sylvain thévoz

12/06/2012

Un rom pour l'exemple?

invitation à la pierre.jpgQuand être pauvre est une honte et sans le sou une tare, quand les insultes et les menaces envers les minorités et la population rom en particulier se multiplient, quand criminaliser la pauvreté et ethniciser l’autre pour l’exclure devient une manne électoraliste, quand une loi xénophobe contraire aux droits de l’homme, interdit la mendicité, mobilise les polices et apauvrit la société; quand, sur un budget cantonal de plus de 7 milliard on arrive à encore dépenser 20 millions pour rien (merci le PLR!) et aller faire les poches des mendiants, quand la peur devient un facteur d’incohérence sociale, nous ne pouvons plus nous taire. 


Quand des personnes en danger portent le poids de la dangerosité des politiques expérimentées sur elles, quand le bouc émissaire devient un pigeon, quand l’échec d’un système est porté sur la responsabilité des plus fragiles, quand la presse pyromane jette de l’huile sur le feu et désigne des coupables, quand la justice et ses polices criminalisent les pauvres et les emprisonnent pour des amendes non payées, quand la chasse au mendiants et le délit de faciès justifient l’impuissance, nous ne pouvons plus nous taire. 

Quand les souffrances économiques, les difficultés migratoires sont transformées en brouet ethnique pour stigmatiser et catégoriser des populations, quand la peur et le réflexe identitaire deviennent des armes de poings contre l’étranger, quand l’UDC demande la dissolution pure et simple de l'association Mesemrom, et le PLR l’exclusion des mendiants de l'espace publique, quand la présence de l’uniforme placé à répétition à côté de personnes n'ayant commis aucuns délits est un harcèlement inique, quand on chasse les roms de l'espace public pour l'exemple (être pauvre est un crime), se taire c’est collaborer à une forme de xénophobie sociale ambiante.

Quand des campements de fortune sont evacués à l’aube, quand les jouets et les médicaments sont mis à la benne, quand les vexations, les humiliations, l’ignorance et la peur prennent le dessus sur la parole et la recherche de solutions, quand les migrants sont invisibilisés, exploités puis expulsés, quand la pauvreté devient un crime, ne pas se taire, c’est déjà agir. 

Le parti socialiste a co-signé la pétition demandant l’abrogation de la loi pénalisant la mendicité (3500 signatures au dépôt). Nous ouvrons maintenant le journal Causes Communes au thème de la criminalisation de la mendicité, afin de tordre le cou aux préjugés. Ne pas se taire, c’est inviter, dans ce numéro, des experts, des artistes, (Ziegler, Bazarbachi, Fiedler, Hasdeu, Chollet, Brunier, etc.,) des membres de la communauté rom (Tiberiu) à témoigner pour donner une autre vision de ce qui n’est pas une question ethnique, mais une question de justice sociale, celle des inégalités, de la discrimination et des possibilités d’intégrations. Quand se taire c’est trahir, nous avons choisi de parler et de donner la parole à ceux que l’on n’entend pas assez et dont on parle mal : les roms.

Cause Communes, journal du Parti socialiste ville de Genève, numéro 27 "Mendier n'est pas un crime", 24p., disponible auprès du secrétariat du parti socialiste, 18 rue des Voisins, 1205 Genève. www.ps-geneve.ch 022.338.20.78.

14:06 Publié dans Genève | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : roms, genève, politique, interdiction de la mendicité, xénophobie | |  Facebook |  Imprimer | | |

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