sylvain thévoz

15/09/2012

Bugs Bonny

"Hé quoi de neuf doc?" Eh bien, la campagne du 4 novembre pour le cinquième siège du conseil administratif ne sera pas une formalité ni une chasse à courre pour la droite. Bugs Bonny s'est porté candidat, poil à gratter du sérail politique, l'homme est un animal politique, un passionné au coeur tendre. Certes, il n'a pas de parti derrière lui, aucunes logiques d'appareil, de loges ou de confréries. Pas le soutien des petits copains de l'immobilier ou l'appui de patrons de la banque. Sa besace semble vide. Mais lorsque les logiques de partis sont pesantes et jouent contre le candidat désigné, c'est finalement une opportunité de ne pas en avoir.   L'engagement de Bugs Bonny dans le monde associatif donne à sa candidature une légitimité forte.  Sa profession d'enseignant une proximité et le contact du terrain. Candidat au courage et à la conviction, son insolence fait plaisir à voir et déjà grincer des dents. Car cette fois, c'est le lapin qui va braconner sur les terres du chasseur et dévorer sa laine de centre-gauche, remplir son terrier des carottes cultivées ici et là, à gauche jusqu'à l'extrême gauche, pour lui. 

 


Candidat sans parti, Bugs Bonny s'économisera les coups de jarnaque et les aigreurs de candidats évincés, les baisers des Judas, et les planches savonnées. Candidat sans boulets, sans cadavres, sans jaloux, libre et indépendant, il peut prendre le grand air, et parler franc, car il n'est redevable de rien à personne. 


Quelles options reste-t-il à Barazzone? Durcir sa campagne? Il l'a déjà fait. Plus encore? Rien ne le distinguera plus alors du sieur Bertinat. Et pourquoi l'électeur préférerait-il la copie à l'original en matière de politiques sécuritaires? Va-t-il trotter vers la gauche? Mais qui pourrait l'accueillir? Maintenant que Bugs Bonny est candidat, pourquoi adouber un candidat du PLR grimmé en démocrate chrétien quand on peut voter pour un démocrate chrétien ayant réussi sa lutte d'indépendance?


Pascal Décaillet se trompe de bobine cinématographique quand il rabat Bonny en direction de Clyde, avec la violence en moins, car c'est en direction du Bugs que Bonny bascule, avec l'humour du dessin animé en plus. Lapin effronté, qui passe son temps à se jouer de ses ennemis avec humour et trouver des jeux pour les dérouter, Bonny est le roi de la suprise. Qui avait pressenti sa candidature? Plus de 80 personnes ont signé sa prise de position. Et personne pour moufter, aucunes fuites, rien. Dans une ville comme Genève où tout se sait, c'est déjà la preuve d'un joli noyau de soutiens bien soudés.


Bugs Bonny est doté d'un sens politique redoutable. Il est assurément drôle, ne se prend pas au sérieux, se moque délicieusement de ses détracteurs. Quand ceux-ci persistent, au nom de l'esprit de sérieux qui, pensent-ils, tient à leur fonction, à leur rang, à leur classe, à tirer sur les ficelles où sont attachées des pierres ou des troncs d'arbre, persistant à faire leur malheur au nom du bonheur de la population, Bugs Bonny invente d'autres possibles, il se joue des pesanteurs.


Est-on ici uniquement dans le monde du dessin animé? Non. C'est bien de la réalité qu'il s'agit. Les premiers coups de crayons seront rendus dans un mois et les résultats des esquisses seront donnés le 4 novembre. Pour sûr, les débats seront animés. Et si Bugs Bonny est désormais la bête à abattre, bien malin celui ou celle qui pourra se payer sa peau.

01:23 Publié dans Genève | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : didier bonny, candidature, conseil administratif, ville de genève | |  Facebook |  Imprimer | | |

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