sylvain thévoz

30/08/2012

Le Petit Poncet et la sorcière Salernou

imagesCACGN10M.jpgMerci à Charles Poncet dans l'Hebdo de nous faire rêver, et de nous ramener au temps de l'enfance et des contes de fées où il y avait toujours un prince, un justicier, un ogre, et si possible : une sorcière. En ces temps difficiles, dans la forêt du monde, où le petit Poncet a perdu son chemin et cherche son bâton de pélerin, il est bon de retrouver l'oreiller douillet de son enfance et le bon goût du lait. Mais diable, pourquoi prendre un oreiller de paresse et presser son encre comme du venin? Est-ce un effet de l'âge, l'effet d'une mélancolie amère, celle du "bon vieux temps" où tout était simple et, comme dans les livres, récité d'une voix douce? Charles-non-pas-téméraire se bichonne une berceuse pour se tenir compagnie et montre ses petites dents dans la rubrique "opinion" pour mordiller la sorcière Salernou. Mais il le fait comme un enfant s'accroche à son doudou. Pourquoi décrire un monstre quand on cherche une mère? 


Inquiet, faisant bravache pour ne pas pleurer, le petit Poncet rougit à défaut de rugir. Il angoisse: qu'est-ce qu'il y a sous le lit? Quels sont les pouvoirs qui se cachent dans les tiroirs de l'administration, où sont les cadavres des armoires des départements? Ouuuuh, mystère. Mais vue l'insistance du petit Poncet à dire Madame à chaque ligne, chercher le sein plutôt que le débat et si pas la caresse, la baffe plutôt que rien, des images d'enfances trop solitaires et libérales nous viennent en tête; la tristesse des enfants fortunés qui cherchent l'attention à tout prix. Mais petit Poncet viens donc, viens, entre dans la danse! Tu peux reprendre tes éclats de mots semés sur le chemin, ravaler ta moque ton mépris et ta morgue, il n'y a pas de monstres, de vilaines louves, mais de la lumière, du monde et de la transparence. Et même des humains là où tu vois "d'étranges bipèdes hantant les rues le soir venu" comme tu l'écris si bien. Tout n'est pas tout noir ou tout rouge, tu sais.    

Bonne mère, mauvaise mère? Bonne femme, vilaine dame? Mon petit Poncet, tu jures que tu ne veux pas pousser tes tentatives analytiques trop loin, mais peut-être devrais-tu quand même oser l'analyse (la tienne). Car si la méchante sorcière Salernou hante tes rêves et tes fantasmes nocturnes, imbibe ton inconscient et fait transpirer Oedipe, les digues du divan, ça aide. Laisser couler les associations libres en lettre ouverte, et l'onanisme en branlette intellectuelle, bof, ça fait pas rêver.

Tu accuses la sorcière d'être "une enfant gâtée, d'avoir une vision du monde délirante, de tenir des propos de café du commerce et d'arroser sa clientèle électorale, de divaguer". Tu as fait sauter ta camisole de forme, c'est bien. Sans Xanax ni boussole, réaffirmé ta liberté, c'est bon. Maintenant tu peux demander à Sandrine Salerno, la vraie, pas la sorcière Salernou de tes contes de fées, de t'inviter aux quatre heures à boire un sirop et pour t'apaiser, sur ses genoux, te lire la fin du conte du petit Poucet de Perrault:

On ne s'afflige point d'avoir beaucoup d'enfants/ Quand ils sont tous beaux, bien faits et bien grands / Et d'un extérieur qui brille / Mais si l'un d'eux est faible ou ne dit mot / On le méprise, on le raille, on le pille / Quelquefois cependant c'est ce petit marmot / Qui fera le bonheur de toute la famille.

Moi, je t'embrasse doucement.   

15:35 Publié dans Genève | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : salerno, poncet, hebdo, perrault | |  Facebook |  Imprimer | | |

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