sylvain thévoz

16/05/2012

Mauvaises ondes à la SSR

srg_testbild.jpgSSR: un joli logo, un bel emballage, mais que de mauvaises ondes! Alors que tombe l'annonce de l'échec de la négociation entre le syndicat SSM (syndicat suisse des mass media) et la direction de la SSR pour une nouvelle convention collective de travail (CCT), une réflexion de fond s'impose sur le rôle que doit avoir une chaîne publique et l'engagement que les autorités doivent mettre à la défendre. Le syndicat dénonce de la part de la direction de la SSR des suppressions d'indemnités et d'affaiblir notablement la protection de la santé en introduisant des dispositions non conformes à la loi sur le travail et à ses ordonnances. Et que répond la direction? Elle rompt et le dialogue et les négociations, créant ainsi un vide juridique tout en poursuivant sa politique pernicieuse de pressions sur les employés.

 


Outre les violations régulières du droit du travail opéré à la SSR, outre le fait que l'entreprise manque à son devoir de formation (1 seul apprenti menuisier formé, c'est tout? ... c'est tout!) outre le fait que son rôle de service public s'étiole au profit d'une gestion de plus en plus opportuniste et centralisée, l'ambition affichée de monsieur Roger de Weck directeur de la SSR de centraliser sur Berne les décisions et retirer de l'autonomie aux régions minoritaires est une attaque directe contre Genève.

S'il est intolérable d'assister aux comportements voyous des multinationales néo-libérales dont le sabordage de Merck-Serono est le prototype, comment qualifier les abus de la part d'un service public qui plus est, est détenteur d'un monopole? Comment accepter que ces abus soient exercés par des institutions que le contribuable finance directement? Laisserons-nous vraiment les patrons du service public se comporter de la même manière que les pirates à courte vue du privé? Non. Nous ferons le combat pour que les CFF agrandissent la gare en souterrain à Genève tout comme cela s'est fait à Zürich et Wintherthur, et nous ferons évidemment le combat pour que la SSR arrête de mépriser ses employés à Genève et ne centralise à Berne une partie de ses services. Vu l'importance de cette entreprise publique pour le tissus économique de Genève et de sa région, il est urgent que le Conseil d'Etat ramène la SSR à la raison et surtout à la stricte observation de la loi sur le droit du travail.

Les capitaines d'industrie voient à très courte vue et se foutent de l'intérêt public, c'est clair. Mais d'un service public, on devrait s'attendre à autre chose. La SSR emploie un millier de personnes à Genève, cet employeur public devrait être exemplaire. Or, il ne l'est pas, loin de là. Un exemple? La fermeture annoncée par la SSR de World Radio Switzerland (WRS) la radio anglophone du service public, reprise en 2007 par la SSR c'est 25 emplois sacrifiés sur l'autel de la redéfinition des programmes, 72'000 auditeurs privés d'ondes. Beau message envers la Genève internationale! Certes le Canton, la Ville, ont réagi en avril par un petit courrier à la SSR. Et aujourd'hui, face au refus de la SSR de signer une convention du travail, quelle sera la réaction du Conseil d'Etat, un e-mail?

Agir. N'est-il pas temps, cette fois, pour le conseil d'Etat, de tenir le cheval fou des gestionnaires par les rênes et de défendre et les emplois, et les compétences locales. Après le temps de la convergence (TSR+RSR) pointe le temps de la transhumance (de Genève à Berne), le Conseil d'Etat regardera-t-il passer le train de la centralisation sans bouger? Dans ce cas, il devra rendre compte de son rôle et de sa vision politique ainsi que de son impact réel sur les décisions financières touchant à ce Canton. Que le Conseil d'Etat avoue avoir peu de marges de manoeuvres concernant les entreprises privées, c'est intolérable, mais qu'il soit si frileux face à des entreprises publiques, c'est totalement inacceptable.

15:49 Publié dans Genève | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : emploi, mass media, économie, ssr, syndicats | |  Facebook |  Imprimer | | |

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