sylvain thévoz

11/02/2012

Livre à vous de voter

Livre à vous de voter! Le 11 mars prochain, nous sommes appelés à soutenir le prix unique du livre et donc, directement, la survie des libraires et des librairies. En effet, sans prix unique du livre (qui ne coûtera pas un centime en subvention ou en intervention étatique, hormis la surveillance de monsieur Prix), le service, la gratuité du temps offert par les libraires qui font la qualité non exclusivement commerçante de leur travail (mais qui a un coût pourtant) va disparaître. Sans cette loi, ces espaces de vente diversifiés, qui sont aussi des lieux de rencontres, de partages, de lectures et de créations sont à moyen terme condamnés.


Pourquoi? Parce que la concurrence des grands groupes, les monopoles des diffuseurs, la force du franc suisse, les possibilités d'achat à prix cassé les condamnent. Or, il est injuste que des gens se renseignent dans des librairies, y bénéficient d'un service, découvrent des livres inédits et commandent ensuite sur internet un produit à prix cassés. Il est aussi injuste que les consommateurs paient un prix aléatoire, laissé au mythe du marché régulateur. Toute la chaîne du livre: écrivains, éditeurs, imprimeurs, libraires, défend le prix unique du livre; la société dans son ensemble en bénéficierait. Le 11 mars prochain, l'enjeu est donc aussi celui de la Culture contre le marché.

A Genève, les librairies Forum, Artou, Panchaud et Descombes, et tout récemment la librairie du Musée d'Art et d'Histoire, ont dû mettre la clé sous le paillasson pour des raisons économiques, appauvrissant d'autant le maillage culturel. Le marché ne s'auto-régule pas, c'est un mythe, et s'il se régule quand même, c'est au détriment des plus petits, altruistes, ou des secteurs les moins juteux. Sans régulation, le marché, sauvage, bouffe les acteurs mineurs qui n'arrivent pas à suivre sur les volumes des ventes ou les rabais consentis aux grands groupes.

Le livre n'est pas un produit comme un autre. Les services culturels qu'assurent les librairies sont un bénéfice collectif à garantir. Dire oui au prix unique, c'est maintenir des points de vente humains qui assurent une mise en vitrine d'ouvrages divers, non-exclusivement "mainstream". C'est aussi valoriser l'accès à la culture pour toutes et tous et favoriser de petites entreprises qui forment des employés locaux. C'est ouvrir les possibilités de choix des lecteurs et leur permettre de bénéficier d'un savoir faire à prix garanti. Bénéfice absolu pour le consom'acteur! Ce dernier se voit dès lors proposer une diversité et un accès facilité au livre pour un prix moindre et un service de qualité préservée. Dire oui au prix unique, c'est écrire une ligne pour une économie sociale et solidaire. Dans le combat de la Culture contre le marché, rédiger un nouveau chapitre. Livre à vous de voter, libre à chacun de choisir.

14:07 Publié dans Genève | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : livre, prix unique, marché, libéralisme, culture | |  Facebook |  Imprimer | | |

Les commentaires sont fermés.