sylvain thévoz

27/04/2012

Creuser les tombes fleurir Facebook

Avant on fleurissait les tombes, maintenant on fleurit Facebook. Michel Chevrolet a vécu une vie médiatique, son deuil l'est extrêmement. Pourtant, sa disparition a été solitaire, de nuit, ce qui accentue la déflagration et le choc d'une disparition insensée. Est-ce pour comprendre, encore, mettre des mots, dire sa peine, communier? Son mur Facebook se remplit de témoignages, de déclarations alors qu’il n’est plus là. Pince moi, je rêve, est-ce bien réel? Il est vraiment/bien mort? Facebook rend l'absent proche et les proches un peu absents, mais la mort, c'est un cran en dessus. C'est le deuil en direct, la catharsis médiatique mais à vide, presque un délire. Mais dis, dans le réel, on y entre quand?

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21/04/2012

Mendie, c'est de la bonne!

download.jpgEst-ce que parce que 3500 personnes ont signé la pétition demandant l'abrogation de la loi anti-mendicité votée en 2007 par les collègues de parti de Madame Isabelle Rochat, messieurs Jornot et Lüscher, que cette dernière perd le sens de l'équilibre? En effet, on peut lire dans Le Courrier du samedi 21 avril une édifiante prise de position de la magistrate en charge de la police. Que répond madame Rochat au dépôt de cette pétition demandant la non-criminalisation de la mendicité? "Que le phénomène de la mendicité fonctionne par vagues. Qu'aux mendiants succèdent des populations au comportement plus difficile suivis ensuite dans un troisième temps par de vrais délinquants." Madame Rochat rejoue là une vieille ritournelle, celle, erronée, que l'on pouvait entendre concernant le cannabis (le premier joint conduit à la drogue dure). Elle fait un amalgame direct et dramatique entre précarité sociale et crime. La présence de mendiants serait un appel d'air conduisant au crime. Or, si le mendiant est un pousse au crime, la pauvreté doit logiquement être interdite et pénalisée. Cette logique, si elle est cohérente, n'en est pas moins démente. On ne lutte pas préventivement contre la pauvreté avec un code pénal. Cette logique folle, c'est exactement celle que dénoncent les pétitionnaires : la mendicité, la pauvreté, ne sont ni un crime ni un appel au crime. Il faut donc les sortir du champ pénal et ramener Madame Rochat à la raison (à défaut de pouvoir l'empêcher d'appliquer strico sensu la loi); et ainsi l'empêcher de faire passer les menottes aux pauvres par ses pandores, comme le décrit si bien Marguerite Contat-Hickel, présidente de l'Assemblée Constituante, dans la Tribune du 20 avril.

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14:44 Publié dans Genève | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : mendicité, police, criminalité, conseil d'etat, isabelle rochat | |  Facebook |  Imprimer | | |

18/04/2012

Pour ne pas en finir avec la mendicité

350889605.jpgLe 10 décembre 2011, un collectif composé d’une vingtaine d’associations et de partis politiques lançait une pétition visant à abroger la loi interdisant la mendicité à Genève. Durant 4 mois, divers événements militants, festifs, politiques, ont jalonné cette campagne de récolte des signatures. Au décompte final, ce sont près de 3500 personnes qui ont apposé leur signature à cette pétition. Au-delà de l’aspect purement comptable, ce qu’il nous paraît important de souligner -dans un contexte social marqué par un climat de plus en plus délétère, anti-rom et pénalisant ses minorités- c’est le fait que cette pétition a favorisé un débat de fond sur la place de ces derniers dans notre société tout en exigeant la fin d’une loi raciste, inutile et coûteuse pour le contribuable.

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18:57 Publié dans Genève | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : mendicité, roms, police, genève | |  Facebook |  Imprimer | | |

01/04/2012

Bordel d'Etat

lectureetvierge 044.jpgJuguler les tensions, pénaliser les petites transgressions, réduire les espaces d'expression et de manifestation, filmer, ficher le quotidien, criminaliser les mendiants, soumettre au contrôle social via facebook et internet l'intime, foutu programme. Pas étonnant que la marmite sociale, de plus en plus serrée, se fêle dans des passages à l'actes incontrôlés et que la dépression guette. Pourquoi alors ne pas prendre le contre-pied et soulever le couvercle pour donner libre cours aux pulsions et aux expressions profondes dans un espace aménagé pour cela dans la cité de Calvin? C'est le bordel à l'Etat? Exigeons de ce dernier qu'il y fasse participer la population en créant un bordel d'Etat. L'Etat a toujours eu pour fonction de contrôler les conduites de ses citoyen-ne-s, il s'est échiné à employer la contrainte et la force, et s'il s'adonnait un peu plus au plaisir? Pour le bien de tous et toutes, le bordel d'Etat est l'avenir du bordel à l'Etat.

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