sylvain thévoz

01/11/2012

Salerno l'incontournable

Deux belles pages dans le journal Bilan du 31 octobre, rien de moins. Sandrine Salerno est devenue incontournable.  Bilan tente bien un enième lifting d'un profil polémico-médiatique déjà trop étiré, mais cette fois l'article claque comme un masque trop serré sur un visage affirmé. Est-elle trop militante, polémique, trop jeune? Son compagnon est-il à l'Asloca? A-t-elle un temps d'avance et l'état actuel de l'économie valide-t-il les propositions qu'elle avance et les critiques qu'elle adresse à ses représentant-e-s ? Oui oui et encore oui. Quand l'économie zigzague et entraîne au passage des gens dans son sillage, il est bon que des femmes courageuses ne quittent pas le navire. On pourra essayer le botox ou les injections d'EPO pour booster le profil de l'économie, on pourra aussi décider d'élire Salerno.   

Sur le fond, rien de neuf dans l'article de Bilan, si ce n'est de définitivement poser Salerno comme incontournable. Tant pis si, en donnant pas aux milieux d'affaires conservateurs des garanties de soumission, elle leur colle le trouillomètre à zéro. Ce n'est pas Sandrine Salerno qui crée la peur, c'est la fragilité d'un système qui vacille à force d'avoir été trop chargé au sommet et menace de tomber comme un chateau de cartes. Ceux qui avaient promis la croissance sans fin, des emplois garantis, n'ont plus le vent dans le dos. A force d'avoir chargé le château sur une base trop fragile, c'est l'ensemble de l'économie qui vacille.

Salerno, elle, dit depuis toujours des choses simples: si des fondements sains, stables, et assurés ne sont pas posés, nous ne pourrons pas continuer ainsi longtemps et au final ce seront les citoyen-ne-s qui paieront les pots cassés. Si nous ne diversifions pas l'économie, ne sortons pas de la monoculture économique, tout le château risque de s'écrouler. Mais s'il y a bien une chose que les milieux d'affaire détestent, c'est le bon sens, et d'être freinés dans leur course au profit; et de l'être au nom de la collectivité et de la sécurité collective. L'UBS raye d'un coup de crayon 1600 emplois sans états d'âme. La propagande des milieux d'affaire ne nous protégeront de rien. Leur peur est la soeur jumelle de leur impuissance à réguler quoi que ce soit. Le vent vient désormais de face. Salerno est la seule politicienne à pouvoir le recevoir.

On nous annonce l'ouragan de la crise, on nous prédit le crash, mais qui l'aura soufflé? Qui en portera la responsabilité? Les stratèges de l'économie se sont plantés et la peur a changé de camp. Le château tangue? Il faut désormais repositionner les cartes autrement. Quand Salerno occupera le poste de David Hiler, augmentera-t-elle le taux d'imposition des hedge funds à 13% comme le souhaitent les milieux d'affaire ou le poussera-t-elle à 19% ou 24.3% ? Voilà ce qui fait réellement trembler les milieux d'affaires. Pourront-ils continuer de maximaliser leur intérêt ou devront-ils composer avec une personne capable d'instaurer de vrais rapports de force pour un juste équilibrage vers une économie saine, stable et performante, en un mot: durable? 

Si la peur a désormais changé de camp, l'espérance aussi. Salerno est devenue incontournable, c'est Bilan qui l'écrit, avec un petit pincement au coeur en remuant le passé (surtout), le présent (un peu), et le futur (passionnément) de Sandrine Salerno dans un article qui fera date dans une campagne pour le Conseil d'Etat qui s'annonce palpitante.

07:42 Publié dans Genève | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook |  Imprimer | | |

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