sylvain thévoz

16/12/2012

Peut-on encore jouir du sexe des huîtres?

Dans la nuit de jeudi à vendredi passé le parlement allemand a fait voter une loi qui rend passible de 25'000 euros d'amende les pratiques zoophiles, afin de protéger les animaux. La nouvelle loi interdit de "soumettre à des actes sexuels ou de mettre un animal à disposition de tiers en vue de le forcer à des actes sexuels". On se demande maintenant comment les juges feront pour évaluer la notion de "forcer" un animal, tout comme celles de "plaisir", "désir" que ce dernier pourrait ou non éprouver envers son meilleurs compagnon : l'Humain.

La sexualité se résume-t-elle à la génitalité? Non. De la caresse au petit baiser sur la truffe en passant par le flattage coquin de l'encolure, combien de maîtres exhibitionnistes expérimentent aussi le SM en attachant leurs bêtes à la laisse devant la Coop ou la Migros? On les comprend. Pourquoi faudrait-il s'en priver? Comme le chantait si bien Brassens :" le gorille est un luron, supérieur à l'homme dans l'étreinte, bien des femmes vous le diront". Alors gare aux gorilles! Faut-il désormais, par crainte de la loi se priver de flatteries sur la croupe, de giligilis dans le cou? Et demander à celles et ceux qui veulent adopter une bête un certificat de bonnes vies et moeurs avant de la leur livrer pattes et coussinets liés? Qui se trouvera en présence d'un animal trop expansif, devra-t-il contacter d'abord son avocat ou un éthologiste afin d'être sûr des intentions de l'animal à son égard? Et les castrations, ça tombe sous le coup de la loi? Baiser avec une bête, c'est pénal, lui couper les couilles, non. Allez comprendre....    

Plus sérieusement: la nouvelle loi permet donc de punir sévèrement les amoureux des bêtes même en l'absence de blessures constatées chez l'animal. Il est désormais interdit de faire jouir et de jouir des bêtes. On ne peut jouir qu'entre animaux humains, sinon, à défaut de carottes: bâton! Depuis 2007, l'amour avec les bêtes est condamné en France par deux ans d'emprisonnement, et 30'000 euros d'amende. Un homme avait reçu un an de prison avec sursis, interdiction définitive de posséder un animal et 2'000 euros d'amende pour avoir sodomisé son poney. Le poney s'était-il plaint? En Suisse, c'est une peine de prison allant jusqu'à trois ans ou une amende qui attend l'amoureux des cornes et sabots, mais seulement s'il fait subir des violences à l'animal (art 135 et 197 du code pénal).

Mais après tout, Jacques Dupin, dans Ballast, enculait bien les chèvres, en poésie il est vrai. Doit-il être condamné pour incitation à la débauche? Et depuis la nuit des temps, que ce soient dans la mythologie grecque, les sociétés agricoles, nomades, masaï, innuits, hopis, rurales, la nôtre donc, la proximité avec les bêtes qui étaient soignées, caressées, utilisées, servaient de modèles éducatifs a toujours été, d'une façon ou d'une autre, sexualisée. L'homme n'a jamais semblé aussi bestial envers ses semblables qu'à notre époque, est-ce une raison pour qu'il s'interdise de caresser ses bêtes? 

Enfin, et c'était le point de vue de Marcela Iacub, juriste des moeurs, dans "Confession d'une mangeuse de viande", il est quand même troublant que la justice se mêle de sanctionner le fait de donner du plaisir aux bêtes et d'en recevoir, alors que l'on peut toujours les tuer/découper/démembrer/écarteler/égorger et ultimement: dévorer. Hameçonner sa truite, avant de l'éventrer, c'est parfait, mais l'utiliser pour autre chose que de se la mettre dans la bouche, c'est pénal! Qui mange un oeuf viole un boeuf? Pas encore. Mais qui sait, peut-être verra-t-on bientôt fleurir sur les emballages des steaks et des boîtes de thon des indication pudiques: "interdit au moins de 18 ans", "contenu pornographique extrême", avec des rideaux opaques pour cacher les viscères de nos bestioles destinées à nos babines lubriques.

Mais ne nous gâchons pas les fêtes pour autant. Ce sont quand même celles du petit Jésus ayant vu le jour entre le boeuf et l'âne, réchauffé par le museau de l'un et serré par les cuisses de l'autre. Alors haro sur le foie gras, le oeufs de lompe, mais ne jouez pas trop avec la nourriture. Et quand vous collerez votre langue sur les sexes d'huîtres vibrantes, ayez l'air calviniste. Il n'y a rien là de sexuel. Et puis surtout, réflechissez avant d'appeler votre amoureuse chienne ou de monter en hennissant votre étalon, des oreilles prudes pourraient bien appeller la police. Et si vous avez le malheur d'avoir d'autres bêtes à la maison, vous pourriez bien finir l'année derrière les barreaux. Autrement dit: en cage....     

 

15:29 Publié dans Air du temps | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : zoophilie, viande, moeurs, sexualité, plaisir, iacub | |  Facebook |  Imprimer | | |

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