sylvain thévoz

31/08/2014

L'été c'est fini (pot pourri)

L'été c'est fini. Il fait enfin beau, c'est le moment de faire le bilan d'un été pourri. De la Coupe du Monde aux bombes à Gaza, des stades pleins aux villes rasées, avec le soutien actif des états euro-américains envers Israël, c'est toujours meilleurs quand on s'y met à plusieurs pour casser la gueule à quelqu'un.

La Suisse n'est pas restée hors jeu. Elle a programmé l'achat de drones israéliens pour 250 millions (testé à Gaza 2014, performants en Suisse en 2015). Les affaires sont les affaires, il n'y a pas de raison de se gêner. S'affichant, le CICR se fait un triste honneur de financer et sponsoriser une conférence avec des responsables de crimes de guerre israéliens à la rentrée. Pour cause de massacre en cours, la conférence est repoussée à décembre. C'est malin de faire le pari qu'en deux mois tout sera oublié. Ainsi vont les attentions médiatiques. Très fortes, très courtes, et rapidement déplacées. Et nous serions comme des renards pris dans les lumières des phares: comme abrutis et dodelinant de la tête pour essayer d'y voir clair ?

Humanitarisme en été, power-point militaire en hiver. Compris? Tu ne t'étonneras pas ensuite quand tu demanderas aux gazaouis de dégager de leur immeuble qui va se faire détruire par l'armée de défense la plus offensive du monde pourquoi ils hésitent à aller à l'endroit que tu leur indiques - il se fait pillonner-  et pourquoi ils ont des doutes sévères sur qui tu es et qui tu sers quand tu clames "neutralité", "impartialité"... et continues de pioncer dans les 5 étoiles de Tel-Aviv avec même une petite visite médiatique du patron plus indécente que le selfie de Geri Müller dans Gaza saccagée. #PeterMaurer #Bousillez et détruisez tant que vous voulez. On sera toujours là pour reconstruire derrière vous sans hausser la voix et toujours présent sur la photo de fin d'été ou fin de guerre. (Pot pourri).   

Un avion de la Malaysian Airlines disparaît des écrans, petit point lumineux charbonné. Dans ce monde où tout paraît cartographié, numérisé, un avion rend les écrans de radars amnésiques, sans même que quelqu'un lui rappelle quand il glisse dans le néant : " Vous partez déjà? Ne ratez plus rien, connectez-vous via votre mobile." C'est comme si un enfant avait laissé tomber son jouet dans un centre commercial et qu'on ne le retrouvait plus. On a beau chercher, remuer ciel et mer: rien.

Un autre avion civil tombe. De la même compagnie, dézingué dans le ciel ukrainien. Des chefs séparatistes se tapent sur l'épaule, fiers d'avoir cru dévisser un transport de troupe. Mauvaise visette, c'étaient des touristes qui partaient au soleil en goguette. Et il y a plein de poupées et de maillots de bains au milieu des valises ouvertes pendant que les corps pourrissent dans les champs de blé avec des hommes en cagoule qui boivent des cannettes et coupent du saucisson.

A Gaza (encore et encore) : bombes et débris, missiles et fragments, des roquettes plein les yeux, les écoles, les mosquées et des enfants éclatés sur plage. Même pas besoin de monter sur la colline comme les habitants de Sderot pour aller voir le feu d'artifice, tu l'as tous les soirs au 20h en croquant dans ta pizza. Rester passifs voyeurs et silencieux ? ça se débat dans les petites boîtes de plastique et de verre #noscerveaux, tapote sur les touches, pour refuser d'accepter que l'humain ne vaut pas plus qu'un trognon de pomme ; ça se déchaîne sur les réseaux sociaux. Internautes de tous les pays unissez-vous, et continuez de croquer dans la pomme?  

Dehors il continue de pleuvoir. Eté pourri. 2000 personnes se rassemblent à Genève pour une manifestation en solidarité avec le peuple palestinien. La RTS veut filmer des casseurs ou de vilains islamistes mais ne trouve rien à se mettre sous les rétines. Elle repart bredouille non sans faire un reportage sur le déroulement de la manifestation et le manque de débordements sans dire un mot de son sens politique.

#La RTS est un perpétuel selfie pornographie. Elle fait du monde son bureau. #Geri Müller n'aurait pas dû lui faire une concurrence directe.

A la piscine, les maître nageurs sont en doudoune, il y a une croix suisse en plastique qui est installée au pont de la Machine. Rouge et blanc morceau de plastoc qui surnage, type radeau de la Méduse. L'eau devient verte dans le bassin, peu importe, ce qui compte c'est de recycler la flotte tiédasse des grands hôtels, et tant pis si c'est moche, ou fait bidet nationaliste, tant que ça tape à l'oeil.

Patrimoine suisse continue de s'acharner pour empêcher la rénovation du musée d'Art et d'Histoire : vive le vide le délabrement et le rien- le nihilisme c'est bien, c'est une architecture sans taches, et tant pis quand les corniches tombent sur la tête des gens. Ils pourraient plutôt s'intéresser à la votation d'une future traversée sous-lacustre à 1,5 milliards, conduisant à la dénaturation la rade, à la pollution des nappes phréatiques, l'enlaidissement accru des quais. Mais non. La commission des monuments et des sites protège les barrières du pont de Carouge et refuse l'élargissement de la chaussée. Faudra donc que le pont s'effondre pour qu'on le rénove. Voilà. Protéger le patrimoine, c'est défendre les vieilles barrières et les chevrons contre les aspiration des administrations à avoir des ponts viables et des musées accueillants. L'été c'est fini (Pot pourri)


Tu as compris? quand il faut faire quelque chose de vaseux, tu mets une croix suisse dessus et ça passe. N'importe quelle initiative anti-immigrée, un drapeau suisse et c'est plié. Peu importe l'article moisi, un brin de patriotisme mal placé et c'est les like assuré. N'importe quel relais féminin manqué, une croix suisse dessus et c'est (presque) pardonné. Tu pourrais même supprimer l'enseignement du français si tu arrivais à faire croire que c'était pour le bien d'un nouveau caractère national.

Céline Amaudruz ne retente pas une deuxième traversée de la rade à la nage - elle avait failli aller par le fond l'été dernier- démontrant à son corps défendant combien y faire passer des voitures nous fera boire la tasse-. 1.5 milliard. 1.5 milliard. 1.5 milliard. 1.5 milliard 1,5 milliard, ça fait cher le bouchon sous l'eau et promet une longue apnée pour le payer. Amaudruz propose avec son groupe UDC de s'attaquer aux droits humains. Ben oui quoi... une suisse indépendante neutre et... fasciste et plus personne ne viendra nous embêter.

James Foley est décapité en Syrie. Par la reconnaissance vocale, un rapper anglais est identifié comme bourreau. Mise en scène avec combinaison orange, les clones de Washington ont appris la leçon, ils torturent de la même façon qu'à Guantanamo en utilisant la technique de la noyade stimulée et revêtent les mêmes costumes pour une communication télévisuelle terrorisant les esprits. Les barbares violent et dans le Nord de l'Irak les Yazédis, les minorités chrétiennes sont crucifiées - comble de l'horreur. L'armée islamique au Levant est un cancer dit Obama. Il n'y a que la lutte contre la maladie de Charcot pourtant qui lève les foules, et les américains s'occupent toujours de maladies orphelines, très peu de celles dont ils ont la paternité directe.    

Fin de l'été les grandes catastrophes sont comme oubliées, l'attention se porte sur des enjeux à notre portée: les punaises de lit et les mollusques volés au Musée d'Histoire naturelle (à moins qu'il aient été mangé en cassolette : ça fait quand même  cher l'omelette). Après le taureau déplacé devant le musée, les oiseaux battent de l'aile. La tortue à deux têtes est toujours vivante, le Matin l'a confirmé. Une future expo de chauve-souris se prépare dans l'ombre.

Luc Barthassat choisit de s'humilier publiquement en se faisant renverser un saut d'eau glacée sur le citron en mini short canari. Michèle Künzler et Mark Müller rient jaune. Décidément ils n'étaient pas assez cons et racoleurs pour conserver ce poste, alors que Luc a l'air d'avoir tout ce qu'il faut pour y parvenir. Planter des élections mais faire le clown dans les champs, ça rend proche des gens, ça rappelle Paléo. Et tant pis pour les parkings P+R en France voisine tant que c'est cool et qu'il y a des six-packs de bière au festival de rock de Landecy.    

L'été est définitivement fini, c'est le festival de la Bâtie. La pièce de La Ribot est un four, trois prompteurs passent le 20 mn en langage sms bourrés de fautes pendant que Strindberg est revisité sur un mode de télénovelas brésilienne au théâtre du Loup; l'actrice manque de se jeter au Rhône sur ses hauts talons avant qu'on ne la retienne. L'eau est froide, il n'y a eu aucun noyé cet été -personne ne nageait- ce n'est pas le moment de commencer au milieu d'un cocktail carioca. La mademoiselle revient sagement finir la pièce sans savoir vraiment comment. C'est au public de décider pour elle; lui demander de finir la pièce comme s'achève cet été. C'est au public de décider pour tout, finalement; de zapper ou ne pas zapper, composer un pot pourri en alignant des noms des événements et des chocs au gré des nouvelles, des envies, et des modes.

Et bonne rentrée ! Et bienvenue l'automone!

#fin de l'été (pot pourri).   




 



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