sylvain thévoz

12/03/2012

Le racisme à la mode de chez nous

portraits_web1.jpg Alexandra Rys, présidente du conseil municipal de la Ville de Genève a écrit une lettre aux élu-e-s la semaine passé pour leur rappeler les bases de la vie en société, rien de moins. "Chacun a droit au respect", "les propos sexistes, attentatoires à l'honneur ou d'autre manière irrespectueux à l'endroit d'un ou d'une collègue..." sont condamnés. Pas de mention de racisme. Ah bon? Démodé, le racisme? Pourtant, enrobé sur le ton de la blague, de l'humooooour, et sur le dos des Roms, ou des femmes noires et de leur psychologie singulière (signé MCG), le racisme reste une valeur refuge. Depuis le début de la législature d'ailleurs, des élus MCG font étalage de tirades homophobes, xénophobes et racistes. Ne jouons pas sur les mots, pourquoi le respect devrait-il être donné "entre collègues" seulement et pas à toutes et tous les citoyen-ne-s?


Alors oui, tempête dans un verre d'eau, lorsque Stauffer pète un plomb, la belle affaire. Mais le racisme ordinaire, distillé à tout vent devient incolore, inodore, et on le déguste au quotidien. Que ce soit sur les blogs, au travail, dans la rue, ça ventile. Non-représentativité des minorités visibles à la télévision, sous-représentation des femmes dans les arènes politiques, discriminations à l'emploi pour certains groupes, on continue?

Madame Rys s'alarme, mais ce n'est pas que le CM se découvre sexiste et irrespectueux, c'est que la société le devient toujours plus et que le CM en est le reflet. Ce n'est pas que Le politique bat de l'aile, l'algarade et le mépris qu'il met en scène sont la conséquence logique de choix de partis qui ont placé la haine de l'autre, le rejet de la différence, l'hygiénisme social au sommet de leurs "valeurs" et objectifs électoralistes, semant la discorde. C'est la démission des citoyen-ne-s qui laisse aussi le crachoir aux plus méprisants, dans une dangereuse escalade.

Simultanément, jamais la politique n'a été aussi dévaluée aux yeux des citoyen-ne-s. Pour des raisons objectives, liées à l'incurie de cetain-e-s, mais pour des raisons plus sombres aussi, qui touchent à la dévaluation constante du travail effectué dans les arènes politiques et sur le terrain social par les associations. Or, qui a intérêt aujourd'hui à ce que le politique et le tissus social soit si fragilisés? -Le populisme xénophobe et les tenants du néolibéralisme individualiste. Remplissons les journaux de verres d'eau, des chasses d'eau du Mad, du flux des frontaliers, et les enjeux de fond ne seront pas touchés! Les scandales récents montrent clairement qui sont les collabos actifs de ces mouvements de diversion : le MCG et le PLR, dont les deux champions veulent être Conseiller d'Etat en juin prochain. Mais on ne construit pas une société viable avec pour slogan :"Chacun chez soi, et le libre marché pour tous" et en pronant le rejet de l'autre.

Pour que notre vivre ensemble fonctionne, il faut des leaders responsables, avec de la maturité, mais aussi du liant, des petits gestes quotidiens, de la volonté, du respect, piliers de notre démocratie. Du 21 au 28 mars prochain, tous les cantons romands et le Tessin uniront leur force pour célébrer la semaine contre le racisme. Le slogan: La diversité une valeur suisse? Initiative salutaire pour contrer et faire mentir les pompiers pyromanes qui allument des incendies quand ils n'ont que des verres d'eau pour les éteindre. Initiative bienvenue pour montrer que le racisme à la mode de chez nous doit être dénoncé et combattu à tous les échelons, et pas seulement dans l'arène politique, mais tout le temps, partout.

http://www.semainecontreleracisme.ch/fr/programme/geneve/20

 

23:44 | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : racisme, sexysme, xénophobie, conseil municipal, genève, politique | |  Facebook |  Imprimer | | |

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