans la semoule

Le magistrat en charge du Département de l'environnement urbain et de l'espace public Guillaume Barazzone est très fort pour faire de la communication. On sait l'homme habile pour se mettre en valeur sur des dossiers sans véritables enjeux : mettant du plastique vert ici coupant un arbre là-bas pour en replanter illico un nouveau et annoncer ainsi la "végétalisation" de la Ville. ll est passé maître pour faire du chiffre au détriment du contenu. Mais quand il faut empoigner le taureau par les cornes et lutter sur le terrain, plus personne. L'homme se fait discret ou prend rapidement le train pour Berne.

Vol de vélos : quelles actions ?

Un petit exemple ? Le vol des vélos en Ville de Genève. Véritable fléau. Les chiffres sont sortis vendredi 10 avril. Le Canton de Genève a enregistré 3251 vols de vélos l'an dernier (9 par jour!), soit une hausse de 13% par rapport à 2013. Et combien de vélos volés non déclarés? On est désormais proche du niveau record de 2009 avec 3300 larcins, pour la majorité commis en Ville de Genève. La disparition de la vignette vélo en 2012 a rendu les cycles plus anonymes et vulnérables. Les assurances privées doivent débourser chaque année plus de 60 millions pour rembourser les citoyens lésés! De plus, suite au vol, seul 1% des vélos volés sont restitués à leur propriétaire. Et plus d'un quart de cyclistes renoncent au vélo après s'être fait dérober le leur, ce qui a un impact négatif sur d'autres modes de transport. Que fait le magistrat Barazzone pour lutter contre ces vols répétés ? - Rien. Pire même, il ne prend pas la peine de s'inspirer des propositions que d'autres villes ont réalisé. Toujours plus de policiers municipaux, toujours plus de vélos volés : cherchez l'erreur.


Les cyclistes doivent être mieux défendus

Les Socialistes, s'inspirant d'expériences réalisée dans des pays du nord de l'Europe (champion en terme de vélos), de celle menée avec succès par la Ville d'Yverdon ont déposé une motion au Conseil Municipal le 29 octobre 2014 qui rappelle que le vélo est un moyen écologique, rapide et silencieux de se déplacer en ville. Il permet de diminuer l'impact du trafic automobile et encourage une pratique sportive et récréative qui est bonne pour la santé. Favoriser l'usage du vélo fait clairement partie d'une bonne politique de la ville. La maniabilité de ce mode de transport a toutefois son revers. Un cycliste, c'est vulnérable, et un vélo, c'est facile à se faire voler, ce que confirment les statistiques délivrées cette semaine. Qui, d'ailleurs, ne s'est pas déjà fait voler un vélo à Genève?


Dring dring Barazzone 

Un moyen efficace de lutter contre le vol de vélos existe. Il consiste à placer des puces avec un système de GPS sur le cadre. Si un voleur se saisit du vélo, il est immédiatement possible de le pister, Les expériences ont prouvé que  cette méthode fait chuter de plus de 40% le nombre de vélos volés, principalement par son caractère préventif et dissuasif.

Lorsque les malfrats savent qu'ils risquent à coup sûr d'être pris, ils réfléchissent à deux fois avant de commettre un délit. Ce n'est pas la dureté de la peine qui compte, mais la certitude de sa prononciation. Or, aujourd'hui, c'est l'impunité en terme de vols de vélo. Les policiers municipaux s'acharnent sur les cyclistes plutôt que de les protéger pendant que Barazzone joue au conseiller administratif à temps partiel.  

Les cyclistes trinquent

Toujours plus à Berne, toujours plus soucieux de communication au détriment d'actions permettant aux habitant.e.s de mieux vivre; décidé à poursuivre la politique de discrimination envers les cyclistes nommés "cycloterroristes" par son prédécesseur, Guillaume Barazzone, au sujet de la petite reine, n'a pas fait le boulot attendu, et pédale dans la semoule... 

et ce sont malheureusement les cyclistes qui en paient le prix.

 

 

 

Sources:

http://www.tdg.ch/geneve/actu-genevoise/vols-velos-face-nouvelle-flambee/story/24723468

http://www.lematin.ch/suisse/Nous-avons-traque-des-voleurs-de-velos-par-GPS/story/16409567

http://www.24heures.ch/vaud-regions/nord-vaudois-broye/Une-puce-pour-traquer-les-velos-voles-lancee-a-Yverdon/story/30618799

http://www.20min.ch/ro/news/vaud/story/La-police-s-equipe-pour-traquer-les-velos-voles-25836707


08:50 Publié dans Genève | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : vélos, vols, ville, santé, sport | |  Facebook |  Imprimer | | |

08/04/2015

Dis-moi comment tu nommes ta ville je te dirai qui tu es

La Ville de Lausanne a annoncé que la station de métro "Ouchy" sera rebaptisée "Ouchy-Olympique" afin de marquer le centième anniversaire de l'installation du Comité international olympique (CIO) à Lausanne. Cette décision a été validée par les autorités cantonales et communales. La nouvelle dénomination entrerait en vigueur lors du passage à l'horaire 2016 des transports publics. Bravo les vaudois !

Renommer c'est réinterpréter

Et à Genève? Les choses ne bougent pas, ou si peu. Certes, il est utile de garder une continuité dans l'appellation des lieux (pour les habitant.e.s, les services de secours, les touristes, les commerçants, etc.,) certes les réimpressions des plans, des papiers à lettre, des cartes de visites sont coûteuses, toutefois il serait intéressant de proposer une mise à jour des noms de rues de la ville de Genève afin que toutes les générations puissent s'y identifier. Qui sait : si les noms de la Ville nous ressemblaient un peu plus, peut-être l'identification à la ville serait-elle plus forte et celle-ci plus respectée ? Et si plutôt que d'envisager notre ville en regardant dans le rétroviseur on regardait plutôt vers son présent, ça irait aussi mieux.

Dépasser les archaïsmes

Aujourd'hui, c'est le Conseil d'Etat qui décide des appellation de rue. Ce dernier a une position frileuse et conservatrice. Au milieu des années 90, le conseil administratif de la ville de Genève a décidé, lui, pour des raisons de stabilité de ne plus modifier les noms de rues. Et si, 25 ans plus tard, on ouvrait à nouveau le dossier? 

Globalement, notre rapport aux noms, qu'ils soient de rue ou concernant les bâtiments, est un rapport marqué par le conservatisme, l'indifférence ou la neutralité. Parce qu'un grand nombre de ces noms ont pris la poussière et ne représentent plus grand chose et que nommer c'est choisir aussi, pourquoi  ne pas y repenser?  

Des noms comme  : Pictet de Bock, Goetz-Monnin, Hugo de Senger littéralement, ne nous parlent guère. Pire, on passe devant des noms peu fréquentables portant le poids d'une histoire patriarcale valorisant les faits de guerre et la grande "histoire" au détriment de personnes et de valeurs rejetées dans l'ombre. Ici est mis en valeur un bourreau (rue Tabazan) là un anthropologue (rue Emile Yung) ayant exhibé des "nègres" pour, dans le plus pur style racialiste de l'époque, prétendre en tirer des caractéristiques universelles. Plus loin, on remarque le buste d'un admirateur de Pétain loué pour son écriture. Les femmes sont les grandes absentes des rues. On valorise ainsi le sexisme ordinaire. Les femmes à la maison, les hommes à l'affiche.

Dis-moi comment tu nommes ta Ville, je te dirai qui tu es....


Le langage est une force

Une mise à jour est nécessaire. En effet, les noms de notre ville sont perclus d'officiers et de bourgeois du 19e siècle. Ce ne sont plus des exemples ni des références pour les générations actuelles. Du passé faisons table rase, oui, en effet, mais surtout: plutôt que des vieilles références, proposons-en des nouvelles, plus inspirantes et inclusives. 

Ce ne sont pas les idées qui manquent. Avec l'aide d'historiens et d'une commission composées de citoyen.ne.s, il serait possible de dépoussiérer Genève du passé de ces "grands hommes" qui, avec le recul, même s'ils marquent des étapes de notre histoire, sont désormais des boulets que nous devons tirer. Pourquoi ne pas s'alléger et ranger aux archives les vieux conseillers d'Etat et politiciens du 19e pour des personnalités plus inspirantes, énergisantes et contemporaines ? 

La proposition est peut-être iconoclaste, mais si Lausanne peut le faire, ancrant des noms de rues, de places reflétant un présent, pourquoi ne pas le réaliser aussi dans notre chère Ville?

Il faudra pour cela vaincre l'inertie de certains et la peur du changement des autres mais au final, l'image de notre ville et son dynamisme s'en trouveront revitalisé.

Dis-moi comment tu nommes ta Ville, je te dirai qui tu es

... et même peut-être ce que tu es appelé à devenir.


 

 

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06/04/2015

Je suis celui que tu es


Je suis celui qui est dit : je suis contre tout ce qui nie la vie

je suis celui qui suis Charlie, Gaza, Garissa, Guernica  

et ceux qui tuent ne me ressemblent pas


Que tu sois autre, chrétien juif musulman

ne change rien au fait 

l’être est sacré et tout porte son nom 

 

Que tu sois autre, juif chrétien musulman

te rend serviteur à plein temps

tout ce qui vit est une étape sur terre

 

Que tu sois autre, chrétien juif musulman

t’engage à la pudeur

à la souplesse de ta passion, retenue des proclamations

 

Que tu sois autre, chrétien juif musulman

devrait verrouiller la violence

toute main levée contre l’autre est contre le créateur


Que tu sois autre, juif chrétien musulman

ne change rien au fait

tes croyances sont du vent quand la violence les sangle



Tu es celui qui dit vie

contre ceux qui usurpent ton nom le nient dans le sang

défends le pouls, toutes couleurs toutes religions

 


Tu es au service de la vie vis

tu dis : si je suis c'est que tu es

mon sol mon prochain mon pareil

qui que tu sois, quoi que tu croies

juif chrétien athée musulman

enfant chèvre soleil

une même graine, parole unique


Je suis celui que tu es : obole. 


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03/04/2015

Prière 2.0 du vendredi saint


Notre Père Mère qui est sans Iphone sans Ipod, sans connexion

sans compte bancaire et sécurité privée

mais dans nos coeurs


que ton esprit vive

que ton règne vienne

que la révolution soit faite

sur la terre dans les têtes sur le net et dans le ciel.

 

Donne-nous aujourd'hui notre silence de ce jour

Pardonne-nous nos distractions

comme nous pardonnons aussi

à ceux qui font du buzz une arme de connerie massive

de la lâcheté une ligne de conduite.


Ne nous laisse pas entrer dans l’addiction bête

mais délivre-nous du mal, des ragots et de la haine.

 

Car ce n'est pas à toi qu'appartiennent :

Le fric la spéculation les trusts, les lobbys l’enfermement

la criminalisation des pauvres, la violence le racisme le sexisme

la fermeture sur soi l’ego pour tous, la bêtise et l’ennui.

 

Mais c'est à nous que reviennent :

La terre, la justice, l’amitié,

le risque de la parole

engagement quotidien

notre devenir humain.  


Et pour des siècles et des siècles


Le poing levé. 




Vendredi 3 avril :Service funèbre de Jésus au cimetière des rois, Genève. 17h.

http://www.tdg.ch/geneve/actu-genevoise/service-funebre-jesus-cimetiere-rois/story/14457556



09:06 Publié dans Genève | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook |  Imprimer | | |