sylvain thévoz

23/05/2013

Le kamikaze de Notre-Dame le MCG et la haine ordinaire

Dominique Venner, idéologue d'extrême droite, résolument opposé au mariage homosexuel, a voulu donner une dimension publique extrêmement forte a son suicide en allant se supprimer dans la cathédrale de Notre-Dame. Comment interpréter cet acte? Tout d'abord, comme un acte kamikaze. Cette opération suicide a fait une victime: lui même. Acte terroriste tourné contre soi même, il montre la morbidité extrême de l'extrême droite, sa puissance destructrice cristalisée en un acte. Se rendre dans un lieu sacré, une cathédrale, pour s'y supprimer, c'est montrer qu'il n'y a plus rien qui tient devant la volonté de mort, la pulsion de destruction.

Il faut relire le commentaire de Marine Le Pen suite à cet acte kamikaze sur twitter : "Tout notre respect à Dominique Venner dont le dernier geste, éminemment politique, aura été de tenter de réveiller le peuple de France."  Le respect pour un homme qui se tue? L'option préférentielle de saisir de fusils pour réveiller les français ? Mais quel réveil possible et quelle est la valeur accordée à la vie pour que le respect honore ceux qui se suppriment?  L'extrême droite dit: nous respectons la mort, nous respectons celui qui se colle une balle dans la tête, à défaut de lui offrir une promesse de paradis. On est là dans le champ de l'éloge et de la glorification mortifère.

Finalement, qu'est-ce qui sépare l'extrême droite phobique des islamistes radicaux phobiques? Pas les armes, car ils emploient les mêmes. Anders Behring Brevnik et son massacre sur l'île d'utoya en 2011, les ratonades d'homosexuels en France (+23% en quelques mois), les intimidations, les menaces, et comme ce mardi derrière l'autel de Notre-Dame, les passages à l'acte violent sont le miroir exact des attentats et des atteintes à la liberté individuelle par les islamistes radicaux. Alors, qu'est-ce qui distingue l'extrême droite des islamistes radicaux? Après cet acte de mort salué par la cheffe de parti de l'extrême droite française, rien. Même éloge d'une pureté mythique, même rejet de l'autre, abhorration de toute expression de la diversité, qu'elle soit ethnique religieuse ou sexuelle... et même glorification de la mort. 

L'extrême droite et l'islamisme radical sont les deux face d'un même visage, où la parole, l'échange, le dialogue, sont niés. Nous ne sommes pas à l'abri de cela en Suisse, les propos du MCG ces derniers jours, que ce soit au conseil municipal de la Ville, où le conseiller municipal Menoud annonce le retour des croix gammées, et traite une campagne de lutte contre l'homophobie de propagande pédophile alimente directement ce genre de poison qui circule sur internet: " Je mettrai volontiers une balle dans la nuque aux personnes qui font les lois en vue d'adoption d'enfants par des gays et lesbiennes" lu sur le profil Facebook de Laurent Leisi, conseiller municipal MCG. Cette banalisation de la haine ordinaire ne suscite pas d'enquête, le procureur ne semble pas s'en inquiéter, dans une sorte d'impunité, juridique, morale, qui fortifie l'escalade des propos et le sentiment d'impunité de certains. Alors, balle dans la nuque ou balle dans la tête? Si Marine Le Pen souhaite que les coups de fusils réveillent les français. Que cherche le mouvement citoyen genevois, en train de virer milice?

Combien d'insultes et de provocations encore avant qu'un déséquilibré endoctriné ne se sente inspiré par les propos d'élu-e-s MCG qui pourrissent la vie parlementaire de la République? Un seul barrage à l'extrême droite, qu'elle soit du front national en France ou du MCG à Genève: les urnes. La mobilisation pour ne pas cèder à la haine ordinaire, la désignation de boucs émissaires et la banalisation de la violence verbale voire physique qui l'accompagne.

Car si la libre expression de la haine ordinaire peut se confondre avec la liberté d'expression, elle ne poursuit résolument pas les mêmes buts. 

 

 

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20/05/2013

P.e.e.p.s.h.o.w d.e l.a P.e.n.t.e.c.ô.t.e

Les mains posées sur la table comme dans le film de Wim Wenders "Paris-Texas". Il regarde le spectacle, ça bouge et ça danse derrière la vitre. Lui sait ce qui se donne à voir là dans le petit carré de verre et d'aluminium. Il connaît bien les règles. C'est lui qui les fait. Il dit: DEMOCRATIE= LIBERTE DE DIRE TOUT CE QUI ME PASSE PAR LA TETE. C'est très important pour lui. Un jour on l'a fait taire. Violemment.    

Il remet une pièce quand le rideau se baisse. Le rideau remonte alors doucement. Encore. Il a plaisir à voir le rideau se baisser; plaisir quand le rideau remonte aussi. Tout le monde veut y passer. Il fredonne doucement "you wanna play, you gotta pay" comme dans la chanson de Syleena Johnson. Voyeur? Non, il commente, lui, c'est tout. Il prend les autres à témoin. "Hey brother, it's okay, it's okay mon frère, let it be". Tu ne vas pas quand même pas t'attaquer à une montagne? T'es con ou quoi? 

Peep-show de la Pentecôte. Il se met à bouger un peu. Sabbah. Ahhhhhhh.

Ce qu'il voit c'est un long texte qui s'écrit, mais il n'entend aucun son. Ce n'est pas lu, c'est donc que c'est écrit. C'est un long rouleau oui: fragment de la bible. Un morceau deux fois millénaire, lourd. Le sacré, c'est une certaine idée de Dieu jetée dans le monde. Il se murmure pour lui même: l'écriture c'est encore autre chose, ça a un tout autre statut. Ecriture d'un côté, parole de l'autre. Rue d'un côté / rituel républicain de l'autre. Le mal / le bien. Tu déconnes? Il distingue cela très bien. Mais le bouc émissaire est toujours un peu porteur des deux. C'est un métisse, un hybride, c'est un bâtard, et c'est plus compliqué qu'il n'y paraît. C'est un martyre, évidemment, le Christ aussi. 

D'un regard précis, il lit : Q.u.a.n.d l.e j.o.u.r d.e l.a P.e.n.t.e.c.ô.t.e a.r.r.i.v.a, l.e.s c.r.o.y.a.n.t.s é.t.a.i.e.n.t r.é.u.n.i.s t.o.u.s e.n.s.e.m.b.l.e a.u m.ê.m.e e.n.d.r.o.i.t

"Quand le jour de la Pentecôte arriva, les croyants étaient réunis tous ensemble au même endroit."

C'est bien ça. C'est la fête aujourd'hui et c'est congé. Pas de Migros, pas de Coop. Personne il va travailler. Sauf lui. Lui, il travaille. Il se frotte le menton, cherche encore une petite pièce dans sa poche. Pas facile de s'arrêter quand on turbine toute la journée, sans jamais prendre de repos, à peine manger. Et avec cette odeur de lessive et de souffre bouilli.... y'en a marre. Maintenant les mains dans le dos il s'avance tout contre l'écran comme cet homme s'avançait contre un autre dans un parlement. Presque à le toucher. N'était l'eau qui les séparait. Et l'injure. 

"T.o.u.t à c.o.u.p, u.n b.r.u.i.t v.i.n.t d.u c.i.e.l, c.o.m.m.e s.i u.n v.e.n.t v.i.o.l.e.n.t s.e m.e.t.t.a.i.t à s.o.u.f.f.l.e.r e.t i.l r.e.m.p.l.i.t t.o.u.t.e l.a m.a.i.s.o.n o.ù i.l.s é.t.a.i.e.nt a.s.s.i.s."

Il faut bien les imaginer ces lettres de feu qui s'impriment une à une sur l'écran. Dans un silence où plus rien ne se dit. Un homme se lève. Au micro il vitupère. Il n'est pas Satan, bien évidemment que non. Satan, si tu le connais, est beaucoup plus suave, beaucoup plus amical aussi. Banalité que tout cela.  Là où il y avait toujours le brouhaha il y a maintenant un parfum de scandale et une caméra qui filme cela.  Complicité de ceux qui parlent. Complicité de ceux qui se taisent. Il faut être tactique et stratégique Paul, tu comprends? 

Alors, power to the theology? Vieille anti-rengaine de la gauche soixante-huitarde. Mais pourquoi se sont-ils rassemblés dans cette pièce? Pour y faire quoi? Ont-ils peur? De qui? La porte est-elle fermée de l'intérieur? L'histoire ne le dit pas. L'histoire d'ailleurs ne dit rien tant que quelqu'un ne prend pas la liberté de l'inventer pour la raconter.

"I.l.s v.i.r.e.n.t a.l.o.r.s a.p.p.a.r.a.î.t.r.e d.e.s l.a.n.g.u.e.s p.a.r.e.i.l.l.e.s à d.e.s f.l.a.m.m.e.s d.e f.e.u; e.l.l.e.s s.e s.é.p.a.r.è.r.e.n.t e.t e.l.l.e.s s.e p.o.s.è.r.e.n.t u.n.e à u.n.e s.u.r c.h.a.c.u.n d.'.e.u.x."

Il y a donc une flamme pour chacun, même s'ils sont un groupe, unis, pourtant des individus toujours. Rivalités. Evidemment. Et s'il y a un groupe, chacun encore reçoit personnellement et donne de même. 1+1+1+1 ainsi jusqu'à 80. Bouche ouverte ou fermée. C'est selon.

"I.l.s f.u.r.e.n.t t.o.u.s r.e.m.p.l.i.s d.u S.a.i.n.t-E.s.p.r.i.t e.t s.e m.i.r.e.n.t à p.a.r.l.e.r e.n d.'a.u.t.r.e.s l.a.n.g.u.e.s, s.e.l.o.n c.e q.u.e l.'.E.s.p.r.i.t l.e.u.r d.o.n.n.a.i.t d.'.e.x.p.r.i.m.e.r."

Un délire?

Il y a là quelque chose qui lui parle qu'il comprend pas. Il relit Boulgakov, vite. "Le maître et Marguerite". C'est une soif, c'est une faim. Il ne veut surtout pas paraître pédant. Mais pourquoi se cacher? Il relit la page 73 dans l'édition Pocket. Une évidence,  Et puis A.c.t.e.s 2,1-4 en lettres rouges fluorescentes qui s'impriment alors que retombe le rideau de fer. Plus de pièce dans les poches. Plus de jus. Rien. Juste un smartphone pour consulter wikipédia et savoir à quoi se rattache Pentecôte. Il lit: du grec ancien πεντεκοστὴ qui signifie cinquantième jour. Cinquantième jour après Pâques. Cette fête marque la descente de l'esprit saint. Une voix lui dit que c'est la fin de la peur, la libération et la découverte de la confiance. Ah bon? Alors allelouhia alors.

Croyant ou non, c'est toujours bon à amorcer: la fin de la peur. Il croyait assister à un spectacle, en fait il s'y donnait. Moralité : on est toujours un peu plus acteur que spectateur, c'est ainsi. Il sort dans la rue, léger, tranquille. Il porte l'étrange sentiment d'avoir fait ce qu'il devait faire. L'été peut venir, les grandes fêtes chrétiennes sont passées. Bye bye peep-show de la pentecôte.  See you peut-être à la fête-Dieu qui sait, si le réglement le permet.

Et puis la dernière voix que l'on entend un tout petit peu avant minuit est comme venue de nulle part : "vérité en deça des Pyrénées, erreur au-delà", répète doctement Blaise, sirotant son soda sur une terrasse de Washington D.C.

23:56 Publié dans Genève | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : pentecôte, genève, bible etc. | |  Facebook |  Imprimer | | |

18/05/2013

L'effroyable banalité de la presse


Suite à l'agitation de mercredi passé au Conseil municipal de la Ville de Genève et à la suspension de séance qui en a suivi, les canaux d'informations que sont la Tribune de Genève, le 20minutes, le Matin et... Monsieur Décaillet, canal d'information indépendant, se focalisent sur la honte, le discrédit, que cette suspension de séance a entraîné pour la Ville de Genève. La TDG calcule même combien cela a coûté, par un rapport jetons de présence / suspension de séance, soit 5750.- Le prix de la honte?

Pourtant, le sommet de la honte n'a pas été atteint mercredi soir au Parlement, mais lors des journées suivante et au coeur de cette même presse. Et particulièrement dans un édito du rédacteur en chef de la Tribune, Monsieur Pierre Ruetschi. Ce dernier y affirme en effet que Madame Salerno aurait soutenu l'action des conseillers et conseillères municipales socialistes qui ont posé un papillon anti-homophobie sur leurs pupitres. Or, Madame Salerno n'était même pas présente, elle ne pouvait donc pas organiser ou même soutenir une quelconque manifestation au sein du CM.  Par cet édito, Monsieur Ruetschi a inventé une histoire, mais surtout, il est passé à côté du véritable enjeu. 

Le véritable scandale

Car le véritable scandale, la véritable honte, dans toute cette affaire, c'est qu'un homme puisse dire, dans un parlement municipal, qu'une campagne soutenue par la Ville contre l'homophobie est de la "propagande camouflée pour les pédophiles". Et surtout, qu'il prononce cette phrase terrible, et fidèlement retranscrite par le journaliste Olivier Francey, dans la Tribune de Genève du vendredi : "Demain, on mettra des croix gammées" sans que PERSONNE ne réagisse à ce jour. Que par la suite on pinaille pour savoir si c'étaient des affichettes ou des banderoles qui étaient posées sur les pupitres est proprement hallucinant.

"Demain on mettra des croix gammées"

Est-ce que monsieur Ruetschi, rédacteur en chef, s'est penché sur cette phrase ? En a-t-il bien saisi l'ampleur? Est-ce que monsieur Décaillet, humaniste, croyant, démocrate, a rappelé ce que signifiaient les croix gammées dans les parlements? Non. Monsieur Ruetschi a catalogué l'action de dénoncer l'homophobie comme naïve, stupide et provocatrice. Et Monsieur Décaillet, pourtant si prompt à défendre les institutions et la République, toujours si professionnel, a appuyé sur la faute de le faire. Tous deux ont continué à faire leur travail, pour l'un dans un édito, pour l'autre dans deux billets :«Conseil municipal d'hier, la faute première" et "errances libertaires". Cherchant la faute, désignant le ou la coupable, sans voir qu'en agissant ainsi, en cherchant vite à faire "que cesse ce cirque" comme l'écrit Monsieur Ruetschi, ils le prolongeaient de fait.

Car ce qui est grave, ce n'est pas que des gens de gauche amènent ou pas des papillons dans une enceinte d'un délibératif, rien d'ailleurs dans le règlement ne l'interdit. Ce qui est grave, c'est que dans ce même parlement, un élu en vienne à annoncer la venue des croix gammées; avec le silence pour écho de messieurs Ruetschi et Décaillet qui ne l'ont ni relevé ni condamné. Ce qui est grave, c'est que cette tache sur notre parlement dégouline dans les journaux et sur le net COMME SI DE RIEN N'ETAIT dans une indifférence qui prend de plus en plus la couleur de l'impunité.

Hannah Arendt, Lanzmann à la rescousse

Maintenant: que faire? Alors que des croix gammées déboulent sans raison dans notre délibératif genevois, que les "Heil Hitler" résonnent aujourd'hui même dans un parlement grec, que le 25 mai une manifestation de néo-fascistes est annoncée sur la place de la Navigation, nous devons être extrêmement vigilants et fermes.

Que faire? Voir, comprendre, et Agir. Les deux films puissants qui arrivent prochainement sur nos écrans " Hannah Arendt" de Margarethe von Trotta et "le dernier des injustes" de Claude Lanzmann mettent tous deux en avant les liens complexes entre courage, obéissance, engagement peur et pouvoir. Ils permettront, toutes proportions gardées bien évidemment, d'éclairer sous la lumière d'une toute autre histoire, ce qui s'est passé ces derniers jours dans notre système démocratique. Mais surtout, ils nous aiderons peut-être aussi à  faire un travail délicat pour percevoir à quel niveau de profondeur ou de  surface le mal est logé chez nous ; et combien l'effroyable banalité d'une partie de la presse peut ou non le renforcer.    

19:42 Publié dans Genève | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : arendt, lanzmann, genève, mcg, xénophobie, islamophobie, homophobie, sexisme, racisme | |  Facebook |  Imprimer | | |

17/05/2013

Homophobie ou papillons?

En ce vendredi 17 mai : journée internationale de lutte contre l’homo et la transphobie,  il est plus que jamais important de réaffirmer que la question du choix de l’orientation sexuelle et de son affirmation dans l’espace publique est une question de liberté individuelle et de santé publique. Il faut aussi encourager la Ville de Genève a poursuivre sa lutte contre l’homophobie qui conduit à la dépression et au suicide de nombreux jeunes lors de la période délicate de l’affirmation de leur orientation sexuelle. La campagne des jeunes LGTBTyouth j’interAgis mise en cause par l’extrême droite a d’ailleurs montré cette semaine toute sa pertinence.  

Petit rappel. Lors de la séance du conseil municipal du mercredi 15 mai, un membre du mouvement citoyen genevois a attaqué ces jeunes qui luttent contre l’homophobie en comparant leur campagne j’interAgis à de la « propagande camouflée pour les pédophiles » avant de lancer « demain on mettra des croix gammées ». Ce monsieur a appuyé son intervention en prenant pour cible les papillons de papier j’interAgis que les socialistes avaient déposé sur leur pupitre et a provoqué un scandale.

Il était alors exclu pour les socialistes de retirer ces papillons comme nous avions prévu de le faire sans que ce conseiller municipal, pour le moins, revienne sur ses propos, voir soit rigoureusement sanctionné pour ceux-ci. Le bureau du conseil municipal, à majorité de droite, en choisissant de ne pas tenir compte des insultes de ce monsieur a fait preuve d’un certain laxisme qui a provoqué le blocage de la situation. Une ligne rouge avait été franchie. Elle devait clairement être signifiée, au risque de la suspension de séance. Laisser l’homophobie la plus crasse prendre le pouvoir au sein du conseil municipal n’était tout simplement pas envisageable.

La manière dont une partie de la presse a couvert ces évènements est extrêmement choquante. Mettre sur un pied d’égalité les propos discriminatoires de Monsieur Menoud et le fait que des flyers de papier colorés aient été déposé dans le parlement, contribue à la banalisation de l’homophobie. Il faut donc condamner avec la plus grande fermeté les propos inqualifiables tenus par ce membre du MCG ainsi que les propos homophobes et sexistes récurrents au sein de ce groupe, comme il faut les combattre au quotidien l’homophobie, la misère sociale et toutes les inégalités sociales.

Qu’est-ce qu’une séance du conseil municipal agitée en regard d’un jeune adolescent ou d’une jeune adolescente qui se suicide en raison du rejet lié à son orientation sexuelle ?

12:25 Publié dans Genève | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : genève, homophobie, intolérance, extrême droite, santé publique | |  Facebook |  Imprimer | | |

16/05/2013

Le MCG ne combat plus, il colle.

Le MCG ne combat plus, il colle.

Faisant preuve de sa haine de toute différence envers les femmes, les frontaliers, les gays (faudrait les mettre dans les camps de travail!) et les musulmans; comparant un mouvement de jeunes défendant les mêmes droits pour tous de cache à pédophile, et poussant toujours plus loin la provocation et la surenchère, le mouvement, gonflé aux hormones d'une campagne électorale, tombe dans la caricature de lui-même en bloquant le fonctionnement du conseil municipal par des propos qui n'ont rien à faire dans une enceinte parlementaire. Alors que des parlementaires mettaient en avant une action de la Ville de Genève, dans le cadre de la semaine d'action contre l'homophobie: http://www.ville-geneve.ch/ Monsieur Menoud, soutenu par son groupe,  avec une  intervention hors cadre et hors norme accusant les homosexuels d'être des pédophiles confond liberté d'expression et insultes. L'enjeu ce n'est donc pas qu'il y ait eu un placard de papier posé dans l'enceinte du parlement, mais que des élus utilisent ce lieu comme un déversoir pour répandre la haine.

A court d'idées à défaut de phrases chocs, inefficace à élaborer des projets, à bout de souffle, le MCG, est incapable de ne pas cèder à la tentation de bloquer la séance du conseil municipal, comme un boxeur fatigué s'accroche à son adversaire pour ne pas tomber. Le MCG ne combat plus, il colle. Il englue le système de toute sa force pour le mettre en échec. Alors vite, on sort le détachant, pour s'en défaire, et mesurer la bonne distance face au boxeur fatigué. L'aile populaire et sociale du MCG, luttant contre les inégalités est en train de se faire dépasser par une frange jusqu'au boutiste et sensationnaliste qui n'a plus que le conflit en tête et veut détruire les institutions. Qui paiera les pots cassés au final ?  

Le mouvement a les pattes lourdes, il se bouge lentement, mais il fait obstruction. Le style échevelé du mouvement se tasse, sa stratégie est prévisible. Ses provocations marchent mal, elles sentent les vieilles ficelles d'acteurs. Attendues, elles se transforment en tics. Un coup sur ceux qui mangent du porc, un coup sur la gauche, un coup sur les femmes. Il faut enfermer les gay dans des camps de travail Et tout le monde de rigoler à la terrasse du café avant que cela n'entre dans les couloirs du parlement. Ah, la bonne blague.  

Faut-il attendre, se taire devant les manoeuvres? Non, il s'agit de répondre par des paroles et des actes. Si la patience et le fait de ne pas jouer le jeu de son adversaire est louable, si la tactique de ne pas lui amplifier son audience se comprend, se taire c'est être complice des intimidations et laisser le champ libre à ceux qui tiennent des propos excluant des parties toujours plus grandes de la population et précarisant l'existence d'un nombre toujours plus grand de citoyen-ne-s.

Le MCG, puncheur fatigué, ne combat plus, il tangue et colle. Il s'agit maintenant de le faire tomber en s'écartant d'un pas en le laissant à ses provocations et méthodes tout en luttant pour les vrais combats: finances, logement, social, mobilité et... sécurité.

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11/05/2013

Le mensonge : barre énergétique ou dopage du politique ?

 

index.jpgQu’est-ce qui faisait l’actualité ? Les mensonges d’un ex-ministre Français, engagé dans le tourbillon du mensonge, de l’avidité fiscale et la fausse-croyance dans l’impunité d’un système. Qu’est-ce qui la fait aujourd’hui : les retombées des soirées Bunga bunga berlusconiennes, ses mensonges et malversations politiques. Alors, le mensonge est-il un piège à retardement ou une promesse de promotion rapide ? « Selon que vous serez puissant ou misérable, les jugements de Cour vous rendront blanc ou noir "écrivait La Fontaine. Vrai, ça ?   

Il y a des mensonges salvateurs et des omissions utiles. Il ne s’agit pas d’imposer un moralisme, mais d’exiger le respect des citoyen-ne-s et de leurs volontés, des cadres légaux et des volontés collectives. Cahuzac, Armstrong : même ascension et même chute. Quand Cahuzac dit « j’aurais dû refuser de devenir ministre mais je n’ai pas eu la force d’âme de le faire », on constate qu’il a bien négocié la valeur de son « âme » (quelques millions dans une banque suisse).  Revers brutal d’amour gloire et beauté

La séparation entre vie privée et vie publique est devenue archi-poreuse. Yvan Perrin s’est rendu médiatiquement et visiblement malade avec ses fragilités. Freysinger, en voyant son drapeau fasciste excavé par les medias et en cherchant à l’enterrer à nouveau, a révélé au grand jour sa part d’ombre. Les médias font leur job. Tant mieux. Et si Trierweiler a écrit trop vite ce qu’elle pensait tout bas, Cahuzac n’a jamais pu dire tout haut ce que les gens devaient entendre. Les politiques sont désormais des menteurs comme les autres. Mais soumis à des pressions fortes, avec une exigence de répondre de leur image à chaque instant qui les rend plus humains, plus proches. Le désir d’esquiver est fort. Les writus les lapsus les téléphones portables sont désormais mouchards ou angelots de poche, c'est selon. Et que celui qui n’a jamais trébuché vole la première pierre.  

Ce qui me réjouis, c’est de sentir que les anticorps sont vivaces, la capacité d’indignation et de révolte puissante. Le désir de justice sociale et de transparence n’a jamais été aussi fort qu’aujourd’hui. Egalité de traitement, pour les riches et les puissants comme pour les pauvres. Une mise à jour du programme LA Fontaine 2.0 est à faire. « Que vous soyez puissant-e- ou misérable les jugements de cour vous prendront comme tout simple citoyen redevable devant votre communauté. » Alors qu’une campagne virulente contre les requérant-e-s d’asile se déroule (votations le 9 juin et où le requérant est comparé à un parasite, un abuseur) et qu’ils doivent faire, eux, toute la lumière sur leur vie, montrer patte blessée, mais pas trop ni trop noire quand même, tout en étant scanné / ausculté sans égards ni pudeurs, quelle justice est dressée pour les menteurs en costard et magouilleurs à col blanc des dessous de coupoles ?

La démarche du gouvernement français d’exiger des ministres qu’ils révèlent leurs avoirs était un bon signal. Parce que, comme dans le sport, les politiques doivent sentir les contrôles et les tricheurs être sanctionnés. Et c'est tous les jours que les élus doivent être placés devant les citoyen-ne-s; quotidiennement que les citoyen-ne-s peuivent exiger des comptes de leurs élu-e-s. Le mensonge, balle à saisir au bond et renvoyer. Tribunaux sportifs, tribunaux administratifs, tribunaux pénaux, tribunaux médiatiques. Tribunaux légaux, même combat.

Tribunaux des coeurs: tribunaux révolutionnaires.


 

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10/05/2013

Le nouveau management tue l'associatif

L'association Tierra Incognita, s'estimant insuffisamment soutenue par les autorités, fermera ses portes à la fin du mois après dix ans d'existence. L'espace, rue Charles-Humbert, qui incluait une cafétéria, proposait des événements culturels, des services pour les migrants, des cours de français et d'espagnol est mort. Cet annonce est un choc dans le milieu socio-culturel genevois, mais pas une totale surprise. Pourquoi ? Parce que l'épuisement guette les associations. Les bénévoles engagés sur le terrain se voient confronter à des charges constamment en hausse et des ressources qui diminuent, voire sont supprimées. Le décalage entre la réalité du terrain, ses besoins complexes, cycliques, se heurtent de plus en plus à des méthodes de gestion et de planification sur le long terme, à grande échelle, en vue d'une promotion de l'action publique grandissante. Or, le socio-culturel c'est aussi du tricotage, du cas par cas, des échelles réduites; des actions qui n'ont pas la prestance et la volonté d'en mettre plein les yeux, mais qui changent la vie. Décalage.

La demande de soutien des associations n'est pas toujours que financière. Elle touche aussi à un besoin de reconnaissance, d'accompagnement et de soutien. Et ces demandes "d'en-bas", se heurtent parfois à des mauvaises compréhensions. L'administration souhaite un "retour sur investissement" et en vient à reprocher aux associations, ça s'entend, par exemple, de ne pas inviter suffisamment les magistrats lors de leurs événements. Mais, pour les associations, les magistrats sont avant tout des garants et des bénéficiaires de leurs activités, (dans le cas de Tierra Incognita, il y a  des personnes qui apprennent le français, ne sont pas dans la rue, une cafétériat qui propose un lieu de socialisation à bas prix, c'est un plus pour la vie commune à Genève, ça!), pas des commanditaires. On voit là l'enjeu de gouvernance et les rapports de pouvoirs que cela implique.

Rajouter un poste de communication pour se faire voir ou valoir, c'est au-dessus des moyens des associations. Rajouter un poste d'administrateur pour faire les papiers les demandes, s'occuper du lobby politico-administratif, cela demande des moyens. Si vous nous demandez plus, nous devons en avoir les moyens, sinon vous nous mettez la corde au cou. Grossir ou mourir, est-ce la seule issue au nouveau management?

La mécanique de la mise à mort des associations est en route.  Si la gestion au projet claque bien sur le papier, rigide, elle pousse à la précarisation dans la durée des associations, ne leur permettant pas de se poser dans la durée. Faites toujours plus, montrez que vous le faites, et si possible, montrez plus que vous ne faites, et faites le savoir. Ce n'est pas possible à tenir dans la durée, et cela finit par se faire au détriment des missions des associations sur le terrain. 

Plus tôt cette année, c'était le lieu d'expérimentation Ex-Machina qui a mis la clé sous le paillasson. Cet espace, rue Cingria, ouvert depuis 5 ans, dans un ancien atelier industriel, a accueilli plus de 200 artistes organisant plus de 24 expositions servant de véritable plate-forme de lancement et de production pour des artistes locaux. N'ayant pu trouver le soutien auprès des autorités locales, Ex-machina a décidé de boucler l'association sur une dernière exposition fin 2012 avec plus de 60 artistes venus précédemment, et de remettre le local. ( Chouette, un nouveau bar à vin en vue!)

Participant à des événements comme la MAC (manifestation d'art contemporain, événement biennal mis en place par le fonds d'art contemporain de la Ville, qui permettait au public de déambuler de lieux artistiques en espaces indépendants de création et de découvrir la richesse du  terreau culturel de notre Ville (éditions en 2006, 2009, 2011) elle "coûtait" au contribuable la somme de 10'000 francs par an. Mais maintenant, malgré ses appels à l'aide, c'est fini, c'est mort. 10'000 francs d'économisé mais un lieu culturel de fermé. Pas très rentable. Le nouveau management tue l'associatif. Il n'est pas possible de soutenir une association comme on dirige une compagnie d'assurance. C'est une question d'échelle, de missions, de philosophie et de culture.

Maintenant, une question très pratique: quelle sera la prochaine association à se faire hara-kiri et qui en portera la responsabilité ?

 

 

01:01 Publié dans Genève | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : associatif, soutien, management, précarité réseau social | |  Facebook |  Imprimer | | |

03/05/2013

Les chaussettes propres de Simonetta

Avoir le dernier mot. C'est avec cette seule idée en tête qu'elle ouvre la discussion. D'ailleurs, elle semble toujours ouvrir une discussion avec une seule idée en tête: la clore. Pourtant le sourire y est, la mine est réjouie. Mais on ne peut être joyeuse quand on est dans sa peau, on peut simplement paraître détendue (un peu). La concertation semble pourtant de mise quand elle demande ton avis, mais quelque part cela se sent: elle fait mine plutôt. Ce n'est pas ce que tu penses qui compte à ses yeux, mais qu'elle parvienne à te laisser entendre que ton avis sera entendu et qu'il comptera. Pour le reste.... tu peux la donnner ton opinion, poser tes questions, douter mais tu ne dois pas sortir des règles du jeu. De la convenance avant tout. 

Si elle te demande ce que tu penses, c'est au pire pour te faire entendre raison, au mieux pour te donner l'impression qu'elle le fait. Et si tu distingues bien le relief des enjeux elle te dira que tu complexifies quelque chose qui est pourtant très simple. Et si tu déplaces sa petite mécanique bien huilée -cela, elle n'aime pas- elle te dira que c'est avant tout l'efficience que génère le changement mais aussi que la révision conduit avant tout au statu-quo. Bon, bref que tout change sans changer et que rien ne change vraiment, finalement. Tu suis? 

Mais alors si rien ne change ou tout change pour le mieux, pourquoi ces nouvelles fenêtres sur la maison, cette nouvelle porte renforcée avec une double serrure dessus? Pourquoi ne pas dire NON le 9 juin? Elle te fera entendre, avec un discours compact, ramassé et rôdé, les arguments qu'on lui a préparé sur les récalcitrants et l'importance de nouvelles mesures d'urgences. Tu te demandes alors si elle y croit vraiment à ce qu'elle annonce. Tient-elle une position parce que son rôle l'exige? Elle dit il faut dire oui oui car /Il suffit de continuer à fermer/ Fermer fermer fermer/ /C'est hermétique et clair cela/ /C'est très très propre/ pas de poussière pas de lenteur pas de débris/ de la propreté avant tout /

Tu ne pourras trouver asile dans ton silence. Il est miné.

Tu ne peux que dire ou disparaître.       

A ton tour.

La discussion dure depuis un petit moment. Trop à son goût. Il faut faire place nette. Elle s'arrête sur le seuil de la maison, agite la main, referme la porte d'entrée derrière elle. Elle te parle encore à travers la porte vitrée. Toi, tu vois juste son ombre bouger. Et puis, ah, elle a oublié ses chaussures sur le seuil avant de se replier. Alors elle ouvre alors à nouveau la porte, regarde d'un air presque inquiet à droite et à gauche si quelqu'un vient et puis les ramène à l'intérieur.

Enfin, après avoir essuyé - va donc savoir pourquoi- ses chaussettes propres trois fois sur la paillasson, elle referme fortement la porte derrière elle, Simonetta. 

13:17 | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook |  Imprimer | | |

02/05/2013

Sous les pavés les potagers!

cc30-a5.jpgQu’est-ce qui nage dans mon assiette ? Comment cela est-il produit, par qui, et dans quelles conditions ? Le vent de panique suite au scandale des lasagnes au cheval étiquetées bœuf a conduit à une profonde prise de conscience que nous n’avons plus le contrôle sur ce qui atterrit dans nos assiettes. Les éclats de merde fourrés dans les tartelettes d’IKEA montrent ce que les chaînes industrielles de consommation peuvent produire de plus exquis. Le parti socialiste ville de Genève a donc choisi de faire un numéro thématique spécial sur les questions alimentaires, pour planter de nouvelles graines.  

Qui sait encore planter, sarcler, biner, faire pousser des tubercules ?Comment voulons-nous produire notre alimentation, selon quels modes et avec qui? La préservation de terres agricoles et fondamentale. Comment garantir une agriculture de qualité et de proximité ? Les jardins urbains pourraient encore être accrus et la vente directe encouragée. Le porte-monnaie de chacun-e- ne s'en porterait que mieux.L’agriculture contractuelle, à l’inverse d’une agriculture livrée aux marchés et aux acheteurs dans des postures de monopole (COOP, MIGROS, etc.,) permet de produire à un juste prix, pour le producteur, pour le consommateur. 

L’affaire TourneRêve, les Jardins de Cocagne, le Jardin des Charrotons, les cueillettes de Landecy, les Ares et Vous à la ferme des Verpillères de Choulex, les vergers d’Epicure, le panier à 4 pattes, etc., etc., sont des démarches participatives qui renforcent ce lien de confiance et créent une plus-value sociale et relationnelle. L’épicerie-restaurant Les Mangeurs, La Fin des haricots, la ferme de Budé, etc permettent de se procurer les produits de l’agriculture de proximité et les déguster. L’espace-terroir délivre des paniers de légumes et de fruits et soutient ainsi la production de la région. Les alternatives existent, elles sont de plus en plus nombreuses ! Pourquoi continuer à manger Dieu sait quoi couvert par des emballages au mieux sexy au pire mensongers? 

Un remède de cheval à la crise de l'alimentation : l’écosocialisme

Parce que tout se tient, parce que le citoyen n’est pas un consommateur passif qui gobe ce qu’on lui met devant le nez comme un cochon, mais un agent de changement et de créativité. Parce que la question du sens, du coût et de l’éthique doit se poser, nous avons désormais deux plats bien distincts devant les yeux : l'écosocialisme ou la merde en boîte. Pourquoi manger de la crotte lointaine quand on peut manger des carottes locales? 

Sous les pavés: les potagers! Sur la planchette: le partage des ressources.  Le changement passera par un changement d'assiette (fiscale et alimentaire). Venez au lancement du journal Causes communes dédié à l'alimentation (28 pages, avec illustrations de Tom Tirabosco) pour déguster la différence.

Vendredi 3 mai dès 18h au Bibarium, 5 rue Dizerens. Vous amenez un petit quelque chose à manger, on amène le vin....