sylvain thévoz

03/06/2013

L'austérité tue

couv1178.jpgAu nom de la crise, les comptables des équilibres à tous prix ont sorti leurs calculettes pour raboter dans les dépenses publiques, limiter les prestations a tout va. "Casser des prestations pour faire ma promotion", serait-ce le nouveau slogan des candidat-e-s de droite en période électorale? On en a eu en tous cas un exemple foudroyant par le Grand Conseil qui, par principe, a bloqué durant 5 mois le vote du budget 2013, ce qui a coûté bien plus cher à la collectivité que les économies qu'il a essayé de faire. 

Accepter le tabou de la dette c'est tomber dans le panneau de l'austérité

Les déficits  sont creusés par l'austérité et la volonté de budgets à zéro à tous prix. Les politiques d'austérité s'exercent contre les plus fragiles économiquement: les aînés, les jeunes, les familles, qui voient leurs prestations diminuer, la qualité des services baisser, les temps d'attente aux urgence augmenter. Par quel mystification, serait-il possible de choisir, contre ses intérêts propres, de soutenir des politiques d'austérité et des budgets rabotés? Par la mystification du chiffre. Le mot dette est devenu un tabou. Au prix de son évitement, certains sont prêts à tout casser, et à accentuer les pauvretés. Accepter le tabou de la dette c'est tomber dans le panneau de l'austérité et perdre de l'argent.

L'austérité tue

C'est le titre du dernier numéro du Courrier international. Il fait le lien entre l'économique et la santé publique. Partout où des cures budgétaires visant à l'austérité ont été menées, la santé publique s'est dégradée. Pourtant, "pour chaque franc invesit dans les programmes de santé publique, on obtient trois francs de croissance économique". Trois principes devraient donc guider toute stratégie de réponse aux crises économiques annonce cette édition du Courrier 1) Ne pas faire de dégâts. 2) Traiter le chômage pour ce qu'il est : une pandémie. 3) Investir d'avantage dans la santé publique lorsque les temps sont durs. Tenir à une ligne "dure" conduit en fait, au nom d'un principe-étalon, à aggraver la crise, en ne donnant plus les moyens aux associations de faire leur travail, en rendant les gens malades, de par la précarité de leurs conditions, les conduisant au chômage, à l'hôpital, et fragilisant, par des cures d'austérité successives les conditions d'accueil dans les hôpitaux, la qualité de vie, et la sécurité. Cela coûte au final très cher.  

A Carouge, les citoyen-ne-s voteront le 9 juin leur budget 2013 suite à un référendum de la droite. Là encore, pour des économies de principe (environ 3 cafés par mois par habitant, soit 10 francs en moyenne) les carougeois risquent de perdre, par exemple, 50% de leur effectif de la police municipale, 50% de subventions aux associations (aînés, culture), et 50% de leurs travaux d'entretien. Quelles conséquences sur la santé publique? Le principe de l'austérité ne fonctionne pas. Il détruit ce qui crée de la richesse sociale: les places de crèche, les policiers dans les rues, le tissus associatif. Il coûte au final bien plus cher que les économies qu'il cherche à atteindre. OUI, le 9 juin à Carouge pour un budget responsable et solidaire.Oui.

Le 9 juin encore, le canton de Zurich votera lui sur une taxe majorée sur les grosses fortunes. La taxe pourrait rapporter jusqu'à 220 millions par an à la collectivité. Les Zurichois montreront-ils une voie à suivre? Si certains veulent l'austérité et la régression sociale à tout prix, un vrai débat doit s'engager sur, par exemple, les niveaux acceptables de la dette en temps de crise, une fiscalité plus juste, que ce soit par la  supression du bouclier fiscal, ou par l'augmentation de quelques centimes d'impôts à l'avantage des classes les plus exposées. L'austérité n'est pas une solution, c'est plutôt une des composantes du problème. Et s'il peut toujours sembler plus facile de casser ou de laisser se détériorer que d'entretenir, c'est à long terme clairement un calcul coûteux.

 

 

  

 

 

 

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