sylvain thévoz

22/03/2014

Le printemps c'est maintenant

bonhommeHiver1.pngOn a brûlé des bonhommes hiver un peu partout hier et depuis il fait un petit peu plus... froid. Etrange, et pourtant voilà, c'est le printemps. Les milans noirs ont fait leur retour en ville. Ils reviennent d'Afrique subsaharienne, avec un peu de sable dans les plumes. On les annonçait pour fin-avril, ils ont atterri mi-mars. Ils sont en retard? Mais que sait-on du temps des bêtes? On les a vu mercredi pour la première fois sur les hauteurs de Saint-Jean. Ils repartiront fin août, peut-être...


Printemps en ville hiver aux champs

Si on interdit désormais en hiver certaines zones naturelles aux randonneurs pour ne pas déranger les animaux qui hibernent ou cherchent leur peu de nourriture, au printemps, les rapaces se moquent des directives, ils investissent la ville. Ils tournent dans le ciel, pourchassent les pigeons, mangent des poissons morts, nettoient la ville des surplus de nourriture, picorent leur pitance dans les poubelles qui débordent. C'est le printemps dans les villes, c'est encore l'hiver aux champs; ça roupille dans les granges, ça bouillonne sur les terrasses rue de l'Ecole-de-Médecine. 


220px-Red_fox_crossing_road.jpgDu mulot au McDo

L'agriculture unique, la monoculture, chassent les bêtes, qui préfèrent maintenant les restes de Mac Do au régime monotone des mulots. La ville devient un laboratoire de biodiversité plus riche que les campagnes. Les castors le long de l'Arve se frottent les incisives. Si on plaçait quelques nichoirs sur les buildings, les milans chasseraient pigeons et étourneaux, feraient un joli ménage. Déjà, ll y a quelques ruches. Les abeilles vont bientôt butiner. Patience encore pour le miel... Les renards sont au terrier, les femelles ont mis bas, les petits pointeront leur museau à l'air libre dans un mois... ils coloniseront ensuite les jardins et les cours. 

Printemps politique

Les associations font leurs assemblées générales, les comités se renouvellent, certains animaux politiques partent, d'autres arrivent ; on se dit au-revoir... ou adieu. Les partis politiques font leur mue, changent de visage: trois nouvelles présidences à Genève. Des forces vives arrivent, la sève monte dans les arbres, on fait le propre pour voir clair. Tes cotisations non payées? C'est le moment de savoir si tu veux migrer, mais le printemps prochain, c'est votations municipales, pas vraiment le moment d'hiberner. De vieilles branches tombent, sur d'autres poussent des bourgeons prometteurs.


images.jpgUn printemps pour investir

On parle d'investissements en ville : 200 millions pour la culture. C'est bien. Des musées sentent la poussière, d'autre tombent en ruine. Ils ont péniblement passé l'hiver. Au musée d'Art et d'Histoire par exemple, on guettait du coin de l'oeil les corniches de peur qu'elles s'effondrent sous le poids des corneilles. Des salles d'exposition ont été fermées. Infiltrées d'eau, soumises à des variations de température, ce sont de bons biotopes à crapauds plutôt qu'à tableaux. 

CONTENU-minoteries.JPGRénover les Minoteries

C'est le printemps. Et si on rénovait vraiment les vieux bâtiments poussiéreux lézardés affaissés de la Ville, donnait l'élan? Ou alors qu'on les rende aux castors aux renards et en fasse des nichoirs; que les Hodler côtoient les musaraignes; mais le bâtiment des Minoteries: rénovations devisé à 90 millions ne tiendra plus longtemps. Il est mité. Et ceux qui y vivent ne doivent pas être considérés comme des rats. Le Conseil Municipal votera le 25 mars à 20h30 la rénovation de cet immeuble. Qui sera au rendez-vous? La droite s'y oppose. On les connaît, pour eux: le soleil, c'est seulement pour quelque uns.

miroirs-1.jpgLe printemps c'est maintenant!

La droite, ça ne les dérange pas de faire du printemps un hiver pour les locataires. Tant que les propriétaires privés trouvent leur compte, ils sont contents. Leur miroir aux alouettes, au nom d'économies, c'est de briser le dynamisme de rénovation et de renouvellement de la Ville. C'est de repousser le printemps à une saison prochaine et faire de l'hiver des campagnes un projet politique pour la Ville.

Mais le printemps, c'est maintenant. Et il n'est pas seulement pour quelques uns, ni promis à demain. C'est maintenant le dégel, la rénovation, le printemps.  

 

11:47 Publié dans Air du temps, Genève, Humeur | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : genève, printemps, politique, investissements, culture, social, animal, bêtes | |  Facebook |  Imprimer | | |

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