sylvain thévoz

29/08/2012

Bertinon et Barablanc

Barazzone ou Bertinat? Après les déclarations appuyées du candidat démocrate chrétien sur la sécurité où il propose aux locataires de la GIM de se barricader chez eux et de multiplier les caméras de sécurité ainsi que d'illuminer la Ville pour la rendre plus sécuritaire, qu'est-ce qui le distingue encore du candidat UDC? Blanc bonnet bonnet blanc, Bertinon, Barablanc, si le niveau du discours sécuritaire est monté d'un ton, il devient quasiment impossible de distinguer Bertinon et Barablanc dans leur obsession sécuritaire. L'emploi? L'économie? Le logement? Non, non, cela c'est secondaire, disent-ils en coeur, c'est la monomanie sécuritaire qui nous obsède, euh, occupe, au détriment du reste.

 


 

Alors certes, Bertinon propose d'armer les policiers municipaux, mais Barablanc riposte que cela serait une fausse bonne idée car cela empêcherait de recruter. Ah bon, mais ils vont faire comment nos agents que Barablanc veut faire travailler 24h sur 24h pour faire respecter la loi, s'ils ne sont pas armés? Ils vont se servir de filets à papillons et leur uniforme sera leur seule force de dissuasion? Bertinon ne s'en laisse donc pas compter, pour lui Barablanc fait la récupération des propositions de l'UDC. Il tacle au passage le parti démocrate du centre qui, il est vrai, après avoir exigé en commission une baisse linéaire de 10% avait retourné sa veste pour voter en plénière contre cette même proposition. Ah oui, c'est vrai car il y faut des sous pour toutes ces propositions! Mais comment donc financer ce train de fausses nouvelles mesures de Barablanc alors que les finances sont au plus juste? Il nous faut toujours dépenser plus pour plus d'insécurité répond Barablanc, car c'est notre fond de commerce! 


Les propositions de Barablanc ont un coût, et tant pis si l'on fait péter la banque, du moment que l'on est élu. Mais l'on doit de se demander sérieusement :l'augmentation constante des agents de police municipaux ces dernières années a-t-elle fait reculer l'insécurité? Quels effets concrets ces nouveaux engagements ont-ils produits? Il y a-t-il eu moins de joueurs de bonneteau? La loi anti-mendicité voulue par Barablanc a-t-elle fait fuir un seul mendiant, un seul rom même? Non, non et encore non. Dépenser plus pour moins de sécurité, voilà le résultat. Mais Barablanc s'obstine, il avance la vidéosurveillance et l'éclairage pour lutter contre la criminalité. Pourtant, cela a été réalisé. Et ce n'est pas parce que les rues sont éclairées comme des pistes de danse que l'on arrête d'y vendre de la coke. Et si l'on regardait du côté de la demande plutôt que de l'offre? Qui consomme dans cette Ville et pourquoi ça surconsomme autant au point que Genève est parmi les 10 villes d'Europe qui consomment le plus de stupéfiants?


Si Barablanc porte en lui, dans ses gesticulations, l'échec des politiques de Madame Rochat et Maudet, leur incapacité à résorber les incivilités, et leur complicité dans les inégalités financières sources de conflits, de violences, de frustration dont le peuple paie le prix fort, Bertinon porte lui la responsabilité d'alimenter le problème avec des politiques d'asile toujours plus restrictive et arbitraires, qui déversent les personnes en situation de non-entrées en matières directement sur nos trottoirs sans aucunes possibilités ni de les expulser ni de les intégrer en Suisse ou leur dessiner un avenir autre que criminel. 


Au final, Barazzone, Bertinat, le combat est le même: créer politiquement les conditions objectives d'insécurité pour se poser en justicier légaliste, tout en bafouant au passage les droits de l'homme, que ce soit sur la question des roms, ou sur la banalisation du délit de gueule non conforme qui a pour conséquence que des citoyens helvétiques non-blancs ne se promènent plus dans certains quartiers de la Ville par peur des arrestations arbitraires de la police et les insultes du type : toi, tu es un cafard tu ne peux sortir que la nuit. Au final, Barablanc et Bertinon ajoutent au sentiment d'insécurité en divisant la population, tout en lui faisant payer cher ses "services". 


Peut-on espérer de deux candidats indistincts, confondus, et qui s'égorgent sur le thème de l'insécurité, de réussir à rétablir la sécurité dans la ville?

 

08:18 Publié dans Genève | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : sécurité, barazzone, bertinat, populisme | |  Facebook |  Imprimer | | |

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