sylvain thévoz

19/11/2014

Grève TPG : l'échec du Conseil d'Etat

1625536_10152795421331826_301594468449128811_n.jpgOn va leur montrer que les petits ont encore du poil au cul! C'est ainsi qu'un conducteur décrit l'action de grève des Transports Publics Genevois ce 19 novembre. Et en effet, les petits se sont mobilisés! Pas un véhicule ne sort. La mobilisation est massive. Aucun conducteur ne prend place derrière les volants. Les mécanos, les rouleurs, tout le monde est à l'arrêt. Les prises de parole se succèdent. La grève ne vise pas les usagers, elle s'adresse au Conseil d'Etat. Cette grève est un coup de semonce, un avertissement. Elle concerne tout le service public, les travailleurs.

 

Les petits résistent sous la pression

Il y a bien eu des tentatives de la direction de faire plier les plus jeunes, leur offrir une paie augmenté, des petits coups de fil le soir d'avant: menacer leur emplois, appeler des sous-traitants. Rien n'y fait. Petites manoeuvres sans envergures. Le mouvement est compact, très suivi. Rien ne roule. Les sous-traitants engagé à l'arrache par les TPG pour fait rouler quelques véhicules sont rapidement retournés au dépôt. Pris à partis par les usagers en colère, leur sécurité était en jeu. On n'arrête pas un mouvement de fond avec des mesurettes.

Un mouvement large, légal et légitime

Aux dépôts, pas de violence, pas de colère; de la résolution et de l'engagement. Autour des piquets de grève, l'ambiance est sérieuse. Rien ne bloque les trams au dépôts du Bachet. Simplement, personne ne veut les faire rouler. Aucun emploi de la force, pas de véhicule bloqué, aucune prise d'otage. Le mouvement est pacifiste. Il y a ici simplement des travailleurs à bout qui disent STOP, ça suffit de tirer sur la corde et de faire porter aux petits tout le poids des efforts. 

Seul le dialogue paiera

Quelques jeunes conducteurs, mis sous pression par une direction irresponsable, pensent à sortir. Ils en sont dissuadés par le dialogue et les conducteurs plus expérimentés. Pourquoi aller au casse-pipe isolés, alors que les chefs de service sont bien au chaud, que l'on ne voit nulle part Barthassat sur le terrain ? Le Conseil d'Etat a laissé tomber les TPG, proposant un contrat de prestation qui supprimerait plus de 100 emplois. Et ce serait aux petits de payer le prix fort d’une gestion désastreuse du Conseil d’Etat; d'assurer le service alors que les moyens pour le faire sont coupés ?

Luc Barthassat perd les pédales

A la télévision, sur Léman Bleu mardi soir, Le Conseiller d'Etat en charge des transports, Luc Barthassat, s'essayait à l'intimidation [1]. A la radio suisse romande, ce mercredi, il récidive [2], et annonce encore des sanctions contre les grévistes (alors que le droit de grève est garanti dans la constitution fédérale, art.28 et dans la constitution genevoise, art.37) Il demande à son collègue Maudet d'envoyer la police. Cela fait rigoler dans les dépôts. Les policiers sont venus ce mercredi matin... et se sont déclarés solidaires du mouvement de grève! Rien, aucune infraction n'est à constater. Les travailleurs et travailleuses des TPG exercent leur droit le plus strict.

Monsieur Barthassat se trompe lourdement en menaçant les grévistes. Il montre tristement combien le Conseil d'Etat a mal anticipé et gère très mal cette crise, l'aggravant par un durcissement de ton sans concertation ni compréhension de la situation sur le terrain.  

Longchamp se tait, Maudet se cache, Barthassat menace

François Longchamp se fait discret, Maudet se cache, Barthassat délègue et menace. C'est la cacophonie au Conseil d'Etat. En attendant, les usagers sont laissés sur le trottoir et râlent légitimement. Mais qu'ils ne se trompent pas de cible. Ils ne sont pas pris en otage par les travailleurs des TPG, qui défendent un service public de qualité et fiable ; ils sont laissés à l'abandon par un Conseil d'Etat à la ramasse.

Une journée de gêne pour éviter des années de galère

La grève est un droit des travailleurs et un échec de la gouvernance. Cette grève d'une journée est un coup de semonce. C'est une journée de gêne pour les usagers afin d'éviter des années de galère. Le Conseil d'Etat s'est planté. Qu'il en assume les conséquences. Monsieur Barthassat est le patron, il doit prendre ses responsabilités. Il ne peut continuer de faire des sondages, de la communication douce ou prendre des mesurettes sur la mobilité et évacuer la gestion de fond des mouvements de contestation. Le Conseil d'Etat veut poursuivre une politique d'austérité sur les services publics en faisant payer le prix cher aux usagers et aux usagères ? Qu'il revoie ses petits calculs et surtout que Monsieur Barthassat se mette au travail, remplace ses menaces par le dialogue social. Sinon, la situation de la mobilité à Genève risque encore de se détériorer.



[1] C'était dans l'émission Genève à Chaud du mardi 18 novembre (à partir de la 22e mn que Luc Barthassat, ministre genevois des transports, envisageait déjà des sanctions contre les grévistes (intimidation), ainsi que l'envoi de la police

« J’ai demandé au directeur des TPG qu’on aille au-delà du service minimum, parce qu’on en a les capacités au niveau des gens qui veulent travailler. C’est un syndicat sur trois qui demande à faire la grève. Ce syndicat est minoritaire. Et si demain, ce syndicat se met en travers des portes pour ne pas laisser travailler les gens qui ont envie d’y aller, eh bien il y aura des sanctions qui seront prises. Les services de M. Maudet sont avertis. Ils seront présents. Et normalement, le service minimum est assuré à partir de 06.30h demain matin. (…..) S’ils se comportent mal, oui, on leur enverra la police. La police sera présente. »


[2] http://www.rts.ch/info/regions/geneve/6315090-luc-barthassat-promet-des-sanctions-apres-la-greve-des-tpg.html

 



12:14 Publié dans Genève | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : grève, tpg, genève, conseil d'etat, arrêt. | |  Facebook |  Imprimer | | |

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