sylvain thévoz

24/12/2014

Fêter Noël comme il se doit

Glisser vite entre deux voitures. Passer tout juste. Farter ses lattes. Prendre l'arbalète du bout des doigts. Et le caddie. Appuyer sur les freins. Acheter 6 litres de lait, un pack de miel. Virage des caisses. Retirer le clou de la chambre à air, poser sur la fuite son doigt. Marcher tout droit sans regarder à gauche ni à droite. Hémorragie d'apéros. Devenir bulles. L'ivresse est triste dans la ville. Signaler à l'ami le drôle de sourire qu'il porte depuis des lustres. Retirer les coquilles la paille de ses yeux. Nettoyer ses lunettes. Dépoussiérer la crèche. Retourner dormir sous la couette. Faire bon usage des trous de souris. De l'étoile pour bergers et de la graisse. Aller voir Sade à Bodmer. 


Il 

Changer de perspective. Choisir radicalement entre le désir et la névrose. Inviter son voisin à monter sur le toit. Fuir le marchand de sable. Guet-apens pour Morphée. Un paquet de tuiles. Le collabo intime cherche la correction politique pour accroître son emprise. Roberto Zucco. Nourrir les moineaux et le renard de lard. Refuser le graphisme de plus, le diagramme de trop, l'administrateur supplémentaire. La petite musique qui sort du ventre en plastique. Joli logo du père Noël. Casser les prix. Roter la dinde. Les vers de terre jouent leur part dans les glissements de terrain. Libérer les animaux. Dire non, niet, pas plus loin. Ou encore. Dans toutes les langues, faire du silence un chant d'église. Et la famille? Et le sujet? Faire bon usage des trous de souris; des sabots gris des moutons. 

 

est né

La caserne de pompiers est en alerte. Allumer toutes les bougies. Poser son doigt devant la bouche. Ses lèvres sur l'orifice. Dire chuuuuut très bas. Dernier trait du calendrier. Allelouhia. Slalomer sur la piste entre briques de verre et bouchons de muscat. Marcher ou pas. Penser aux piquets de plastique. A Ingemar Stenmark, à Nabilla, au sprint de Mario Colonna. Recevoir les voeux de Noël du président, vice-président, conseiller d'Etat, d'Ueli Maurer du pape et d'Obama. Voir passer la charrette remplie de têtes et de bras. Murmurer tout bas ce qui ne se crie pas. Pourquoi les fous foncent dans la foule? Pourquoi la foule sur le foie gras? Se relever au milieu de la nuit. Le sapin bien en place. Tout va. Tout va.


le divin

Faire et refaire la grève. Occuper le vide entre les lignes. Zapper tous les best-off 2014, compilations, montages toxiques, rembobinages, remémorations et diverses propaganda. Faire diversion. Arrêter la petite musique. Tirer sur la corde des cadeaux jusqu'à ce que vienne le costume du père Noël et de tous les papas. Tenir bon la ficelle. Ne pas lâcher. Effacer les traces comme un indien. Préparer l'embuscade. Ne rien planifier pour le 31. Faire bon usage des nids d'aigle. 


enfin

Refuser la trêve, récuser la pause. Puisque tout continue, attaquer par le flanc. La dent crénelée. Le langage codé. L'incisive devant. On se comprend. Passer à une autre vitesse. Approfondir le souffle. Ne pas se prêter au jeu. Ne pas demander d'intérêts. Sourire seulement intérieurement. Un sauveur vous est né: à Bethléem ou à Gaza? Dans l'étable, à l'usine, le dernier i-phone 6. Grossir la file d'attente? Pour aller où? Boycotter Morisod, TF1, la soupe tiède de la RTS. Entrer en dissidence. Aller dans les bois. Hululer pour la chouette. 

Anticiper le temps des bonnes résolutions, des cerises, des défaites, des cabanes accueillantes. Et sur le seuil. 

Et dans l'hiver

Et dans la joie   

Fêter Noël

Comme il se doit.

 

 

 

11:29 Publié dans Humeur | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : noël, joyeux, enfin | |  Facebook |  Imprimer | | |

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