sylvain thévoz

15/02/2012

Procter’s & Gamble pète dans la soie ?

Epoustouflante plateforme publicitaire offerte par la Tribune de Genève au géant américain Procter’s & Gamble dans son édition du 15 février qui annonce que le haut management opérationnel « lessive » de l’entreprise déménage avec chaussettes et culottes à Genève (pas de création de nouveaux postes locaux, donc). Mais alors, on se demande : quelle plus-value pour le Canton d’attirer la direction mondiale de la lessive avec des forfaits fiscaux s’il n’y a aucune créations de postes locaux ?

 


L’entreprise rencontre-t-elle des problèmes de logements pour ses nouveaux employés ? Non, même pas. P&G trouve toujours des logements à ses employés, qu’on se le dise. Il est vrai qu’une direction mondiale de la lessive, c’est un créneau de logements pour lequel il reste encore des appartements sur le marché ! Les Genevois apprécieront. L’entreprise s’offre donc une belle plateforme pour la promotion de son économie transnationale sur une page. Toute la légitimité de l’entreprise charitable oeuvrant au bien-être des citoyens est mise en vitrine. Mais se souvient-on encore que P&G (82,5 milliards de chiffres d’affaire quand même) refusait de baisser le prix des couches culottes cet automne et malgré d’âpres négociations menées par les détaillants que sont Coop Migros et Denner, refusait toujours de répercuter sur le consommateur la cherté du franc suisse pour profiter ainsi un maximum des taux de change? Ironie du sort, Coop annonce aujourd’hui qu’elle a dû supprimer 528 emplois en 2011. Liens de causalité entre la cherté du franc et les pertes du commerce de détail ?

Sur sa page promo, P&G déploie sa philosophie ultra-libéraliste affirmant qu’il lui est facile de déplacer un siège d’un endroit à un autre tout en affirmant son attachement fort à cette communauté (sic) qu’est Genève. Paradoxe ? « P&G est ici à la maison, et une part importante de son activité va y rester des années ». Juré craché ? Alors prenons la transnationale au mot, car c’est une bonne nouvelle, on va désormais voter pour supprimer les forfaits fiscaux et arrêter de solder les impôts que paient les mega-boîtes « charitables », maintenant que l’on sait que c’est la communauté et l’attachement amoureux à Genève qui les fait rester au bout du lac! Ouf, on avait eu peur d’un chantage à l’installation ou au départ, mais au final, on a eu une déclaration d’amour. La Saint-Valentin, a fait effet, vite, un kleenex© de chez Procter©, j’en ai la larme à l’œil.

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