sylvain thévoz

29/06/2014

Demain on sera champions du monde

C'est parti pour les hymnes, on aime ou on aime pas, ça fait toujours son effet: sur nos monts quand le soleil annonce allons enfants de la patrie, demain on sera champion du monde. On se regarde le nombril on twitte on s'en régale, c'est pas tous les jours que l'on redouble le 1e août. L'Islande, Chypre la Norvège et le Honduras, on les a liquidés tout de même, ça nous permet d'avoir des prétentions: cette année on sera champions du monde.  

Les chauvins c'est toi qui dit qui est

On peut dire du mal des français on peut les haïr les mépriser ce sont les pires chauvins nationalistes qui disent qui sont. On peut dire : je supporte la Suisse et n'importe quelle équipe qui battra la France et se rapprocher du camp de ceux qui disent: je supporte toute équipe qui battra l'Algérie, surtout si c'est l'Allemagne on peut laisser courir son racisme fleurir son complexe d'infériorité, sa mesquinerie. Le foot autorise / atomise tout. Il n'y a pas que le foot dans la vie, non, il y a le chauvinisme aussi. 

Marignan Manaus même combat

On peut mordre une épaule, donner un coup de boule, se rouler par terre pour rien, on peut prendre le ballon de la main, arracher le tibia de son adversaire, refaire le match mille fois entre le bureau et la chambre à coucher, tomber tomber encore faire semblant de tenir debout, traiter les autres de fils de P**** être d'une formidable mauvaise foi, crier sur la mamy qui passe devant l'écran, klaxonner comme des brutes rouler comme des mules, hoqueter seul dans son coin. Assister aux retournements de veste des commentateurs télé (plus versatiles qu'eux tu meurs) est un spectacle en soi. On ne leur jette pas la balle, on a vu les lettres et courriels qui arrivent à la RTS: soyez plus plus fiers d'être Suisse, ne soyez pas commentateurs, soyez harangueurs. Il faut hisser haut le drapeau, montrer son enthousiasme. Marignan 1515, Manaus 2014, la bataille a commencé, ce sera le même combat. La Suisse a battu le Honduras. Les mercenaires de Milan, de la Juventus de Turin ont bien fait leur boulot. Un jour bientôt, on sera champions du monde. Hop Suisse.

y'a de la joie

Héros ou zéro à quoi ça tient? Vae victis, malheur aux vaincus, mieux vaut mordre, arracher un oeil, que perdre, c'est clair. On pardonnera tout au vainqueur, à la guerre comme à la guerre. Demande à Maradona ce qu'il en pense. Il te dira le bien pour Suarez. Amen. Ils doivent tout donner, mourir sur le terrain s'il le faut. Cours donc espèce de chèvre, sous un soleil à 30 degrés, mais boire une bière tiède devant eux, c'est exclu. S'il faut faire les valises replier les maillots les shorts les chaussettes, ce sera fait, mais d'ici là on peut rêver encore et montrer qu'au klaxon on est très adroits, à la vénération du maillot, au niveau des meilleurs.

On est les champions

Pour l'instant, ne plus parler boulot politique amour poésie; tant que le ballon roule on continue d'exister. Quand il s'arrêtera il y aura peut-être le tour de France pour se consoler. Enfin, non, pas le tour de France, il y a trop de drogués, c'est un milieu qui n'est pas très sain...

On jour bientôt demain on sera champions du monde

On battra l'Argentine mardi je vous le dis et le Brésil derrière, de quoi tous les dégoûter. La petite Suisse deviendra grande, énorme. Elle fera sauter la banque.   

Et sinon je casse ma télé, soutiendrai uniquement l'équipe suisse de Hockey.Mais je préfère ne pas y penser. Demain, on sera champions du monde. Si ce n'est pas le cas, reste à prier pour que la France perde; petit dopant nationaliste, Viagra pestilentiel pour les faibles.   


09:30 Publié dans Genève | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : coupe du monde, nationalisme, chauvinisme, marignan, manaus, même combat, suisse | |  Facebook |  Imprimer | | |

28/06/2014

Marque ou crève

Les bières le coca cola cool au frais. Les chips sur la table, crackers déposés sur un coin de table, drapeau ajusté au balcon, bien accroché autour des bégonias. L'appartement ripoliné pour les copains, tout est propret, c'est joli, tout bien, les voisins sont avertis, mais ce n'est pas ce soir qu'on va rigoler. Ce soir, c'est match couperet. On a les boules ou les foies c'est selon. Les têtes vont tomber. Guillotine pour le perdant : marque ou crève désormais. Il va y avoir du sport oui; le coupe-coupe du résultat sous les chip chip des sifflets de l'arbitre. Mourir ou pas, survivre ou non, telle est la question. Même en petits morceaux, il faut passer ce stade.

On dit facilement on

Nous on va passer l'épaule, on mettra le pied devant, l'orteil dans le frigo, le gigot sur la broche, l'arcade sourcilière s'il le faut. Tant pis pour le vase du salon, la paix du couple, ce joli concert à la fête de la musique qu'on avait repéré.

Maintenant, on dit on tout le temps, on dit on quand on achète les saucisses Shaqiri à la Coop, les barres de céréales Drmic à Denner; on dit on quand on boit le coca cola Behrami, on se gratte le slip en même temps que l'équipe forme le mur : mimétisme.

On dit on, on sourit un peu, on va gagner : champion du monde c'est possible, tiens. Hitzfeld hissé sur un char fleuri dans les rues de Berne, imagine le spectacle, le champagne sur les pavés. On a quand même battu l'Islande, Chypre et l'Albanie... même le Honduras y est passé. On est maintenant presque les favoris. Tiens reprends un peu d'opium. On carbure à l'hélium. Soyons euphoriques, de bons nationalistes. Le drapeau c'est si beau. Tsouin tsouin. Le football et le sport le servent si bien.

Ne soyons pas gentils: gagnons

Il faut bouffer l'adversaire, l'avaler tout cru, mais pas le mordre c'est interdit. Il faut être agressif, avoir faim de ballons, dévorer les espaces, bouffer le gazon comme disent les "spécialistes". Libre champ aux pulsions orales et sadiques, aux métaphores guerrières. Le foot c'est la baston: il faut "relever le défi physique". Vive le culturisme.

Si perdre c'est mourir, gagner c'est juste survivre jusqu'au prochain combat. La faim justifie les milieux de terrain. Ne soyons pas trop gentils, sous-entendus: cessons d'être fair-play: gagnons! Et malheur aux vaincus!  Il y aura de toute façon toujours un jet pour les ramener chez eux. Un jacuzzi qui les attend à la maison.    

La foule mon copain

On trie ses amis: ceux qui n'aiment pas le foot, les rabats-joies : loin. Ceux qui l'aiment mais soutiennent une équipe adverse : suspects, on s'en méfie. Les grincheux s'autocensurent. Il faut applaudir longtemps, être très aigri si l'on perd, retirer le drapeau du balcon en maugréant.

Avant le foot, on n'avait pas grand chose à se dire. Avec le foot, on n'arrive plus à faire semblant. Heureusement, il y a les 7000 anonymes de la fan zone avec qui on communie devant l'écran. Hors-jeu les amis qui vont à l'ADC ou à la Bâtie. Le Mondial c'est un galop d'essai avant les fêtes de Genève. Rien de tel qu'une compétition pour se mettre dans l'ambiance olé olé de l'été.  

Le mondial commence demain

Eliminations directes. Le mondial commence vraiment. Avant, c'était pour débroussailler. Désormais on coupe vraiment. Vive les soldes, tout doit disparaître... sauf un, qui aura le gros lot et le bisou de Blatter. Vae victis, malheur aux vaincus; et pour les gagnants: bonus et primes de match à gogo. Un nouveau coupé BMW, et la Une dans la presse. 

Le Mondial commence seulement maintenant. L'Angleterre, le Portugal, l'Italie apprécieront: éliminés avant d'avoir commencé. Leurs supporters ont maintenant droit à un second choix. Regarder du football, c'est avant tout se choisir un vainqueur, s'ouvrir l'appétit avec un produit phare, puis se dénicher une occasion pour compenser.

Pendant des années: tout faire pour se projeter au mondial. Une fois qu'on y est, tout faire pour y rester. Une fois expulsé: tout faire pour y retourner à la prochaine édition. Le Mondial commence demain. Il n'a pas de fin.

Il faut imaginer Sisyphe jonglant avec un ballon.

Guillaume Tell tirant un pénalty devant une foule d'ébahis.

Et marque ou crève.

   

24/06/2014

Trois mamans israéliennes prises en otage par la raison d'Etat

Ce sont trois mères qui prétendent venir à l'ONU crier leur douleur de voir leurs 3 adolescents israéliens kidnappés dans les territoires de Palestine occupée. Ce sont surtout trois mères qui viennent sans preuve accuser le Hamas, coller l'adjectif bien utile de "terroriste" sur des actes dont on ignore pour l'instant la portée et qui en sont les véritables commanditaires. Ce sont trois mères qui se font porte-parole d'une raison d'Etat; des mères égarées qui se moquent de la douleur de toutes les autres mères, celles d'en face, quand on leur annonce que la "riposte" israélienne a elle enfermé 360 Palestiniens, que 4 personnes ont été tuées, dont un enfant et un handicapé mental. Elles, elles sont venues parler de leur enfant à eux. Ce qui arrive à ceux d'en face, ne les intéresse pas. Elles le passent sous silence et le rejettent dans une indécence sans limite en faisant de la souffrance des mères une arme de communication.       

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19:18 Publié dans Genève | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : genève, knesset, otages, israél, palestine | |  Facebook |  Imprimer | | |

10/06/2014

Barazzone.com : le bug de l'apprenti jardinier

Le plan comm' était presque parfait. Nommer urbanature© le déplacement de quelques moutons du parc de la Bâtie au parc Lagrange et la pose de sièges en plastoc verts comme mobilier urbain en mettant un peu de gazon synthétique dessus aurait pu être le plan comm' de l'été. Décorer les places d'orangers, de citroniers, de grenadiers (et pourquoi pas de cocotiers pendant qu'on y est), aurait pu être la petite touche de "nature" sudiste dont l'agriculture de proximité se serait bien passée sans que l'on ne trouve rien à y redire tellement c'était bien emballé. Faire travailler les employés du service des espaces verts à lever et déposer des bacs alors qu'ils n'ont plus le temps de s'occuper des parcs, les mener en bateau lorsqu'ils viennent manifester, aurait pu être habilement dissimulé derrière des écrans de fougères. Mais voilà, le plan comm' de Barazzone a buggé à cause de quelques foutus lauriers-roses. Et quand la comm' arrête de faire écran, que découvre-t-on: beaucoup de vent, pas de racines, et le trouillomètre à zéro du magistrat, apprenti jardinier. Le bug de comm', c'est quel type d'insecte déjà?  

Le pot aux roses 

A peine quelques habitants se sont-ils plaints du risque de toxicité de la plante, que les malheureux lauriers-rose déposés par bacs aux Pâquis ont été retiré fissa. De Toulouse à Marseille, on rigole encore de ce retrait précipité. Peuchère, combien il y a-t-il d'espèces dangereuses dans les parcs de la ville ? Environ 50, 100 ? On ira avec plaisir consulter le jardin empoisonné du Jardin botanique http://www.ville-ge.ch/cjb/jardin_off.php pour s'en faire une idée. Barazzone va-t-il maintenant faire interdire la vente du muguet en mai prochain, empêcher les champignons de pousser? L'expert en communication d'urbanature© est convoqué : on arrache ou pas? On interdit ou non? On se couvre de ridicule... encore ? L'important, c'est de continuer à communiquer à tout prix... L'année prochaine, je parie : urbanature© ne proposera que des arbres en plastique et des moutons que l'on remonte pour les faire fonctionner. Pour sûr ce sera moins risqué, et la comm' sera plus facile.   

Combien la comm ?

Une habitante a posé une question intéressante via facebook à "Guillaume Barazzone, roi de la communication". Je la reprends ici au cas où il ne l'aurait pas reçue. Cette habitante s'interroge sur le fait qu'il est "le seul élu capable de payer et de sponsoriser ses publications facebook pour qu'on se coltine des jours de suite sur le fil d'actualité ses action lambda (de refleurissement de la ville)." Elle souhaite savoir si cela est payé avec l'argent des contribuables, et surtout : combien d'argent a été mis dans la comm' sans une seule motte de terre ou d'herbe en plus. Combien coûte urbanature©, avec ou sans les lauriers-roses, et sa pub sur facebook?

La mauvaise herbe de la comm'

La question mérite une réponse, car la comm' est beaucoup plus toxique que les lauriers-roses. Elle coûte plus cher, menace la santé mentale des contributeurs et surtout leur porte-monnaie. Puisque des lauriers-roses fraîchement plantés aux Pâquis ont été retiré en 48h, la cohérence serait de débarrasser tout aussi rapidement les médias sociaux de la mauvaise herbe communicationnelle si des citoyens s'en plaignent de même, non? L'objectif est-il vraiment la promotion de la nature en ville, ou de jouer à l'apprenti-jardinier pour faire de l'auto-promotion? Les moutons, les travailleurs du service des espaces verts, les amoureux de la nature s'interrogent. Moins de comm' plus de pommes, ça pourrait être un bon slogan (ça fait deux fois que je le propose). Dites, si on est trois à le demander: vous agirez Monsieur Barazzone ? 

Interroge-toi c'est gratuit

Le plus piquant, dans toute cette histoire, c'est que Monsieur Ricou, PDC élu au conseil municipal ait attaqué, sur son blog, le service Interroge des bibliothèques de la Ville et même demandé sa suppression (http://lionelricou.blog.tdg.ch). Interroge c'est ce service gratuit qui répond en ligne à toutes les questions. En novembre 2013, ce service répondait à une question sur la nocivité des plantes dans les parcs de la Ville de Genève. On lira avec délice cette information http://bit.ly/1s0U5LI listant comme il se doit le laurier-rose au rang des plantes toxiques. Dommage que Barazzone ne l'ait pas consulté. 

Il faut cultiver son jardin

Ce n'est donc pas Interroge qu'il faut supprimer, mais ceux qui lancent tout un plan comm', engagent l'arrachage et le replantage d'arbustes, sur les impôts des contribuables et de la "nature". Enfin, si le PDC est vraiment contre les doublons, qu'il exige de son magistrat Barazzone de choisir entre Berne et Genève, parce qu'à trop vouloir faire les deux, il semble que le magistrat et conseiller national, apprenti jardinier, se soit un peu perdu dans la nature....   

07:49 Publié dans Genève | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : barazzone, plan comm', ricou, pdc, nature en ville, urbanature | |  Facebook |  Imprimer | | |

04/06/2014

Barazzone, les moutons, et le mort

urbanature,william favre,parc lagrange,nature en villeEn 1917, William Favre, homme politique et protecteur des arts lègue son parc Lagrange à la Ville de Genève. Dans ses dernières volontés, il pose une condition: que le parc soit ouvert du lever du jour à la tombée de celui-ci. Le site de la Ville de Genève le rappelle d'ailleurs fort à propos (http://bit.ly/1hwNzI3). Si la légende raconte que William Favre voulait ainsi empêcher sa femme de s'enfuir à travers le parc pour lui faire des infidélités, la vérité est autre. Cet homme souhaitait surtout garantir la possibilité pour les habitant-e-s de fréquenter ce parc au maximum de ses potentiels suivant la luminosité liée aux saisons. 

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08:28 Publié dans Genève | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : urbanature, william favre, parc lagrange, nature en ville | |  Facebook |  Imprimer | | |