sylvain thévoz

31/07/2014

Gaza: cette guerre n'est pas une guerre défensive

Plus les jours passent, plus le masque tombe. Il n'y a pas d'opération "protective edge" (bouclier protecteur) mené par l'Etat d'israël à Gaza. Il n'y a pas de guerre défensive. Il y a maintenant 1'364 morts à Gaza, plus de 7'000 blessés, 400'000 déplacés, 75 km2 de territoires conquis sur le terrain par Israël. Les victimes sont les femmes, les enfants, les civils. Ce sont désormais des dizaines et des dizaines de civils qui s'entassent dans des "appartements" sans eau, sans électricité, dans des conditions de salubrité effroyable et sous la menace quotidienne des bombes. L'unique central électrique de Gaza a sauté, les habitant-e-s obtiennent deux heures d'électricité par jour. Peut-on imaginer cela sans prendre position? Sur les bords de la Méditerranée, 130km plus au nord, les plages touristiques de Tel Aviv sont, elles, toujours aussi bien vendues auprès des touristes occidentaux par les chambres de commerce israéliennes. Tel Aviv, ville de fête et d'insouciance! "Tel-Aviv, la fête à tout prix. On a beau nous parler à longueur de journaux télévisés du conflit israélo-palestinien, Tel-Aviv reste une ville joyeuse, bouillonnante, décontractée, où l’insouciance est érigée en résistance".* Alors quoi : les familles courent sous les roquettes et l'angoisse domine en israël, ou la vie se poursuit presque à l'identique, sur les plages et au soleil pendant qu'à Gaza les humains meurent à la pelle ?

Une entreprise méthodique et planifiée de destruction

A Gaza, des personnes ont perdu 3, 7, 11 membres de leur famille! Plus de 200 enfants ont été tué. C'est une génération d'orphelins, de  veufs de familles brisées que l'état d'israël, par sa stratégie jusqu'au-boutiste, est en train de fabriquer. C'est un coup radical qu'Israël porte à la paix. Mohammed Abbas, le modéré, est volontairement isolé par israël. Non, il est impossible de se taire et de ne pas dénoncer la stratégie qui vise à pousser la colonisation toujours plus avant, en jouant la partition du pire, tenant et agitant la barbichette des extrémistes. A Gaza, les hôpitaux fonctionnent 24/24 et manquent de matériel de rechange, les stocks sont épuisés, 3 hôpitaux ont dû fermer. Des écoles, des hôpitaux sont bombardés. Chaque jour apporte son lot de crimes et de sang; de nouveaux massacres commis par l'armée israélienne en violation des droits fondamentaux du peuple palestinien. Ce n'est plus, depuis de nombreux jours, de légitime défense qu'il s'agit.  

La seule stratégie qui pourra assurer la paix est connue: Reconnaissance de l'Etat Palestinien avec Jérusalem-Est est comme capitale, sur les frontières de 1967, avec un retour négocié des réfugiés de 1948. Les personnes de bonne volonté, prêt à faire des concessions côté Palestinien existent. Même le Hamas a affirmé à plusieurs reprises être prêt à négocier pour autant qu'Israël arrête les bombardements.** Alors quoi? Pourquoi cette boucherie se poursuit-elle ?    

Rester neutres?

Devant cette barbarie, rester neutre, c'est choisir d'être complice, tacitement, silencieusement. Certains, à Genève, voudraient que soit brandi le drapeau israélien dans des manifestations, en signe d'équité. La belle affaire. Pour les personnes qui se tiennent en solidarité avec le peuple palestinien (civils, femmes et enfants), et pour ceux qui croient dans l'avenir d'une coexistence pacifique possible, il y a quelque chose d'extrêmement choquant de réclamer la présence de ce drapeau dans des manifestations en solidarité avec le peuple palestinien ou d'appel à la "neutralité".

Aujourd'hui, le drapeau israélien ne peut être brandi comme un drapeau de paix. Il baigne dans le sang. Aujourd'hui la stratégie de fuite en avant de l'état d'Israël va à l'encontre des intérêts de sa population et des vies environnantes. En tant qu'état dépositaire des Conventions de Genève, la Suisse a une responsabilité particulière pour l'application du droit international humanitaire; en tant qu'êtres humains, nous ne pouvons rester silencieux ou croire la propagande qui d'une guerre défensive de l'état d'israël à Gaza. 


Samedi 2 août 2014 à 15h. Manifestation de soutien avec le peuple palestinien, Berne, Place Fédérale.


* http://www.israelvalley.com/news/2013/04/09/39668/la-plage-tel-aviv-semble-bien-avoir-invente-le-mouvement-perpetuel

** http://www.humanite.fr/le-hamas-pret-negocier-si-les-bombardements-cessent-547306

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27/07/2014

La trêve d’israël est un abus de langage

Clausewitz écrivait : La guerre est une poursuite de l'activité politique par d'autres moyens. Pour israël : la diplomatie est la poursuite de la guerre par d'autres moyens.

La trêve d’Israël est un abus de langage


Après 18 jours de combats qui ont fait 1'049 morts et 6'032 blessés depuis le 8 juillet dont une écrasante majorité de civils et au moins 192 enfants, Israël a annoncé vendredi soir un trêve humanitaire dans la bande de Gaza, de 8h00 à 20h00  le samedi 26 juillet  aux conditions suivantes : 

1) Les civils de Gaza à qui il a été demandé d'évacuer leur logement doivent s'abstenir d'y retourner.

2) israël ripostera si les dénommés terroristes tentent d'exploiter cette période pour attaquer des soldats ou tirer sur des civils israéliens.

3) Pendant cette trêve, les activités opérationnelles pour localiser et neutraliser les tunnels de la bande de Gaza vont se poursuivre !

La trêve d’israël n’est pas un cessez-le-feu. La trêve d’israël est un abus de langage et nous devons l’entendre pour ce qu’elle est: une poursuite de la guerre. Elle signifie véritablement : Nous pouvons  continuer de vous tirer dessus mais vous ne le pouvez pas. Nous pouvons continuer de détruire vos infrastructures, vous ne riposterez pas. Nous pouvons empêcher les ambulances de passer, passer à perte et profit le sang des enfants sur les plages, dans les caves, et dans les écoles écroulées. Nous pouvons tirer sur des bâtiments de l'ONU, tuer ses employés, les réduire en purée, sans conséquences. Vous ne réagirez pas. Nous pouvons continuer de décrédibiliser le CICR, leur faisant évacuer des quartiers pour bombarder ensuite les civils exposés. Nous pouvons tuer des employés du croissant rouge, des bibliothécaires, des fleuristes, des cafetiers. Et quand nous penserons avoir suffisamment tués pour en imposer, nous imposerons encore une trêve. 

Soyons sérieux. La trêve d’israël n’est pas un cessez-le-feu. La trêve d’israël n’est pas un acte humanitaire. C’est une manœuvre diplomatique pour réduire la résistance Palestinienne au silence en tuant des civils tout en légitimant sa conduite derrière un sordide voile humanitaire. israël ne sait plus comment freiner la mécanique de mort qu'elle pensait dominer. Plusieurs milliers d'israéliens manifestent à Tel Aviv pour la fin de la guerre. israël est en train de perdre la bataille de la justification et de la communication; plus personne ne peut croire à sa rhétorique défensive quand elle tue plus de 1'000 civils.   

Négocier la fin de la guerre pas imposer la trêve

La trêve d’israël est un abus de langage. La trêve d’israël est faite de papier mâché. Elle ne la dégage en rien de l’écrasante responsabilité quant aux corps que l’on dégage des décombres. Elle ne la dégage en rien de la situation de colonisation, véritable source du conflit. Elle ne la dégage en rien de sa lâcheté de se dissimuler derrière le Hamas prétexte malléable pour poursuivre à cibler et détruire des civils. Elle ne la dégage en rien de ses responsabilités d'état signataire des conventions de Genève. Il faudra bien à un moment qu'israël vienne s'assoir à la table des négociations pour discuter la fin de la guerre, pas l'imposition de trêves. Il faudra bien qu'à un moment israël comprenne qu'il ne peut sortir de l'ornière sans négocier avec le Hamas et le Fatah réunis à nouveau ; qu'il ne peut imposer sa force uniquement. Il devra y mettre son intelligence et son désir de paix et entamer un véritable dialogue sous l'égide de l'ONU.   

Je souhaite partager ci-dessous un texte qui est un appel de la société civile de Gaza porté par 91 personnalités publiques.  Il a été traduit en français à Genève par des militant-e-s de BDS (Boycott Désinvestissement Sanction contre Israël jusqu’à la fin de l’apartheid et de l’occupation en Palestine).  


Dimanche matin, au prétexte de roquettes envoyées en direction de son territoire, Israël annonce la reprise des frappes sur Gaza.  

Pas de cessez-le-feu sans justice pour Gaza

Déclaration de 91 personnalités publiques de la société civile de Gaza (publiée dans The Electronic Intifada, Bande de Gaza, 22 juillet 2014).

En nos qualités d’universitaires, de personnalités publiques et de militants, témoins du génocide planifié de 1,8 million de Palestiniens vivant dans la Bande de Gaza, nous appelons à un cessez-le-feu avec Israël uniquement s'il est lié à la fin du Blocus et au rétablissement des libertés fondamentales interdites à notre peuple depuis plus de sept ans.

Nos préoccupations principales ne sont pas seulement la santé et la sécurité des personnes au sein de nos communautés, mais aussi leur qualité de vie - leur capacité à vivre sans craindre d’être emprisonné sans procès équitable, à soutenir leurs familles par un emploi salarié, à circuler librement pour rendre visite à leurs familles et poursuivre leurs études.

Il s’agit d’aspirations humaines fondamentales sévèrement limitées pour le peuple palestinien depuis plus de 47 ans, mais dont sont particulièrement privés depuis 2007, les habitants de la Bande de Gaza. Nous avons été poussés au-delà des limites de ce qu'une personne normale peut endurer.

Une vie de mort vivants

Les accusations portées dans les médias et par des politiciens de tous bords à l’encontre du Hamas, d'avoir ordonné aux habitants de Gaza de s’opposer aux ordres d'évacuation, pour ensuite les utiliser comme boucliers humains, sont fausses. Avec des abris temporaires remplis et des bombardements israéliens aveugles, il n'y a littéralement aucun endroit sûr à Gaza.

Le Hamas a reflété le sentiment de la grande majorité des résidents en rejetant le cessez-le-feu unilatéral proposé par l'Egypte et Israël sans que personne n'ait été consulté à Gaza. Nous partageons le sentiment largement répandu dans l'opinion publique qu'il est inacceptable de revenir simplement au statu quo – où Israël entrave strictement l’entrée et la sortie de la Bande de Gaza, contrôle l’entrée des approvisionnements (notamment en prohibant la plupart des matériaux de construction), et interdit pratiquement toutes les exportations, paralysant ainsi l'économie et provoquant l'un des taux de pauvreté et de chômage les plus élevés du monde arabe.

S’y plier signifierait un retour à une vie de morts vivants.

Malheureusement, l'expérience a montré qu’à plusieurs reprises le gouvernement israélien est revenu sur ses promesses de négociations et ses engagements de réforme.

De même, la communauté internationale n’a fait preuve d’aucune volonté politique pour faire appliquer ces engagements. En conséquence, nous appellerons à un cessez-le-feu uniquement quand les conditions négociées auront abouti aux résultats suivants :

- Liberté pour les Palestiniens d'entrer et de sortir de la Bande de Gaza

- Importation et exportation illimitée de fournitures et de marchandises, y compris par voies terrestre, maritime et aérienne

- Utilisation sans restriction du port de Gaza ;

- Suivi et application de ces accords par un organisme désigné par l'Organisation des Nations Unies, accompagné des mesures de sécurité appropriées.

Chacune de ces attentes est garantie dans la plupart des pays. Il est temps qu'on respecte les droits humains des Palestiniens de Gaza.

Signatures :

·    Akram Habeeb, Assistant Professor of American Literature, Islamic University of Gaza (IUG)


·    Mona El-Farra, Vice President and Health Chair of the Palestinian Red Crescent Society


·      Ramy Abdu PhD, Chairman of the Euro-mid Observer


·      Abdullah Alsaafin, Palestinian Writer/journalist


·      Ali Alnazli, Businessman


·      Adel Awadallah, Head of the Scientific Research Council


·      Hanine Hassan, Graduate Research Assistant


·      Sheren Awad, Journalist


·      Yahia Al-Sarraj, Associate Professor of Transportation, IUG


·      Tawfik Abu Shomar, Writer and political analyst


·      Hasan Owda, Businessman


·      Ibrahim AlYazji, Businessman


·      Walid Al Husari, Chair, Gaza Chamber of Commerce


·      Nael Almasri, Dentist


·      Wael El-Mabhouh, Political researcher


·      Rami Jundi, Political researcher


·      Ashraf Mashharawi, Filmmaker


·      Mohammad Alsawaf, Journalist


·      Hasan Abdo, Writer and political analyst


·      Kamal El Shaer, Political researcher


·      Omar Ferwana, Dean of Medicine Faculty, IUG


·      Iyad I. Al-Qarra, Journalist, Palestine newspaper


·      Musheir El-Farra, Palestinian activist and author


·      Khalil Namrouti, Associate Professor in Economics, IUG


·      Moein Rajab, Professor in Economics, Al-Azhar University - Gaza


·      Basil Nasser, Planning advisor


·      Hani Albasoos, Associate Professor in Political Science, IUG


·      Arafat Hilles, Assistant Professor, Al-Quds Open University


·      Imad Falouji, Head of Adam Center for Dialogue of Civilizations


·      Moin Naim, Writer and political analyst


·      Yousri Alghoul, Author


·      Mohammad Jayyab, Editor of Gaza Journal of Economics


·      Mousa Lubbad, Lecturer in Finance, Al-Aqsa University


·      Iskandar Nashwan, Assistant Professor in Accounting, Al-Aqsa University


·      Shadi AlBarqouni, Graduate Research Assistant


·      Adnan Abu Amer, Head of Political Department, Al-Umma University


·      Wael Al Sarraj, Assistant Professor in Computer Science, IUG


·      Said Namrouti, Lecturer in Human Resource Management, IUG


·      Khaled Al-Hallaq, Assistant Professor in Civil Engineering, IUG


·      Asad Asad, Vice Chancellor for Administrative Affairs, IUG


·      Hazem Alhusari, Lecturer in Finance, Al-Aqsa University


·      Shadi AlBarqouni, Graduate Research Assistant


·      Deya’a Kahlout, Journalist, Al-Araby newspaper


·      Raed Salha, Assistant Professor in Geography, IUG


·      Sameeh Alhadad, Businessman


·      Tarek M. Eslim, CEO, Altariq Systems and Projects


·      Sami Almalfouh PhD, Senior engineer


·      Fayed Abushammalah, Journalist


·      Fadel Naeim, Chairman of Palestine Physicians Syndicate


·      Zeyad Al-Sahhar, Associate Professor in Physics , Al-Aqsa University


·      Iyad Abu Hjayer, Director, Palestinian Center for Democracy and Conflict Resolution


·      Wael Al-Daya, Associate Professor in Finance, IUG


·      Younis Eljarou, Head of the Red Crescent Society for the Gaza Strip


·      Donia ElAmal Ismail, Head of the Creative Women Association


·      Zeinab Alghonemi, Head of Women for Legal Consulting Association


·      Amjad AlShawa, Palestinian Nongovernmental Organizations Network (PNGO)


·      Mohsen Abo Ramadan, Head of Palestinian Nongovernmental Organziations Network (PNGO)


·      Abed Alhameed Mortaja, Assistant Professor of Linguistics, IUG


·      Talal Abo Shawesh , Head of Afaq Jadeeda Association


·      Zohair Barzaq, Red Crescent Society for the Gaza Strip


·      Marwan Alsabh, Red Crescent Society for the Gaza Strip


·      Ghassan Matar, Red Crescent Society for the Gaza Strip


·      Rania Lozon, Writer


·      Ashraf Saqer, IT Specialist


·      Samir AlMishal, Mishal Cultural Centre


·      Jamila Sarhan, Independant Commission for Human Rights


·      Jalal Arafat, Union of Agricultrual Work Committees


·      Khalil Abu Shammala, Aldameer Association for Human Rights


·      Jamila Dalloul, Association Head of Jothor ElZaiton


·      Maha Abo Zour, Psychologist


·      Psychologist Ferdous Alkatari


·      Yousef Awadallah, Health Work Committee


·      Yousef Alswaiti, Al-Awda Hospital Director


·      Taysir Alsoltan, Head of Health Work Committees


·      Taghreed Jomaa, Union of Palestinian Women’s Committees


·      Imad Ifranji, Journalist, Alquds TV


·      Jehal Alaklouk, Activist


·      Adel Alborbar, Boycott Committee


·      Hatem AbuShaban, Board of Trustees of Al-Azhar University -Gaza


·      Saleh Zaqout, Secretary of the Red Crescent Society for the Gaza Strip


·      Mohammed Alsaqqa, Lawyer


·      Nihad Alsheikh Khalil, Professor of Modern and Contemporary History, IUG


·      Mohsen Alafranji, Lecturer at Media Department, IUG


·      Nedal Farid, Dean of Business Faculty, Al-Aqsa University


·      Salem Helles, Dean of Commerce Faculty, IUG


·      Ahmad Ali PhD, Economic Analysis


·      Raed M. Zourob PhD, Head of the Department of Preventive Medicine, Ministry of Health


·      Mosheer Amer, Professor of Lingusitics, IUG


·      Moheeb Abu Alqumboz, Lecturer


·      Fatma Mukhalalati, Supreme Court judge

·      Fahmi Alnajjar, Supreme Court judge


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22/07/2014

La poésie est une faiblesse inarrêtable

Que peut la poésie? Vendredi 25 juillet à midi et au soir, dans le cadre du mouvement poétique mondial, des poètes genevois liront leurs textes dans un geste de faiblesse inarrêtable. 

Conflit israélien, agressions, conflit ukrainien, violences, catastrophes en tout genre, on entend de plus en plus : le monde est malade, miné, le monde est foutu, il y a quelque chose qui ne tourne pas rond. Le désarroi et l'impuissance rivalisent avec la violence ; il semble qu'il n'y ait pas de réponses ou de solutions devant la brutalité du monde qui décape toutes bonnes volontés et l'empathie que nous abritons d'une manière innée.

Alors quoi, pour ne pas être blessé il faudrait ne plus voir? Comment résister contre les forces qui nous font désespérer, d'abord du monde, ensuite des autres et au final de nous-même? Comment remettre des liens et de l'ordre entre ces différents niveaux et ne pas céder au pessimisme, au spectre trompeur des news qui montrent le conflictuel et le douloureux au détriment des réalisations et de la joie ; des forces de paix et de réinvention à l'oeuvre quotidiennement? 

Comment dire

Comment ne pas chercher la joie et le positif d'une manière tronquée en s'aveuglant pour partie afin de pouvoir continuer d'avancer sans hurler de douleur à chaque pas? Il faudrait donc gober la pornographie du sang et des larmes autorisée au moins de 12 ans à l'heure du journal télévisé ; continuer d'absorber le goutte-à-goutte des mauvaises nouvelles en intraveineuse et sur onde moyenne, demeurer silencieux ou se replier sur soi? 

Comment dire

La méthode Coué ou les antidépresseurs: une alternative? Moindre mal qui sait.. se doper, se shooter pour tenir le coup, s'égayer un peu? Ce qui se passe là-bas se trame ici. Ce qui se dévide ici à des répercussions là-bas. On nous a vendu un monde global et inter relié, comment l'économie pourrait-elle l'être et notre humanité résorbée ou confinée à la sphère familiale ou au cercle des plus proches, dans un pur réflexe tribal. Il y a quelque chose qui ne va pas. Oui. Le business serait global et libre et notre capacité d'action et d'indignation n'irait pas plus loin qu'un clic sur une pétition Avaaz? Il serait possible d'avoir les avantages de la soi-dite mondialisation avec des billets d'avion pas cher -super- et la liberté de voyager, sans en payer "le prix", c'est-à-dire un plus grand engagement et une plus grande responsabilité envers les conditions de production, de partage, et de vie des autres humains? Tel Aviv : 79.- avec Easy Jet. Et ce qui se déroule 71 km plus bas: rien à foutre et aucune prise dessus? 

La culture : une rotative

Accueillir ce monde en sensibilité sans s'anesthésier ou être frappé d'handicap par la violence des forces en jeu est un défi; continuer de le penser et d'y tenir son rang sans lâcher prise et être relégué à celui d'amibe consommateur, une épreuve. La culture joue un rôle essentiel de rotative pour métaboliser la boue des journaux télévisés en ferments de vie et le purin des conflits en germes de possibles. Nous croyons au langage. Nous croyons à la poésie comme force mondiale de changement à portée de chacun-e-. Nous croyons que nous changerons le monde quand nous changerons notre manière de le raconter et de croire ou non à ses fables; quand nous fabriquerons un nouveau langage pour le dire; quand nous saurons résister aux forces de destruction, quand nous saurons entendre au travers des mots la sincérité qu'ils portent et l'esprit qui les anime ou non. Quand nous serons tous les jours un peu plus nombreux à être faibles, mais actifs, donc inarrêtables. La culture est une ligne de front collective pas un outil de décoration de supermarchés ou de musées.        

Mouvement poétique mondial

Le mouvement poétique mondial a été fondé dans le contexte de la rencontre mondiale des directeurs de 37 festival international de poésie, à Medellin, Colombie en juillet 2011. Il a pour objectif d'être un lieu de convergence et de création. Il regroupe sur son site (www.wpm2011.org) des annonces d'événements, de lectures et de prises de positions poétiques sur tous les continents. Il milite en faveur de la poésie et de la paix, par des gestes infimes, des actions performatives, ou de grands festivals. Il se donne pour objectif la reconstruction de l'esprit humain, la réconciliation et la préservation de la nature, l'unité culturelle et la diversité des peuples. Le mouvement poétique mondial lutte contre la misère matérielle. Il soutient des actions pour un mouvement global de la poésie. Ni bombes ou roquettes. Bombes et roquettes plutôt: l'arc des mots. 

Vendredi 25 juillet : actions poétiques à Genève

Vendredi 25 juillet 2014, dans le cadre du Mouvement poétique mondial, les poètes genevois Patrice Duret, Vince Fasciani, Heike Fiedler, Jean Firmann, Laure Mi Hyun Croset, Isabelle Sbrissa et Sylvain Thévoz liront leurs textes, individuellement, ensemble, voix de résistance collective devant les forces d'anonymat, de désindividualisation, de l'à-quoi bon et de la lassitude.      

Ces textes seront partagés à midi tout d'abord au Geneva Centre for human rights advancement and global dialogue, 37-39 rue de Vermont. Puis à 20h au Code Bar, rue Baulacre 10.

Ces deux moments, se dérouleront dans un lieu de la "Genève internationale" puis dans un lieu de la "Genève associative" au sein de l'association Carrefour rue luttant contre la précarité sociale. Ces deux moments tisseront des liens entre ces deux Genève. Si global et local sont véritablement intriqués, il est nécessaire que les liens qui les unissent soient resserrés. Ces moments de lecture seront une opportunité de rencontre et de partage. Ils seront suivis d'une verrée et d'un temps d'échange avec le public.

 
Que peut la poésie?

Le mouvement mondial pour la poésie défend le fait que le développement socio-culturel pour le changement est essentiel afin de composer de nouvelles manière de voir et d'envisager le monde. Il vise à susciter de nouvelles attitudes. Pour affronter un monde nouveau nous nécessitons des langages renouvelés pour le re-penser. Nos vieux langages sont fatigués (et fatigants), les "spécialistes", bien souvent les mêmes, et pour certains indéboulonnable, remâchent des postures éculées. Les "faiseurs d'opinion" usinent un langage convenu et produisent de la domination à la chaîne. La poésie nous aide à faire reset. La poésie est une faiblesse inarrêtable. Et comme l'écrivait Mahmoud Darwich (entretiens sur la poésie) c'est peut-être dans cette fragilité qu'il faut trouver la force de continuer et de creuser la résistance alors que la mort fait son siège des territoires habités.    


"Je souhaite être un poète troyen. Je ne suis pas le poète de la victoire, tout simplement parce que nous ne sommes pas victorieux. Et puis, même si nous l'étions, je ne suis pas sûr de pouvoir célébrer la victoire, tant je me suis habitué, poétiquement aux défaites. Je me demande d'ailleurs s'il existe des poètes de la victoire, si la poésie n'est pas toujours l'alliée des perdants, elle qui regarde passer les armées impériales sans s'émouvoir. L'armée d'Alexandre est moins poétique que l'enfant qui la voit défiler, et ce ne sont pas les casques des soldats qui intéressent le poète mais l'herbe qui pourrait y pousser. Non ! Je ne suis pas un poète d'élégies funèbres. Je suis un poète assiégé par la mort."

Ce sera par le fait de changer les mots, subvertir les mécaniques, que les rouleaux compresseurs deviendront des rotatives ; en se réappropriant le langage que les lignes bougeront. Pour que l'interculturalité, la diversité, l'inclusion, la justice ne soient pas des phrases creuses accaparées par d'autres, ils doivent s'ancrer dans des mots d'abord, qui seront des actes, et des actions ensuite. "Ce ne sont que des mots ", "ils jouent avec les mots" Non, ce ne sont pas seulement des mots, le blabla de la langue qui traîne par terre, lavasse, mais des armes à portée de tous, à affûter.    

La poésie est une puissance mondiale

La poésie est une puissance mondiale, intime et fracturée. Elle laisse passer la lumière, tisse des liens. Elle montre sans exclure, dégage du possible, rassemble, faiblesse inarrêtable, insuffisante toujours, essentielle pourtant, pour ne pas céder devant les forces d'atomisation et de destruction qui avancent ici, là-bas, sans arrêt, avec des bombes à fragmentation ou à retardement. "Qui impose son récit hérite la terre du récit" écrivait Mahmoud Darwich.

Oui.

C'est vrai.

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18/07/2014

Gaza : Plus de t(Rêve)

Plus de (t)Rêve Pas de soldats

Plus de répit pas de replis plus de respect pas de médecins plus d'alerte pas de fin plus de sucre pas d'appuis pas de tunnels

Plus de pitié plus de possibles plus de classe plus de lait plus de pain plus de sel plus de calme plus de plage plus de confiance plus de crème pas de navires de sorties.

Plus d'amis plus d'alliés plus de souffle plus de farine plus de temps plus le choix plus de voix plus d'arrêt plus de flotte plus de frontière plus de passeport pas de pays de passage plus de trou plus de cave pas de maison


Plus de (t)Rêve Pas de soldats

Plus de papa plus de fusil plus de livres plus d'argent plus de cartouches pas de jeux de vêtements pas de douche plus de bain plus de miel plus de miettes plus de vacances plus de soutiens pluie de pas pluie de plus pas de maman.

Plus de paix plus d'olives plus de poids pas de plumes plus de thym plus de juifs pas de cousins plus de ciel plus de bêtes plus de peur que du mal plus d'oiseaux plus de raison pas de salut

Plus de plumes plus de bombes pas de course pas d'arrêt


Plus de (t)Rêve Pas de soldats

Plus d'avenir plus d'essence plus de camions plus de tunnels plus de pompiers pas le temps

Plus d'échelles plus de bétons plus de fer plus de barbies plus de coton plus de souffle barbelés barbelés barbelés plus de foot plus de stade plus de rêves plus de chaussures pas de maillots que des tanks

Plus de pansements plus de buts plus d'envie plus de pas plus de droits plus de voix plus de visites plus de lettres pas de tunnel plus d'enfants


Plus de (t)Rêve Pas de soldats

Plus de papier plus de sommeil plus de jus plus de structure plus de large plus d'état plus d'été pas de fin pas de chutes pas de jour pas de nuit

pas d'oubli

plus de sang

pas de fin

pas de justice

plus de (t)Rêve  


Rassemblement de solidarité avec le peuple palestinien

Samedi 19 Juillet 14h place des nations, Genève.

  israel,gaza,bds

11:40 Publié dans Air du temps | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : israel, gaza, bds, manifestation | |  Facebook |  Imprimer | | |

17/07/2014

10 arguments en faveur d'israël qui alimentent le conflit (6-10)

israel,palestine,bdsPour agir, comment se libérer des clichés qui assurent la perpétuation de l'état de violence? Les tenants de la politique du consentement gagnent du terrain. Selon eux, il faudrait prendre le temps de comprendre, se tenir à équidistance des deux côtés, ne pas boycotter, ne plus manifester. Mais "comprendre les deux côtés" revient malheureusement à pencher pour l'état de fait et assure la continuation des pratiques d'une  puissance occupante sur un peuple occupé.

Au final, renoncer à prendre position revient très vite à abdiquer : "après tout, cela ne nous regarde pas", ou basculer dans une indignation sans embrayage; fatigue de l'impuissance et soumission à la complexité de la situation. Surtout: ne froisser personne. Surtout, ne pas risquer l'impair. Cette posture, au final, revient à renoncer à son pouvoir d'action et d'engagement. Le conflit entre l'état d'israël et le peuple palestinien va se poursuivre. Pourtant, il n'est pas sans fin. C'est le bon moment pour se construire une conscience plutôt que d'utiliser des prêts-à-penser.

Ce n'est pas la menace militaire qui oriente les préparatifs israéliens, mais le coût ou le gain médiatique et politique d'une intervention armée et la capacité de l'état d'israël à légitimer son action.

L'intensité émotionnelle du meurtre des enfants sur la plage de Gaza retombera les prochains jours, jusqu'à la banalisation des bombardements et de l'invasion terrestre en préparation. Petit tour des représentations toutes faites qui aggravent le conflit en avançant 10 arguments erronés en faveur d'Israël (6-10).   


israel,palestine,bds6) Israël n'a pas d'interlocuteurs valables pour la paix

Faux. Israël a face à lui l'Autorité Palestinienne présidée par Mahmoud Abbas, interlocuteur de bonne volonté désireux de mettre fin aux violences. La reconnaissance, par l'Autorité Palestinienne de l'état d'israël conduit de fait à la reconnaissance de la prise de 78% du territoire de la Palestine d'avant 1948. L'Autorité Palestinienne l'a fait, conscient que la possibilité d'une paix est à ce prix. Qu'ont-ils reçu en retour? Rien. Pourront-ils accepter que le reste soit grignoté, en souriant ? Non. Soit israël avance avec l'Autorité vers une solution négociée du conflit, soit il choisit de privilégier la violence, option qu'il a malheureusement empoignée à Gaza, provoquant l'embarras des états européens contraint d'appeler à la retenue, incapables d'encourager israël dans sa fuite en avant, impuissant à le freiner.

Israël, du fait de l'occupation, bafoue quotidiennement toute possibilité de trêve. Les roquettes du Hamas sont un prétexte commode au déclenchement d'une guerre dans une effrayante construction d'un dispositif en miroir. 


israel,palestine,bds7) La colonisation sert uniquement à mettre la pression sur les palestiniens

Faux. La colonisation n'est pas un moyen de "faire pression", c'est un moyen d'accomplir une domination dont l'objectif est plus que jamais celui que portait Sharon (2001) de "finir la guerre d'indépendance de 1948", c'est-à-dire: l'expulsion d'un maximum de Palestiniens hors de leurs frontières.

Sitôt qu'israël accèdera à la reconnaissance de l'état Palestinien, au droit au retour des déplacés de 1948 et renégociera le tracé du mur de séparation, dans un processus, un calendrier, et des objectifs négociés avec l'Autorité Palestinienne, la paix deviendra une possibilité durable et non une accalmie de courte durée entre deux guerres placé sous le signe de l'oppression.

Israël peut entrer en dialogue, puis traduire dans des actes cette volonté, ou creuser sa monomanie anti-Hamas qui lui permet avant toute chose de ne pas bouger d'un pouce de ses positions conquérantes de colon victimaire, au risque de s'y enfermer dramatiquement.

Les retombées 

Ce choix politique d'expansion israélienne fait grandir la crainte d'israël dans toutes les rues du monde, par la monumentale injustice d'asservissement d'un peuple qu'elle abrite. Elle est une menace directe pour tout vivre ensemble par l'idéologie qu'elle revendique. Mais quelle folie furieuse est en train d'emporter israël pour qu'aux yeux de certains, Netanyahu apparaisse maintenant comme un "modéré" ?!

L'Europe entière pâtit de cette politique va-t-en guerre israélienne. A qui reviendra la  gestion des tensions soulevées par ce conflit en Europe? La Suisse peut-elle, l'air de rien, se faire plaisir en achetant le matériel de guerre israélien (400 millions pour des drones) voulu par Ueli Maurer? Le boycott, le désinvestissement et les sanctions envers israël jusqu'à la fin de l'apartheid et de l'occupation en Palestine demeurent une mesure douce pour préserver une position de la Suisse en accord avec les quatrièmes conventions de Genève, afin qu'elle ne soit pas assimilée à un soutien à israël, coupable de crime de guerre en 2009-2010 à Gaza (opération plomb durci) et récidivant actuellement à Gaza.           

La colonisation israélienne ne met pas la pression sur les palestiniens, elle les domine. C'est sur les démocraties européennes qu'elle s'exerce. Comment y répondent-elles?

israel,palestine,bds,netanyahu,hamas.8) Israël agit avec bonté envers les blessés palestiniens

Faux. Si, un certain nombre de blessés et de malades palestiniens passent le mur pour se faire soigner, c'est seulement au prix de nombreuses tracasseries; le poids de l'administration conduit à des démarches kafkaïennes. Le mur a isolé des dispensaires. Il oblige les malades à des heures de route et de détours avant de se faire éventuellement soigner. Les rendez-vous sont repoussés de plusieurs mois ou manqués à cause des difficultés ou l'impossibilité d'obtenir des permis de passage. Telle femme atteinte d'un cancer a vu ses autorisations annulées deux fois; telle autre est décédée avant la date de son rendez-vous, repoussé à plusieurs reprises. Les checkpoints ferment à tout moment. Une infime minorité de la population de la Palestine occupée a accès aux soins en israël et surtout, est capable de les payer. Les conditions d'obtention des permis sont drastiques. La colonisation  est responsable, entre autre, de pénurie alimentaire, de hauts taux de mortalité infantile, de non-accès à l'éducation, etc., (Rapport de l'OMS à la soixante cinquième assemblée mondiale de la santé, 2012).

La situation à Gaza, du fait du blocus, et maintenant des frappes israéliennes est hors normes.  

israel,palestine,bds,netanyahu,hamas.9) Les arabes sont des citoyen-ne-s comme les autres en Israël

Faux. S'il y a des députés arabes israéliens, ils demeurent une minorité et des citoyens de seconde zone. Il n'y a pas une véritable égalité de droits et de devoirs entre arabes et juifs dans l'état d'Israël. Lire pour cela l'article du Monde de Robert Blecher décrivant une "citoyenneté en conflit" (www.lemonde.fr/idees/article/2012/07/31/les-arabes-d-israel-une-citoyennete-en-conflit_1740023_3232.html). La situation pour les arabes israéliens n'a cessé de se dégrader depuis l'an 2000, la visite d'Ariel Sharon sur l'esplanade des mosquées, l'assassinat de sept palestiniens dans les manifestations qui ont suivi et le déclenchement de la deuxième intifada.

Quelques arabes israéliens obtiennent encore des positions en vue en israël. Sont-ils alors les représentants des minorités (in)visibles ou une caution déformée de la "démocratie" israélienne? 

Il y a malgré tout encore des raisons d'espérer quand des israéliens, qu'ils soient juifs, chrétiens ou musulmans, se mobilisent pour la paix et manifestent pour arrêter les bombardements à Gaza; quand des associations comme B'tselem, La paix maintenant, JAG (Jews against Genocide) ou Breaking the silence, défendent le droit, la justice, et une paix négociée.

Les arabes ne sont pas des citoyens comme les autres en Israël. Il reste toutefois encore des citoyen-ne-s israélien-ne-s pour dénoncer cet état de fait.


israel,palestine,bds,netanyahu,hamas.10) Il faut être arabe ou juif pour parler de ce conflit religieux

Faux. Ce conflit n'est pas un conflit religieux, mais un conflit politique avec pour enjeu le contrôle d'un territoire disputé. Les arguments qui renvoient dos à dos Hamas et juifs extrémistes, faisant des identités religieuses un problème essentiel escamotent les enjeux socio-économiques. Je ne suis pour ma part pas juif, pas arabe. J'ai étudié à l'université de Genève, appris l'hébreu pour traduire des passages de la Torah, suivi avec passion les enseignements du rabbin Guedj dans le cadre de la fondation Racines et Sources. Et puis ? Des rencontres et choix politiques m'ont conduit à construire une opinion sur la situation de la colonisation israélienne, à développer une position critique envers celle-ci.

Pas besoin d'être arabe ou juif pour comprendre ce conflit et s'y engager, ni d'avoir vécu 20 ans au Moyen-Orient. L'appareil de propagande logé dans le langage rend difficile de s'en détacher. Ce qui importe c'est faire sauter,  avec une grille de lecture politique, les rouages de la colonisation qui emprisonne les palestiniens et malgré tout un appareil dissymétrique, un certain nombre d'israéliens aussi. 

L'enjeu est de mettre fin à une opération de colonisation de la terre et des esprits qui réclame notre complicité, notre collaboration passive, et notre silence pour se poursuivre.

Devant nous : une colonisation effrénée qui mène, au nom du droit à se défendre d'israël, et à une martyriologie perverse, une guerre d'expansion, aux négations des droits de l'autre. Nous (êtres humains dotés d'empathie) devons choisir si nous souhaitons en être les témoins, les complices ou les opposants.     

 

Crédit photo : Haim Schwarczenberg. Merci Haim pour ton engagement.

Ces photos illustrent l'action symbolique des JAG (Jews against genocide) qui se sont rendus à Yad Vashem, mémorial Israélien du génocide commis contre les juifs à Jérusalem, devant la Knesset, parlement israélien, et devant la base militaire d'Hakirya à Tel Aviv afin d'y honorer les enfants palestiniens morts sous les bombardements. Anat Cohen, membre du JAG a affirmé que c'étaient les premières manifestations d'une série qui allait se poursuivre tant qu'Israël continuera d'assassiner les enfants palestiniens. Les gardiens de Yad Vashem ont tenté d'interrompre la cérémonie, confisqué les extincteurs des JAG et appelé la police israélienne qui a arrêté les manifestants. "De la même manière que nous honorons les gens qui ont été tué il y a 70 ans en Europe parce qu'ils étaient juifs, nous sommes ici pour honorer les gens qui sont assassinés en ce moment même parce qu'ils sont les autochtones de cette terre et qu'ils ne sont pas juifs" ont communiqué les JAG.

Ces actions extrêmement fortes illustrent la diversité des avis en Israël, et la capacité des citoyen-ne-s, artistes, et militant-e-s, à contester l'action de leur gouvernement. 





 

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15/07/2014

10 arguments en faveur d'Israël qui alimentent le conflit (1-5)

israël,palestine,gaza,bds,bombardement,suisse,neutralité.Pourquoi la colonisation israélienne nous concerne-t-elle directement? Pourquoi est-il impossible d'esquiver ce conflit en le mettant sur le même pied que ce qui se passe au Tibet ou en Ukraine par exemple ? Pourquoi ne pas s'y impliquer revient à terme à fragiliser notre sécurité et renforce la responsabilité de l'Occident dans les violences qui s'y déroulent? Pour agir, comment se libérer des clichés qui assurent la perpétuation de l'état de violence. Petit tour des représentations toutes faites qui aggravent le conflit en avançant 10 arguments fallacieux en faveur d'Israël (1-5).      

1) Le mur de séparation assure la sécurité d'Israël  

Faux. Il y a un paradoxe dans l'argumentation de ceux qui défendent la présence du mur. Ils affirment que le mur protège Israël des terroristes du Hamas. Pourtant, de nombreux travailleurs passent le mur pour travailler en Israël. Le mur n'est pas une garantie sécuritaire, il est non-étanche. De nombreux points de passages laissent entrer des clandestins. Le mur, comme le rappelle René Bachmann (Le Mur, éditions du Seuil) est avant tout un outil visant à découper des terres et à poser de nouvelles frontières au profit de l'état d'Israël, enserrant et protégeant ses colonies. Maale Adumim "perle brillante de l'état d'Israël" selon ses élus municipaux, en est l'une d'elle, construite illégalement, coupant la Cisjordanie en deux. Le mur est un outil de domination économique et géopolitique, pas une garantie de sécurité. Il demeure une des sources du problème, pas une possibilité de sa résolution. Ce n'est pas le mur qui a empêché les attentats terroristes, mais la trêve négociée entre le Hamas et Israël, et le choix politique de l'Autorité Palestinienne de renoncer à la violence. La diplomatie affirmera Israël, pas les murs ni les bombes, ni ses interventions armées qui donnent bien de nouvelles forces à ses détracteurs et attise  la haine. Il n'y a pas de solution militaire à ce conflit et le mur est une construction militaire. 


israël,palestine,gaza,bds,bombardement,suisse,neutralité.2) Israël donne du travail aux palestiniens

Faux. Israël le fait payer plutôt, et cher. La colonisation produit de la main d'oeuvre bon marché, un lumpenproletariat corvéable à merci. Israël est une économie florissante sous perfusion américaine. Une colonisation ne peut se justifier parce que des colons emploient des colonisés à des salaires horaires misérables. Les français en Afrique employaient des natifs, cela donne-t-il une légitimité à la colonisation? Certainement non. Israël ne donne pas du travail, il développe une économie basée sur l'exploitation. Personne ne s'attend toutefois à ce qu'Israël soit plus vertueux que d'autres pays. Ce n'est pas de la vertu qui est attendue, mais le respect du droit. Si Israël se réclame de la démocratie et veut en honorer les engagements, elle ne peut se satisfaire d'être comparée à l'Egypte des maréchaux ou aux criminels islamistes qui égorgent et tuent en Syrie et en Irak. Comparer Israël à la lie pour lui donner un semblant de légitimité et la placer au-dessus des pires dictatures est humiliant pour elle. Si Israël se revendique de l'Europe, veut pousser la chansonnette à l'Eurovision, continuer d'envoyer ses équipes de football jouer dans les championnats européens, elle doit jouer à ce niveau là, pas se reléguer au niveau des états atomisés aux pratiques criminelles comme l'Irak ou la Syrie avec l'argument fallacieux d'être la "seule démocratie" du Moyen-Orient tout en commettant à Gaza des crimes contre l'humanité.     

israël,palestine,gaza,bds,bombardement,suisse,neutralité.3) Le Hamas veut avant tout la destruction d'Israël

Faux. Le Hamas est à l'origine un mouvement communautaire et social. Il s'est radicalisé lors de la première intifada (1987) et a, à de nombreuses reprises, signé et accompli des trêves avec Israël. Il a proposé, en 1993, à Israël, la paix en échange de son retrait des territoires occupés. Les cycles de violence du Hamas avec Israël montrent un rapport de force, et un dialogue constant entre les deux entités. Il est impossible au Hamas de créer une véritable économie et donner du travail à  sa population actuellement en raison du blocus israélien (2005) enserrant Gaza; impossible à quiconque de développer une économie viable à Gaza autre que de survie. Le Hamas est une jauge de sécurité pour Israël. Si le Fatah prend de l'ampleur, Israël renforce le Hamas. Si le Hamas gronde, Israël desserre l'étreinte au Fatah. Si les deux s'unissent (2 juin 2014) Israël lance une attaque qui les fragilise tous deux. Le Hamas est une monomanie, une obsession israélienne, son repoussoir favori. En février 2006, Khaled Mechaal, chef du bureau politique du Hamas, réitère la proposition de trêve de durée indéterminée et de mettre fin à la lutte armée si Israël se retire de tous les territoires occupés et reconnaît les droits du peuple palestinien. Israël refuse. Il est aujourd'hui pervers de nier le droit à un peuple de s'autodéterminer en prenant en exemple sa composante la plus extrémiste pour la frapper tout en faisant parallèlement le nécessaire pour la renforcer quand elle peut être utile politiquement. L'Autorité Palestinienne ne partage pas l'idéologie et la stratégie du Hamas. Pourquoi Israël n'intensifie-t-il pas ses échanges avec elle? 


israël,palestine,gaza,bds,bombardement,suisse,neutralité.4) Le droit au retour est un luxe dont finiront par se passer les Palestiniens

Faux. Tant qu'Israël n'accédera pas à cette exigence, le conflit perdurera. Il ne s'agit encore pas là de la vertu ou non d'Israël de s'y plier, mais du respect du droit international et d'honorer les quatrièmes conventions de Genève. Une fois les combats terminés, les civils doivent pouvoir retourner chez eux, dans leurs propres maison. Depuis bientôt quatre générations (1948), ce droit est bafoué par Israël. Il n'y a, là encore, aucun sens d'invoquer les autres états arabes et de pousser vers eux la question Palestinienne. On entend dire: "que les autres états arabes les accueillent". Mais non. Qu'ils choisissent ou non d'accueillir les palestiniens est non-signifiant. Les habitants de Jaffa sont originaires de Jaffa, pas Bagdad, c'est insensé de vouloir les envoyer au loin. Ils doivent pouvoir retourner chez eux, même si leur ville s'appelle Tel-Aviv aujourd'hui. Pourquoi l'Etat d'Israël bloque-t-il ce retour? Parce que ce serait la fin de l'état hébreu disent certains. Quel paradoxe. Si c'est le cas, comment prétendre démocratique un état qui se définirait par essence hébreu et donc par définition à dominance juive? Quelle est la nature de la démocratie de l'état d'Israël si une partie de sa population originaire ne peut y vivre, et celle qui y réside actuellement a pour vocation d'y demeurer minorisée ?      

5) Les épisodes de violence sont initiés par les arabes

Faux. La colonisation est un acte de violence, elle est à la racine, au coeur des autres violences qui en découlent. Invoquer le Hamas à tour de bras ne fait que le renforcer et lui donner plus de puissance. Pourquoi Israël ne s'appuie-t-il pas sur l'Autorité Palestinienne, ne renforce-t-il pas la position de Mahmoud Abbas, modéré, pragmatique, ayant reconnu l'état et l'existence d'Israël? Dès 1987 le Hamas a été toléré, accepté, voir soutenu par Israël pour contenir le Fatah selon le principe de "diviser pour régner". Israël, par les excès d'une politique de colonisation effrénée, a tout fait pour fragiliser Mahmoud Abbas qui a été présenté comme "trop tendre". La cote de popularité du Hamas est montée. Certains palestiniens ont cru qu'il pouvait être une alternative au Fatah. La colonisation divise. Choisir d'enfermer un peuple, à Gaza comme en Cisjordanie est une violence continue et quotidienne qui n'a pas besoin de coups de feu pour être dénoncée et sanctionnée. 


Les arguments 6 à 10 en faveur d'Israël qui alimentent le conflit seront publiés ultérieurement.  

Crédit photo : Haim Schwarczenberg. Merci Haim pour ton engagement.

 

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13/07/2014

Gaza: boucherie sur la plage

Gaza est un hachoir. Plus de 150 morts et 1000 blessés depuis 6 jours, pour l'écrasante majorité des civils. Cette boucherie ne peut être qualifiée autrement qu'un crime contre l'humanité. Israël va a engager les combats au sol. Le bilan humain va drastiquement augmenter. Le bain de sang est programmé. Le long de cette plage de la Méditerranée, une boucherie sans crème solaire sous 37 degrés est en route. Israël présente les gazaouis au hachoir des F16 sur une petite musique de drone. Le point de passage de Rafah est bloqué par les militaires égyptiens avec la bénédiction d'Israël. Les habitant-e-s se font tabasser au poste de passage. Ils attendent trois jours de pouvoir fuir avant de se faire refouler dans la nasse. Seuls les détenteurs d'un passeport international peuvent sortir. Les palestiniens sont refoulés. Ce sont les otages d'Israël, désignés pour le hachoir.       

Gaza, Hébron, Ramallah, même combat 

Si l'on cherche la source du problème, ce n’est pas en désignant Gaza ou le Hamas qu’on la trouvera. Il faut voir l’entier de la Palestine illégalement occupée par Israël. Les Israéliens affirment qu’ils se sont retirés de Gaza, ah bon? Il est fallacieux de dire que Gaza est un territoire autonome. La Palestine est occupée, Gaza incluse, comme Jérusalem, la Cisjordanie. Il n’y a pas d’occupations 5 étoiles. Il n’y a pas d’occupation démocratique. Il est impossible de rester neutre. L’occupation, peu importe sa légitimation et son appareil de propagande demeure une occupation. C’est une violation des droits de l’homme, de la quatrième Convention de Genève. Le silence du CICR à ce sujet est assourdissant. C'est une source renouvelée de guerre, de conflit, tant que durera l'occupation.

Une communauté plus interdite qu'internationale

Il ne faut pas traiter les conséquences mais l’origine des problèmes. Et la racine du problème ne tourne pas autour des missiles qui partent de la bande de Gaza occupée. C'est, cela, une conséquence. Bien sûr, il faut les condamner. Parce qu’ils visent des civils. Parce qu'ils sont absurdes, contreproductifs et vains. Parce qu'ils fragilisent l’unité palestinienne, prise en otage par le Hamas, au profit d'Israël. De la même manière, le problème ne vient pas des enfants qui lancent des pierres sur l’armée occupante en Cisjordanie.

Le véritable problème c’est: pourquoi il y a-t-il encore et toujours, en 2014, une puissance occupante en Palestine; des colons désireux de se prendre des pierres pour riposter à l'arme de guerre? Pourquoi enfin la communauté internationale a-t-elle cédé clé en mains un pays à Israël en 1948, refusant ce même droit aujourd'hui à une autre entité légitime? La complaisance des états européens est terrible. L'attitude de la France, appelant à la retenue du bout des lèvres et détournant le regard est indigne. L'attitude de la Suisse qui se prépare à acheter pour 400 millions de drones israéliens irresponsable et écoeurante. Cela ne doit pas se faire. Comment obtenir de nos gouvernements qu'ils prennent position contre la guerre, arrêtent de la soutenir, et de la communauté internationale qu'elle soit moins interdite devant ce qui se déroule et est une conséquence aussi de leur inaction?

Ils tuent collectivement les innocents

La punition collective n’est pas une chose nouvelle. C'est une politique. Elle est mise en œuvre sur l’ensemble de la Palestine depuis des décennies. Plus de 5000 palestiniens sont détenus aujourd'hui dans les prisons israéliennes. Ce sont des parlementaires, des élus, des militants, des femmes, des mineurs. Israël vient de rafler dans leurs maisons les prisonniers qu'elle avait échangés contre Gilad Shalit.

Israel affirme qu’il s’est retiré de Gaza, que Gaza est un territoire libre sous contrôle du Hamas. Mais, je le répète: Gaza est une prison bouclée avec des drones qui patrouillent dessus. Personne n’en sort ou n’y rentre sans l’accord d’Israël qui y intervient quand il veut où il veut, sans s'embarrasser de prétextes. Il n’y a aucune circulation libre de biens ou de personnes. Le contrôle de la terre, des airs, de la mer est total. Parfois Israël sort un prétexte toutefois : "roquettes roquettes" le plus souvent.  Mais Gaza n’est pas un monde à part. Le droit humanitaire et international s'y applique. Dans un rapport de 2011, l'OMS, rappelait que: "les obligations d'Israël au regard de ses engagements [internationaux en matière de droit humanitaire] s'appliquent à tous les territoires et populations placés sous son contrôle effectif." Israël "a l'obligation de maintenir [en état de fonctionnement] les établissements et services médicaux de santé publique et d'hygiène dans la bande de Gaza, ce qui implique au minimum qu'Israël - en tant qu'état contrôlant l'entrée et la sortie de la bande de Gaza de tous produits, y compris les produits médicaux, le matériel médical et les matériaux de construction -, tout en étant fondé à protéger sa sécurité, n'entrave pas l'accès aux soins des patients qui en ont besoin".

Israël viole tous ses engagements et toutes ses responsabilités internationales en bombardant Gaza au cri de « roquettes roquettes » ou « sécurité sécurité » qui sont des cartes truquées, une vieille combine de croupier pour gagner à coups sûrs.   

Roquettes roquettes !

Si de centaines de roquettes ont été lancées en direction d’Israël, il n’y a, à ce jour, Dieu merci, aucune victime civile israélienne. La majorité des roquettes ont été interceptées. Les résidents Israéliens le disent eux-mêmes : ce sont des tirs d’amateurs. Ils n'en ont pas peur. Cela démontre :

 1) Combien le Hamas est limité militairement et lance des missiles stériles.

 2) Le système défensif d’Israël est au point. Pourquoi lui faut-il alors encore massacrer Gaza quand son système de défense lui assure sa sécurité? 

Le cri : Roquettes roquettes! ressemble au cri lancé par Georges Bush au sujet des prétendues armes de destruction massive en Irak. Dans le cas des armes de destruction massive elles étaient réellement destructrices mais inexistantes ; dans la situation d'aujourd'hui, il s’agit des roquettes bien réelles mais totalement inoffensives.  Dans les deux cas, on assiste à une théâtralisation de la menace, un jeu sur les sentiments de peurs; une mascarade identique de radicalisation de la menace pour légitimer une intervention armée dans un territoire étranger et éradiquer toute opposition. 

D’où partent les roquettes ?

Sitôt découvert le meurtre des 3 jeunes colons israéliens, Mahmoud Abbas, président de l’Autorité Palestinienne a clairement condamné le crime et proposé son aide pour trouver les criminels. Mais qui les a horriblement tués ? Qui a mis en place cette opération ? Et à qui bénéficie ce crime qui tombe si bien dans l’agenda politique d’Israël? Pour l’instant, le Hamas continue de démentir en être responsable. L’Autorité Palestinienne a sévèrement  condamné cet acte. Israël, lui sanctionne et punit aveuglément. Que faisaient ces 3 jeunes hommes dans des colonies illégales ? Que font encore des jeunes israélien là-bas d'ailleurs? Qui a pris la responsabilité de les envoyer dans un territoire illégalement occupé, et surtout: quand est-ce qu'une enquête nous dira ce qui s'est réellement passé. « Roquettes roquettes », « Sécurité, sécurité », le principe de l'agression défensive est une ficelle trop grosse et violente pour l'avaler. Force est de constater qu'elle évacue au profit d'Israël de nombreuses questions.

Neutre = neutralisant

C’est de l’occupation que ressort l’escalade de la violence. C'est elle qu'il faut tenir pour responsable. C'est contre elle qu'il faut lutter si nous souhaitons sincèrement que la violence cesse, qu'une paix durable s'installe. La neutralité ne sert à rien, elle neutralise. La neutralité est une manière suave de détourner le regard.  

Dimanche 13 juillet 11h, Israël lance une opération au sol. Elle lâche ses soldats dans une population apeurée et acculée pour y chercher des "Roquettes roquettes" ou plutôt : les preuves de son ignominie.     


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11/07/2014

Boycotter Israël ou continuer à compter les morts?

israel,palestine,droit,bds.Est-ce que le fait d'appeler au boycott d'Israël est une manière de punir les israéliens, les innocents tout autant que les coupables? Est-ce une mesure discriminatoire, injuste? 

Tout d'abord, rappeler ici que le boycott n’est pas une punition, ni contre des Israéliens innocents (qu’ils soient producteurs, paysans, ou ouvriers), ni contre des israéliens coupables. Le boycott n’est ni un principe moral ou de jugement, c’est un engagement politique et éthique qui vise à faire pression sur une politique menée par un état qui s'est placé au-dessus du droit et prend à la légère les résolutions de la communauté internationale, tout en se rendant actuellement coupable aujourd'hui à Gaza de crime contre l'humanité.

Le succès du boycott mené en Afrique du Sud est un encouragement et un exemple historique de la capacité des peuples à être solidaires les uns envers les autres en faisant appel au pouvoir individuel de mobilisation et d'engagement. 

israel,palestine,droit,bds.Le boycott: un outil efficace

Le boycott vise à donner du pouvoir aux forces progressistes en Israël, afin qu’ils influencent les politiques menées dans leur pays. Le boycott vise à restaurer les droits des producteurs, paysans, ouvriers palestiniens exploité-e-s en Israël comme dans les territoires occupés.

Il vise à remettre au centre de la question les rapports de domination et d'exploitation actuels en Israël. Avoir un pacifisme plus engagé envers Israël afin de ne pas être complice de ses coups de sangs ou stratégie de contrôle ; être plus critique et exigeant afin de se comporter en possible partenaire d'Israël. Si, par peur de "punir le faible israélien pour la faute de son gouvernement", on se tait, les manoeuvres des puissants sont facilitées et, en dernier recours, le malheur du plus grand nombre. Non, ce n'est pas se comporter en possible partenaire d'Israël que de soutenir les politiques du Likoud et des faucons d'extrême droite, des ultras religieux. Acheter des drones israéliens pour 400 millions, les mêmes qui vrombissent sur Gaza comme le propose le conseiller fédéral Uelie Maurer (UDC) c'est inconscient et dangereux pour la Suisse, sa "neutralité" qui fait sa fierté.

Non, ce n'est pas se comporter en possible partenaire d'Israël que de censurer les critiques, enterrer les questions... ou consommer des produits provenant de territoires illégalement occupés et confectionnés avec une main d'oeuvre exploitée.

israel,palestine,droit,bds.Que dit le droit?

Compter les morts d'une côté, les rendre équivalents aux roquettes de l'autre, pour légitimer ses frappes? Cette comptabilité est morbide. Il faut revenir au droit pour se faire une idée de la singularité de la situation en Israël. Or, que dit le droit ? La résolution 194 du 11 décembre 1948 affirme le droit des réfugiés palestiniens qui le désirent de rentrer dans leurs foyers ou de bénéficier d'indemnités. La résolution 242 du 22 novembre 1967 demande l'évacuation de territoires occupés. La résolution 338 demande l'application de la résolution 242 dans toutes ses parties. La construction du mur de séparation est illégal, l'Assemblée générale des Nations unies l'a affirmé le 21 octobre 2003. Le 9 juillet 2004, la Cour internationale de justice affirme que : « L'édification du mur qu'Israël, puissance occupante, est en train de construire dans le territoire palestinien occupé, y compris à l'intérieur et sur le pourtour de Jérusalem-Est, et le régime qui lui est associé, sont contraires au droit international » Ces résolutions sont toujours restées lettres mortes, bafouées. Depuis 1948 ce sont des centaines de résolution de l'ONU qui ont été foulé aux pieds.

En 2005 les représentant-e-s de la société civile palestinienne (plus de 150 associations) ont lancé un appel international au boycott, aux sanctions et aux retraits des investissements en Israël, à l'exemple de la lutte menée contre l'Apartheid en Afrique-du-sud. Cet appel a été renouvelé avec force depuis Gaza assiégé le 09 juillet (http://carol.blog.tdg.ch/archive/2014/07/10/les-conventions-de-geneve-ont-elles-un-sens-bis-257764.html)

 

israel,palestine,droit,bds.Les syndicats soutiennent le boycott
Le réseau européen des syndicats alternatifs de base a entendu l'appel au boycott en mars 2014 : La Confederacion General del trabajo, l'Intersindical Alternativa de Catalunya (Espagne), l’Union Sindicale Italiana, la Fédération Sud Vaud (Suisse), la Confédération National du Travail (France), des syndicats français, belges, espagnols, grecs, polonais, de l'Europe entière, soutiennent le boycott.

Le site BDS Suisse www.bds-info.ch permet de se faire une idée de l'ampleur du mouvement et de son efficacité. 

Objectifs du boycott

Le boycott se justifie en ce qu'il est un des moyens de lutte pour atteindre des objectifs circonscrits dans le temps:

1) Mettre fin à la Colonisation

2) Démanteler le Mur

3) Reconnaître les droits des travailleurs arabos palestiniens

4) Respecter protéger et favoriser les droits des réfugiés palestiniens à revenir dans leurs maisons et propriétés.

israel,palestine,droit,bds.Tant que ces objectifs ne seront pas atteints, le cycle des violences se poursuivra inexorablement. Est-il possible de rester les bras croisés, voire de contribuer à la poursuite de l'exploitation en consommant des produits israéliens, économie florissante basée sur l'exploitation territoriales et des forces de travail palestiniennes?

Il est intellectuellement fallacieux et suffisant de se contenter de la rhétorique israélienne de diabolisation du Hamas pour éviter d'avancer sur ces 4 points. Il ne s'agit pas d'être pour ou contre Israël, mais de donner une possibilité à une paix juste de croître. Sans ce mouvement, le comptage des morts d'un côté et des roquettes de l'autre se poursuivra, et le désintérêt international pour une question "compliquée" la rendra toujours plus inextricable.

Le boycott est la première mesure ferme, juste, mais symbolique aussi, qui permette de canaliser la rage, la haine pour certains, que l'intervention israélienne génère au-delà de tout contrôle et territoire.


Le boycott est un moyen d'être actif. C'est aussi une ligne de front. Il est désormais à la portée de chacun-e- de s'engager, ou de continuer à compter les morts.


Vendredi 11 juillet 16h Place des Nations Genève, Manifestation pour dénoncer les frappes de l'état d'Israël sur Gaza, qualifiées de crime de guerre et de crime contre l'humanité.


Crédit photo : Haim Schwarczenberg. Merci Haim pour ton engagement.

Photos prises le 09/07 à Tel Aviv lors d'une manifestation s'opposant à l'attaque contre la bande de Gaza.

Illustrations: "L'occupation nous tue tous"/ "Les femmes juives et palestiniennes ne veulent pas la guerre" / Gauche: "Les politiciens exploitent l'enlèvement des enfants" Droite : "Libérez la Palestine" / "Nous ne voulons pas la guerre" /


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10/07/2014

Toutes nos victoires dans ce lieu sont de cette nature

index.jpgSous l'emprise de la torture certains d'entre nous ont avoué avoir participé à un trafic de missiles, creusé des tranchées, ravitaillé des entrepôts en armes, transmis des lettres aux combattants, nourri des résistants. Tu avoues des actes que tu n'as pas commis ou tu amplifies ceux dont tu es l'auteur... pourvu que la douleur cesse

Ainsi s'exprime Soha Béchara au début de "La fenêtre" livre écrit avec Cosette Ibrahim, témoignage de ses 10 années passées au camp de Khiam pour avoir tiré sur le général Antoine Lahad, chef de l'armée du Liban-Sud. Libanaise chrétienne, communiste, Soha Béchara sera torturée et subira l'isolement sans jamais n'avoir été jugée. Elle sera libérée à la faveur d'une campagne internationale de soutien. Elle vit désormais à Vernier, Genève. Cosette Ibrahim, née à Beyrouth, sera internée pendant 9 mois en 1999 à Khiam sans être jugée non plus. Elle vit désormais à Paris.  

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08/07/2014

Boycotter Israël

10533551_564295353690163_1717698667271781513_n.jpgUne personne, de passage en Israël, avec une volonté de "bien faire" et un humanisme sincère, m’a écrit pour critiquer mon dernier billet «  Israël : visage d’Apartheid », me demandant pourquoi je l’avais publié et me racontant ses deux semaines en Israël avec un passage à Naplouse, l’achat touchant de 50 grammes de safran, l’odeur de la chica et de thé, la contemplation des récits de martyrs sur les murs. Mon billet,  à ses yeux, ne contribuait qu'au flou des faits et des acteurs, par la démonisation d'Israël. J’allais trop loin. Elle me proposait de venir voir sur place et faire un article moins fade. J’essaie donc ici de m'exprimer plus clairement que dans mon premier billet.  

Le mur n’est pas une frontière poreuse

Dans son récit de voyage, elle voulait "rendre la frontière poreuse". Louable vertu des échanges : elle a ainsi pu rencontrer le maire d’une ville palestinienne puis manger avec un ambassadeur américain. Mais cette façon de traverser les conflits en croyant que ses privilèges sont une norme, est fallacieuse. Si elle passe bien, c’est avant tout parce qu’européenne, avec un bon profil. Elle ne dérange rien. Pendant ce temps, les Palestiniens, eux, s'agglutinent aux grilles. Allez leur parler de porosité. Allez voir au checkpoint de Kalandia, aux villages de Kalkilya, à Bil'in à Nil'in, coupés par le mur, aux checkpoints de Bethléem à 6h du matin, ce qu’il en est; et déguster le  "petit déjeuner Israélien" aux gaz lacrymogènes, voir les vieux, malades, sécher sur pieds et les femmes enceintes descendre des ambulances parce qu'elles n'ont pas les documents nécessaires pour passer le contrôle. Le mur n’est pas la même frontière pour tous. Il ne garantit pourtant même pas la sécurité d’Israël (cf. René Backmann : un mur en Palestine, Seuil). De nombreux points laissent passer les travailleurs illégaux nécessaires à l’économie israélienne. Le mur est avant tout un outil de domination sociale et de contrainte; un barrage à la paix et un outil nécessaire à la guerre pour Israël, afin d'engranger des terres.  

10462661_564296097023422_6668086022860635688_n.jpgNous n’en sommes pas encore à la loi du talion

Il n’y a pas d'égalité dans ce conflit, mais un rapport totalement dissymétrique. Nous n’en sommes pas encore à la loi du talion: oeil pour oeil dent pour dent est un rapport lointain. Aujourd’hui, c’est encore : pour une dent de lait : dix de tes yeux et ceux de tes enfants avec. Appliquer une loi, fût-ce celle du talion serait déjà un semblant d'équilibre. Tant que, dans les discours, cette exigence d’égalité ne sera pas atteinte, posée comme préalable ; tant que l’on ne partira pas de là, la situation ne pourra changer.

Equilibrer les rapports de force

Les prémisses égalitaires légitiment la domination d’Israël. Les discours déresponsabilisant Israël comme entité politique, reviennent à lui signer un blanc-seing et l'autorisent de facto à faire comme si la violence tombait du ciel, ou plus facilement: arrivait d'en face. Les logiques victimaire ou de légitimisation de la position de martyre d'Israël survivant "seule contre tous" dans un environnement hostile lui permettent de poursuivre sa stratégie de consolidation de sa domination. Les "frères ennemis" ne sont pas dos à dos, c'est faux. Il y en a un qui est assis sur l'autre et l'écrase. Et quand celui qui est frappé se défend, il est très durement puni, et collectivement, pour l'exemple. Et même quand celui qui est frappé ne frappe pas, il est puni, préventivement. Ainsi, la domination continue.

Celui qui dénonce cet état de fait est rapidement accusé. Au mieux de manichéisme, au pire d'antisémitisme. Pas touche à l'état de domination, garantie de sa perpétuation. Il y a certes de nombreuses ONG et des militant-e-s qui oeuvrent pour la justice en Israël (Breaking the Silence, B'Tselem, La paix maintenant, etc., ), je les soutiens. Ils  font un travail incroyable. Et certaines d'entre elles soutiennent le boycott d'Israël.

 

10456829_564295950356770_5967734490309057967_n.jpgLe deux poids deux mesures et les fallacieuses demandes d’équivalences

Pourquoi, alors que le Hamas a été élu démocratiquement (2006), le blocus de Gaza a-t-il été déclenché, le Hamas diabolisé, et la bande de Gaza régulièrement dronée et bombardée (2008-2009 : Opération plomb durci : 1315 Palestiniens tués dans l'offensive israélienne, dont 410 enfants et plus de 100 femmes, 5285 autres blessés), dans un déni de démocratie?

Depuis le début de la deuxième intifada le 29 septembre 2000 jusqu'au 30 novembre 2008, B'Tselem a dénombré, pour la Bande de Gaza, 2994 Palestiniens tués par les Israéliens, 459 Palestiniens tués par d'autres Palestiniens, et 136 Israéliens tués par les Palestiniens. Alors qu’une troisième intifada et peut-être une intervention israélienne à Gaza est envisagée en Israël, combien de milliers de morts palestiniens à venir encore ? Et pourquoi donc, selon les belles logiques d'équivalences, si le Hamas est sur la liste des organisations terroristes de certains pays occidentaux, Israël ne le serait-elle pas? Parce qu'Israël n'est pas une entité terroriste? Certes. Comment expliquer alors les milliers de morts palestiniens? Et comment nommer la violence qui s'exerce sur eux?

Nier la domination, c'est l'alimenter

On assiste à la claire domination d'un Etat sur un peuple. Des majorités politiques de droite dure et d'extrême droite sont élues en Israël sur une conception d'un Etat religieux ultra militarisé et ethnicisé. Fragmenter les groupes, diluer les responsabilités, individualiser ou psychologiser le conflit: et vas-y que c'est "très compliqué" afin de rendre la situation effectivement illisible, finit par la rendre inextricable. La domination est un fait. La nier, c'est la cautionner, donc la nourrir. Quant à la dénoncer, ce n'est pas démoniser Israël, mais encore soutenir les forces démocratiques dans ce pays.

10351837_564295357023496_2634227026970794277_n.jpgLes modérés n’ont rien obtenu

La rhétorique de soutien aux modérés est dysfonctionnelle. Qu’est-ce que les modérés ont obtenu ? Plus modéré que Mahmoud Abbas, c'est introuvable, et qu’est-ce que Mahmoud Abbas a obtenu ? Des promesses, et Ramallah Dream (cf.Benjamin Barthe). Est-ce que le mur a disparu, est-ce que la colonisation a cessé depuis que le Fatah a déposé les armes et que Abbas a pleinement collaboré avec Israël? Non. Pourquoi? Parce qu'Israël a toujours soutenu à bloc l'extension et le développement des colonies, faisant le choix de la politique de l'étouffement et de la parcellisation de la Palestine. Les modérés existent, mais Israël n'a pas accédé à une seule de leur demande. Pas une. Et la colonisation de se poursuivre à grande échelle.

474466_430380493651347_481954151_o.jpgAgir

Pour conclure, l'Europe doit au plus vite se débarrasser d'un vieux complexe "neutrophile" et engager pleinement ses diplomaties pour freiner Israël. Si elle ne le fait pas, ce sont aux peuples solidaires d'opérer le boycott. Si les peuples ne le font pas, à chacun-e de commencer, immédiatement. Le boycott, est une arme de paix efficace. Il a obtenu de nombreux résultats tangibles (Cf. Sodastream). Israël le définit désormais comme "une menace stratégique".

Suivi largement, le boycott permet d'espérer changer les équilibres internes en Israël ; à tout du moins de retenir les gouvernants de ce pays d'agir comme bon leur semble en toute impunité et violations des droits de l'Homme.

Le BDS (Boycott, Désinvestissement, Sanctions contre Israël jusqu’à la fin de l’apartheid et de l’occupation de la Palestine) est une des dernières options crédibles pour la paix. C'est à ce jour la seule dont nous disposons dans nos supermarchés comme au moment d'acheter nos billets d'avion pour les vacances.

Boycotter l'achat de drones israéliens par  la Suisse

Tout d'abord, Ici, maintenant, faire pression sur le Conseil Fédéral pour qu’il renonce à l’achat de drones israéliens pour 300 à 400 millions -les mêmes qui aident à pointer des cibles sur Gaza actuellement-, mais aussi à l’achat de tout matériel militaire provenant de pays violant le droit international et le droit international humanitaire; demander que le Conseil Fédéral suspende toute collaboration et/ ou achat militaire avec tous les pays du Moyen Orient tant que la situation actuelle en matière de droits humains prévaut.

Produits Israéliens ? Non merci ! Ni drones ni tomates ou basilic, jusqu'à ce qu'Israël respecte le droit international et reconnaisse le droit légitime des Palestiniens à une vie libre.

Ni drones ni tomates, mais la justice maintenant.


Merci de signer la pétition : Non à l'achat de drones israéliens.

https://www.change.org/fr/p%C3%A9titions/non-%C3%A0-l-achat-de-drones-isra%C3%A9liens


Crédit photo : Haim Schwarczenberg. Merci Haim pour ton engagement.

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06/07/2014

Israël: visage d'Apartheid

10514581_564295400356825_8529882966906594120_n.jpgIsraël, ton visage d'Apartheid crève les yeux. J'aurai voulu pouvoir prendre un avion pour aller à Tel Aviv, retourner à Jérusalem, voir le tombeau du Christ au Saint-Sépulcre, le Mont des oliviers, et pourquoi pas flâner dans le souk cet été, manger des tomates grillées à l'ail, des aubergines grillées au marché, prendre encore un verre sur une terrasse ombragée de la vieille-ville.

Mais Israël, ton visage d'Apartheid rend impossible le tourisme, de faire comme si de rien n'était en achetant un guide bleu à la librairie de l'aéroport, avant d'aller se baigner au lac de Tibériade. Tu traites tes minorités moins bien que tes chiens; dans ton arrière cour: ratonnades, bastonnades et humiliations quotidiennes. Ta face d'Apartheid est une figure d'épouvante.    

10492247_564296060356759_5378004022016789853_n.jpgVertus curatives de la boue

Israël j'aurai aimé me baigner dans la mer sur salée, tes produits de soin y sont réputés. Ils sont exportés dans le monde entier. Hommes et femmes se mettent sur le visage une crème douce, se gomment des impuretés au sel de la mer morte.

J'aurais pu offrir à mes amis un onguent deadsea : www.premier-deadsea.com c'est de la bonne qualité, pas cher, et puis la boue noire de la mer morte est curative. Elle stimule la circulation sanguine des parties du corps atteintes de rhumatisme. Mais ton visage, Israël, porte désormais un autre reflet. Celui de l'enfant carbonisé avec de la fumée dans les poumons - il était vivant quand il a été consumé-. Grillé vif à 16 ans, parce qu'Arabe, innocent. 

Israël figure de la peur

Ta circulation sanguine Israël transporte de gros caillots pour partie déjà acheminés à la tête : extrémisme religieux et radicalisme colonial, allié à un capitalisme avide, orientent ta politique d'Etat. Ils font de ton visage un visage de séparation et de domination. La rupture d'anévrisme te guette, trop de  botox américain, de chairs étirées, tranchées à vif. 

Le masque se craquelle, malgré tes efforts de normalisation visant à montrer que l'occupation est respectable, la colonisation un facteur nécessaire. Les agences de voyage peuvent toujours continuer d'essayer de vendre de la poudre aux yeux, ta diplomatie du rêve. Jouer à gagner du temps t'en a fait perdre beaucoup. 

 

Israël, Apartheid, Ce que racontent les cendres

Réduire en cendre un gamin de 16 ans, kidnappé alors qu'il attendait le retour de son père aurait pu être porté au crédit de quelques radicaux isolés. Mais quand ceux-ci agissent avec l'appui d'une foule qui, sur les réseaux sociaux, s'encourage au cri de : "mort aux arabes" et que cela a été précédé de manifestations monstres anti-africaines immigrés et arabes au mois de mai; que ta police bastonne à mort le cousin de celui qui a été brûlé vif http://bit.ly/1jVslPS que reste-t-il de ton visage démocrate souriant à tes vis-à-vis occidentaux?

Le peu d'entrain du premier ministre israélien à chercher les tortionnaires de Mohamed abu khdeirs réduit en cendres, et la rétention d'informations par la police, montrent que la justice régresse au profit de la chasse à l'homme; que les lois des milices et l'appartenance ethnique grignotent l'état de droit.

Encore aller à Jérusalem ? 

J'aimerai encore aller à Jérusalem au Museum on the seam, rencontrer Andy Wachowski, les chrétiens arabes de la théologie palestinienne de la libération, serrer les mains de celles et ceux qui ont porté des pancartes en anglais en hébreu en arabe pour dire: "pas de punition collective", "terreur de l'occupation", quand Israël a envoyé ses soldats défoncer les portes des maisons la nuit, arrêter plus de 400 personnes et en tuer 10 autres suite à la disparition dans des circonstances troubles de 3 jeunes colons. Mais j'hésite. Je ne sais pas comment tu me laisseras entrer chez toi Israël, et si tu le fais, comment j'en sortirai.

Crier "touristes" "vive Israël" ou "mort aux arabes" ?

Aujourd'hui Israël, tu portes le visage de l'Apartheid, de l'impunité et de la haine. Je n'aimerais pas te croiser un soir dans une ruelle de Jérusalem après une manifestation ou à un arrêt de bus. Je ne sais pas alors si je devrais crier "touristes", "vive Israël" ou "mort aux arabes" pour te démontrer que je suis "des tiens", pour ne pas être réduit à rien.

israël,apartheid

Voir Israël sans se voiler la face

Mais je ne suis pas "des tiens". Je ne suis pas des tiens, si cela veut dire griller des enfants de 16 ans, être complice de policiers cagoulés kidnappant, bastonnant, enfermant sans aucune forme de procès des innocents. Je ne suis pas des tiens si cela veut dire soutien à un régime d'Apartheid. Je ne suis pas des tiens enfin, si cela signifie rejet de l'autre derrière le mur de la honte, ou dans des camps de réfugiés et tout faire pour que le monde considère cela comme normal et se taise, par culpabilité, gêne ou fatalisme.

Israël, ta politique de l'Apartheid et de la violence te défigurent. Derrière ton visage, je ne sais plus qui t'habite et ce qui t'anime. Ou plutôt: j'en ai peur.   

   

Crédit photo : Haim Schwarczenberg. Merci Haim pour ton engagement. 



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03/07/2014

Genève entre mythe et réalité

xc.pngSommes-nous trop sur terre? L'impôt est-il un cadeau ou un fardeau ? Pour vivre à Genève faut-il forcément aller habiter en France ? Est-ce nécessaire de construire une autoroute à 4 voies dans la rade? A quoi sert la culture, coûte-t-elle trop chère? Voilà quelques unes des questions abordées sérieusement mais sous l'angle de l'humour et avec esprit dans ce numéro 34 du journal Causes Communes.


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