sylvain thévoz

09/02/2014

Nous avons progressé depuis le Paléolithique

Et c'est parti pour un dimanche de compét'!  Descente homme des Jeux Olympiques à Sotchi. Les coureurs s'élancent et loin du grand idéal prônant l'importance de participer, ce qui est attendu, c'est : qui sera le champion. Au début; savoir comment nos athlètes nationaux vont se comporter, se rater ou pas se rater; au final: qui va l'emporter. Soif de résultats, de performances. Pour le style on repassera... Dario Cologna pour le skiathlon, Defago pour la descente. Allez les gars. Hop hop hop. Pour un centième, un millième, un bout de ski lancé, je veux être le témoin de l'infime différence qui la fera en entier ; un vainqueur, des vaincus. Au final: les fleurs ou les clous, les caméras ou l'oubli, le podium ou le placard. C'est ça ce qu'il faut en retirer? Spectateur, je suspends mon souffle, ça passe ou ça casse. Depuis le fauteuil assiste en live à la descente de Sotchi, à celle en gorge du café. Très rapidement, c'est déjà de l'histoire.  

50 - 50

Top chrono. Je lève le pouce, je baisse le pouce. J'ai assisté au retour de Wavrinka à l'aéroport, chez nous bien de chez nous le fils de polonais. Il y a trois ans, je trouvais que c'était un mou. Maintenant j'ai changé d'avis, c'est un grand champion. Fier d'être Suisse. L'étranger, c'est qui? L'étranger c'est moi, c'est l'autre. Je le veux seulement quand il est payé 3000 balles sur mes chantiers? C'est lui qui fait le dynamisme économique. C'est qui qui en profite? Lui qui fait les places chères dans le bus? Je ne veux pas froisser le sens national. Ce qui est à nous est à nous. Ce qui est à d'autre leur appartient. Mais si on peut leur en prendre un maximum, tant mieux. Ce qui flotte sous le drapeau, j'aime bien. Mais ceux qui l'utilisent pour nettoyer la table et y poser leur bière sont des barbares. Les places dans le tram manquent, on est trop serré. Mais c'est très vite là le soir, ça manque d'éclairage. Un drapeau n'est pas un bout de tissu. Non. C'est une robe à fleur que je veux. C'est 50-50 sur l'initiative UDC contre l'immigration de masse. Stop chrono.

Nous n'avons pas progressé depuis le Paléolithique


On retiendra les médailles, on retiendra les résultats

Tu sais sur quoi tu as voté camarade? Ou tu l'apprends au moment des résultats? Votations: devant les écrans et sur les téléphones : guetter les alertes. Les premiers résultats tombent. Nous avons travaillé. Nous avons fait campagne. Donné la parole. Pris la parole. Tracté, débattus, chauffés les muscles, dans l'ombre, sous la pluie, au froid. Nous avons slalomé sur les trottoirs. Pour rien, peut-être? Non, pas pour rien. Quoi qu'il arrive le dimanche, le lundi, ça recommence, ça continue. La bataille est une bataille pour les idées, et les résultats ne portent pas de fin en eux.

Au finish, juste un dimanche de pourcentages et de colonnes de chiffres? Non. A l'arrivée, à Genève, c'est NON à l'initiative de l'UDC à plus de 60%. Genève avait déjà refusé pareillement l'initiative de l'UDC sur les minarets. Cologna ramasse la médaille d'or. Il a porté son attaque dans la dernière montée. Genève dit OUI au financement du fonds ferroviaire. On entend en arrière-fond le son des cloches et les calicots s'agitent. Je finis mon kägi-fret. L'hymne national retentit. Résultats, résultats, résultats. J'éteins ma télévision. C'est fini. Des cantons basculent pour 50 voix et toi camarade, tu penses toujours que ta voix ne compte pas? La décision se jouera à quelques voix près, se jouera au peuple, et toi tu es resté devant ta télévision: un dimanche de compét' ? Merde.


Nous avons progressé depuis le Paléolithique

Ce soir, lundi matin, demain, on analysera les fautes de carres, le vote sur l'économie, les dérapages contre les étrangers, l'enfermement la peur, et la lutte pour le pouvoir; on en tirera des leçons sur la parole, la politique et la poésie à produire pour les porter. On s'entraînera encore. Encore: pour les votations sur le salaire minimum le 18 mai prochain, pour les votations sur Ecopop au printemps, les votations sur la libre circulation avec la Croatie en 2015. Encore.

Rien n'est perdu, rien n'est gagné.

Nous avons dit oui aux chemins de fer. L'avortement ne se pratique plus avec des cornes de rhinocéros. Vive les Jeux Olympiques.

Vive la Suisse


Nous avons progressé depuis le paléolithique? Ah bon.


 

 


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