sylvain thévoz

18/10/2012

Tuer la Ville

Le candidat Barazzone a tout du ventriloque. Il en a la distorsion vocale et les mimiques ralenties. Quand il parle on entend d'autres que lui et quand il se tait, ses lèvres continuent de bouger. Maudet, Longchamp, sortez de ce corps, retirez vos mains du dos du bon garçon Barazzone. Car ce n'est pas Barazzone qui tire les ficelles, lui, c'est le ventriloque. On lui crie 'haro sur la ville', il crie 'haro sur la ville'.  On lui souffle ' stop aux doublons', il souffle ' stop aux doublons'. 'Hallali sur la ville', et il fait écho; On lui murmure 'mon poste est de trop' il murmure 'mon poste est de trop'... tout en étant candidat pour l'occuper. La Ville, il ne l'aime pas, et c'est pour d'autres qu'il charge la dynamite. Mais à sa décharge, si "la Ville doit cesser d'être arrogante", et s'il a tout pour l'être, ce sont les intérêts qu'il sert, qui le font parler et agir. S'il veut une ville sous tutelle c'est qu'il l'est lui même.

On lui donnerait presque le bon dieu sans confession à ce libéral radical chrétien, quand il déclare dans Le Temps que "Si un magistrat doit céder du pouvoir pour le bien de la communauté qu'il en perde". On lui décernerait sans confession une auréole de saint sacrificiel, si, derrière la pose du martyre chrétien, ne se cachait le projet du ventriloque kamikaze de faire sauter la ville au détriment de la communauté. Alors qu'en Suisse, les villes ont toujours plus de poids économique et luttent pour une juste représentation politique, le kamikaze ventriloque, lui, dessine la ville dans sa cible. C'est bien connu, la criminalité, c'est surtout dans les campagnes que ça se passe, et les délits n'ont pas besoin de budget pour être résolus! Maudet, sort de ce corps!

Les personnes qui travaillent en ville paient leur impôt dans celle-ci. Barazzone propose lui que ces travailleurs paient leurs impôts dans leur commune de résidence ; que les frontaliers qui travaillent en Suisse paient donc leurs impôts sur France! Avec cette mesure, c'est environ 115 millions que la Ville percevra en moins. Dans quel but? Faire maigrir la ville pour engraisser des communes déjà prospères n'ayant pas le tiers du quart des problèmes de sécurité de Genève; et ayant même, pour certaines, de la peine à dépenser l'argent qu'elles ont. Concernant la Culture, il propose rien de moins que de couper les budgets, au prétexte fallacieux que  "l'ouverture à l'intercommunalité, à des financements cantonaux, régionaux, voir privé" serait la panacée. L'attentat est annoncé, on va donc percevoir moins d'impôts en ville pour aller mendier ensuite vers les communes et le Canton les financements dont la Ville se sera privée! Quand on connaît le déficit annoncé du Canton, et les intérêts des financements privés, autant dire que le chemin de croix dessiné, c'est celui de l'enterrement de la Culture en première classe.

Le kamikaze dit: il y a 100 postes vacants au budget chaque année qui ne sont pas pourvus. Je les coupe, voilà déjà 10 millions de sauvé! Mais ce n'est pas une coupe ça, car par définition, si les postes ne sont pas pourvus, ils ne coûtent rien au contribuable. Le kamikaze Barazzone ne fait donc pas la différence entre un budget et des comptes. Si j'ai 5 pommes sur ma liste de commission et que je n'en achète aucune, par définition, cela ne m'a rien coûté. Le kamikaze ventriloque veut jeter les listes de comission en nous faisant croire qu'il y aura des économies de faite.

Le 4 novembre, les électeurs et les électrices de la Ville de Genève auront le choix entre se faire hara-kiri en se faisant les complices d'un kamikaze ventriloque ou élire une personnalité qui parlera en leur nom et défendra leurs intérêts. Ils auront le choix entre payer toujours autant d'impôt pour offrir des services publics à d'autres communes et au Canton ou garder des force vives à la Ville. Nous verrons alors jusqu'à quel point le masochisme suicidaire a été poussé en art de vivre dans cette cité au point d'élire ou pas à un poste un ventriloque kamikaze se proposant d'y mettre fin.  

 

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