sylvain thévoz

14/01/2014

Un pont, un tunnel sous la rade... Et pourquoi pas une pyramide?

pont,rade,rail,genève,transport,écologie,économiesUne mauvaise initiative: La commission des transports du Grand Conseil a rejeté l’initiative de l'UDC «pour une traversée de la Rade» (Initiative 152)  qui propose une traversée sous le lac de 4 voies de l'avenue de France au Port-Noir, ainsi qu'un tunnel de liaison à 2x1 voies entre le Port-Noir et la route de Malagnou. Ce projet est mal conçu. Il est inadéquat en regard des aménagements réalisés ces dernières années en Ville, bloquera le développement du centre, surchargeant encore plus le trafic. Même le TCS et le Groupement Transports et Economie (GTE) l'affirment, ce projet conduira à une augmentation considérable du trafic. Rue de Lausanne + 40%, Avenue de France +50%, Quai Gustave-Ador +20%, rampe de Cologny +30%, route de Malagnou +10%. Enfin, + 11,5% sur le périmètre de la petite ceinture! Ce projet viendrait perturber le fonctionnement du réseau de voirie actuel et des transports publics. Bref, circulez, il n'y a rien à voir. Un tunnel sous la rade, c'est encore plus de bagnoles au centre et toujours plus de bouchons. L'initiative de l'UDC est nocive pour la Ville, dangereuse pour son développement futur, coûteuse, et ne résout rien. 

Un contre-projet inutile

Ce qui est inquiétant, c'est que la commission des transports du Grand Conseil s’est sentie obligée d’élaborer un contre-projet. Mais un contre projet pour quoi... un pont, un tunnel sous la rade... et pourquoi pas une pyramide pendant qu'on y est? Les rêves de grandeurs de certains laisse songeur. Alors que la construction d'une traversée de la rade est évaluée à plus d'un milliard de francs et mettrait en péril d'autre financements importants pour le Canton (Ecoles, crèches, logements, etc), sans aucune garantie de désengorger le centre-ville, ce goût pharaonique pour un grand projet inquiète. Aujourd'hui déjà, les normes liées aux nuisances sonores et à la pollutions de l'air sont largement dépassées. La pollution endommage insidieusement et quotidiennement la santé des genevois-e-s. Il est urgent de limiter les nuisances, les émissions polluantes, et les bouchons, pas d'accroître le trafic.   

Le fédéral dit stop

Le 4 septembre dernier, les techniciens de l’Office fédéral des routes (Ofrou) ont été auditionné par les députés du Grand Conseil. Qu'ont-ils dit ? Que la traversée du lac ne résoudra pas les bouchons sur l’autoroute et que la Confédération ne financera pas un ouvrage qui débouchera en rase campagne. Selon eux, il faut intégrer la traversée du lac dans un projet d’urbanisation de la Rive gauche. Urbaniser la rive gauche? Diable, ce ne serait donc pas à la commission des transports de faire un contre-projet, mais plutôt à la commission du logement et de l'aménagement du canton. Quand les communes de la Rive gauche auront enfin construit des logements, il sera alors envisageable de discuter avec la Confédération d'un éventuel financement...

Ne pas alimenter un serpent de lac

Devant quelles alternatives nous trouvons-nous aujourd'hui? Voter pour une mauvaise initiative pour traverser la rade à 1 milliard qui créera plus de problèmes qu'elle n'en résout ou soutenir une grande traversée du lac Léman à 3 ou 4 milliards permettant uniquement, si l'on s'embarque dans ce fantasme, de... terminer en cul-de-sac en rase-campagne. Ces deux mauvaises propositions doivent être rejetées et combattues. Alimenter un serpent de lac en y jetant des milliards, sans aucuns contrôles ni des coûts ni des garanties de financements, ce n'est pas responsable et surtout: c'est inutile. Ni petite ni grande traversée du lac : gardons les pieds sur terre en ne cédant ni aux sirènes d'un mauvais projet ni à celles d'un contre-projet coûteux bidouillé en dernière minute.

Une solution qui tient la route : Le rail
Une vraie proposition ? Renoncer à passer autant au-dessus que sous le lac, mais résoudre les enjeux du trafic à Genève en augmentant au maximum le potentiel du rail. Tout d'abord, en terminant rapidement le CEVA, puis en étendant les lignes de trams existantes; en réalisant l'extension souterraine de la gare de Cornavin... mais aussi en construisant des parkings en périphérie, en aménageant plus de pistes cyclables, en développant les services liés aux vélos électriques (prêts, vélo-stations, etc.,). Bref, en étant créatifs et inventifs, plutôt que de déverser des milliards dans le lac. On commencera alors à respirer vraiment, et durablement. Genève n'a pas pour destinée d'être un aspirateur crasseux à bagnoles. Augmenter les transports publics, les modes alternatifs de transports, diminuer le nombre de véhicules à moteurs, c'est la seule alternative VIABLE. Nos poumons et porte-monnaie nous en remercieront. Un pont, un tunnel sous la rade... et pourquoi pas une pyramide pendant qu'on y est?

Il y a  une solution bien moins coûteuse à portée de mains: le rail. Et ça tombe bien, la Confédération est prête à le financer! 

 

 

 

12:13 Publié dans Genève | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : pont, rade, rail, genève, transport, écologie, économies | |  Facebook |  Imprimer | | |

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