sylvain thévoz

29/06/2012

Christian Bernard poète

Dans l'arrière-cour de la librairie du Parnasse, devant les garages, un espace en pente avec les bécosses (back-house) d'un restaurant Maroccain, les odeurs de friture et les premiers klaxons du match de foot qui va commencer. Allemagne-Italie au menu ce soir. Radios, télés allumées, cliquètements des cuisines. Il y a des gens, une vingtaine, des chaises en bois alignées (6 rangées) et Christian B. qui vient pour lire son recueil, cinquante sonnets publiés aux éditions Sitaudis. A ses côtés un homme qui, ça se sent, le connaît bien -pourrait être son demi frère - va l'obliger à aller plus loin que ce qu'il dit, révèler un peu de l'armature, architecture du poème. Peut-être est-il aussi là pour le protéger?

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08:52 Publié dans Genève | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : poésie, lecture, librairie le parnasse | |  Facebook |  Imprimer | | |

28/06/2012

La Conversion de Saint David

Allelouhia, on en est presque tombés à genoux en écoutant Forum mercredi passé. Après avoir pourchassé les apostats qui défendaient qu'une autre économie était possible, qui prétendaient - les illuminés- que les cadeaux fiscaux ne descendaient pas du ciel mais avaient un coût cash pour les habitant-e-s, Saint David s'est converti. Chemin de Damas du grand argentier? Délivrance d'un donneur d'hosties; l'inspiré (entraînant avec lui le Conseil d'Etat in-corpore) parlait en langues - Salerno, sort de ce corps!- Il affirmait donc ne plus vouloir mettre tous ses oeufs dans le même panier, ses crucifix dans la même bassine; que les vitamines des forfaits fiscaux avaient crées un colosse aux pieds d'argile et qu'à trop jouer les Schwarzenegger, Genève pourrait bien se retrouver chocolat (et sans ses bras). Bon, il n'a pas dit cela exactement ainsi, Saint David, mais le souffle y était. Pourquoi cette conversion? A-t-il eu peur le visionnaire, annoté sa bible le vizir; revu ses interprétations, prévisions à la baisse sur les années à venir, est-il revenu à la raison ? Certes, Merckfistoseronofeles est passé par là, laissant dans l'air une odeur de souffre et sa traînée de souffrances. Le saint dogme de la croissance à tout crin pour aimanter tous les quartiers généraux de toutes les entreprises s'est écroulé. Vouées aux gémonies les forfaitures fiscales! Vade retro forfaitas! Saint David nous a baptisé d'eau bénite et d'un sermon de premier décroissant : la richesse sans la base ne durera pas.

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10:18 Publié dans Genève | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : multinationales, décroissance, économie sociale et solidaire | |  Facebook |  Imprimer | | |

27/06/2012

Précarité par beau temps

Ce n’est pas parce que l’été fait son retour que la précarité sociale est moins marquée. Au contraire, l’augmentation de personnes précarisées, couplée au manque criant de structures d’accueil pour leur hébergement la nuit en lien avec la fermeture de l’abri de la protection civile de la rue des Vollandes ainsi que ceux de Richemond et de la rue du 31 décembre au mois de mars (et ce jusqu’à novembre), fait déborder la précarité sociale sous les ponts, sur les bancs, dans les couloirs des immeubles, les trottoirs.

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07:20 Publié dans Genève | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : précarité sociale, abri de nuit, social. | |  Facebook |  Imprimer | | |

23/06/2012

Les roses et les clous

Le Parti Socialiste, un groupe comme tant d'autres. En son sein: des chefs, des leaders désignés, auto-proclamés, refoulés, des envieux, des généreux, des ambitieux, des altruistes. Rien de bien singulier, un groupe comme il y en a tant: dans le monde du travail, sportif, associatif. Un groupe composé presque exclusivement de bénévoles (du latin benevolus: de bonne volonté) unit autour d'idéaux et de désirs communs, mais en proie a des rivalités aussi, des luttes, internes, externes. Saine les luttes: pour grandir, s'affirmer, se développer et lutter contre les inégalités sociales et accroître le pouvoir des citoyen-ne-s. Ceux qui reprochaient au PS son manque de transparence en sont quitte pour leur salive. C'est un signe de démocratie et de vitalité que de laver son linge sale en famille et en plus de l'étendre aux fenêtres. Aujourd'hui, même les petites culottes sont alignées au balcon, et il n'y a pas à en rougir, c'est cela le déba(llage) démocratique.

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22:54 Publié dans Genève | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : parti socialiste, élections, crucifixion | |  Facebook |  Imprimer | | |

21/06/2012

Robin des roms?

Militante des droits humains, je la rencontre dans la rue, elle me dit: moi, je n'ai pas d'avis tranché sur la question des roms que l’on a arrêté hier à la frontière et que la police présente comme des mafieux. Mais je veux te donner un exemple qui explique pourquoi je doute de l’existence du réseau en question. Elle s’allume une cigarette, réfléchit puis dit: Ion n'a pas de travail au pays et n'arrive pas à nourrir sa famille (une femme, 3 enfants) il croise Paul qui revient de France. Avec le pécule gagnée là-bas, il peut ajouter quatre murs a sa maison en construction.  Paul a sa fierté, il ne va pas décrire les conditions de vie inhumaines qu'il a connu là-bas. Il répond qu’en France, il y a beaucoup d’argent à se faire, qu’il y faut juste de la volonté. Ion décide alors de partir mais n’a pas un rond. Il va demander à Codrutz qui a une voiture et a déjà fait du transport de personnes de l'amener. Pierre accepte mais lui rappelle une règle. Je te prête 200 euros et tu as 1 mois pour m'en rendre 400, sinon c'est 800 que tu me rendras. Usure? Je ne suis pas juriste elle dit, mais au moins c’est une chance de changer de vie et c’est donnant-donnant. Les banques, ça fonctionne comme cela aussi, non? 

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12:25 Publié dans Genève | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : mendicité, roms, genève | |  Facebook |  Imprimer | | |

16/06/2012

Lettre ouverte aux faux-derches (de la municipalité de Lausanne)

Cher collège de la municipalité de Lausanne. Dans votre contre-projet à l'initiative populaire du Parti libéral Radical "Stop à la mendicité par métier"  de janvier 2011 rendu publique cette semaine, vous incarnez parfaitement la posture des faux-derches. Je m'explique. Dans votre contre-projet hypocritement appelé "restreindre la mendicité sans criminaliser la pauvreté", de 27 pages, vous vous proposez non pas d'interdire la mendicité mais d'en limiter la pratique. Les mendiants, je vous cite: "n'auront ainsi plus le droit de prendre à partie les passants, de s'accompagner de mineurs et d'être insistants envers la population. Il leur sera également interdit de se poster à certains endroits considérés comme délicats: où la manipulation d'argent peut induire un certain sentiment d'insécurité (marchés, proximité des horodateurs, des distributeurs d'argent ou des arrêts de transports public, etc., );  où les passants souhaitent de la quiétude (parcs publics, place de jeux, cimetière, lieux de culte -ben ouais, faut pas déranger les croyants avec la misère quand ils sortent de prière- etc.,) ; où le libre accès aux domaines publics et privé est freiné par la présence des mendiants (débarcadère, quais, commerces, administrations publiques, musées, à l'intérieur des magasins, commerces, cinémas, ainsi qu'à moins de 5 mètres de leurs entrées respectives et sur les terrasses, etc., )" On appréciera à sa juste valeur les etc., qui jalonnent votre texte et étendent indéfiniment l'extension de l'interdiction. Comme si celle-ci n'était pas déjà suffisamment exhaustive, ne laissant aux mendiants que les pissotières et les banlieues désertes pour faire appel à la solidarité de leur prochain. Vous correspondez, en cela, à la définition des faux-derches, car vous barrez l'usage public aux mendiants tout en jurant vos grands Dieux de ne pas vouloir bannir la mendicité. Ce n'est donc pas un contre-projet que le vôtre mais le projet affiné, prolongé, de la droite que vous proposez et vous retirez aux personnes démunies l'exercice d'un des droits humains le plus nu: celui de solliciter autrui pour obtenir librement son aide.

 

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18:58 Publié dans Humeur | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : mendicité, rom, genève, lausanne | |  Facebook |  Imprimer | | |

14/06/2012

Festifoot: fête à la censure

"Il est hors de question de diffuser un clip d'une telle violence et susceptible d'engendrer celle-ci sur notre esplanade. Je vous rappelle que les forces de l'ordre sont présentes sur le site et que leur image en serait détériorée." La réponse de l'organisatrice de Festifoot à la question de savoir pourquoi une vidéo d'Amnesty International n'avait toujours pas été diffusée sur l'écran géant de l'esplanade des Vernets est martiale. Olivier Francey, dans un article Tribune de Genève du 14 juin, met en exergue la censure opérée par l'organisation. La gouvernance à la mode ukrainienne s'inviterait-elle à Genève? Lors du dépôt de la motion socialiste au conseil municipal demandant la non-diffusion des matchs de l'eurofoot ayant lieu en Ukraine en raison du non-respect des droits humains les plus élémentaires dans ce pays, la droite avait poussé des cris d'orfraie, criant à la censure en arguant du fait que le sport n'a rien de politique. Or, on le voit aujourd'hui, non seulement le sport est politique mais ceux qui ont pour tâche de le diffuser et de faire de l'argent avec, aussi. Madame Andersen (d'obédience libérale-UDC), assume avoir pris seule le soin de censurer le clip d’amnesty international avant les matchs de l’eurofoot sur l’esplanade des Vernets. En Ukraine, et à Genève, désormais, la libre expression à ses limites, qu'on se le dise, faut pas que ça dérange, ni mette en cause le pouvoir policier, économique et donc moral en place. Sinon: couic, on coupe.

 

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13:51 Publié dans Genève | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : eurofoot, festifoot, amnesty internationale, ukraine, usage de l'espace public | |  Facebook |  Imprimer | | |

12/06/2012

Un rom pour l'exemple?

invitation à la pierre.jpgQuand être pauvre est une honte et sans le sou une tare, quand les insultes et les menaces envers les minorités et la population rom en particulier se multiplient, quand criminaliser la pauvreté et ethniciser l’autre pour l’exclure devient une manne électoraliste, quand une loi xénophobe contraire aux droits de l’homme, interdit la mendicité, mobilise les polices et apauvrit la société; quand, sur un budget cantonal de plus de 7 milliard on arrive à encore dépenser 20 millions pour rien (merci le PLR!) et aller faire les poches des mendiants, quand la peur devient un facteur d’incohérence sociale, nous ne pouvons plus nous taire. 

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14:06 Publié dans Genève | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : roms, genève, politique, interdiction de la mendicité, xénophobie | |  Facebook |  Imprimer | | |

09/06/2012

Auschwitz anti-chambre du foot

Dérive d'un fascisme new-âge ? L'équipe d'Italie de football après la Hollande et l'Allemagne est donc allée à Auschwitz pour, dixit Capello: "remettre les pieds sur terre et retrouver la sérénité" (Le Temps, 9 juin) Ben oui, avant les équipes se mettaient au vert, maintenant elles vont au gris et ça fait un drôle de mélange vert de gris, médiatique. Où est le problème? Ben, c'est quand même un peu choquant d'aller à Auschwitz pour le team building ou recharger ses batteries comme on va à Disneyland, non? Choquant, alors que l'on représente un pays d'utiliser ce lieu non pour des fins de mémoire ou pour rendre hommage aux morts, pour dire : "jamais plus" mais pour y gagner en puissance avant d'aller affronter d'autres nations en compétition,non?

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12:05 Publié dans Genève | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : eurofoot, politique, sport-business | |  Facebook |  Imprimer | | |

05/06/2012

Foot-business ou justice sociale?

Ce vendredi débute l'eurofoot en Ukraine et en Pologne. En Ukraine, l'emprisonnement de Ioulia Timochenko jette une lumière crue sur le mépris pour les droits de l'homme affichés par le pouvoir en place. La question que se posent les gouvernements européens est celle de savoir s'ils se rendront en Ukraine. Et à Genève, se pose-t-on la question de l'attitude à adopter? Faut-il diffuser les matchs comme si de rien n'était? Le fait que le football est le sport avec le taux d'audience le plus fort, qu'il est un évènement rassembleur et festif, ne doit pas servir à couvrir les agissements d'un pouvoir politique inique. Se régaler de matchs sans y porter attention serait cynique. Derrière l'eurofoot viendra le mondial au Brésil en 2014. Une campagne de Solidar a mis sur le terrain les plus de 150'000 personnes déplacées afin d'aménager un mondial le plus glamour possible. Et ensuite viendront les jeux d'hiver de Sotchi en Russie.... La question se pose donc de l'éthique à avoir en matière de retransmission sportive, de l'emballage qu'il faut ou non leur donner (message d'introductions, scène offertes à des ONG, etc.,?) La Ville de Genève ouvre et finance un bel espace devant la patinoire des Vernets pour la diffusion des matchs, avec DJ et stands de bière. Offrir cet espace pour des ONG défendant les droits de l'homme et pouvant sensibiliser les spectateurs ne serait-il pas bienvenu?  

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16:25 Publié dans Genève | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : eurofoot, ukraine, droits de l'homme, politique | |  Facebook |  Imprimer | | |