sylvain thévoz

21/05/2014

Courir pour que ça marche

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Je cours le matin, le soir, je cours quand il pleut, je cours dans la douleur, je cours pour passer le temps, je cours pour rattraper le passé, je cours quand Maudet dort, quand Dal Busco s'arrête. Je cours parce que j'ai lu Echenoz: tu connais Zatopek? Je cours pour faire Sierre-Zinal, je cours pour ne pas crever à Morat-Fribourg, avoir du plaisir à l'escalade. Je cours pour taper dans les mains des gamins le long de la route, je cours pour fuir, me souvenir, retrouver le chemin, Je cours pour ne pas perdre le fil, pour un thé chaud avec une rondelle de citron. Je cours pour maigrir, aller plus vite que mon ombre, plus lentement que le chien, le rat et le renard, beaucoup plus lentement que mon voisin, et je m'en fous. Je cours malgré le vent, avec mes kilos en trop. Je cours pour suer: je ferai mieux de m'arrêter. Je cours moins vite que demain, plus vite qu'hier, pour me remplir de tartines et de lait le dimanche. Je cours pour me punir, pour bien dormir. Je cours pour les endorphines, la confiture, savourer la douche ou même le bain -ah bonheur-. Je cours pour la saveur du pain, pour que ça s'arrête enfin, pour recommencer encore. Je cours pour la forme, entrer en transe, en anaérobie, trouver le rythme, respirer plus largement, vaincre les crampes, avoir un second souffle.    


3mai.gifJe cours pour mon plaisir, je cours pour être seul, pour oublier, vider la tête, pouvoir penser. Je cours pour me rapprocher des bêtes, veiller la nuit. Je cours pour sortir de la ville, traverser des rues sans bagnoles, ne plus m'arrêter. Je cours pour filtrer la colère, l'impatience et le froid, musique dans les oreilles. D'habitude.

Ce dimanche 25 mai, 8h, je cours pour Reporters sans frontières, pour la liberté de l'information, pour la première course solidaire multi-associations de Suisse. Je cours pour collecter des dons, pour la liberté de l'information, pour que les journalistes puissent informer. Je cours quand des journalistes cavalent sous les balles, pour ceux qui se trouvent arrêtés, celles et ceux qui n'ont pas leur langue dans leur poche. Pour les contre-pouvoirs.  

Je ne cours pas pour te faire marcher, je cours pour que tu soutiennes ceux qui ne peuvent parler, pour qu'ils puissent continuer de couvrir l'actualité. Je cours pour que tu leur donne 20 ou 50 francs, viennes courir dimanche.

Je cours pour ce lien, un relais de plus, te remercier.

Je cours pour que ça marche. Tu cours avec?      
http://www.raceforgift.ch/soutenir.php

Merci.

 

 

 

08:13 Publié dans Genève | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : race for gifts, reportes sans frontières, courir, donner, marcher | |  Facebook |  Imprimer | | |

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