sylvain thévoz

18/08/2012

Mobilité: t'as pas 5 balles?

269614_10151145977836348_21216999_n.jpgGenève accueille l'année prochaine le congrès mondial de la mobilité et des transports. Plus de 3400 congressistes provenant de 92 pays sont attendus, acompagnés par près de 10'000 visiteurs. Face à une concurrence acharnée (Lyon, Montréal), Genève a remporté le pompon de l'organisation "grâce à sa qualité et sa vision des transports publics transfrontaliers". Merci le CEVA! Avec ce congrès, ce sont environ 25 millions de francs de retombées qui sont attendus pour la région. Un signe encore que Genève a tout intérêt à s'ouvrir, avantage à se développer, et faire du défi d'un grand Genève d'articuler son espace sur deux frontières une réalisation unique en Europe. Quand Genève voit grand et large, elle se développe. Quand elle se bouge, elle grandit.


Il y a pourtant quelques bémols à la symphonie au succès qu'entonne Patrice Plojoux (président du conseil d'administration des TPG) dans la presse française (La tribune.fr) sur la qualité du réseau des transports. Si, pour lui, la Suisse "présente des lignes par bateaux, trains trams et câbles et que les réalisations sont remarquables, tels les tunnels et le réseau ferroviaire cadencé connu pour son excellence ", au quotidien, pour les Genevois, la mobilité, c'est moins rigolo. Les klaxons et bouchons brisent l'harmonie de la jolie fugue. Décalage?

La mise en place laborieuse du réseau TPG, la gabegie qui perdure laisse déjà entrevoir un automne difficile. Il y a un monde entre la mobilité telle qu'elle est vendue et telle qu'on la pratique (la subit) au quotidien; une communication sur papier des conseils d'administration pour la presse, et les embrouilles du réseau pour les citoyen-ne-s. Du projet papier vendu à la réalité concrète: un monde; du colloque international aux attentes à l'arrêt de bus, une foutue distance, à raccourcir.

L'Union Internationale des Transports publics veut doubler la part des transports publics d'ici 2025. Vu la dégradation de la qualité de l'air et des nuisances liées au transport routier, c'est indispensable. Mais qui va payer pour la mise en place des réseaux? Les CFF ont clairement annoncé leur choix: ce seront les clients (+27% de hausse des tarifs prévus d'ici 2018). Et la vignette voiture, elle augmente de combien? Et les taxes sur le transport par camion, elles suivent ? Quel serait le coût d'un deuxième tunnel autoroutier au Gothard, et au détriment de quels investissements? La résistance des CFF à construire deux voies supplémentaires sous la gare de Cornavin plutôt que dans le quartier des grottes laisse deviner que ce ne sont pas forcéement les client-e-s, les riverain-e-s, l'aménagement harmonieux qui sont ses premières préoccupations, mais avant tout les réalisations sur papier des réseaux décidés dans les bureaux d'études bernois.

Afin que se déplacer ne devienne pas un luxe, l'Association Transport Environnement (ATE) diffusera lundi matin dès 7h dans et autour de la gare de Cornavin des cartes postales à destination de la direction des CFF pour rappeler aux décideurs que s'il est bon que la mobilité soit accrue, elle ne doit pas se payer sur le dos de ceux qui ne pourraient se l'offrir; que s'il est bon d'agrandir les réseaux, la facture ne doit pas se répercuter uniquement sur les usager-e-s.

Les cartes distribuées par l'ATE sont gratuites, il suffit d'un petit timbre pour les faire voyager jusqu'à Berne et freiner la hausse prévue des tarifs  ferroviaires. Vous voulez participer? Embarquez, bienvenue! Dans transport public, il y a le mot public. Afin que la mobilité reste accessible à toutes et tous, il ne faut pas l'oublier en route.

www.ate.ch

09:46 Publié dans Genève | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : transports, mobilité, ate, cff, tarifs | |  Facebook |  Imprimer | | |

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