sylvain thévoz

13/07/2012

Des bâtons dans les chambres à air

403924_10151072840706826_2002892120_n.jpgUn été à la plage? Tomber sur Jean Georges Ernst est toujours vivifiant. L'homme porte à sa taille chambres à air, niches à briquet ou téléphone portable, kit d'outils d'entretien pour son "cheetah-baby plage", des bouts de bois en bandoulière. Il ressemble presque aux vénérables platanes qui supportent un entrelac de pneus, de lianes, de balançoires et d'échelles -uniquement du matériel recyclé- n'étaient la barbe et les cheveux blancs alors que ceux des platanes sont d'un vert fluorescent. Mais le bonhomme a la sève qui bouillonnne. Aujourd'hui, il est en colère.

 


Tout le monde à Genève connaît Baby Plage et son espace de jeu pour enfants, adeptes de la grimpe, sportifs en recherche de délassement.  Pas un-e- genevois-e- qui ignore que l'espace de jeu est né uniquement de l'imaginaire et de l'enthousiasme de Jean Georges, puis d'une administration qui, merci Ferazzino et Tornare, l'a laissé se développer sans respecter toutes les normes administratives. Le succès du lieu, son caractère participatif, gratuit, citoyen, force l'admiration. Aucunes déprédations sévères, pas d'actes de vendalisme ni d'accidents depuis bientôt douze ans d'existence. Comment est-ce possible ? Peut-être que le travail beau, artistique, bricolé du lieu, le rend fragile et le protège; qu'être le résultat artistique d'un soin amoureux et singulier force le respect. Tous les jours, Jean-Georges vérifie, renouvelle et soigne les installations soumises à l'usure pour que les gamins puissent s'y balancer en toute sécurité. Travail d'écureuil, il accumule des chambres à air, pneus, les bricole et les suspend.

Tout pourrait baigner à Baby Plage, sauf qu'en octobre 2011, les services de monsieur Maudet lui ont demandé d'évacuer son local situé sous Baby Plage au motif de réfection des toilettes attenantes. Depuis: pas de relogement en vue. Son atelier de réparation et de stockage il l'a alors déposé dans une roulotte en surface. C'est moins joli, et pas de bol: les mêmes services veulent l'obliger à remplacer la roulotte par un container transatlantique. On voudrait lui mettre des bâtons dans les chambres à air et scier la branche sur laquelle il se tient que l'on s'y prendrait pas autrement. Faut croire que les chambres à airs volantes qui ne respectent pas les normes et font rire les gamins, c'est pas du tout propre en ordre, ça en irrite certains. Et son âme d'enfant on en fait quoi? Pourtant, le succès du lieu n'est plus à faire, les bambins s'y régalent. Jean Gorges aimerait récupérer son petit local inoccupé dans un sous-sol entre deux toilettes et qu'on le laisse travailler en paix pour la collectivité. On lui donne un coup de main?

En attendant de retrouver son bien, il peste, râle. Et hop, ni une ni deux, il empoigne une liane, monte sur un bout de bois et se met à l'envers. Cela résoud tous les problèmes de dos et de lumbagos et c'est excellent pour la circulation! Renversant Jean Georges. On se prend alors à rêver, et si certains décideurs politiques pratiquaient le même yoga, est-ce que ça n'irait pas mieux; fini les maux de dos, résolus les maux de tête?

www.cheetah-babyplage.ch

18:45 Publié dans Genève | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : cheetah-baby plage, jean georges ernst, administration, citoyenneté | |  Facebook |  Imprimer | | |

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