sylvain thévoz

16/05/2013

Le MCG ne combat plus, il colle.

Le MCG ne combat plus, il colle.

Faisant preuve de sa haine de toute différence envers les femmes, les frontaliers, les gays (faudrait les mettre dans les camps de travail!) et les musulmans; comparant un mouvement de jeunes défendant les mêmes droits pour tous de cache à pédophile, et poussant toujours plus loin la provocation et la surenchère, le mouvement, gonflé aux hormones d'une campagne électorale, tombe dans la caricature de lui-même en bloquant le fonctionnement du conseil municipal par des propos qui n'ont rien à faire dans une enceinte parlementaire. Alors que des parlementaires mettaient en avant une action de la Ville de Genève, dans le cadre de la semaine d'action contre l'homophobie: http://www.ville-geneve.ch/ Monsieur Menoud, soutenu par son groupe,  avec une  intervention hors cadre et hors norme accusant les homosexuels d'être des pédophiles confond liberté d'expression et insultes. L'enjeu ce n'est donc pas qu'il y ait eu un placard de papier posé dans l'enceinte du parlement, mais que des élus utilisent ce lieu comme un déversoir pour répandre la haine.

A court d'idées à défaut de phrases chocs, inefficace à élaborer des projets, à bout de souffle, le MCG, est incapable de ne pas cèder à la tentation de bloquer la séance du conseil municipal, comme un boxeur fatigué s'accroche à son adversaire pour ne pas tomber. Le MCG ne combat plus, il colle. Il englue le système de toute sa force pour le mettre en échec. Alors vite, on sort le détachant, pour s'en défaire, et mesurer la bonne distance face au boxeur fatigué. L'aile populaire et sociale du MCG, luttant contre les inégalités est en train de se faire dépasser par une frange jusqu'au boutiste et sensationnaliste qui n'a plus que le conflit en tête et veut détruire les institutions. Qui paiera les pots cassés au final ?  

Le mouvement a les pattes lourdes, il se bouge lentement, mais il fait obstruction. Le style échevelé du mouvement se tasse, sa stratégie est prévisible. Ses provocations marchent mal, elles sentent les vieilles ficelles d'acteurs. Attendues, elles se transforment en tics. Un coup sur ceux qui mangent du porc, un coup sur la gauche, un coup sur les femmes. Il faut enfermer les gay dans des camps de travail Et tout le monde de rigoler à la terrasse du café avant que cela n'entre dans les couloirs du parlement. Ah, la bonne blague.  

Faut-il attendre, se taire devant les manoeuvres? Non, il s'agit de répondre par des paroles et des actes. Si la patience et le fait de ne pas jouer le jeu de son adversaire est louable, si la tactique de ne pas lui amplifier son audience se comprend, se taire c'est être complice des intimidations et laisser le champ libre à ceux qui tiennent des propos excluant des parties toujours plus grandes de la population et précarisant l'existence d'un nombre toujours plus grand de citoyen-ne-s.

Le MCG, puncheur fatigué, ne combat plus, il tangue et colle. Il s'agit maintenant de le faire tomber en s'écartant d'un pas en le laissant à ses provocations et méthodes tout en luttant pour les vrais combats: finances, logement, social, mobilité et... sécurité.

14:16 Publié dans Genève | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : égalité sociale, homophobie | |  Facebook |  Imprimer | | |

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