sylvain thévoz

01/10/2012

Salerno, poupée vaudou?

Myope et machiste le rapport de la cour des comptes? Le choix de cibler (et non épingler comme le titre la TDG d'aujourd'hui) avant tout Sandrine Salerno dénote un acharnement et un choix arbitraire. Si la cour des comptes choisit où elle appuie et comment son rapport; il est impossible de ne pas se poser la question de l'arbitraire de sa démarche. La cécité de celui qui ne veut pas voir est proverbiale. Mais il n'y a pas pire myope que celui qui veut en voir une seule. S'il y a épingle ici, c'est bien celle qui sert à monter l' "affaire", pour piquer un adversaire politique. Car dans les faits, les pointes sont émoussées. Une directrice de ressources humaines n'a pas pu suivre un cours de formation continue parce que les inscriptions n'étaient pas encore ouvertes et la session suivante prévue seulement en 2014. Voilà tout. Mais après: piquez, piquez, il en jaillira toujours quelque chose. Au-delà du machisme ordinaire de certains membres de la cour des comptes, du ciblage et calibrage de ce rapport pour nuire plus particulièrement à une personne, une question émerge: quel exorcisme fait-on jouer à la poupée vaudou? La réponse est claire: celui du machisme ordinaire. 

 

L'éditorial de Pierre Ruetschi dans Le Tribunal de La Tribune ( il est aussi juste de masculiniser les terme de temps en temps surtout quand ils ne respectent plus leur genre) du samedi couple Künzler et Salerno sur la question des engagements. Cela n'est pas anodin. Les questions de genre et d'appartenance nationale prennent désormais le pas sur les rapports de classe et de justice. Etre femme en politique à Genève, c'est commencer le combat politique avec une cible particulière sur le plastron. Le surmonter, pour les plus combatives, c'est être basculées dans le camp des hystériques, des caractérielles. Et pour les autres, des potiches. L'homme qui n'est pas d'accord "tape du poing sur la table",  "fait preuve d'autorité", la femme encore et toujours "pique une colère" (cf. l'article de Monsieur Mabut une jour avant, dans la Tribune toujours).

 

Il n'y a ici que des hommes qui dénoncent (les limiers de la Tribune de Genève, les chasseurs de la cour des comptes). On se récuse bien pour conflit d'intérêt, n'est-il pas venu le temps que certains se récusent pour conflits de genre? Et que l'on arrête enfin de ne prêter que des casseroles et des épingles aux femmes.


Salerno poupée vaudou? L'article de Fabiano Citroni, dans Le Tribunal de Genève d'aujourd'hui, met l'aiguille au bon endroit quand il relève que la réputation de Sandrine Salerno est l'effet et non la cause de toute l'affaire. Car au final, la cause de toute cette affaire, c’est une réputation, celle d'une femme.


Conclusion de cette "affaire"? Si les créations de réputations préexistent aux faits et si pour une femme, la seule manière d’être au pouvoir c'est de se faire tailler un costard, de se faire oublier, ou alors d'être une poupée vaudou, c'est bien que les rapports politiques sont encore imbibés et pervertis par le machisme. Finalement, ce qui est en jeu  ici, ce ne sont ni les bonnes pratiques ou la bonne gouvernance, mais la volonté de régler des comptes et faire la peau d'un adversaire trop coriace pour jouer les potiches.  

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