sylvain thévoz

30/06/2013

Genève en fête

fête de la musique, musique en fête, espace public, genève Des gens dans les rues enfin. La fête de la musique a battu son plein, des milliers de personnes ont déambulé dans les rues de Genève il y a pile une semaine, mais était-ce vraiment la musique qui les faisait bouger ou n’était-elle qu’un prétexte ? Prétexte pour se retrouver, boire un verre, manger un morceau ensemble et rencontrer du monde ? Les deux, évidemment. Bon, j’ai réussi à traverser la fête de la musique sans écouter une note, ou presque, pris entre la scène techno et la déambulation, en sandwich dans la foule, trouvant plus de joie à voir les gens qu’à me glisser dans un concert. Mais peut-être que la fête de la musique est aussi une fête pour se réapproprier l’espace public et répond d’abord à une demande de rencontre sociale : faire un bout de ballade urbaine  ensemble ?  Ma plus belle expérience musicale fut  hybride : dans une oreille le Beau lac de Bâle et dans l’autre de la musique techno, en stéréophonie. Génial ! Elle fût celle du zapping aussi : allons vite voir en vieille-ville ce qui s’y passe, pour en revenir aussitôt…. hé on retourne à la cour des casemates...

Cette fête répond peut-être avant tout à une soif de partage des lieux de rassemblement dans l’espace public.  Besoin profond, vieux comme le monde, du citadin de croiser son voisin et de le saluer. Avant, il y avait des lieux géographiques pour cela : la place du village. Maintenant : il y a des événements dans l’année : fête de la musique, fêtes de Genève, fête de l’escalade. Allait-on se poser sur un banc de la place comme l’on va maintenant sous une tente aux bastions pour boire une bière ? Et prenait-on l’air comme l’on prend désormais du son ? Il faut un objectif à la ballade, et une raison de mettre le nez à la fenêtre alors que les incitatifs à demeurer chez soi sont forts (home-cinéma, inertie, économie, épuisement).  Pourtant c’est si beau une ville en fête, ça n’a pas de prix. Et là, ça tombait bien, c’était gratuit pour tout le monde, merci la Ville. Ce week-end on remettait ça, c'était la 31e édition de la fête de l'association pour l'encouragement de la musique improvisée  au parc des Cropettes. Pas vu Paul, pas vu Cécilia, ils devaient être au premier concert de Musique en été qui s'ouvrait ce samedi au Victoria Hall pour se clore le 21 août sur la scène Ella Fitzgerald. Génial, on aura donc tout l'été pour s'y retrouver...  

 

 

 

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25/06/2013

Vendre ou ne pas vendre telle est la question

imagesCANFEN60.jpgMes paroles volent en haut, mes pensées demeurent en bas. Paroles sans pensées ne montent point au ciel (Shakespeare, Hamlet)

Vendre ou ne pas vendre telle est la question se demande-t-il, la télécommande levée devant les yeux. Toute son existence semble être recueillie là, dans ce bouquet de programmes Naxoo et la promesse irréalisée d'un triple Play, comme l'hiver sur la glace il regardait Sourya Bonaly faire des triple lutz jusqu'à en avoir la tête qui tournait. Maintenant, télécommande levée devant les yeux, il préfère que les américains crèvent la gueule ouverte plutôt que de leur vendre une part de la société, et cela à n'importe quel prix. Pourquoi? Parce que tout est pourri au royaume US. Mais alors, comment garantir les emplois ? La question ne se pose pas. Pour lui, il ne faut surtout pas vendre Naxoo, par principe. Arrêt sur image. C'est un dogme, c'est un choix, c'est comme ça. Point final. Etre de gauche pour lui, c'est par principe ne jamais vendre aux américains. Comme être de droite c'est toujours vendre, quoi qu'il en soit. Malheur à qui déroge à cette loi. Fast forward sur la télécommande. Il se passe le débat en accéléré. Le son est un peu fort, en même temps,  c'est censé produire son effet et cela passe bien.

Pause: la téléphonie la télévision et internet évoluent dans un marché hyperconcurrentiel. Comment y régater en étant lié par une convention mal ficelée adoubée en 2006 par les syndicats? Il se gratte le ventre, ouvre une bière. Non, il n'a pas les moyens d’être compétitif, même avec toute la mauvaise volonté du monde. Mais peut-être qu'en y croyant fort, il pourrait y arriver. C’est la lutte finale ? Quand même, lâcher prise devant les suppôts du capital, ça il ne peut s’y résoudre. Et si on osait un petit reply ? En 2006 alors qu’il était aux Service industrielles de genève, le camarade Vanek a vendu les actions SIG aux américains d’UPC Cablecom sans broncher, le traître. Et le camarade Bernard Clerc lui a emboîté le pas en vendant les actions de la Banque cantonale genevoise à UPC Cablecom, le traître, lui aussi. Suppôts de Denver, va ! Mais autres temps autres mœurs, aujourd’hui les mêmes disent niet. S’il faut crever la gueule ouverte, qu’ils crèvent la gueule ouverte les travailleurs de Naxoo ! La politique politicienne avant tout. Ils ne passeront pas dans nos tubes, même si cela implique de les boucher.  

Pourtant, le meilleur moyen de maintenir les emplois, c’est bien de faire en sorte qu'une entreprise soit unie, compétitive, et qu’un patron reprenne la barre pour éviter les blocages entre actionnaires, avec la capacité d’investir. Comment stopper la baisse des emplois (-10 emplois depuis 2011) dans l’entreprise ? Comment stopper la perte de 2% de prises par an pour Naxoo ? Le meilleur moyen de maintenir les emplois ce n’est pas de figer l’entreprise. C’est de la laisser vivre. Et la laisser vivre, pour la Ville de Genève, c’est de vendre les actions qu’elle possède, au plus offrant.

Il pensait trouver du soutien dans les autres communes, mais Vernier, Meyrin, Lancy et même Carouge où Ensemble à Gauche est représenté, ont vendu, eux. Il est presque tout seul devant sa télé, et il est tard. Et il est le dernier à se poser des questions existentielles sur ses parts dans la société. Ce n’est pas une honte de vendre quand il faut sauver une entreprise. Ce n’est pas une honte de sauver des emplois, même s’il faut les négocier avec des américains. Et puis, surtout, le produit de la vente, les 57 millions, n’est-ce pas un bon apport d’argent pour des crèches, le service social, l’aménagement public ? N’est-il pas préférable d’obtenir des millions pour les besoins de la population plutôt que de conserver des prises télévision inutilisées ?  Dans la rue, des employé-e-s inquiets du changement crient : "Naxoo est à nous". Et ils ont raison ! Naxoo est à nous, à la collectivité publique, pas aux extrêmes de gauche ou de droite, qui veulent se l’approprier. Et puisque vendre est le seul moyen de rendre service à la collectivité et aux employé-e-s, il faut donc vendre, et reposer doucement cette télécommande.

Il se gratte le ventre et s'ouvre une nouvelle bière. Il ne veut pas  lâcher et vendre. Non. Vive le statu-quo ! Il veut tourner en bourrique les américains et caresser l’ego des syndicats. Ainsi, ils ne pourront nous contrôler et faire de 022 telegeneve SA, un lieu d'espionnage pointu à la solde de l'oncle Sam, tout savoir de nos messages et nos téléphonies, et voir le fond de nos canettes avant même que nous ne les ayons vidées. Comme si la CIA et la NSA avaient besoin de 022telegeneve pour nous espionner.

Vendre ou ne pas vendre telle est la question de notre Hamlet moderne. Et la folie le guette. Heureusement, sur sa chaîne préférée, il y a la diffusion d’un Marc Dorcell. La philosophie, ça va un temps, après il y faut de l'action. Il ne vendra pas, c’est décidé. Il enfonce la touche off, résolument. Tant pis pour la casse et les emplois. Parce que tout est pourri au royaume US.

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21/06/2013

La tortue a deux têtes est sur les pattes arrière

Qu'arrive-t-il à la tortue bicéphale du musée d'histoire naturelle? On la dit malade, déprimée. Et quand on demande à la rencontrer pour l'interviewer, on nous annonce poliment qu'elle est aux soins intensifs. Ordre des docteurs: aucunes visites autorisées pour l'instant. Au menu de la convalescente: prises de sang, pochettes de plasma, salade survitaminées et lait maigre dans un petit lit blanc composé de barreaux en allumettes. Notre tortue atypique est désormais en quarantaine chez les blouses blanches, invisible aux yeux du public. Ô longues plaintes des familles qui viennent de loin pour la voir, Ô larmes blanches des bambins qui tels des coryphées déversent des rivières argentées sur les escaliers à l'annonce de l'absence du Janus quadrupède. Janus, Dieu aux deux visages, Dieu des portes et du passage, au nom duquel des groupies se tapent leur unique tête sur la vitre d'un aquarium vide.

Un visage pour le passé, un visage pour le futur, notre tortue est désormais à la croisée des chemins. Janus frappé d'un terrible strabisme oscille entre la vie et la mort. Notre intérêt pour les singes empaillés, les lynx en sagex, les requins en plastique est relatif. C'est notre Caroline à deux faces qui aimantait tous les regards, que tous voulaient voir. La vie, la vivante! C'est notre tortue exotique qui faisait tourner les têtes, et qui aujourd'hui l'a dans le sac, pour ne pas dire ailleurs. Une seule tortue vous manque est tout est dépeuplé. Quelle est la raison de son mal étrange et encore non-diagnostiqué? Son âge? 16 ans (il est certes vénérable pour qui doit cohabiter avec son double). Mais non. Une schyzophérnie tardive? Non plus. Ce qui serait dans le collimateur des enquêteurs, c'est le changement de biotope. Le changement de terrarium m'a tuer aurait écrit la tortue triste de ses pattes tremblantes.

Les faits

Du petit terrarium situé à l'entrée qui lui plaisait tant, la tortue s'est fait aménager un espace avec piscine sur (dé)mesure au premier étage. Grand, beau, lumineux, mais voilà, elle ne s'y est pas adaptée. Cherchant à monter plus haut, à escalader des monticules trop grands, elle a basculé sur sa coquille, au risque d'y osciller jusqu'à la fin de ses jours, et d'y rester. Les gardiens devaient vite se précipiter et délicatement la remettre sur ses pattes. Dédié à cette tâche, il fallait les voir retourner la cascadeuse en lui parlant doucement pour la tranquiliser. Le risque de basculement a été réglé par quelques coups de lime sur les crêtes, mais voilà, l'agitation continue de tenailler notre tortue. Elle passe à l'auto-mutilation, se sciant ses gorges sur des angles du terrarium. Suicidaire notre tortue à deux têtes? Pendant que l'on entasse les humains à Champ-dollon et qu'ils deviennent fous du manque de place, elle cherche à mourir de trop d'espace et de solitude. Il se murmure que les docteurs veulent déjà mettre des reptiles en vitrine à sa place. Ô misère du monde médiumnique. 

Ce qui est sûr c'est que son nouveau terrarium a ajouté du stress à la vie de notre carapaçonnée. Ce domaine plus grand, plus ergonomique et lumineux lui a fait perdre la tête, combiné à l'augmentation du nombre de flashs et de sollicitations. Rançon de la gloire: une dépression carabinée de la bossue!!! Elle s'est alors mise sur les pattes arrière à défaut de s'allonger sur le divan. "Et si on essayait l'hypnose?" ont murmuré alors les psychologues de l'institution. Kafkaïen.

Morale de notre petite fable : la visibilité à tout prix a rendu notre encarapaçonnée vulnérable et les venimeux risquent désormais de lui piquer sa place.

Vous pouvez en soutien envoyer vos feuilles de salade à l'adresse du musée d'histoire naturelle.

Bon rétablissement et longue vie à notre tortue bicéphale!

16/06/2013

L'écran, Nabila et Platon, les plates-bandes des Talibans

nabila,platon,taliban,bombes,écransDans la cosmologie sumérienne, celle des égyptiens, des premiers grecs, la terre était plate et elle était au centre de l'univers. A partir du 6e siècle, ça se corse: le fait que la terre est ronde est acquis (merci Pythagore et Platon). L'histoire du monde est ensuite une fascinante évolution pour connaître la place de notre sphère dans l'univers et sa composition. Tension avec l'église catholique et sa lecture lisse, fidèle à la lettre de la Bible, qui conçoit la verticalité (haut/bas, ascension/chute) mais honnit les courbes, les ondes et les bosses. La vie doit être conforme à la tablette de pierre. Au début était le verbe, pas la vallée.

Placé par quelques inspirés aux replis de l'univers, tournant autour du soleil (Copernic, Galilée), l'Homme jouit pour quelque temps des volumes. Si Thalès imaginait la terre comme un disque flottant sur l'eau, Eluard la voyait lui bleue comme une orange, et malgré le fait que les premiers navigateurs pensaient basculer au-delà de la ligne d'horizon directement dans le vide, rongés par le scorbut, l'abus de rhum et de café, gavés de soleil de sel et de poudre à canon, leurs voyages délirants allaient confirmer que la terre est bel et bien ronde comme le pourtour d'une bouche et sa profondeur sans fin, même en surface.

Et maintenant?

Fini le flower power. Gelé les bourgeonnements du désir, l'éclatement 68-69 d'un feu d'artifice qui appartient déjà à un autre siècle. Le volcan a délivré sa lave. Nous avançons désormais sous la retombée des cendres. Froides. Fukushima et Tchernobyl ont consumé leur coeurs, se ratatinant. Aujourd'hui: écran plats, ordinateurs, publicités placardées sur les murs, les volumes ont disparu. Plus de profondeur de champ et des visions panoramiques. L'horizon c'est le cadre et le cadre c'est le pixel : multitude de petits points, parfois animés, qu'il faut essayer de relier et de fantasmer pour former chair, volume. Des trompe-l'oeil, rien de plus.

Ecran, écran, dis-moi si je suis la plus belle ?

Si l'écran est la seule ouverture, celle-ci est bien souvent un miroir déformant. Comme Narcisse se penchait sur la rivière pour se mirer dans son reflet, on entend aujourd'hui: écran, écran, dis-moi si je suis la plus belle (via skype)? Mais routes, barrières, murs, l'Homme travaille aux angles et aux aplats et les vagues seules permettent de brouiller l'image et la recomposer. Jeter une pierre dans la vitre, l'écran, comme les jeunes hors-cadre, permet de fêler les apparences. Des bouts d'écrans démembrés et recomposés formeront peut-être de nouvelles mosaïques....

La tête dans les étoiles

Faut-il toujours attendre la bonne fenêtre météorologique pour envoyer une fusée dans l'espace? De toute façon, on n'y envoie plus d'humains, on ne décole plus. Désormais entre le café et la dépose des enfants à l'école, un voisin pilote à toutes heures du jour et de la nuit des drones sur petit écran pour les envoyer réduire à rien quelques talibans lointain. Conduites par écran interposés, les courbes des utopies se sont inversée. Nous avions la lune, l'espace dans le collimateur, nous avons attéri en Afghanistan sur les plates-bandes des Talibans.

Le dernier Eldorado sera-t-il mammaire?

Ce qui semble encore porteur, ce sont les marques volumineuses, crise oblige, comme celles de Nabila, dernière en date à offrir à la masse des sphère et du volume. Découpages sur petit écran ou papiers glacés, là se logent les dernières espérances virtuelles d'un relief (avec les trajectoires du petit ballon rond du football peut-être). Platon, Aristote nous ont fait croire aux courbes sur l'aplat du papier. Nabila, Zahia, par leurs courbes fictionnalisées et pixelisées, nous ont recollé à l'écran. Et quand Angelina se fait une double masectomie des seins, aplatit préventivement ses formes, un choc tellurique secoue la planète.

Un monde à plat?

Alors que les anciens pensaient la terre plate, ils ont lancé les voyages des grandes découvertes pour y aller voir. Alors que nous pensons tout voir sur le petit écran, que ce monde semble clos et sans relief, il y a urgence à former des plis et reformer des crêtes, passer tête la première au travers du cadre.

Ecran de veille.

L'aventure véritable commence en creux, là où s'éteint l'écran.

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14/06/2013

tu choisiras la vie

23437.jpg"Je ne suis pas morte à quatre ans parce que j'adorais lire. Quand, en pleine guerre d'Algérie, la bombe de l'OAS (organisation armée secrète), destinée au ministre André Malraux, qui habitait au-dessus, a explosé sur le rebord de ma fenêtre, j'étais allongée par terre, plongée dans mon livre. De sorte que j'ai perdu la vue, mais pas la vie, quoique de justesse, quand tout a volé en éclat"  Ainsi commence le livre de Delphine Renard "Tu choisiras la vie" écrit 50 ans après l'attentat qui, enfant, l'a défiguré et pris la vue. Cet ouvrage est aussi dédicacé au neuf personnes tués par la police aux ordres du tristement célèbre préfet Papon au métro Charonne à Paris lors des manifestations demandant la paix en Algérie et brutalement réprimées au lendemain de l'attentat. Le plus jeune de ces travailleurs et travailleuses assassinés avait... 16 ans. 

Que raconte ce livre? il dévoile sans haine la violence aveugle et son inscription irréversible dans un corps. Il déploie, dans une langue puissante, tendre et incarnée, l'intime besoin de dire: je suis marquée à cet endroit par cet événement j'ai traversé ceci et la plaie est encore ouverte. Il souffle la volonté de se construite malgré l'injustice, en refusant la nuit et le silence. Il exprime la résilience, son coût aussi.  

Le titre s'inspire d'un passage biblique (Deutéronome 30) "Regarde, j'ai mis aujourd'hui devant toi la vie et le bien, la mort et le mal. Choisis donc la vie, afin que tu vives, toi et ta postérité." Il reconstitue un cheminement de mémoire, de compréhension et ouvre les boucles d'émotions de celle qui s'est construite depuis l'horreur et dans l'émancipation, rappelant au passage les tortures pratiquées par Jean-Marie Le Pen durant la guerre d'Algérie pour lier étroitement l'intime et le politique.

Delphine Renard, dans un interview au journal l'Humanité disait récemment porter une responsabilité à l’égard de ceux qui, atteints par le terrorisme de l’OAS, y ont perdu la vie et ne sont plus là pour en témoigner. Elle disait son écoeurement devant la décoration de la légion d'honneur de certains membres de l'OAS par Chirac et Sarkozy: Michel Alibert en 2006; Gérard Baudry, Jean-François Collin et Hélie Denoix de Saint Marc entre 2007 et 2011. Et son soulagement à voir ces décorations révoquées par François Hollande. Position nouvelle de l'Etat français sur la question de la guerre d'Algérie. 

Pourquoi écrire aujourd'hui? Parce que les années Sarkozy ont poussé une politique de mémoire révisionniste qui consistait à glorifier d’anciens terroristes de l’OAS et négationniste par le mépris dans lequel étaient tenues les victimes de cette organisation. Le 1er mai 1995, Brahim Bouraam était poussé dans la Seine par un jeune du Front National. Le 5 juin dernier, Clément Meric était frappé à mort à Paris par un membres des jeunesses identitaires. Alors, oui, écrire pour ne pas être complice et jeter la luimière sur les conséquences des mouvements identitaires nationalistes.   

Delphine Renard termine son livre en racontant le dévoilement de la plaque en mémoire des tués du métro Charron par le marie de Paris,Bertrand Delanoë, le 6 octobre 2012.

Ce qui était "juste" des mots, puis juste le dévoilement d'une plaque, devenait aussi tout un signal.

Le choix d'une vie.

OAS, DElphine Renard, LE Pen, extrême droite, tu choisiras la vie
 

16:46 Publié dans Humeur | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : oas, delphine renard, le pen, extrême droite, tu choisiras la vie | |  Facebook |  Imprimer | | |

03/06/2013

L'austérité tue

couv1178.jpgAu nom de la crise, les comptables des équilibres à tous prix ont sorti leurs calculettes pour raboter dans les dépenses publiques, limiter les prestations a tout va. "Casser des prestations pour faire ma promotion", serait-ce le nouveau slogan des candidat-e-s de droite en période électorale? On en a eu en tous cas un exemple foudroyant par le Grand Conseil qui, par principe, a bloqué durant 5 mois le vote du budget 2013, ce qui a coûté bien plus cher à la collectivité que les économies qu'il a essayé de faire. 

Accepter le tabou de la dette c'est tomber dans le panneau de l'austérité

Les déficits  sont creusés par l'austérité et la volonté de budgets à zéro à tous prix. Les politiques d'austérité s'exercent contre les plus fragiles économiquement: les aînés, les jeunes, les familles, qui voient leurs prestations diminuer, la qualité des services baisser, les temps d'attente aux urgence augmenter. Par quel mystification, serait-il possible de choisir, contre ses intérêts propres, de soutenir des politiques d'austérité et des budgets rabotés? Par la mystification du chiffre. Le mot dette est devenu un tabou. Au prix de son évitement, certains sont prêts à tout casser, et à accentuer les pauvretés. Accepter le tabou de la dette c'est tomber dans le panneau de l'austérité et perdre de l'argent.

L'austérité tue

C'est le titre du dernier numéro du Courrier international. Il fait le lien entre l'économique et la santé publique. Partout où des cures budgétaires visant à l'austérité ont été menées, la santé publique s'est dégradée. Pourtant, "pour chaque franc invesit dans les programmes de santé publique, on obtient trois francs de croissance économique". Trois principes devraient donc guider toute stratégie de réponse aux crises économiques annonce cette édition du Courrier 1) Ne pas faire de dégâts. 2) Traiter le chômage pour ce qu'il est : une pandémie. 3) Investir d'avantage dans la santé publique lorsque les temps sont durs. Tenir à une ligne "dure" conduit en fait, au nom d'un principe-étalon, à aggraver la crise, en ne donnant plus les moyens aux associations de faire leur travail, en rendant les gens malades, de par la précarité de leurs conditions, les conduisant au chômage, à l'hôpital, et fragilisant, par des cures d'austérité successives les conditions d'accueil dans les hôpitaux, la qualité de vie, et la sécurité. Cela coûte au final très cher.  

A Carouge, les citoyen-ne-s voteront le 9 juin leur budget 2013 suite à un référendum de la droite. Là encore, pour des économies de principe (environ 3 cafés par mois par habitant, soit 10 francs en moyenne) les carougeois risquent de perdre, par exemple, 50% de leur effectif de la police municipale, 50% de subventions aux associations (aînés, culture), et 50% de leurs travaux d'entretien. Quelles conséquences sur la santé publique? Le principe de l'austérité ne fonctionne pas. Il détruit ce qui crée de la richesse sociale: les places de crèche, les policiers dans les rues, le tissus associatif. Il coûte au final bien plus cher que les économies qu'il cherche à atteindre. OUI, le 9 juin à Carouge pour un budget responsable et solidaire.Oui.

Le 9 juin encore, le canton de Zurich votera lui sur une taxe majorée sur les grosses fortunes. La taxe pourrait rapporter jusqu'à 220 millions par an à la collectivité. Les Zurichois montreront-ils une voie à suivre? Si certains veulent l'austérité et la régression sociale à tout prix, un vrai débat doit s'engager sur, par exemple, les niveaux acceptables de la dette en temps de crise, une fiscalité plus juste, que ce soit par la  supression du bouclier fiscal, ou par l'augmentation de quelques centimes d'impôts à l'avantage des classes les plus exposées. L'austérité n'est pas une solution, c'est plutôt une des composantes du problème. Et s'il peut toujours sembler plus facile de casser ou de laisser se détériorer que d'entretenir, c'est à long terme clairement un calcul coûteux.

 

 

  

 

 

 

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