sylvain thévoz

11/07/2012

Opération Casanova

Après l'opération Figaro et Mousquetaire, la police genevoise a lancé son opération Casanova. Son objectif: se faire belle pour séduire la population. Sa tactique: à défaut de régler le problème du deal et des crimes, se refaire le portrait et une popularité auprès des habitant-e-s. Après le dévoilement de ses dix commandements, le 11e est tombé aujourd'hui : sans cesse tu feras l'éloge de tes actions. Sitôt une campagne de finie, une autre de lancée. La machine Maudet.com tourne déjà à plein régime, et ses moteur médiatiques vrombissent en vue de l'automne 2013. Les actions de la police ne sont pas efficaces, mais l'opération Casanova est en route et veut nous faire croire qu'elles le sont subitement devenues. Modus operandi: occuper une page de la tribune de Genève chaque jour et avoir une journaliste enrôlée en vitrine.


L'opération Casanova durera jusqu'à l'automne 2013. Quoi qu'il arrive sur le terrain, il faut se préparer à assister à la danse de la police dans les journaux, aux articles racoleurs sur ses interventions et à des déclaration d'amour dans le courrier des lecteurs. Même si l'échec de la toujours même politique suivie aveuglément depuis 4 ans par les PLR Rochat, Zapelli et maintenant Jornot et Maudet, que ce soit en Ville ou au Canton, est attesté. Car à faire de la sécurité une tâche de police uniquement, et dévolu à un seul corps professionel, le maintien d'un espace public de qualité est menacé et cela coûte cher. Ce ne sont pourtant pas les moyens qui ont manqué ni les leviers de pouvoir. A ce titre, la spectaculaire hausse des policiers municipaux ces dernières années (pour quels résultats?) le démontre. Dis-moi Casanova, pourquoi une telle obsession policière et pourquoi ne pas viser une participation de plusieurs corps professionnels ainsi qu'un travail en amont sur les causes des dégradations sur le domaine public?

Dans l'article et l'éditorial Tdg du 11 juillet, l'amalgame opéré entre dealer, voleur, et mendiant ajoute de l'insécurité. Car ces trois problématiques sont distinctes. Le dérapage est patent lorsque la journaliste, à la fin de son article sur le deal, interroge le policier sur... la mendicité. Le lieutenant peut enfin avancer des chiffres qui font plaisir: plus de 50 tonnes de déchets ramassés (tâche de police ou de voirie? ) et une baisse de la mendicité de 30% depuis deux ans (tâche de police ou sociale?). Ces chiffres d'ailleurs, ne sont-ils pas, par hasard, liés aux coups donnés par des policiers de Plainpalais à des roms? Casanova ne le dira pas, mais certains policiers semblent préférer coller des claques que des amendes, ce qui fait certes baisser les statistique mais aussi reculer l'état de droit et augmente l'insécurité. Ce n'est donc pas qu'il y ait moins de mendicité, c'est qu'elle est diversement enregistrée. Abus d'autorité et violence policière, Casanova a un double visage. S'il ne séduit pas, il cogne, juste pour l'exemple. Ainsi inspiré, un employé du Mc Donald de Plainpalais a, le 6 juillet, à 18h32 violemment molesté un rom en le dégageant physiquement en toute impunité de la voie publique, sans que personne n'y trouve rien à redire.

Récemment, à Annemasse, les effets d'annonce de la gendarmerie sur une prétendue mafia rom se sont avérés être de la frime. La mariée était trop belle. Il n'en est rien resté après quelques jours d'enquête. A trop forcer sur la comm', on risque aussi, à Genève, de voir le mascara couler. L'article du 11 juillet est un premier dérapage. Si, entre les nuisances liées au deal, s'ajoute la propagande policière, la population n'en sortira certainement pas gagnante. Mais il est toujours plus facile de sortir de sa poche un rom, une mendiante ou un-e- journaliste pour un point presse plutôt que de régler la question du deal. Casanova dixit. Tous aux abris.

 

17:27 Publié dans Genève | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : sécurité, police, communication, dix commandements+1, roms | |  Facebook |  Imprimer | | |

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