sylvain thévoz

25/09/2012

Swastika à la Seymaz

IMG_1460.JPGSale vision vendredi, sous le cycle de Seymaz, une petite bicoque couverte de graffitis: une swastika, le sigle des SS, le signe du kkk couvrent le mur. Depuis la route de Myranie, ça se voit bien, les automobilistes ne peuvent pas rater ça. Mais depuis combien de temps ces inscriptions le recouvrent, trois jours, une semaine, un mois? Quelqu'un a-t-il contacté la mairie de Chêne-Bourg, la police municipale, qui s'en soucie? Swastika le long de la Seymaz, pas de réaction visible en retour. On banalise, on fait comme si de rien? Tumeur sur un mur blanc, ce stigmate, le manque d'empressement pour l'effacer, que raconte-t-il de la réactivité citoyenne, de la tonicité de noss anti-corps sociaux?  


Swastika à la Seymaz, sentiment d'assister aux l'éruptions allergiques à l'autre: islamophobie, judéophobie, francophobie, homophobie... Swastika le long de la Seymaz, tumeur de la banalisation de la haine raciale, du rejet des différences, qu'elles portent la kippa ou le voile. Dernier avatar en date à Genève le groupe "Genève non conforme", qui après des appels au meurtre d'un juif à l'occasion du premier août sur son site web, fait maintenant l'apologie du nazisme avec une vidéo sur l'arrière plan mythologique du nazisme. Bien entendu, ils se prétendent ni de droite ni de gauche, apolitique et défendant la liberté d'expression (sous-entendu: leur liberté de détestation), à l'image d'un groupe politique genevois bien connu par les frasques de son leader. Ils jouent toujours sur la limite, leur propre victimisation, aux frontière de la légalité, de l'éructation, et du renvoi, grignotant ainsi du terrain, loups déguisés en chiens.

Au bistrot on spécule sur les caricatures de Mahommet, on glose sur le film qui humilie l'islam et qui provoque un embrasement en retour. Mais chez nous, le niveau d'intolérance et de violence, il en est où? Chaud, très chaud, tiède? Chez nous, un ami africain ne traverse plus les Pâquis de peur de se faire arrêter par la police. L'autre jour, il a couru depuis la place de la Navigation à l'occasion d'une fête pour aller à la maison de quartier, la police l'a stoppé et longuement contrôlé, ils voulaient savoir s'il était suisse: "T'es suisse, t'es suisse, t'es suisse"? Car un homme non-blanc qui court aux Pâquis, c'est déjà un suspect. Et s'il n'est pas Suisse, c'est pour sûr un dealer, qu'il aie ou non de la drogue sur lui. Chez nous, un flic dit à l'homme de couleur: "toi t'es un cafard tu ne sors que la nuit". Chez nous, le policier devient parfois flic, il tutoie, humilie "le black" et quand il est bourré et qu'il sort faire la fête, il laisse sa famille à la maison, l'appelle par son prénom, comme un vieux pote.

Ici, une famille africaine interdit à ses enfants de passer la long de la rue de Berne, par peur qu'ils se fassent rafler lors d'un contrôle. L'association one-two-three se donne le droit de faire elle même la police. Les mouvements identitaires, nationalistes, comme des parasites grossissent sur le dos de la démocratie; et toujours au nom de la liberté d'expression, lustrent leurs culasses de la haine de l'autre. 

Cette croix gammée le long de la Seymaz un dimanche ensoleillée, elle dit: ici, c'est chez nous, l'autre on va l'effacer. Et tout signe distinctif, tout marquage de différence dans l'espace poublic, sera vu comme une infraction, une salissure. Moi, les swastikas qui prônent le meurtre aux abords des cycles me terrorisent tout autant que les dealers vendant la mort aux bords des écoles.      

Swastika à la Seymaz, lundi matin première heure, contacter la mairie, qu'ils recouvrent ce graphe de peinture fraîche, avec juste l'appréhension que la pourriture continue de croître sous les couches de peinture; que l'unique candidat au conseil administratif de la Ville de Genève ancien(?) Le péniste ouvertement homophobe opposé à l'avortement et pleinement soutenu par le Mouvement Citoyen Genevois ne soit l'expression d'un engrenage haineux.

Barrage à l'extrême droite, c'est le seul appel qu'a lancé le parti socialiste de la Ville de Genève en vue des élections complémentaires du 4 novembre en Ville de Genève. Ce n'était pas juste un choix stratégique....

 

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